John Perkins et l’impérialisme économique
De nos jours, il est de notoriété publique que la société occidentale n’est plus dirigée par des empires dictatoriaux. Cependant, cela ne change pas le fait que nous vivons encore aujourd’hui sous une certaine forme d’impérialisme, et ce même si les empires en question ne sont pas des gouvernements. Je vais tout d’abord vous parler ici de ce qui différencie l’impérialisme d’avant de celui de maintenant, ensuite, je vais résumer la pensée de John Perkins, puis je parlerai de ce en quoi consiste le travail des dits « assassins financiers », suivie de ce qu’est la « corporatocratie » ainsi que comment elle opère mondialement, et pour finir, je vais revenir sur les différences entre l’ancien et le nouvel impérialisme pour vous parler de notre ignorance.
Dans un premier temps, l’impérialisme est une doctrine politique de conquête basée sur la création, l’élargissement et le maintien du pouvoir et de l’influence d’un pays à travers la force militaire. A
Puis, au 19e siècle, avec la montée du nationalisme, l’impérialisme quitte peu à peu le contrôle du monde pour se concentrer davantage sur un pays central qui s’adonne surtout à l’expansion de ses propres frontières et à l’établissement de colonies. De cette manière, cela donne place à des luttes entre plusieurs empires qui se concurrencent plus économiquement que militairement, leur économie se développant alors selon le protectionnisme et étant contre le libre-échange. Cependant, la nouvelle organisation de cet impérialisme n’est pas purement économique et il y a encore beaucoup de conflits militaires pour des territoires entre les différents empires. B
Ensuite, il est important de noter que même si l’impérialisme et le colonialisme sont intimement reliés, ils restent tout de même différents. Et cela parce que, considérant le fait que le colonialisme implique nécessairement des conquêtes territoriales, l’impérialisme, lui, peut exister sans être pour autant une domination territoriale. Ainsi, un empire peut également prendre la forme d’une domination qui ne serait qu’économique, politique et/ou culturelle, et ce pour que l’empire en question puisse contrôler d’autres pays à travers son influence.
Subséquemment, pour aller plus en détail sur les différentes formes d’impérialisme, il y en a maintenant une qui permet d’agrandir son territoire sans avoir nécessairement besoin de faire appel aux forces militaires et elle fut développée par les États-Unis au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Cette nouvelle forme d’impérialisme, qu’est l’expansionnisme, est également qualifiée d’impérialisme moderne pour contraster avec ceux d’avant. De plus, la différence la plus marquante entre cet impérialisme moderne et l’ancien est que, contrairement aux anciennes formes d’impérialisme qui ne pouvaient étendre leurs territoires que militairement, cette nouvelle méthode permet une expansion de ses territoires avec l’influence économique seule dans la majeure partie des cas et ne faisant usage des forces militaires qu’en dernier recours, ce qui en fait donc une sorte d’impérialisme économique.
Dans un second temps, pour ce qui est de la croyance commune selon laquelle il n’y aurait plus d’impérialisme dans les sociétés occidentales modernes, un certain auteur, dénommé John Perkins, a publié le livre Les Confessions d’un assassin financier(anglais : Confessions of an Economic Hit Man), en 2004, et a accordé plusieurs entrevues pour expliquer au monde ce que sont les assassins financiers ainsi que ce qu’ils font pour l’impérialisme économique mis de l’avant par les États-Unis.
En fait, au sein de son livre, John Perkins n’a pas fait qu’émettre son opinion et sa vision des choses et de la société, à la place, il a également partagé des faits qui sont entrés en sa connaissance du temps où il était lui-même ce qu’il appelle maintenant un assassin financier. Et ainsi, considérant le fait qu’il a longtemps travaillé en tant qu’assassin financier, avant qu’il ne démissionne à la suite d’une dépression et d’une prise de conscience majeure au début des années 1980, cela lui donne donc valeur d’autorité dans la matière tout en donnant plus de poids à son discours, puisqu’il a connu le système de l’intérieur.
