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L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ?

Nous nous sommes tous interrogés sur l’altruisme un jour ou l’autre. Un mauvais jour sans doute, un de ces jours à la croisée des chemins, alors que nous nous sentions abandonnés de tous, confrontés à des obstacles en apparence insurmontables.
L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ? Une question récurrente chez les philosophes, sociologues, psychologues, biologistes, politiques, économistes, décideurs, journalistes, membres d’associations,… Une saine question, qui pose en réalité le problème du « vivre ensemble ». Du vivre, si ce n’est en harmonie les uns avec les autres, tout au moins en bonne intelligence dans un monde en perte de sens, dominé par la compétition, malade d’envie et de jalousie sociale.

Selon l’encyclopédie libre Wikipédia, « l’altruisme est un terme employé pour désigner l’amour désintéressé d’autrui (définition Petit Larousse), c’est-à-dire le souhait qu’autrui trouve le bonheur et la générosité n’attendant rien en retour. Ce terme est parfois employé dans le sens d’empathie ou plus souvent dans le simple sens de générosité. Il peut-être décrit par l’éthique de réciprocité. Le terme altruisme peut être considéré comme antinomique d’égoïsme. ».

Reportons-nous à « éthique de réciprocité » puisque c’est principalement cette notion qui nous intéressera dans cet article : « L’éthique de réciprocité ou « la règle d’or » est une morale fondamentale dont le principe est trouvé dans pratiquement toutes les grandes religions et cultures et qui signifie simplement : « Traite les autres comme tu voudrais être traité » (si tu étais à leur place) ou : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. ». C’est sûrement la base essentielle pour le concept moderne des droits de l’Homme », toujours selon Wikipédia.

Un don de soi qui inspire la méfiance…

La plupart des grandes religions et philosophies recommandent l’altruisme à leurs disciples ou à leurs initiés. Par définition donc, le geste purement altruiste suppose, chez celui qui l’accomplit, un désintéressement total puiqu’il repose sur l’idée du don de soi. Dans notre monde fonctionnant trop souvent selon les principes de la « sélection naturelle », autant dire que ce comportement ne saurait « raisonnablement » être une règle systématique sous peine de voir disparaître ceux qui l’appliqueraient…

L’altruisme paraît éminemment suspect au sein de nos sociétés où règne le « chacun pour soi ». En effet, cette réaction ne nous semble pas « normale ». A tel point que, selon les spécialistes de la question, ce trait de caractère ne serait pas transmis « génétiquement », mais plutôt par apprentissage ou « imitation ». On peut donc enseigner l’altruisme ou le faire émerger en se montrant généreux ; la générosité entraînant souvent la générosité.

Une explication rationnelle à un comportement a priori irrationnel

C’est probablement parce que l’altruisme véritable est un comportement tellement exceptionnel que sa forme la plus répandue s’apparente davantage à de la coopération mutuelle (altruisme réciproque ou éthique de réciprocité selon la définition précédente) qu’à un pur don de soi. Ciment du groupe social (cercle familial étendu, groupe religieux, communauté d’intérêts,…) l’altruisme réciproque constituerait un avantage « adaptatif ». Selon des expériences menées par des psychologues, se montrer altruiste augmenterait ses chances de survie. Pour les théoriciens utilitaristes[1], l’altruisme reposerait en réalité sur la recherche de l’intérêt personnel (à savoir gagner ou obtenir plus) et cet intérêt conduirait à faire des choix rationnels.

C’est, en tous les cas, ce que tend à démontrer le professeur de sciences politiques Robert Axelrod[2], spécialiste des systèmes complexes évolutifs appliqués notamment aux relations sociales, dans son livre « Réussir dans un monde complexe ». Sa démonstration s’appuie sur des programmes informatiques inspirés de la théorie des jeux[3] dont il est un spécialiste reconnu. Fondée sur l’égoïsme, cette théorie propose une explication rationnelle à un comportement a priori irrationnel : faire coopérer des égoïstes. Des égoïstes altruistes autrement dit… Mais comment des égoïstes en arrivent-ils à coopérer ? Le jeu du dilemme du prisonnier[4] démontre que la coopération peut émerger de stratégies purement intéressées. Il explique comment tirer avantage de situations complexes grâce à l’altruisme réciproque. Une solution expérimentée avec efficacité quand la survie ou l’intérêt de tous (groupe social, espèce…) dépend de la bonne coopération de chacun. Axelrod utilise également des exemples concrets, la guerre des tranchées de 1914-1918[5] notamment, pour essayer de comprendre ce qui peut déclencher la coopération entre des individus dans un univers hostile.
 
Pour Axelrod, le respect de la réciprocité est un facteur essentiel de la réussite du système. Le bénéficiaire du don ne doit pas profiter de la situation en n’agissant que dans son seul intérêt. Selon Axelrod, « La générosité est une invitation à se faire exploiter » ; il faut donc que la coopération soit réciproque. Dans le jeu du dilemme du prisonnier, la meilleure stratégie consiste à coopérer a priori . Mais si, de son côté, l’autre joueur refuse de coopérer (fait cavalier seul), il faut faire défection le coup suivant. C’est la stratégie dite du « donnant-donnant » et le joueur qui adopte ce modèle ne devra jamais faire défection le premier.

Le principe de donnant-donnant vise à favoriser l’intérêt mutuel au lieu d’exploiter la faiblesse de l’autre. Il n’est, ici, nullement question de morale, mais bien de stratégie et de choix rationnels. En réalité et aussi étonnant que cela puisse paraître, cet altruisme réciproque (ou coopération mutuelle) ne repose ni sur la confiance, ni sur le don. Si tel était le cas, le joueur altruiste ne ferait pas défection lorsque son partenaire fait cavalier seul. Il se sacrifierait pour lui car il serait davantage soucieux du bien-être de l’autre joueur que du sien propre. Or par définition, le donnant-donnant repose sur la réciprocité la plus basique : si le don n’est pas suivi d’un don en retour, la punition est immédiate. Au coup suivant, le joueur fait automatiquement défection.

La théorie d’Axelrod donne une vision plutôt cynique -et vraisemblablement lucide- des mécanismes régissant de nombreuses, si ce n’est la majorité, des interactions sociales. Il donne aussi des clés pour vivre « en bonne intelligence » les uns avec les autres, ne serait-ce que par intérêt personnnel. Cette théorie est donc un moindre mal…

Un monde imbécile et auto-destructeur ?

Pourtant, ce serait une erreur que de supposer que la majorité des individus agissent uniquement par intérêt personnel puisqu’il arrive (et Axelrod évoque tout de même cette possibilité) que la coopération émerge et survive dans un contexte particulièrement défavorable (j’ai déjà cité l’exemple de la guerre des tranchées de 1914-1918).

