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Accueil du site > Tribune Libre > La lecture en péril...

La lecture en péril...

Les jeunes français lisent de moins en moins et éprouvent de plus en plus de difficultés face à la lecture : une étude récente vient encore le démontrer : 520 points, c'est le score qui sonne comme un échec. Il place la France au 29e rang sur 45 dans le classement opéré par le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS), et divulgué ce mardi 11 décembre matin. Celui-ci mesure, tous les cinq ans, les performances en lecture des élèves au cours de l'année de CM1. 

Happés par les médias, portables, ordinateurs, tablettes, téléviseurs, écrans en tous genres, les jeunes souvent ne lisent plus ou le font de manière superficielle...

Même sans ces dernières statistiques qui viennent d'être publiées, on peut constater les difficultés des élèves en français : les copies des lycéens sont de plus en plus "bourrées" de fautes dans l'expression, l'orthographe. La ponctuation elle même est négligée...

La maîtrise de certains mots de vocabulaire est très approximative : on relève de plus en plus de barbarismes, des déformations de mots, des incorrections, des phrases mal construites donc difficiles à comprendre.

Les élèves font aussi de moins en moins la distinction entre l'écrit et l'oral : ils écrivent parfois comme ils parlent, de manière familière, voire incorrecte... Ils ont des difficultés à se concentrer sur un brouillon.

Il faut absolument inciter les enfants à la lecture et ce, dès le plus jeune âge. Il faut les familiariser avec l'objet livre, il faut leur en montrer toute l'importance, tout l'intérêt...

Noël approche, il ne faut pas hésiter à offrir aux enfants, aux adolescents des livres : certains sont magnifiquement illustrés et permettent une approche ludique de la lecture...

Lire un livre, c'est aussi l'occasion d'en parler, d'en évoquer les qualités ou les défauts : c'est une ouverture sur le monde, c'est une réflexion sur une époque, sur des sujets variés...

Lire un livre permet de développer la pratique de la concentration qui a tendance à disparaître au profit des images qui défilent rapidement et dont on n'a pas le temps d'analyser le contenu...

Retrouvons le plaisir de lire : c'est un exercice profitable mais aussi des moments de bonheurs qui favorisent l'imagination, développent le sens de l'analyse, l'esprit critique.

Retrouvons le plaisir des textes bien écrits, des mots choisis et savourons ce bonheur de tenir en mains un livre, de partir à sa découverte, d'observer ses illustrations ...Partageons ce plaisir avec les jeunes générations et offrons- leur la possibilité de s'épanouir dans la lecture...

Source : Le Monde

Photos : wikipédia

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34 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 13 décembre 2012 15:37

    il y a 60 ans et plus en primaire il y avait comme matières :
    - le français : orthographe = dictée, grammaire = questions de dictée , rédaction, récitation
    - le calcul : écrit et calcul mental
    - histoire
    - géographie
    - sciences naturelles
    - morale et instruction civique

    pas de matières ludiques !
    au CP et au plus tard en CE1 on savait lire couramment
    aprés on se perfectionnait ......


    • eugène wermelinger eugène wermelinger 13 décembre 2012 16:00

      Salut Jef88
      J’approuve, mais nous sommes des vieux avec des « idées rétrogrades ».
      Demain, foi de politicard, nos enfants jacasseront en anglo-américain.
      Au fait, cet empire n’est-il pas en effondrement ?


    • rosemar rosemar 13 décembre 2012 21:45

      Bonsoir jef


      la concurrence des médias joue un rôle dans ces difficultés :manque de concentration en particulier...

    • ARMINIUS ARMINIUS 13 décembre 2012 19:50

      Tout à fait d’accord peut importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse de la lecture qui est une excellente addiction. Pour la génération d’avant la télé quel bonheur ! nous dévorions tous les Jules Verne, Dumas et autres Maurice Leblanc... et parfois le soir sous la couverture après le couvre-feu.
      ..et le goût nous en est resté, et nous avons parfois su le passer à nos enfants, malgré la concurrence de cette insipide télé...et des jeux video, exutoires un peu malsains. Maintenant c’est à Internet de prendre le relais, les sources de lecture y sont tellement nombreuses que ça donne le vertige...et la réalité y est souvent aussi intéressante que la fiction...