Tout d’abord, avant de parler plus en détail des façons de procéder de l’impérialisme économique et des assassins financiers, je vais vous citer un passage, tiré d’une entrevue vidéo, des paroles de John Perkins à propos de l’origine de ce système :
« Le besoin d’un tueur à gages économique est né au début des années 1950 alors que “Mossadegh” venait d’être démocratiquement élu en Iran… Il était considéré comme “l’espoir pour la démocratie” dans le Moyen-Orient comme dans le monde entier. Il était l’homme de l’année selon le Time-Magazine. Mais… Une des choses qu’il a apportées et fini par appliquer était l’idée que les compagnies pétrolières étrangères devaient payer le peuple iranien bien plus pour leur pétrole qu’elles ne le faisaient et que les Iraniens devraient profiter de leur propre pétrole. Étrange politique… Nous n’aimions pas ça, bien sûr, mais nous étions anxieux de faire ce que nous faisions normalement, qui est d’envoyer les militaires. À la place, nous avons envoyé un agent de la CIA, Kermit Roosevelt, un parent de Teddy Roosevelt, et Kermit y alla avec quelques millions de dollars, et ce fut très très efficace, et dans un court laps de temps, il réussit à faire renverser Mossadegh. Et fit entrer le Shah d’Iran pour le remplacer, qui a toujours été favorable au pétrole, et c’était extrêmement efficace.
((les phrases qui suivent sont des nouvelles télévisées)
(Début des nouvelles télévisées)
(“REVOLT IN IRAN” (écrit sur l’écran))
« La foule renverse le tyran. Les officiers de l’armée annoncent que Mossadegh a capitulé et que son régime de dictature implicite en Iran est terminé. Des photos du Shah sont exhibées dans les rues alors que l’opinion se renverse. Le Shah, de retour, est bien accueilli. » (Fin des nouvelles télévisées))
Donc, de retour aux États-Unis, à Washington, les gens ont observé et dit : « Ouah, c’était facile et bon marché ! » Donc ceci a établi une toute nouvelle manière de manipuler des pays, de créer des empires. Le seul problème avec Roosevelt était qu’il était un agent officiel de la CIA et s’il avait été pris, les conséquences auraient pu être très dramatiques. Donc, très rapidement, à ce moment, la décision fut prise d’utiliser des consultants privés pour passer l’argent depuis la Banque mondiale ou le FMI ou l’une des autres agences équivalentes, de faire appel à des gens comme moi, qui travaillent pour des sociétés privées, afin que, si nous étions pris, il n’y ait pas de conséquence gouvernementale. »1
De ce fait, c’est ainsi que les assassins financiers sont apparus en réponse à la demande d’une assurance de rendement, d’efficacité et de sécurité pour les organisations promouvant et bénéficiant de ce nouveau système. Aussi, à partir du moment que les assassins financiers commencèrent à être des individus travaillant pour des compagnies et sociétés privées, ceux bénéficiant le plus de cette forme d’impérialisme furent, bien entendu, ceux se tenant à la tête de l’économie américaine au niveau mondial.
« Il y a deux manières de conquérir et asservir une nation.
L’une est par l’épée. L’autre par la dette. »
- John Adams -2
Maintenant, pour en revenir aux assassins financiers, pouvant également être appelés « assassins économiques », John Perkins affirme au « nous » que ce sont eux les vrais responsables de la création du premier empire véritablement global.