En dépit de mes critiques vis-à-vis de la théorie du donnant-donnant, certains de ses principes gagneraient à être appliqués plus systématiquement. J’ai retenu ceux-ci : ne pas être jaloux de la réussite de l’autre ; ne pas être le premier à faire cavalier seul ; pratiquer la réciprocité dans tous les cas ; ne pas se montrer trop malin ; enseigner aux gens à se soucier les uns des autres ; éviter les conflits inutiles en coopérant aussi longtemps que l’autre coopère ; se montrer susceptible si l’autre fait cavalier seul de manière injustifiée ; faire preuve d’indulgence (bienveillance) après avoir riposté à une provocation ; avoir un comportement transparent pour que l’autre joueur puisse s’adapter à votre mode d’action ; enseigner la réciprocité (donner de la valeur à l’altruisme) ; améliorer les capacités de reconnaissance (la stratégie et le « profil » de l’autre) ; savoir reconnaître la coopération et la réciprocité et, enfin, faire attention aux conséquences de ses actes dans le futur.

Il est incontestable que le chemin menant de l’esprit du don au don « pur », dans un souci de « mieux vivre ensemble » et dans un esprit de solidarité reposant sur la confiance et l’empathie, risque d’être bien long encore. Dans la « vraie vie », nous sommes tour à tour égoïstes et altruistes et, fort heureusement, certains de nos comportements échappent totalement au postulat de base du donnant-donnant. Il arrive même que la générosité entraîne la générosité. Tout simplement. Et, ce que la générosité permet, le donnant-donnant ne pourrait pas le réaliser comme, par exemple : mettre un terme par le pardon à la loi du Talion et à la vengeance, se sacrifier pour sauver un proche ou un inconnu, aider son prochain sans attendre de retour, faire fonctionner une institution caritative et tant d’autres exemples de don désintéressé. Certes, les pragmatiques et les blasés pourront toujours prétendre que le don peut aussi être le résultat de la pression religieuse, « morale », sociale, ou encore pour satisfaire sa mauvaise conscience… Peu importe les raisons (civisme, foi, amitié, empathie,…) la générosité tout comme le don désintéressé existent. Cet altruisme pur, nous l’avons tous rencontré, voire pratiqué, au moins une fois au cours de notre vie. Certes, un don de cette nature est rare, mais reconnaître sa réalité donne du sens à la vie, et permet de conserver sa foi en l’humanité. Une compensation de poids dans un monde finalement moins imbécile et auto-destructeur qu’il n’y paraît.

____________________

[1] L’utilitarisme est une doctrine éthique qui prescrit d’agir (ou ne pas agir) de manière à maximiser le bien-être du plus grand nombre des êtres sensibles. Elle est l’idée que la valeur morale d’une action est déterminée uniquement par sa contribution à l’utilité générale (définition Wikipédia).
[2] Co-écrit avec Michael D. Cohen, publié aux éditions Odile Jacob en 2001 (titre original : « Harnessing complexity. Organizational implications of a scientific frontier », Simon & Schuster, 1999). Lauréat du prix MacArthur en 1987, les travaux de Robert Axelrod sur l’évolution de la coopération liée à la théorie des jeux ont été cités dans plus de 5000 articles scientifiques.
[3] Approche mathématique de problèmes de stratégie, elle étudie les situations où les choix des protagonistes ont des conséquences pour l’un comme pour l’autre. Le jeu peut être à somme nulle (ce qui est gagné par l’un est perdu par l’autre et réciproquement) ou plus souvent, à somme non-nulle (définition Wikipédia).
[4] Le jeu du dilemme du prisonnier est un exemple célèbre de la théorie des jeux. Ce jeu repose sur l’hypothèse selon laquelle chaque joueur appelé « prisonnier » tentera de maximiser ses bénéfices sans tenter de nuire à l’autre joueur.
[5] Même en temps de guerre, la coopération entre soldats ennemis a pu émerger (plus d’infos sur : http://mecaniqueuniverselle.net/textes-philosophiques/coop.php). Tout a commencé spontanément : quand les camps ennemis dînaient, ils ne se tiraient pas dessus. Et à Noël personne n’a tiré. Puis des trêves directes, annoncées par cris ou signaux, pour convenances personnelles ou mauvais temps. Cette histoire a été relatée dans le film « Entre les lignes » de Yanko Del Pino : http://www.youtube.com/watch ?v=aThj0G5Era8.

Documents joints à cet article

L'altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l'égoïsme ?

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52 réactions à cet article    


  • LeGus LeGus 24 juin 2009 12:48

    @L’auteur,
    Encore un bel article, bravo et merci.
    Je me permet de vous signaler l’ouvrage de Douglas Hofstadter,
    http://en.wikipedia.org/wiki/Metamagical_Themas
    Qui aborde avec bien d’autres les sujets évoqués dans votre article : dilemme du prisonnier, modélisation, morale et survie.
    Une de mes phrases préférées :« Le vrai altruisme s’applique à ceux qui nous sont différents, par définition, sinon nous ne faisons que conforter notre égo en récompensant l’image de nous-même »
    Très cordialement.


    • plancherDesVaches 24 juin 2009 17:53

      Excusez-moi de vous demander pardon, mais l’auteur parlait d’aumône.

      Vous avez dû mal comprendre, je vous en excuse.

      Ainsi, il faut faire l’aumône afin d’avoir bonne conscience et que dieu vous pardonne vos péchés. Ceci est important pour le devenir de votre âme.
      Aidez un pauvre est ce que tout bon chrétin doit faire.
      Ne pas l’aider à devenir riche, bien sûr, mais éviter les soufrances de sa prauvre condition.
      Amen.


    • LeGus LeGus 24 juin 2009 18:24

      Je recommence :
      Ne pas confondre altruisme et charité.

      -Ceux qui parlent d’altruisme par égoïsme apprendront surement quelque chose ici :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Altruisme

      -Et si ils veulent quand même conserver cette générosité teintée d’égoïsme c’est ici :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Charit%C3%A9

      Ou bien encore rester au plancher des vaches, après tout aux innocents les mains pleines.


    • Olga Olga 24 juin 2009 12:56

      L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ?

      Un monde dominé par l’égoïsme peut-il survivre sans l’altruisme ? 


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 24 juin 2009 13:14


        L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ?

        Un monde dominé par l’égoïsme peut-il survivre sans l’altruisme ? 

        L’égoïsme peut-il survivre dans un monde dominé par l’atruisme ?

      • Kalki Kalki 25 juin 2009 01:38
        L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ?

        Un monde dominé par l’égoïsme peut-il survivre sans l’altruisme ? 

        L’égoïsme peut-il survivre dans un monde dominé par l’atruisme ?

        Le monde peut il survivre dans un monde soumis avec et/ou sans déraison humaine ?