    • rosemar rosemar 13 décembre 2012 21:48

      Oui, c’est de la lecture mais il faudrait ne pas s’en tenir là et lire aussi des auteurs qui apportent une culture qui ne soit pas simplement le fantastique : il faut diversifier les lectures..


      Bonne soirée ursulin

    • Richard Schneider Richard Schneider 13 décembre 2012 16:26

      Tant que l’EN n’aura pas mis à plat tous les pbs qui perdurent dans le système éducatif français depuis plus de trente ans, on pourra faire toutes les réformes que l’on voudra : il y aura toujours, à la sortie du Collège, autour de 15-20% d’élèves ne maîtrisant ni la lecture ni l’écriture.

      Apprendre à lire demande des efforts - de la part des profs. et des élèves. Or, nos enfants ne comprennent pas la nécessité qu’on leur impose des contraintes pour atteindre l’objectif - ici maîtrise de la lecture et de l’écriture. Pourquoi ? Là est justement la question. Lorsque tous les intervenants (profs., parents ... etc ...) y auront répondu clairement, on pourra enfin essayer d’apporter des remèdes à cet illettrisme rampant et cet appauvrissement culturel qui caractérise une bonne partie des élèves, puis des citoyens de ce pays.
      Il n’y a pas de miracle : avant de pouvoir goûter à l’immense plaisir de lire, il y a toujours eu (et il y aura toujours) des efforts à faire, des contraintes à accepter, des échecs à surmonter ...

      • rosemar rosemar 13 décembre 2012 21:57

        L’effort est essentiel, en effet, Richard ainsi que la concentration et les élèves ont de plus en plus de difficultés à se concentrer : ils ne savent pas faire un brouillon, se relire pour se corriger ...

        Il n’est pas étonnant que certaines copies soient « bourrées » de fautes....

        Bonne soirée....


      • volt volt 13 décembre 2012 18:55

        Bonjour Rosemar,

        vous faites oeuvre de thanatopracteur, et c’est bien courageux ; car ce déclin est entamé depuis des décennies. Mais vous faites encore mieux, dans votre titre, d’employer si précisément le mot « lecture » et pas tout de suite le mot « livre »... Voilà qui permet de mieux déployer l’horizon de toute cette affaire.

        Je ne suis pas sûr que ce soient les nouvelles technologies qu’il faudrait accuser en premier lieu. On peut même se souvenir que ce déclin semble précéder de peu l’invasion des écrans et autres joujoux...

        Déjà, certaines modes condamnaient bien des lectures comme »ringardes« , »rétrogrades" des="des" livres="livres" pourtant="pourtant" essentiels="essentiels" toute="toute" de="de" la="la" culture="culture" ambiante="ambiante" ou="ou" occidentale="occidentale" au="au" ces="ces" formes="formes" majeurs="majeurs" seront="seront" par="par">

         Lorsque vous dites : 

         »Il faut absolument inciter les enfants à la lecture et ce, dès le plus jeune âge. Il faut les familiariser avec l’objet livre, il faut leur en montrer toute l’importance, tout l’intérêt...

        Noël approche, il ne faut pas hésiter à offrir aux enfants, aux adolescents des livres : certains sont magnifiquement illustrés et permettent une approche ludique de la lecture..."

        D’expérience, d’enfant ou d’adulte, je sais à quel point encourager à la lecture de tel ou tel ouvrage est aussi le meilleur moyen de le rendre d’emblée insupportable... Moi je suis pour la méthode que j’appellerais « insultante » : 

        Choisir ouvertement de détruire, déchirer l’ouvrage d’un auteur particulier devant un enfant, avec forces insultes et grande colère ! Cataloguer comme larbins, salopards, connards, les noms d’auteurs les plus choisis... Et là vous verrez le résultats ! 

        Oh pas tout de suite non, mais qui pourrait nier que les lectures les plus importantes se font d’abord en catimini, que les livres d’abord interdits ont alors si bonne saveur que ce sont eux qui vont déterminer... l’Ouverture.