Également, selon John Perkins, les assassins financiers travaillent de diverses façons pour parvenir à leurs fins, la plus commune étant de s’approprier un pays en l’endettant. Suivant cet ordre d’idées, l’exécution de cette dernière commence par l’identification d’un pays qui possède des ressources premières, tel que le pétrole. Après quoi, les assassins financiers arrangent un prêt immense à ce pays auprès de soit la Banque mondiale ou de l’une des autres organisations similaires. Cependant, cet argent ne va jamais vraiment au pays, au lieu de cela, il va entre les mains des grandes corporations dans le but de construire des projets d’infrastructure au sein du pays en question, tels que des parcs industriels, des centrales énergétiques, des ports, etc. Ainsi, ces derniers ne profitent réellement qu’aux dites corporations et à quelques individus riches de ce pays, plutôt qu’à la majorité de la population y résidant.3
De cette manière, l’ensemble du pays se retrouve alors avec une dette faramineuse, une dette si grosse qu’il est dans l’incapacité de la rembourser. Et donc, lorsque les assassins financiers reviennent auprès de ce pays, ils leur disent : « Écoutez, vous nous devez énormément d’argent. Vous ne pouvez pas payer votre dette. Alors, vendez votre pétrole à très faible coût à nos compagnies pétrolières. » ; « Permettez-nous de construire une base militaire dans votre pays. » ; « Envoyer des troupes pour supporter les nôtres à un endroit du monde comme l’Iraq ou… » ; ou « Votez avec nous dans le prochain vote aux Nations unies. »4 Ou encore, les assassins économiques font alors en sorte de privatiser les compagnies d’électricité ainsi que l’eau et les systèmes de canalisations de ce pays, en les vendant soit aux sociétés étasuniennes ou à d’autres corporations multinationales.5
Donc, en bref, il s’agit d’une prolifération de choses prenant de plus en plus d’ampleur et ayant été mises en place par le FMI, la Banque mondiale et les autres corporations semblables. Autrement dit, elles endettent un pays outre mesure au point où il ne lui est plus possible de rembourser sa dette, puis elles offrent de refinancer cette dette et de se faire payer encore plus d’intérêts. En plus de quoi, elles demandent un « quid pro quo » que le FMI nomme soit « conditionnalité », terme désignant des exigences, ou « bonne gouvernance ».6 Ce qui signifie que le pays en question doit vendre ses ressources à des corporations étrangères, ces ressources comprenant plusieurs des services sociaux du pays endetté, tels que ses sociétés de maintenance, ses systèmes scolaires, ses systèmes d’assurances et ses systèmes pénaux.
Dans un troisième temps, pour ce qui est des autres tactiques et armes employées par l’impérialisme économique et les assassins financiers, il y a celles utilisées dans le cas des pays qui dérangent en sortant des rangs. Ces dernières comprennent diverses manières d’organiser des coups d’État. Tout d’abord, je vais vous parler ici de deux façons de procéder pour exécuter des coups d’État. Premièrement, il y a la méthode qui fut utilisée en Iran par Kermit Roosevelt et qui fut réutilisée au Venezuela par la CIA en 2002, soit celle de payer un grand nombre de personnes dans le but de les faire sortir dans les rues pour déclencher des émeutes et pour protester ouvertement contre le pouvoir en place de façon à laisser paraître le détenteur du pouvoir en question comme étant très impopulaire. Également, la particularité la plus importante de cette méthode est que, tant que l’instigateur du renversement politique fait appel à quelques milliers de personnes pour les faire sortir dans les rues, la télévision est alors capable de faire paraître qu’il s’agit en fait de la majeure partie de la population du pays, et c’est à partir de ce moment que les choses commencent à prendre de l’ampleur.
Deuxièmement, il y a la façon qui fut utilisée au Guatemala en 1954 par l’entreprise de relations publiques ayant été engagée par « United Fruit Company ». L’objectif de base de cette méthode fut de convaincre le peuple, la presse et même le congrès des États-Unis que le gouvernement en place au Guatemala n’était qu’autre qu’un pion de l’URSS et qu’advenant le cas où il resterait au pouvoir, le communisme obtiendrait dès lors un point d’ancrage en Amérique. Sur ce, il faut prendre en compte qu’à cette époque, il y avait, aux États-Unis, une sorte de peur collective et contagieuse envers le communisme. Ainsi, la CIA et les militaires ont tous deux entrepris des actions dans le but de se débarrasser de celui à la tête du gouvernement en place en envoyant des « chacals », des soldats, des avions, et tout ce qui pouvait être nécessaire pour l’enlever du pouvoir et le remplacer par quelqu’un convenant mieux à la société United Fruit et aux autres corporations internationales ayant de l’influence au Guatemala.7
Ensuite, il est important de savoir que l’impérialisme économique des États-Unis possède trois « lignes de défense » pour protéger leurs intérêts et leurs profits. Suivant cet ordre d’idées, parmi les pays ayant subi les conséquences de leur désobéissance face aux corporations, très peu ont eu à subir les trois lignes de défense, l’Iraq ressortant du lot comme étant le meilleur exemple de la manière par laquelle l’ensemble du système fonctionne, considérant le fait qu’il les a subis deux fois d’affilée.