      • Kalki Kalki 25 juin 2009 01:45

        Les utopies sont réalisables, des utopies ont été réalisés , elles finissent souvent mal - un peu comme elles ont commencées.

        quel utopie est gagnante alors ? Altruisme ou égoïsme ?

        Elles ont perdus toutes les deux.

        Une utopie est une chimère voué a s’évaporer comme le pétrole.

        Ce qui s’éloigne de la nature n’est pas naturel.

        les humains ne sont pas naturel quand il ne sont pas humains et inversement


      • John Lloyds John Lloyds 24 juin 2009 13:05

        Il est parfaitement normal que la plupart des grandes religions enseignèrent l’altruisme, puisque leur objectif fut l’asservissement de l’homme par le pouvoir temporel. Donner devient la grande valeur mise en place pour une institution destinée à prendre. Pour les mêmes raisons, il est tout aussi normal que les sociétés enseignent l’altruisme : quoi de plus pratique que d’envoyer les désoeuvrés dans les bras de la charité familiale ou amicale pour des gouvernements qui ne respectent plus leur part de contrat social ?

        L’altruisme me paraît donc une valeur à combattre, en tant que valeur dévoyée et récupérée par les instances fédératrices, et parvient ainsi à l’inverse du résultat recherché, il accentue l’inégalité par un système qui s’affranchit de son devoir de contrat social, s’appuyant sur l’altruisme du voisinage.

        Une main tendue, oui, mais à la Nietzsche : « que le matelas que tu proposes à ton ami soit un matelas dur ». De l’altruisme ? Jamais ! C’est probablement le principe le plus pernicieux jamais inventé, d’autant que le vice est poussé à donner mauvaise conscience à ceux qui ne l’adoptent pas.


        • LeGus LeGus 24 juin 2009 13:18

          Ne confondez pas charité et altruisme svp


        • Walden Walden 25 juin 2009 12:21

          Mais non, cher monsieur, il ne s’agit pas de culpabiliser les nombrilistes !

          ...Tout juste de rappeler qu’il existe un autre modèle d’Homme que celui que renvoie en reflet le miroir de Narcisse smiley

          Par ailleurs vous confondez visiblement la religion instituée par les clercs, parfois dévoyée comme instrument politique, de celle pratiquée par ces fidèles pour qui la charité (du latin caritas = amour du prochain), ou la compassion, revêtent un sens profond, qu’ignorent ceux qui veulent l’ignorer.


        • Vincent Frédéric Stéphane 24 juin 2009 13:31

          Merci à l’auteure pour son article qui contribue à faire connaître les travaux d’Axelrod.

          Quand je les ai découverts, je les ai perçu comme une validation de l’intuition que mon intérêt personnel est de favoriser celui de chacun.

          Je compléte. Je suis altruiste non pour autrui, mais pour l’idée que je me fais de moi-même. je suis altruiste parce que tel est mon bon plaisir.

          L’égoisme est une marque d’insuffisance de réflexion, une marque d’absence d’intelligence. C’est une situation métastable, un très petit optimum local. La manifestation de l’altruisme déconcerte l’égoiste tandis que l’altruiste pardonne à l’égoiste.


          • L'enfoiré L’enfoiré 24 juin 2009 13:43

            @L’auteur, Dernièrement je sortais « La bonne nouvelle et la mauvaise ». La bonne c’était que l’économie avait de bonnes tendances de reprises. La mauvaise, c’était le sujet de votre article. Les fondements de l’homme sont incompatibles avec la solidarité.
            Regardez les frontières, le home sweet home, la souveraineté, la compétition tout azimut... Voyez-vous un fifrelin de solidarité là-dedans ?


            • LeGus LeGus 24 juin 2009 14:16

              "Regardez les frontières, le home sweet home, la souveraineté, la compétition tout azimut... Voyez-vous un fifrelin de solidarité là-dedans ?"

              Ben non, l’égoisme marche pas, donc encore plus d’égoisme plutôt qu’un peu plus d’altruime.
              c’est ça votre solution ?

              T’es un beau dikkenek toi ma parole


            • L'enfoiré L’enfoiré 24 juin 2009 16:35

              Et toi un beau Gus !
              Si tu ne vois pas le lien, je te plainds.
              Mais j’attends la réponse de l’auteur, car c’est à elle que s’adressait le commentaire, je crois.


            • LeGus LeGus 24 juin 2009 20:17

              Toutes mes excuses, l’enfoiré, ces derniers jours j’ai rudement bataillé contre d’affreux trolls qui polluaient les débats par des inepties ou des remarques hors de propos, et je crains fort m’être laissé emporté par mon élan.


            • amipb amipb 24 juin 2009 23:15

              Comment voulez-vous qu’une société qui enseigne l’égoïsme, la célébrité forcenée, génère la moindre once d’altruisme, qui plus est dans la sphère économique ? Non, le salut ne peut venir que de celles et ceux qui « repensent » la société, fussent-ils bobos ou anars sur le retour.

              Ce qui est effroyable, c’est que le développement de l’égoïsme a rendu les gens amorphes, endormis dans leur petit confort sans âme. Mais cela tiendra-t-il encore longtemps ? On commence à voir quelques fissures dans la résignation ambiante...


            • L'enfoiré L’enfoiré 25 juin 2009 11:40

              Cher LeGus, Je sentais un certain relâchement inhabituel de ta part. Alors, toutes mes excuses de t’avoir répondu plus vertement que d’habitude aussi.
              Dikkenek c’est un qualificatif qui ne me sied pas vraiment. Mais pour cela il faudrait se rencontrer. J’ai une grosse tiesse, ça c’est sûr. J’ai même été exempt de béret à l’armée pendant 2 mois du temps de ma folle jeunesse.


            • ZEN ZEN 24 juin 2009 14:15

              L’égoïsme -variable selon les cultures-est (aussi) l’effet de notre organisation socio-économique basée sur le consumérisme et le narcissisme-infantilisme entretenu

              Connaissez-vous B.Barber, qui le dit mieux que moi ?

              Lash et Michéa ont produit eux aussi des analyses fort éclairantes sur cette question


              • mokcd 24 juin 2009 15:53

                je suis tombé sur « Le stress : portrait d’un tueur », mardi 23 juin de 20h35 à 21h40 sur France5.
                Etude des conséquences du stress sur les primates dans une colonie de babouins du Masaï-Mara.
                Et, surprise vers la fin documentaire : La colonie étudiée, hiérarchisée, hyper stressée... est décimée. Les alphas, stresseurs en chef de la colonie sont mort après s’être approprié la mortelle nourriture.
                Depuis, il n’y a plus de stress dans cette colonie. Les membres font du social et sont altruistes.