        Et justement j’en reviens donc à la précision de votre titre : 

        Ce ne sont pas tant les livres qui sont combattus, que la Lecture au sens le plus large, car c’est bien Toute la Liberté, l’Autonomie, et ce qui s’ensuit.

        Ce déficit de lecture est aussi quelque chose de transmis, faut faire vraiment gaffe... Que de fois j’ai vu un gamin avec, ne serait-ce qu’un Barjavel qui pourrait déjà ouvrir, sauver... et ce mioche d’abandonner la chose en cours de route, à peine entamée, du seul fait des encouragements si pressants des adultes alentour, bien soucieux au fond que celui-là... ne se réveille ! 

        et qu’il ne nous fasse, soudain, le coup de ce maître... à NOUS LIRE !!

        ...merde où t’as encore fourré la télécommande ?

         


        • rosemar rosemar 13 décembre 2012 21:59

          Bonsoir volt


          je pense que l’apprentissage de la concentration doit se faire dès le plus jeune âge : apprendre à apprécier les images, puis les mots....

        • volt volt 13 décembre 2012 19:05

          décidément !... smiley

          désolé que sur ce sujet, mes copiés-collés s’avèrent si ouvertement foireux,
          (le sujet doit être sacrément tabou).

          • paco 13 décembre 2012 21:17

             Provocation : Lire est une perte de temps et un gachis de celullose. En plus ça abime les zieux.


            • rosemar rosemar 13 décembre 2012 22:01

              Une perte de temps : sûrement pas : on apprend la concentration, la patience et on accumule des connaissances...


            • iciailleurs 13 décembre 2012 21:44

              Et cela ne va pas s’améliorer avec le tout numérique, selon Peillon.


              • rosemar rosemar 13 décembre 2012 22:02

                Bonsoir iciailleurs 


                je crains que le tout numérique n’aggrave la  situation ....

              • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 13 décembre 2012 21:46

                Pour que les vieux ne perdent pas leur emploi, il vaut mieux que les jeunes ne sachent pas lire.

                J’ignore si l’interdiction d’aller à l’école est prévue dans le programme du gouvernement, mais il faudrait y songer.

                • rosemar rosemar 13 décembre 2012 22:04

                  Bonsoir Gaetan 


                  si la société en vient à opposer les jeunes et les personnes âgées, c’est bien triste....

                • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 13 décembre 2012 22:38

                  Bonsoir rosemar

                  Plus sérieusement, le capitalisme giga-spéculatif actuel est en train d’opposer tout le monde à tout le monde. Mais bon, on s’éloigne un peu du sujet de votre billet là.

                • jak2pad 14 décembre 2012 03:14

                  après avoir lu l’article, dont le message volontariste m’a bien plu, ( mais n’est-ce pas un voeu pieux ?), et toutes les réactions si observatrices ou parfois nostalgiques, je n’ai pu m’empêcher de me poser une question :

                  le coupable désigné serait l’influence pernicieuse des médias qui détournent nos innocents pucerons de la saine lecture.

                  La France, en bonne habituée des mauvaises places, quel que soit le classement, émarge à la 29° place sur 45.
                  C’est un peu moins bien que le classement de nos universités les plus prestigieuses au classement de Shangaï.
                  En tout cas, ce n’est pas en tête ici non plus.
                  Pour Shangaï, la parade avait été trouvée : ce classement diabolique était établi sur des critères américains, donc sulfureux pour tout intello français : on se base sur le nombre de travaux de recherche publiés.
                  En France, on cherche, beaucoup, mais on publie rarement.
                  Pourquoi ?
                  probablement pour continuer à chercher, et il y a ainsi de belles quantités d’enseignants-chercheurs qui cherchent essentiellement leur chemin, pour rentrer chez eux le soir venu.

                  En Primaire, notre ancien point fort (depuis Jules Ferry), la chute est tout aussi nette : 
                  nos gamins sont victimes de ces horribles médias.
                  On suppose donc que les 28 pays placés devant nous ont le bonheur de ne pas posséder de médias,ou très peu, alors que les 15 qui sont derrière nous doivent en posséder des quantités énormes.
                  On aimerait connaître les noms de ces heureux pays préservés, et de ces enfers peuplés d’analphabètes.