De ce fait, ce sont les assassins financiers qui forment la première ligne de défense, et leur rôle est de tenter de corrompre les gouvernements, ainsi que de les faire contracter d’immenses prêts, qui seront utilisés par la suite en tant que moyens de pression afin de les contrôler. Puis, dans le cas où les assassins financiers échouent en faisant face à des individus refusant catégoriquement de se faire corrompre, c’est à partir de ce moment que la deuxième ligne de défense entre en scène par l’envoi sur le terrain des « chacals » de la CIA. La tâche de ces derniers étant de soit renverser les gouvernements, soit d’assassiner les personnes à la tête de ceux-ci, et cela de façon à ce que le dirigeant du gouvernement nouvellement établi sache ce qui va lui arriver s’il dévie un tant soit peu de la route qui lui est assignée par les corporations.
Cependant, dans le cas de l’Iraq, ces méthodes ont toutes les deux fini en échec, parce que non seulement les assassins financiers ont été incapables de corrompre Saddam Hussein comme ils le désiraient, mais les chacals ayant été envoyés pour se débarrasser de lui ont également échoué. Et cela parce qu’il connaissait bien le système des chacals vu qu’il avait déjà travaillé pour la CIA par le passé.
Ce qui nous mène à la troisième et dernière ligne de défense, les militaires. Effectivement, les États-Unis ont envoyé leurs troupes en 1991 et ces dernières ont détruit les forces militaires irakiennes. Puis, à la suite de cela, les corporations ont choisi de ne pas enlever Saddam Hussein du pouvoir, puisqu’elles croyaient qu’il pouvait encore leur être utile et qu’il se rangerait de leur côté après la destruction de son armée. Ainsi, les assassins financiers retournèrent en Iraq au cours des années 90, bien que ce fût sans succès, et, selon John Perkins, advenant le cas où ils auraient réussi à amener Saddam Hussein du côté des corporations, ce dernier serait probablement encore aujourd’hui à la tête de l’Iraq. Ensuite, après que les chacals tentèrent et échouèrent encore une fois de l’éliminer, les corporations envoyèrent de nouveau l’armée et, cette fois-là, elle a fait le travail jusqu’au bout et a réussi à se débarrasser de lui. Par la suite, les corporations ont été en mesure d’établir de nombreux projets d’infrastructure extrêmement lucratifs dans le but de rebâtir le pays qu’elles venaient de détruire.
Dans un quatrième temps, il est normal de se poser la question : « Eh bien, si c’est un empire, alors qui est l’empereur ? »8 Toutefois, pour répondre à cette question, il est important de comprendre que, fondamentalement, un empereur est quelqu’un n’ayant pas été élu, ne remplissant pas de mandat et ne rendant de compte à personne. De ce fait, nous ne pouvons pas catégoriser les présidents des États-Unis de cette manière, ces derniers n’étant clairement pas des empereurs. Cependant, cela ne change pas le fait que les États-Unis ont tout de même ce que John Perkins considère comme étant l’équivalent d’un empereur, et il s’agit de ce qu’il appelle la « corporatocratie ».9
En fait, la corporatocratie est un groupe d’individus administrant les plus grandes corporations américaines au niveau mondial, telles que « l’IMF »(« International Monetary Fund »/en fançais : « FMI » pour « Fonds monétaire international »), la « CIA », la « World Bank »(en français : « Banque mondiale »), la « JP Morgan Chase », la « WTO »(« World Trade Organization »/en français : « OMC » pour « Organisation mondiale du commerce »), la « Réserve fédérale », la société « ExxonMobil », « l’United Fruit Company », ainsi que plusieurs autres.10
Également, pour entretenir ce pouvoir, selon John Perkins, ils contrôlent les médias, soit par la publicité ou par la possession directe ; ils contrôlent la plupart des politiciens en finançant leurs campagnes, soit au travers des corporations ou par des contributions personnelles en provenance de l’intérieur des corporations. De plus, ils ne sont pas élus, ne remplissent pas de mandat, ne rendent de compte à personnes, et, tout en haut de la corporatocratie, il n’est pas possible de distinguer si une personne en particulier travaille soit pour le gouvernement ou pour une corporation privée, car ils font toujours du va-et-vient entre ces deux entités.11