                Une société peut passer d’un modèle égoiste à un modèle altruiste. Seul un petit nombre d’individus égoistes font tout pour garder leurs privilèges. Mais une fois ces individus mis de coté la transition est possible.

                Documentaire à voir 


                • Olga Olga 24 juin 2009 18:09

                  Oui, j’ai vu aussi une partie de ce documentaire. 
                  Comme vous le soulignez, un petit nombre de dominants violents et égoïstes tiennent le pouvoir par la peur, par le stress qu’ils infligent au reste de la colonie. La disparition de ces individus violents permet un retour vers un état de quiétude, bénéfique pour toute la colonie qui se développe finalement de façon plus harmonieuse. 
                  C’est exactement la même chose pour les sociétés humaines. Quelques individus égoïstes, violents, arrivistes, détiennent et se transmettent les pouvoirs (politique, religieux, économique, militaire) depuis des siècles et plongent réguliérement les peuples dans la misère, l’obscurantisme, la guerre, les massacres, l’esclavagisme, les pillages, etc. 
                  Je suis persuadée que sans ces individus les peuples vivraient naturellement d’une façon beaucoup plus harmonieuse. La coopération, le partage et la recherche d’une vie simple et à la fois fructueuse sont certainement des comportements qui s’installeraient globalement et durablement, en l’absence de cette poignée de dominants oppresseurs (qui sont essentiellement des mâles, mais je ne vous apprends rien...)... 



                • Kalki Kalki 25 juin 2009 10:38

                  Donc il faut refaire 1789 ?

                  C’est vrai que l’on peut pas battre ce genre de personne, ni discuter, ni essayer de faire un compromis : car il veulent ou grignotent les avantages.

                  Alors a quoi bon la politique, les syndicats , les grèves ?

                  Est ce que l’on peut battre la capitalisme ou l’ « empire » néolibéral sur sont propre jeu ?

                  Ca serait très difficile.

                  En meme vous parlez de nourriture , et bien on peut aussi que nos dirigeant controle la nourriture mais qu’en plus : ils nous tiennent par les corones, nous sommes dépendant de leur mode de production.

                  Cela va être malthusien en anglettere ( 40% de la population dépend de l’importation de nourriture ) au japon, rapidement.

                  Et puis cela va être malthusien , sans les engrais, - une partie des médicament, et également on pourrait dire : la « vitessse » de la société.

                  Le train est monté à pleine vitesse, est ce que l’on essaye de passer le ravin devant nous ? ou est ce qu’on essaye de freiner, si on freine on déraille.

                  Situation interressante je doute que regnera l’altruisme dans les prochaines années a venir : surtout dans les lieux a forte population (d’imbéciles)


                • BMKOVAC bosiljka 28 juin 2009 21:16

                  Qui va mettre de côté ces individus égôistes ? Les privilégiés et les élites ???


                • Annie 24 juin 2009 15:59

                  Il n’y a pas de bon ou de mauvais altruisme, seulement un altruisme aveugle ou éclairé. Comme Vincent plus haut, l’altruisme ne me donne pas bonne conscience, mais me permet de vivre conformément à mes principes, dont certains au passage sont écornés, mais personne n’est parfait. L’altruisme en cela nourrit l’idée que je me fais de moi-même, et me valorise. C’est le côté égoïste de mon altruisme, mais que j’ai la lucidité de reconnaître. Le côté plus désintéressé est cela de la solidarité à laquelle je crois passionnément, et qui est le dernier espoir dans un monde de plus en plus déshumanisé et matérialiste.
                  Autrement dit, l’altruisme et l’égoïsme sont les deux facettes de la même médaille.


                  • Parrison Parrison 24 juin 2009 16:42

                    Bonjour et merci pour cet article... !

                    Vaste sujet de Bac philo.... ça me fait remonter loin dans mes souvenirs... !

                    Moi je tourne votre question autrement.... : l’altruisme n’est-il qu’un voeu pieux... ?

                    Je me méfie de celui qui se prétend altruiste... eh oui... ça peut paraître cynique mais c’est ainsi... Je n’ai jamais vu d’actes et encore moins de discours qui ne visent pas la reconnaissance de soi, la glorification de soi, ou la défense d’un intérêt personnel...

                    Sachant que l’élan envers autrui peut inverser la situation, l’altruiste a tout intérêt à doser son geste de manière à ce que le plateau de la balance penche de son côté ... il y a donc dans tout acte altruiste un calcul aussi subtil soit-il, sinon c’est un acte suicidaire... !

                    Dans l’absolu, l’altruisme suppose un déséquilibre que l’altruiste viendra rétablir grâce à sa générosité remettant les choses à niveau or, si tout est à niveau, l’altruisme disparaît car il n’a plus de raison d’exister...

                    Donc le véritable altruisme n’existe pas... !


                    • freeal freeal 24 juin 2009 18:48

                      Je pense à une scène du « Parrain » où celui-ci rend un service à un de ses compatriotes italiens (un croque-mort, je crois) en lui précisant qu’il se peut qu’un jour il ai besoin d’un service en retour.
                      Le « Parrain » fait ainsi un placement à terme en sachant très bien qu’en rendant ce service sans exiger une rétribution immédiate du type « donnant-donnant » il asservi en quelque sorte le bénéficiaire du service rendu. Il ne s’agit pas d’altruisme mais de stratégie. Pour ma part, je me méfie beaucoup des services que je serai amené à demander à autrui ou de ceux que l’on pourrait spontanément me rendre sachant très qu’un jour l’ardoise pourrait m’être présentée. Si je pousse ma démarche jusqu’au bout je dois renoncer à rendre des services (donc à faire preuve d’altruisme) de crainte qu’on ne me reproche (ou me soupçonne) d’avoir agit par intérêt en attente d’un retour d’ascenseur. Je me souviens d’avoir un jour ramassé une belle auto-stoppeuse au bord d’une route, de l’avoir véhiculée, logée, nourrie, douchée et c’est tout.
                      Cette fille pensait devoir me remercier avec les éléments dont la nature l’avait favorisée et me le proposa très simplement. Je n’en fis rien - à sa grande surprise - et c’est en cela que me suis donné à moi-même une belle image de moi. Je n’ai donc pas tout perdu mais ce geste n’était pas gratuit. Je me suis payé avec ce que j’estimais être la plus riche des valeurs : mon égo.
                      Je pense qu’elle m’a pris pour un con de ne pas lui sauter dessus. Mais ce qu’elle ne sait pas c’est que je ne me souviendrais probablement pas d’elle s’il en avait été autrement.


                      • maharadh maharadh 24 juin 2009 20:55

                        @ l’auteur,
                        je vous cite « Pour les théoriciens utilitaristes[1], l’altruisme reposerait en réalité sur la recherche de l’intérêt personnel (à savoir gagner ou obtenir plus) et cet intérêt conduirait à faire des choix rationnels. »

                        Sakosy je te vois ?