                  Pas un mot sur les méthodes d’enseignement, pas une critique envers ces profs formatés irréprochables. A la rigueur, on pourrait signaler l’influence notoirement néfaste des années Sarkozy qui ont lancé dans l’arène de jeunes profs victimes de leur inexpérience, puisque pas ou peu formés.
                  Il faudrait donc admettre que la majorité des enseignants actuellement en poste ont été recrutés depuis une petite dizaine d’années, et sont nuls et mal-formés.
                  C’est une hypothèse.
                  Ou alors que ces jeunes profs si mal préparés ont réussi à eux tous seuls à détruire en un temps record l’excellent niveau de notre enseignement primaire.
                  C’est une autre possibilité.

                  La troisième, que je ne retiendrai pas, c’est que depuis de très longues années, la nullité prétentieuse de nos enseignants, surtout dans le primaire, le j’m’en-foutisme bien appuyé sur des valeurs de gauche tellement sottes que même un primate illettré pleurerait des larmes de sang, et une bonne pincée de laxisme syndical complaisant, ont eu un effet-retard que nous constatons maintenant.
                  Nos Universités boîtillantes ne valent pas grand-chose, nos collèges produisent de la violence à défaut d’autre chose, et voilà notre école primaire qui rivalise avec la Moldavie.

                  Combien d’élèves qui sortent de cette usine à gaz sans savoir lire, ni écrire ?
                  Combien finissent sur les rotules sans avoir aucun diplôme ?
                  Combien ont juste envie de cogner sur leurs profs ?

                  Comme l’évoquait avec justesse un enseignant il y a peu, il faut penser au suicide.
                  Même Philippe Meirieu, le pédagogue-destructeur le plus vantard des vingt dernières années,a décidé qu’il valait mieux tenter sa chance comme député-écolo que de rester dans ce marécage.
                  Et pour couronner le tout, on fait semblant d’être étonnés que les jeunes sortant de la Fac manquent quelque peu de vocation, et rechignent à passer les concours de l’enseignement.

                  Alors, tout cela, c’est la faute à qui ? aux Américains ? à Sarkozy ? aux Allemands ou aux Grecs ?
                  ou bien sûr à ces médias détestables que nous consultons uniquement la nuit, en cachette ?

                  merci aux lecteurs de m’aider à y voir clair.





                  • rosemar rosemar 14 décembre 2012 08:58

                    Bonjour jack


                    Les pays qui ont de bons résultats sont ceux où les parents lisent ,ont des livres et lisent à leurs enfants. C’est rappeler que les résultats en lecture dépendent davantage de politiques socio culturelles que de méthode scolaire.
                     
                    François Jarraud dans le café pédagogique....Voici le lien :


                  • paco 14 décembre 2012 06:41

                     Pardon, Rosemar , pour mon post provocateur.
                     Je me souviens d’un gosse émigré de 5 ans dans les années 70 perdu au fin fond de la France. Ni lui ni ses parents parlaient votre langue. L’école du coin de la rue, une institution catho, le refusa parce qu’il parlait pas Français. Ses parents ne surent pas faire la paperasse pour l’école publique. Par chance, la directrice d’une autre école catho l’accepta, c’était une nonne - ou bonne soeur- qui parlait leur langue. Son seul conseil aux parents fut : il faut qu’il lise.
                     Ses parents lui achetèrent des petits livres pour enfant, des contes. Il adorait. Deux ans plus tard il sauta une classe. Il ne connaissait pas tous les mots, mais demandait toujours quand il ne savait pas. Vers 10 ans il se souvient de trois choses. Faire l’interprete dans une administration entre ses parents et un fonctionnaire crétin. Puis une sortie de classe ou un camarade dit « ce soir je vais draguer ». Il demande « c’est quoi draguer ? » et tous se moquent de lui. De retour à sa maison, il prend son petit dico, et apprend que c’est nettoyer le lit d’une rivière. Un peu perplexe, il décide de lire tout le dico page aprés page, pour que plus jamais on se moque de lui. Enfin, ses parents conseillés par la nonne l’inscrivent à la bibliothèque municipale.
                     Il découvre un monde magique. Des parquets anciens qui craquent et des livres de partout avec leur odeur si particulière...il découvre les Jules Verne épais aux couvertures rouges d’Hetzel et s’en régale. A l’étage en dessous, c’est le musée d’art et d’archéologie. Il s’y échappe parfois, il adore les pointes de flèches préhistoriques puisqu’il a déja lu « La guerre du feu » et une petite statue sensuelle de Camille Claudel dont il ne saura que bien plus tard qui c’était.
                     Il lit, une boulimie, et il lit vite, pas mot aprés mot, non, sauf la poésie. Il dévore. Ses parents ne comprenant pas ce qu’il lit, il bouquine de tout impunément.
                     a quinze ans et demi, il passe le Bac de Français. Il se souvient de la fierté de ses parents. Il a eu la meilleure note du département, voire de la région, aussi bien en oral qu’en écrit.
                     Il a tant lu...de Zola à Pauline Réage, de Tolkien à chaque auteur du Lagarde et Michard, pour ceux qui s’en souviennent. Et secretement, il lit les auteurs de sa langue d’origine, des classiques aux milliers de pages.
                     Ce n’est pas un crane d’oeuf pourtant. Depuis la Seconde il est en couple avec la plus jolie fille du lycée. Il lui fait des alexandrins comme qui rigole. Le Bac ? une simple formalité, haut la main.
                     Voilà Rosemar mon témoignage sur la lecture. Vous avez bien deviné que ce gosse de 5 ans en pays étranger, la France, c’etait moi.