De cette manière, il est possible d’avoir un individu qui est, à un certain moment, le président d’une grande société en bâtiment, tel qu’Halliburton, et qui, le moment suivant, devient le vice-président des États-Unis, tout comme le président George W. Bush qui était dans le marché du pétrole. De plus, peu importe s’il y a des républicains ou des démocrates au sein de l’administration, il y a quand même des allées et venues au travers de la porte tournante du système. En outre, le gouvernement américain en vient même à être généralement invisible et ses politiques gouvernementales sont alors exécutées par les corporations en question. D’autant plus, les politiques du gouvernement sont essentiellement forgées par la corporatocratie et présentées par la suite au gouvernement pour devenir des plans gouvernementaux12, comme ce fut le cas pour SOPA(Stop Online Piracy Act). Sur cela, John Perkins spécifie qu’il ne s’agit point d’une théorie du complot, ces individus n’ayant pas besoin de se regrouper et de comploter pour entreprendre ces choses. En fait, ils travaillent tous sous un même principe fondamental, qui se trouve être de maximiser les profits sans prendre en considération les coûts sociaux et environnementaux qui en résultent.13
Subséquemment, cette méthode de manipulation par la corporatocratie au travers de l’utilisation des dettes, corruptions et renversements politiques se nomme la « globalisation », ou plus communément la « mondialisation ». De la même façon par laquelle la Réserve fédérale des États-Unis maintient le public américain dans un état de servitude à contrat, au travers de dettes, d’inflation et d’intérêts perpétuels, la Banque mondiale et le FMI, eux, jouent ce rôle à l’échelle mondiale.14
Dans un cinquième temps, il y a une autre différence majeure entre l’impérialisme d’antan et l’impérialisme économique des États-Unis qui se doit d’être précisée. Tout d’abord, tous les empires du passé furent bâtis par l’intermédiaire des forces militaires et tout le monde était à la fois au courant qu’ils étaient en train d’ériger des empires, ainsi que de quelle manière ils s’y prenaient pour le faire, et ils en ressentaient de la fierté. De plus, malgré le fait qu’ils utilisaient toujours des excuses telles que la propagation de la civilisation, celle d’une religion, ou quelques autres justifications similaires, ils n’en restaient pas moins au courant de ce qu’ils faisaient.15 Cependant, ce n’est pas du tout le cas du peuple américain, et c’est justement ici qu’un mur se dresse entre ces empires et celle de la corporatocratie. En effet, la majeure partie de la population des États-Unis n’a aucune idée qu’elle vit du bénéfice de cet empire clandestin.16 Également, Noam Chomsky, un critique réputé de l’impérialisme américain, considère qu’il s’agit d’un empire vivant dans le déni et souffrant d’amnésie historique, ce qui amène même les élites américaines à bombarder et terroriser d’autres pays au simple nom de la liberté et de l’économie.17
Finalement, de nos jours, l’impérialisme ne se fait plus à découvert avec les armes et les militaires, il se fait économiquement de façon clandestine, et l’empire ainsi créé est dirigé par les corporations. Donc, pour prendre contrôle d’un autre pays, la corporatocratie fait appel à des assassins financiers, le rôle de ceux-ci étant principalement de corrompre les gouvernements qui dérangent et/ou possèdent des ressources convoitées par les corporations, et de les endetter pour avoir un pouvoir sur eux. Toutefois, dans les cas où la corruption ne fonctionne pas, les corporations américaines envoient alors les chacals de la CIA pour soit renverser le pouvoir en place qui dérange à l’aide d’un coup d’État, soit assassiner son dirigeant. Puis, en dernier recours, si les deux premières étapes échouent, la corporatocratie fait appel à l’armée tout en créant une raison pour envahir le pays étranger. Ensuite, après la destruction du pays, ils reconstruisent le pays par l’intermédiaire de compagnies de construction. Et enfin, les corporations ont dès lors le contrôle du pays en question par son économie. Néanmoins, comme le dit John Perkins, c’est à nous de faire la part des choses et de tenir tête aux corporations si nous souhaitons nous sortir de ce système, et il nous est maintenant davantage possible de marcher dans cette voie grâce à John Perkins, considérant que la première étape pour y parvenir est de s’informer.