                        Peut on considérer que Georges est altruiste ?


                        • NWN NWN 24 juin 2009 22:52

                           

                          Oui, l’égoïsme ne survit que grace à l’altruisme, sinon il se serait anéantis depuis longtemps...

                          Mais effectivement, l’altruisme n’est pas naturel . C’est un outil spirituel dont la pratique apporte le véritable Pouvoir, celui d’Etre au-delà de l’intérêt et de la peur . Les hommes naturels animalisés par le système ne comprennent pas l’altruisme qui est inapprochable dans une société de la peur. L’altruisme est un acquis des hommes spirituels, un pouvoir qui donne la liberté d’être sans condition, soit un aspect essentiel de la liberté bien mal connu .

                          Cela peut aussi se comprendre par « l’individualisme éthique » développé dans « la philosophie de la liberté « de R.Steiner .

                          Dernièrement, la conférence du Dalaï Lama à Paris, avait pour thème d’actualité : éthique et altruisme .

                          Les agoravoxiens connaissent pourtant bien l’amertume de l’égoïsme qui leur inspire nombre d’articles ...

                          Merci .


                          • amipb amipb 24 juin 2009 23:28

                            L’altruisme est parfaitement naturel, c’est même l’une des lois de la nature, en tout cas au sein d’une même espèce. En voici un exemple : http://www.dailymotion.com/playlist/xcutb_razding_conscience-animal/video/x3ss28_conscience-animal-soubhan-allah_news

                            Et quelques remarques avec sa confrontation à l’évolution darwinienne : http://www.intelink.info/fre/actualites/sciences/pourquoi_certains_animaux_ sont_ils_altruistes


                          • NWN NWN 25 juin 2009 10:14

                            Aimer et protéger sa famille, sa tribut, son pays, c’est à la porté de tous les boeux et de tous les moutons . Aimer sans condition de survi, aimer son ennemi, c’est là que commence l’altruisme et qu’on se libère de l’instinct . L’avenir de l’humanité passera par là ou pas .
                            Darwin avait surtout un gros égo, et ne comprenait que l’imposition du plus fort .
                            Mais l’évolution ne gardera que les plus gentils, les meilleurs ; seul eux sauront se préserver .

                            Dans votre VDO, la petite minorité affamée est obligée de rester dans la faim, face au grand troupeau bien gras qui continu à se repaître d’une herbe, que rien ne protège ...


                          • Kalki Kalki 25 juin 2009 10:43

                            NWM est ce que vous aimez hitler ? est ce que vous aimez bush ? Est ce que vous qui serait au final une tyrannie ?

                            Est ce vous prônez comme gandhi au juif qu’il faut se laisser faire face au nazisme et tout accepter ?

                            Dite moi ?


                          • NWN NWN 25 juin 2009 12:05

                            oui, il faut les aimer .
                            Plus le méchant vous fait peur plus il a de pouvoir sur vous, plus vous l’aimez moins il a de pouvoir sur vous . Bush, Sarko et Cie connaissent bien cette loi de la peur .
                            Par ailleurs, se sont de pauvres hommes qui vivent dans la peur et je ne les envie pas ...
                            Ils se nourrissent de la peur et de l’égoisme,votre esprit devient le leur .
                            L’amour préserve votre esprit de cette perdition .

                            Croyez vous comme eux qu’il faille developper encore plus la répression, les prisons, les guerres, pour éliminer le méchant et le mal ?
                            Si c’était efficace, ça se saurait depuis longtemps !

                            L’actualité et l’avenir serait surement bien diffèrent, si Israel s’inspirait de Gandhi...


                          • Kalki Kalki 25 juin 2009 16:51

                            NWM il y a autre chose que la communication ou l’amour..

                            IL y ades gens vraiment méchant et heureux de l’être et vous ne les changerais pas votre alors s’il vous plait faites comme jésus - allez dans aux usa ou les pays merdique pour apporter la liberté juste avec votre amour et on verra ce qui se passera.

                            il y a des tyrans , psychologiquement des tyrans, des cynique, des sadiques, l’amour c’est bien la dernière qui leur ferait peur ou qui le toucheraientt


                          • Kalki Kalki 25 juin 2009 16:53

                            Je vous invite à lire un autre de mes commentaires et on en reparle d’accord..

                            http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/24/la-nation-a-naitre/#comment-601


                          • NWN NWN 25 juin 2009 22:03

                             

                            Kalki

                            J’aime les méchant et le mal, parce qu’il m’indique où est le bien et m’inspire à devenir meilleur .


                            Avant de vouloir sauver les autres, il faut commencer par se sauver soi-même .


                            L’égoisme et l’altruisme sont les deux faces paradoxale du Moi . Comme l’indique l’épée à double tranchant sortant de la bouche du Christ . Le Moi inférieur et le Moi supérieur .

                            L’un mène dans l’enfer de l’égo, l’autre libère l’esprit .

                            Le mal ne peut être combattu de face, le mal se transcende par l’inversion de son énergie .


                            Ce n’est pas mourir qui est embêtant, car mort nous serons . Mais c’est Comment, dans quel état d’esprit nous mourons qui importe, car à vouloir gagner ou sauver sa vie on fini souvent par la perdre, souvent en faisant pire que ceux qui nous menace . Comme le fameux Bush qui fit de nombreux attentat en Irak et comme le fera Obama en Iran, au nom de la paix ...


                            Mon corps, je le perdrais, mes mon esprit, je ne dois pas le perdre .

                            Après ne reste que la conscience, et vaut mieux alors avoir bonne conscience ….


                            Bien à vous, soyez en paix .


                          • Kalki Kalki 25 juin 2009 23:50

                            Avant de vouloir sauver les autres, il faut commencer par se sauver soi-même

                            OUi et ca ne contredit pas votre vision du monde ? Qui est ce qui veut sauver les autres ?

                            AIMER : c’est s’approprier , aimer est un acte égoiste, ce n’est pas respecter.

                            Je répéte la question : est ce que vous aurais conseillez au juif de se laisser faire ?

                            de non agir ? d’esperer ?

                            >L’un mène dans l’enfer de l’égo, l’autre libère l’esprit .

                            Et que faites vous de l’enfer matériel vous savez l’injustice, l’injustice bien réelle qui n’est pas une invention de l’esprit et qui ne etre combattu par le simple esprit. Avez lu mes commentaires sur le lien ?

                            >Le mal ne peut être combattu de face, le mal se transcende par l’inversion de son énergie .

                            Ouai. Ouai ouai. et le mal c’est quoi ? par exemple ?

                            Le truc tout bete c’est ne pas se mettre dans l’équation ... c’est quoi le mal ?