                    • rosemar rosemar 15 décembre 2012 18:31

                      MERCI paco 


                      pour ce superbe témoignage d’un lecteur assidu !!

                    • noodles 14 décembre 2012 06:51

                      « suivre sa pente pourvu qu’elle monte » ! 
                      Eh oui, jeunes et vieux doivent s’adapter aux nouvelles « données » de 
                      la culture et de la transmission de la connaissance. On ne peut y échapper.
                      Nos phares changent de place.Il y aura des gains.  Il y aura des pertes et des naufrages. 
                      Pour ma part je souhaite à l’humanité de trouver les bonnes routes. Le sort en est jeté ! 
                      n

                      • paco 14 décembre 2012 09:11

                         Et j’oubliais, beaucoup d’affection pour ma prof de Français du lycée. Un petit bout de bonne femme aux cheveux comme si elle avait mis les doigts dans la prise, entre blonde et rouquine, fille de Polonais venus aux mines du Nord, qui nous donnait des cours magistraux et passionnés. Au sortir d’une dissert, elle me dit « vous n’aimez pas Flaubert ? » « ben non, Bovary m’ennuie » Me gonfle, j’aurais du dire. Elle me toise de son air massacreur, je m’attendais au pire, puis elle fouille dans son grand cabas et me sort un livre... « Salammbo » en disant, « Gardez le pour vous ». Je l’ai lu et dévoré et adoré.
                         De ces petits bouts de bonne femmes, moches comme tout, glaciales et autoritaires, mais passionnées, il en faudrait dans chaque lycée. Ou des petits bouts de mecs, soyons pas sexistes.
                         Par contre je suis pessimiste pour les gosses d’aujourd’hui. la lecture, il s’en foutent. ma nièce de 13 ans qui croule de livres offerts s’en bat les c....s et préfère la télé et ses téléréalités puantes, tout en envoyant des rafales de sms à deux balles. Elle est d’ailleurs pas tres bonne en nortograf.
                         Elle raille ma bibliothèque qui prend de la place alors que sa tablette numérique peut contenir 10000 livres qu’elle ne lira jamais.
                         Elle n’a jamais entendu parler de la bombe EMP.
                         Le jour ou ça arrivera, et ça arrivera, soyez confiants, je pourrais au moins me réchauffer avec mes livres. un autodafé intime, en quelque sorte.
                         Qu’en pensez vous, Rosemar ?


                        • rosemar rosemar 15 décembre 2012 18:34

                          MERCI paco pour ces commentaires ! 


                          SALAMMBO ! quel titre et quel roman flamboyant !

                        • paco 14 décembre 2012 09:24

                           Oui, Noodles, aléa jecta est.
                           Sauf qu’aprés une guerre EMP, il n’y aura plus aucune transmission de culture ou savoir hormis l’écrit, les livres.
                           Savoir cliquer, c’est bien. Savoir lire, c’est mieux.