Médiagraphie :
A – De bons exemples de grands empires créés d’après ce modèle seraient :
Les Empires perses successifs (-556 à 651) ;
L’Empire romain « Pax Romana » (expression latine signifiant « paix romaine »)(République : -509 à -27/Empire : -27 à 476)(en fait, il y a eu beaucoup de conquêtes militaires expansionnistes romaines pendant la République sous l’emblème du SPQR(Senatus Populus Que Romanus, ce qui veut dire « Le Sénat et le Peuple romain »), tels que la guerre contre Hannibal Barca de Carthage et les conquêtes de Jules César) ;
L’Empire byzantin (330 à 1453) ;
L’Empire mongol (l’Empire fondé par Gengis Khan. Il s’agit du plus grand empire ayant existé (34 millions de kilomètres carrés à son apogée)(1206 à 1294/1920) ;
L’Empire ottoman (1299 à 1924) ;
La succession d’Empires chinois (-2205 à 1912) ;
Le Saint-Empire romain germanique (912 à 1806)(également appelé le Premier Reich) ;
Ainsi que plusieurs autres tels que les deux Empires français des Bonaparte, l’Empire de Charlemagne, l’Empire d’Asie d’Alexandre le Grand, le Tsarat de Russie, les Empires égyptiens antiques, les Empires mésopotamiens antiques, etc.
B – De bons exemples d’empires nationalistes coloniaux seraient :
L’Empire britannique (fin du 16e siècle à 1997) ;
L’Empire fédéral allemand (le deuxième Reich)(1871 à 1918) ;
Le Troisième Reich (l’État allemand nazi d’Adolf Hitler)(1933 à 1945) ;
La Russie impériale (1721 à 1917) ;
L’Empire du Japon (1868 à 1945) ;
L’Empire colonial portugais (1415 à 1999) ;
L’Empire espagnol (1492 à 1898) ;
Ainsi que les deux Empires coloniaux français (1er : 1534 à 1803/2e : 1830 à 1980), l’Empire colonial allemand (1871 à 1919), les empires coloniaux italien, belge et néerlandais, les États-Unis (1867 à 1986), etc.
1 – Extrait d’une vidéo sur John Perkins (02:48 à 04:48) : http://www.youtube.com/watch?v=L7NNPZTcDDo
2 – Citation de John Adams
3/5/6/7/9/10/11/12/13/14/15/16 - http://www.youtube.com/watch?v=L7NNPZTcDDo
4 - Extrait d’une vidéo sur John Perkins (01:40 à 01:54) : http://www.youtube.com/watch?v=L7NNPZTcDDo
8 – Extrait d’une vidéo sur John Perkins (14:21 à 14:24) : http://www.youtube.com/watch?v=L7NNPZTcDDo
17 – Voici le lien Wikipédia suivie la source du passage sur Wikipédia :
Noam Chomsky, L'an 501. La conquête continue, Écosociété, 1993
Voici les autres sources d’informations pour la rédaction de mon texte :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire
http://en.wikipedia.org/wiki/Imperialism
http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%A9rialisme
http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%A9rialisme_am%C3%A9ricain
http://en.wikipedia.org/wiki/Expansionism
http://en.wikipedia.org/wiki/Colonialism#Colonialism_and_imperialism
http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme
http://en.wikipedia.org/wiki/Colonialism
Les dates pour les différents empires : sur Wikipédia
http://en.wikipedia.org/wiki/Corporatocracy
http://en.wikipedia.org/wiki/Confessions_of_an_Economic_Hit_Man
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Confessions_d%27un_assassin_financier
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Perkins
http://en.wikipedia.org/wiki/John_Perkins_(author)
http://en.wikipedia.org/wiki/Globalization
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mondialisation
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