                            Vous tué pour vivre, vous mangez pour vivre  ? c’est quoi le mal ?

                            Vous vous appropriez des choses indispensables a votre existence et il y en a des choses que le corps a besoin ... ou est le mal ?

                            >Ce n’est pas mourir qui est embêtant, car mort nous serons . Mais c’est Comment, dans quel état d’esprit nous mourons qui importe, car à vouloir gagner ou sauver sa vie on fini souvent par la perdre, souvent en faisant pire que ceux qui nous menace . Comme le fameux Bush qui fit de nombreux attentat en Irak et comme le fera Obama en Iran, au nom de la paix ...

                            Vous n’avez pas compris la vie ? la vie n’est pas la mort ! la vie n’est pas la négation c’est trop dur de vivre ! La vie ce n’est pas regarder son nombril comme un moine et trouver ca super transcendant.

                            La vie ca mérité d’être vécue.

                            L’injustice ca mérite qu’on s’en libére.

                            >Mon corps, je le perdrais, mes mon esprit, je ne dois pas le perdre .

                            D’accord, mais est ce que vous possédez l’un et l’autre ?

                            Qui possède votre temps ?

                            Qui possède votre existence ?

                            Qui possède la destiné des êtres humains ?

                            >Bien à vous, soyez en paix .

                            Il ne faut pas accpeter la paix quand il y a une guerre pour la justice qui se déroule devant soi.

                            La spiritualité ce n’est pas tout beau tout doux ... bisounours.

                            Il faut être à la hauteur de ces convictions,  : car sinon on crachera sur vos tombes.

                            je vois l’hyppocrisie et le cynisme regner meme chez les gens qui se dit avoir une conscience

                            Et bien, vous n’en avez pas. Vous pouvez etre en paix avec vous meme , avec vos mensonges, avec tout ce que laissez au loin de votre regard si consciencieux : c’est de la lacheté ce n’est pas de la conscience compléte.

                            La liberté est effective que si tout le monde est libre.


                          • NWN NWN 26 juin 2009 11:38

                             

                            Kalki, chevalier de l’Ordre Juste, tu as une vision stéréotypée de la spiritualité, les « bisounours » c’est pour ceux qui croit . Croire qu’avec des mots on fait des mondes …


                            Tu confond « amour » avec « possession » . C’est la maladie de notre système . L’amour c’est l’envers de la possession, ça n’a rien a voir avec l’autre, le couple, mariage etc...ça c’est les bisounours .

                            L’amour et la liberté c’est la même chose et marchent ensemble . L’attachement, la possession et la peur, marchent ensemble .


                            Possèder le temps ?

                            Possèder mon existence ? Possèder le destin ?

                            La conscience complète !

                            C’est quoi ça ?

                            Tu regardes la spiritualité avec les yeux de la matière, avec des concepts rationnels qui ne sont pas applicable aux lois spirituelles .

                            C’est ce qui t’embrouille et t’énerve ...


                            La mort et l’injustice, sèment la vie et la conscience .

                            Le dualisme est illusion .


                            « La liberté est effective que si tout le monde est libre. »


                            Alors cesse de polémiquer sur agoravox, laisse les mots, tu pratiques ce que tu combats,va Chevalier, va chercher la justice et ramène la liberté, si tu penses que « bisousnours » existe quelquepart .

                            Tu me laisseras libre d’être .



                          • Francis, agnotologue JL 25 juin 2009 09:54

                            Bonjour, j’arrive un peu après tout le monde et beaucoup de choses ont été bien dites en commentaires à cet article intéressant.

                            Au sujet de : « Traite les autres comme tu voudrais être traité » j’ajouterai : encore faut-il que les autres aient les mêmes aspirations, goûts ou valeurs que moi ! Ce n’est donc pas si simple.

                            Au sujet de : « Par définition donc, le geste purement altruiste suppose, chez celui qui l’accomplit, un désintéressement total puisqu’il repose sur l’idée du don de soi. »  Pas forcément : ce peut être simplement par stratégie, plus ou moins louable. En précisant purement, vous n’exprimez rien d’autre qu’une tautologie.

                            Il y a une théorie qui parle de cela et qui analyse les différentes stratégies en terme de trahison / confiance. L’exemple le plus connu en est Le dilemme du prisonnier.

                            A ce sujet j’aimerais faire ici un commentaire qui me tient à cœur. Le christianisme dit : « Aimes ton prochain comme toi-même ».

                            Cette injonction pour moi est ambiguë et versatile, et peut-être interprétée de deux façons, la bonne et la mauvaise. La mauvaise c’est celle que l’église répand : ton prochain c’est l’autre, n’importe quel autre ! C’est le sésame du renard pour qu’on le laisse entrer dans le poulailler.

                            La bonne selon moi, c’ est que ton prochain est celui qui t’est directement le plus proche. S’il n’y a sur une île déserte que deux individus, il me semble qu’il faut aimer l’autre comme soi même si l’on considère que tout vaut mieux que la solitude infinie. Dès lors, aucune trahison n’est « rentable », l’altruisme seul procure le bien commun.

                            Le drame survient dès que l’on est trois : dans cette foutue engeance qu’est l’Homme, il s’en trouvera toujours deux pour exploiter le troisième !

                            Ce qui se passe au niveau individuel joue également au niveau des sociétés humaines. A ce sujet il est intéressant de s’intéresser aux communautés et aux réseaux. Petite précision : dans le dictionnaire des « Mots de pauvres, mots de riches », Fournier (pas l’auteur du Gand Meaulnes, l’autre) aurait pu écrire :

                            « Communauté » est un mot de pauvres, « Réseaux » est un mot de riches. On notera qu’un pauvre appartient à une communauté, un riche possède un, ou mieux s’il est très riche, plusieurs réseaux.


                            • Kalki Kalki 25 juin 2009 10:59

                              Et si l’altruisme pouvait être instrument des égoistes ?


                            • philder 25 juin 2009 12:20

                              Merci a l’auteur pour cet article interessant. Je voulais ajouter quelques precisions cependant.

                              Il est a noter qu’il y a deux mecanismes majeurs qui sont etudies pour la cooperation. Le premier, presente dans l’article, est le ’donnant-donnant’ qui implique que les individus interagissent de maniere frequente. On peut voir que ce mecanisme est particulierement efficace quand les populations d’individus restent a peu pres les memes et sont a ’taille humaine’. Par exemple dans un petit village ou tout le monde se connait, rendre un service a quelqu’un est benefique car on peut esperer que cette meme personne, que l’on recroise a peu pres tous les jours, vous rendra la pareille.