                          • alice au pays des merveilles alice au pays des merveilles 14 décembre 2012 11:10

                            Bonjour Rosemar,

                            Je ne partage pas cet avis :« C’est rappeler que les résultats en lecture dépendent davantage de politiques socio culturelles que de méthode scolaire. »

                            Faire la lectures à ses enfants, mettre à leur disposition une large bibliothèque, c’est bien mais cela n’est pas suffisant pour qu’ils acquièrent une maîtrise de l’écrit .

                            On ne maîtrise pas la grammaire, le vocabulaire, l’orthographe, la syntaxe rien qu’en lisant .

                            Il y a une différence entre lire et écrire. 

                            Si lire favorise l’imagination, développe le sens de l’analyse et l’esprit critique , c’est le travail d’exercices écrits qui permet de rédiger correctement ;

                            Et cela passe par des méthodes scolaires adaptées. Ce qui n’est plus le cas. Actuellement, les élèves font très peu de dictées, de grammaire.
                            Alors merci d’arrêter de culpabiliser les parents parce que bientôt, et même déjà on doit « faire classe après la classe »


                            • rosemar rosemar 14 décembre 2012 11:18

                              Bonjour alice


                              je pense bien évidement que les deux sont complémentaires : la grammaire a été négligée dans les programmes de l’éducation nationale : moins de grammaire, moins de compréhension...
                              Relisez certains de mes articles : je le dis à maintes reprises...
                              Il ne s’agit pas de culpabiliser les parents mais eux aussi ont un rôle à jouer dans l’éducation des enfants : heureusement !!

                            • Acid World Acid World 14 décembre 2012 11:19

                              Déjà, les téléphones portables n’ont aucune place dans les écoles. Quand à internet, il doit être sous surveillance directe (c’est très facile de surveiller un historique, les élèves sont pour pour beaucoup des branleurs mais pas des petits hackers) jusqu’à ce que l’élève ait atteint une certaine autonomie, par exemple 16 ans.


                              Je préfère être surveillé dans mon enfance et libre en tant qu’adulte. Aujourd’hui, encore une INVERSION de ces valeurs : éducation libérale libertaire puis flicage des adultes, dans la rue comme en entreprise.

                              • ZEN ZEN 14 décembre 2012 11:28

                                Bonjour
                                ....Et il est question de renforcer et de généraliser l’enseignement de l’anglais très tôt... !
                                Il serait temps de revenir aux fondamentaux avec imagination, contre les pédagogo de Grenelle.
                                Le film Tête en friches diffusé hier soir sur F3 est une belle fable sur le plaisir de lire et la libération qu’elle peut offrir
                                Oui, la lecture est en péril (mais aussi la réflexion scientifique _ce n’est certainement pas sans lien_) ainsi que les lettres en général au profit d’une sous-culture de plus en plus pragmatique, utilitaire et asservie aux intérêts marchands (pour simplifier).


                                • Laconique Laconique 14 décembre 2012 12:32

                                  Très bon article. Ceux qui ne lisent jamais ne savent pas ce qu’ils perdent... C’est quand même navrant qu’on en soit arrivé là, et malheureusement je ne vois pas comment la tendance pourrait s’inverser à brève échéance.


                                  • eric 14 décembre 2012 13:29

                                    Bof, je sais pas, mes gosses lisent et ne regardent pas la Télé. Ils ont des écrans, mais ils en profitent pour lire aussi des trucs téléchargés. J’ai l’impression que la premiere etape, c’est le modèle éducatif familial. Après il y a l’ecole qui peu, un peu, pallier. En moyenne le prof francais lirait deux livres par ans dont un genre San Antonio. La literraturre est devalorisee, sous des prétextes divers,mais en fait ideologiques, la langue« vehicule l’alienation bourgeoise, les sciences sont plus égalitaires » ( tu parles). Enfin, le choix des lectures scolaires, lui aussi fondee sur des choix assez politique, n’encourage pas le gout pour la lecture. On s’est tous tape la gloire de mon pere, le château de ma mère, un des plus chiant des Balzacs pour éviter qu’on y prenne gout, des Zolas, les plus sentencieux possible, et de la literrature contemporaine lourdingue ecrite par des profs amis des instances qui conseillent les lectures. A Moscou, on a eu trois visites payée par le ministère de l’un d’entre eux, avec dédicace et vente forcée ( c’est au programme).
                                    Il faut aussi savoir qu’a la maternelle, on n’encourage pas l’apprentissage de la lecture parce que « cela favorise les inégalités sociales », qu’en primaire, on a en théorie interdiction de donner des trucs a faire a la maison, notamment lecture parce que...(voir plus haut)