                              Cependant si l’on considere un contexte different, par exemple une grande ville comme Paris, ce mecanisme est tres peu efficace. Prenons deux personnes A et B qui se croisent par hasard, A rend service a B. La probabilite que A et B se recroisent a nouveau est tres faible, donc la probabilite d’avoir un retour pour le service rendu l’est aussi, ce qui fait que l’on n’a tout simplement pas interet a aider l’autre. Il n’y a qu’un pas pour dire que c’est ce type de contexte qui fait que l’on perd enormement de solidarite et que par exemple peu de gens prendraient la defense de quelqu’un qui se fait agresser.

                              Il y a un deuxieme mecanisme qui n’est pas mentionne par l’auteur, c’est le systeme de reputation. L’idee c’est que chaque personne a une reputation (plus ou moins visible pour les autres) et que cette reputation depend de leur altruisme passe. Dans ce cas la regle generale est que les gens seront plus altruistes avec ceux qui l’ont ete par le passe. Qui plus est se comporter de maniere altruiste apporte un benefice indirect puisque d’autres personnes seront amenees a se comporter altruistiquement avec vous grace au gain de reputation. On peut imaginer que ce mecanisme est a l’oeuvre chez les benevoles de l’humanitaire et du social. Le gain de leur benevolat n’est pas direct puisque les personnes aidees ne rendent pas forcement de service direct, et ils ne sont pas payes. Neanmoins leur action benevole leur donne une image de ’personne altruiste’ qui fait que d’autres seront plus enclins a les aider.

                              J’espere que les benevoles ne m’en voudront pas de cette vision quelque peu cynique, mais, comme dit par l’auteur, c’est effectivement un des traits de ces approches qui montrent que l’interet individuel peut conduire a la cooperation sous certaines conditions.


                              • Walden Walden 25 juin 2009 12:26

                                EXCELLENT ARTICLE, MERCI.

                                Au fil des commentaires, il est amusant de constater comme le sentiment d’altruisme semble déranger, voire inquiéter, ceux qui l’ont soit refoulé, soit jamais éprouvé smiley


                                • dom y loulou dom 25 juin 2009 13:20

                                  « Un monde imbécile et auto-destructeur ? »

                                  ne confondez pas le monde et ce que font les gens.

                                  Très pertinente remarque de Carlos Castaneda.

                                  ce sont deux éléments très distincts, sans commune mesure. 
                                   


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 25 juin 2009 18:36

                                     

                                    @L’auteur,

                                    L’article me fait penser à un autre que j’ai écrit à la suite des prémisses de la crise «  Enfin la faim  ». Il ne s’agissait pas vraiment d’une crise alors. On remarquait seulement qu’on avait des difficultés pour payer les choses qui devenaient hors de prix. On ne regardait que son porte monnaie en se foutant pas mal du regard oblique des passant honnêtes.

                                    Alors, oui, qu’on le veuille ou non, l’homme est un animal qui a les mêmes principes dans ses gènes que les animaux et qui réaliseront les choses avec le minimum d’effort. Différence : un peu d’intelligence pour balancer notre fragilité du corps.

                                    Les animaux sont-ils solidaires ou n’est-ce qu’une manifestation de l’instinct de conservation ?

                                    L’évolution fait bien les choses, c’est évident. Elle rectifie les erreurs de parcours et élimine ce qui est le moins viable, mais cela ne se fait pas en une ou deux générations. C’est un processus très lent. Donc l’altruisme a la possibilité de s’immiscer dans le jeu de quilles. Mais pour cela il faut un minimum de recul dans tout ce qu’on entreprend. L’éthique, on n’en parlait pas quand tout va bien. Mon magazine du consommateur belge ’Test achat » a commencé seulement à faire comprendre que derrière des prix en dehors de toute concurrence, il y avait beaucoup de sueur non rétribuée.

                                    Alors altruisme haut les coeurs ou bas les porte monnaies ?


                                    • savouret 26 juin 2009 11:31

                                      article interessant .

                                      il est évident que nous vivons dans un monde imprégné d ’égoisme, ou la compétition entre les individus est de plus en plus exacerbée. l ’egoisme est inhérent à la nature humaine et je ne pense pas qu’il n ’y ait qu’une minorité de gens égoistes contrairement à ce qu’ont écrit certains locuteurs.je dirai qu’il est plus pertinent de considérer que l’egoisme est pathologique ou compulsif chez une minorité d ’individus qui sont hermétiques a l’altruisme.

                                      en revanche chez le commun des mortels l ’égoisme quotidien manifesté n ’est pas incompatible avec le désir d’altruisme .ceci dit cet altruisme ne reste bien souvent qu’un voeu pieux pour une majorité de personnes , dans la mesure ou la vie en sociéte est avant tout fondée sur la compétition , a fortiori dans un systéme capitaliste fonctionnant selon l’idéologie néolibérale.ainsi, les dispositions à la générosité, à la bienveillance qui se manifestent chez l’individu sont contrecarrées par la « réalité » du monde qui semble délégitimer ces vertus en les faisant apparaitre comme des faiblesses rédhibitoires.
                                      ainsi, une personne réellement altruiste, ou du moins nettement plus généreuse que la moyenne pourra facilement etre percue par ses congénères comme une personne faible,utopiste, inadaptée aux réalités de la vie quotidienne.

                                      certes, des hommes ou femmes incarnant l’altruisme sont plébiscités par l’opinion et sucitent l’admiration, toutefois cette reconaissance n ’implique nullement le désir de leur ressembler tant leur parcours semble atypique et synonyme de sacrifices aux yeux de la masse.

                                      dans nos sociétes contemporaines, il semble en effet de plus en plus inconcevable de consacrer une partie de sa vie au bonheur d ’autrui a fortiori si celui ci ne fait pas partie de notre entourage proche.certes,le bénévolat dans des associations caritatives est en plein essor, mais bien souvent celui ci ne signifie pas un réel engagement, un authetique don de soi, dans la mesure ou il est restreint à une heure ou d eux par semaine.de plus, la majorité des personnes intérogées vous repondront lorsque vous les interrogerez sur les déterminants de leur action, qu’elles sont principalement dans une quete d ’épanouissement , d ’enrichissement personnel,qu’elles veulent se sentir utiles.en définitive, les motivations exposées traduisent plus un désir d ’accomplissement personnel que l ’aspiration à rendre autrui heureux.

                                      je peux paraitre désanchanté sur la nature humaine, mais rassurez vous ce n ’est pas le cas.j’expose seulement mon point de vue sur la complexitéde la nature humaine, sur une tendance naturelle à l’égoisme que je réprouve mais que je dois accepter,sur l’amplification considérable de cette tendance qu’engendre le systémé économique et social dans lequel nous évoluons.cependant, je continue de croire au perfectionnement de l’etre humain, en sa capacité à s ’éléver et à se départir d ’une certaine fome de médiocrité quotidienne .bien que je puisse comprendre la dramatisation de la crise écnomique et sociale actuelle, je ne peux m’empecher de l’ appréhender comme une source de bienfaits potenitiels.en effet, elle souligne la faillite d ’un systéme exalatant la profit , l’nteret individuel et delegitimant toute générosité désinteresséee.elle met en exergue la folie d ’une idéologie souhaitant étendre à toutes les sphéres de l ’activité humaines les lois du marché et de la concurrence.

                                      alors oui je l’affirme, je crois que cette crise peut etre une chance pour repenser en profondeur notre mode de vie, notre conception des rapports humains, et elle peut donc réhabiliter l ’altruisme.


                                      • Parrison Parrison 26 juin 2009 14:09

                                        A Savouret....

                                        « la crise .... peut donc réhabiliter l’altruisme »

                                        ou exacerber les rivalités.... !

                                        Bientôt nous aurons à prouver notre altruisme.... quand à nos portes viendront réclamer ceux que nous avons affamés... ! et là, les « altruistes » on aura besoin d’eux et non plus de leurs discours... !




                                      • savouret 26 juin 2009 11:35

                                        désole pour les quelques fautes de frappe commises à la fin du texte


                                        • Kalki Kalki 26 juin 2009 12:37

                                          NON aimer c’est forcément s’approprier et toujours trop -meme avec un esprit conscient.

                                          L’amour véritable c’est laisser les autres libres , d’accord, c’est pourquoi on appelle cela de l’amour.

                                          Est ce que « dieu » , le « pape », le « president », le dogme, aime ? OUai on peut dire et ils privent de toutt liberté d’être ou de faire. C’est vraiment de la liberté vous allez me dire.

                                          La mort et l’injustice, sèment la vie et la conscience .

                                          Et bien vous n’ête pas un être que spirituelle c’est un fumisterie , personne ne l’est : les injustices sont bien réel .... est ce qu’il vous faut un petit schéma pour vous que compreniez :

                                          1.Appropriation pour vivre - c’est LEGETIME dans une certaine mesure pour vivre

                                          2.Plus surpopulation - c’est le contexte actuelle ou les ressources - sont comptés.

                                          3.Plus psychologie du tyran, de celui qui veut le pouvoir executif sur les autres - que vous ne convertirais par aucune spiritualité. Sa spirirualité , sa psychologie est tout autre.

                                          Ca ne fonctionne pas votre monde spirituelle , le monde a des réalités qui ne peuvent s’alienner par la spiritualité ou le mensonge : vous savez il y a des chiffres , il y a des sciences , il y a des besoins , est ce que pour vous tout ca ces des conneries ?

                                          Non justement , la creation de la réalité se fait en communauté vous comprenez , et la notion de « liberté » ( et de réalité ) se fait dans le consensus, dans le débat, si on laisse les petits imbécile avec leurs religions/spiritualité prendre l’ascendant dans l’amur, et ce que c ’est le « laisser libre ? »

                                          Echanger , c’est la seule chose qui permette d’éviter la violence.

                                          Et parfois - quand la tyrannie est présente il est légitime de s’en défaire et de proposer l’alternative, c’est dans les droits de l’homme. C’est dans la constitution.


                                          Violence et injustice, quand elle PRESENTE - REEL - MEME ABSTRAITE MAIS REEL, que l’on ne chassent pas la spiritualité .

                                          Mais par la creation d’un monde ou relations - ou se serait la paix et la justice.

                                          Le monde ne se fait pas en soi , il se fait avec les autres.

                                          Ce qu’il y a de plus spirituel c’est la forme d’économie.
                                          Ce qu’il y a de plus libre, c’est la forme de politique.


                                          • BMKOVAC bosiljka 28 juin 2009 21:56

                                            A mon avis avec cette crise financière et sociale, l’altruisme est mal au point. Les égoîsmes sont exacerbés C’est à celui qui gardera sa place, la solidarité, le partage ne sont pas à l’ordre du jour, on ne fait qu’en parler De là a passer aux actes, je n’y crois pas beaucoup. Les dernières manifestations et grève n’ont pas données grand chose Avec autant de pauvres (10 millions au moins) qui vivent avec 800 euros par mois Si le peuple de ce pays était altruise et solidaire celà se saurait J’espère au moins que ces 10 millions de gens vont se réveiller et demander enfin une vrai justice et non l’altrusme qui pour moi n’est qu’une charité de plus


                                            • L'enfoiré L’enfoiré 1er juillet 2009 09:30

                                              @Véronique Anger-de Friberg ,

                                              24 juin - 1 juillet. Aucune réponse aux commentaires. Je me disais « oui, il y a le fuseau horaire du Canada qui explique ». Mais, le Canada aurait-il dépassé son temps de 6 heures de décallage ?
                                              Ce n’est pas l’habitude de la maison. J’ai été voir sur d’autres articles. 
                                              Alors, l’altruisme, la pensée vers les autres, serait-elle existante dans un sens unique ?
                                              A vous de me le dire.
                                              Je n’ai jamais laisser lettre morte à une question ou un commentaire pour mes propres articles.
                                              Alors quoi ? Réveillez-vous cher rédactrice. Nous sommes sur un forum, pas dans un journal papier. 

                                               


                                              • L'enfoiré L’enfoiré 1er juillet 2009 22:26

                                                Suis-je bête. Il y a une explication. L’article a été accepté en validation, alors que vous n’étiez plus présente. Periode de vacance oblige. Si c’est le cas, veuillez accepter mes excuses. 


                                              • savouret 2 juillet 2009 12:09

                                                a bosiljka.votre constat sur l’impact observable de la crise sur l’axacerbation des égoismes est lucide, je dois l’ admettre.cependant, si cette crise vient à durer, ce quie st probable, j’ espere qu’elle permettra aux gens d’ouvrir les yeuxsur toutes les aberrations de notre système économique et qu’elle aura des lors une influence bénéfique sur la réhabilitation de certaines valeurs.
                                                lorsque vous dites que l’altruisme n ’est qu’une forme de charité , je vous désapprouve.

                                                la charité, bien que parfois nécessaire a surtout pour finalité de se donner bonne conscience, et elle ne peut s ’exercer qu’avec une minorité de la population, sans qu’il n’y ait reellement de rapport d ’egalite, car elle implique souvent une forme de commisération. l ’altruisme en revanche constitue une philosophie de vie qui peut se manifester avec chaque individu et ne ne nécessite nullement la recherche d ’un interet personnel quel qu’il soit( c’est du moins ainsi que je le concois).de plus il repose sur une réelle égalité avec autrui, qui est percu comme un individu dont on recherche le bonheur et non par rapport à un statut déterminé, comme dans le cadre de la charité, ou l’individu est avant tout défini par sa pauvreté.


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