                                    Alors il y a trois possibilités. Soit on habite en Bretagne ou l’école publique ne suit pas les directives du minisitere parce qu’ils ont la trouille que les parents fuient dans le prive qui est tres present ( ce fut par exemple le cas pour l’apprentissage de la lecture) et alors on peut beneficier de l’ecole publique. Soit non et alors, au moins si on veut que ses gosses lisent, apprennent le français, il faut les mettre dans le prive des le jardin d’enfant, parce qu’après, il n’y a plus de place. ( les syndicats on obtenu une limitation au nombre d’enfant scolarise dans le prive. Soit on est prof, et on fait faire a la maison ce que l’on interdit aux enfants des autres a l’ecole.


                                    • velosolex velosolex 14 décembre 2012 16:29

                                      Aristote faisait le tour de la cité pour voir où les gens vivaient, où ils dormaient, ce qu’ils mangeaient, ce qu’ils respiraient....Avant de les soigner.

                                      D’une certaine façon, c’est lui l’inventeur de la sociologie moderne, cette science qui tente de comprendre l’essence de nos comportements.

                                      Celle à l’ouvrage dans la lecture, obéit maintenant à des déterminismes qui ont complètement changé, d’abord lentement, à partir des années 80, puis de plus en plus vite, depuis l’avènement de ce qu’on appelera « la société de l’écran »

                                      Même débat ce midi sur france inter.
                                      Un invité faisait remarquer l’importance du nombre de livres chez les parents, et la valeur de leur exemple. Un autre parlait du coût des livres.
                                      Le coùt des livres....Le prix d’une console, ou même d’un jeu, permettrait de se construire une belle bibliothèque, dans un de ces trocs et puces, où j’ai toujours de la peine en voyant des chefs d’œuvres de la littérature, ne pas partir, à raison de quatre livres pour un euro.
                                      Et que dire de ces magnifiques médiathèques, gratuites, que possèdent maintenant n’importe quel bourg, alors qu’il y a 40 ans, elles étaient misérables, ou inexistantes.

                                      « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » comme disait l’autre.
                                      Guerre et paix, non plus ne fait plus recette, ou alors en X-box, comme s’appelle cette boite à sons et à images lénifiantes.
                                      L’exemple des parents ne suffit pas, l’école ne peut pas tout !
                                      Nous assistons, malgré la peine à ce que j’ai à le reconnaitre, à une révolution historique et culturelle, dont je vois mal l’évolution, si ce n’est que de façon très négative.
                                      Le livre est en danger, mais plus grave, l’écriture et la lecture, la réflexion, la patiente, l’intelligence critique, l’autonomie, faisant suite de wagons, dans ce triste convoi, si long que je suis loin de compter tous les wagons.

                                      Et devant lequel j’éviterais de traverser, sachant qu’un train peut en cacher un autre.

                                      Mais j’espère que je me trompe , et que je ne suis qu’un vieux con !


                                      • rosemar rosemar 15 décembre 2012 18:41

                                        Bonsoir velosolex 


                                        l’évolution que l’on est en train de vivre est colossale : l’ordinateur est un outil merveilleux dont je me sers tous les jours mais il ne doit pas être le seul moyen d’apprendre...
                                        Le problème, c’est une certaine facilité pour les jeunes :ils ont pris parfois de mauvaises habitudes : copiés collés par exemple...
                                        Bon dimanche...


                                      • ZEN ZEN 14 décembre 2012 19:57

                                        je ne suis qu’un vieux con !

                                        Pas du tout, velosolex
                                        Aussi vaillant qu’un solex
                                        Lucidité attristée que je partage...

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