La police, les policiers et les politiques
La police, les policiers et les politiques.
Les policiers, comme tous les fonctionnaires (et comme tous les êtres humains) ne sont ni bons, ni mauvais. Ils font ce qu’ « on » leur dit de faire. Ils se comportent comme « on » les laisse se comporter. Le « on » c’est la hiérarchie. Avec au sommet de la hiérarchie, le ministre de l’intérieur et, au dessus, le président de la République.
C’est dans ce contexte qu’une partie des Français a un sentiment « bizarre » à l’égard de la police et / ou - en dehors de situations particulières- des policiers .
Tels qu’ils sont utilisés par le gouvernement, les policiers sont perçus comme très efficaces pour éborgner et mettre en garde à vue les personnes qui osent descendre dans la rue pour manifester le mécontentement que les décisions prises par le président de la République et les siens leur inspirent. Pour tomber à trois ou quatre sur une jeune femme qu’ils ont estimé nécessaire de menotter. Ou encore pour mettre des PV … comme à l’automobiliste qui s’arrête pour décharger un meuble, ou … comme à la mamie qui, du temps du « confinement », sortait de chez elle avec une déclaration écrite au crayon et non au stylo à bille ou qui en avait biffé la date pour éviter de gâcher un papier pour déclarer la même chose que la veille, … donc, pour reprendre le vocabulaire des nouveaux dignitaires de l’Etat, pour … « emmerder le monde ».
Mais l’efficacité de ces fonctionnaires et de l’institution est moins perceptible dans d’autres cas. Comme empêcher les cambriolages ( les société privées de gardiennage se multiplient). Comme éradiquer le commerce de drogue à certains endroits ( les habitants déménagent). Comme faire respecter la loi par les voyous ( les policiers pratiquent le retrait stratégique, subissent des attaques de plus en plus fréquentes, et ce sont les citoyens qui commencent à prendre des initiatives en la matière).
Sont donc inopérants les discours des membres du gouvernement sur leur soutien aux policiers et sur les promesses qu’ils leur font pour des temps meilleurs et à venir, comme leurs condamnations répétitives des voyous qui agressent ces derniers, maintenant en permanence. (Comme sont inopérantes les déclarations qui se focalisent sur les violences policières et autres comportements inadmissibles de certains fonctionnaires).
Puisque le gouvernement ( alors que c’est son rôle ) ne permet pas à la police d’assurer la tranquillité des citoyens. De même qu’il n’assure ni la sécurité des agents de police ni la dignité de ceux qui ont le respect de leur uniforme.
Puisque l’équipe au pouvoir ( alors que c’est son rôle ) ne met pas non plus en place un dispositif permettant d’éradiquer les comportements déviants des policiers (bavures, propos déplacés et impolitesses).
Et puisque la même équipe ose utiliser la police à des fins partisanes et politiciennes : utilisation des policiers quand les citoyens manifestent « contre » ce que les politiciens aux affaires leur font subir ( exemple caricatural de la mise en œuvre de certaines directives à l’encontre des « Gilets jaunes).
Pourquoi ?
Peut-on expliquer cette situation (« lamentable » estiment certains) par le fait, ou le seul fait, que les gouvernants ou certains d’entre eux, seraient (comme beaucoup le disent ouvertement sur des chaînes de TV censées entretenir les téléspectateurs dans de meilleures pensées) « limités » intellectuellement.
Sans doute pas
Si l’on suit l’évolution des faits et des textes, on constate le déroulement d’un processus tendant à alléger les tâches de la police nationale et à transférer la charge de ce service aux collectivités territoriales. (Sauf probablement pour le « maintien de l’ordre », entendu comme la défense de la personne des gouvernants et de leurs décisions dans le domaine économique et social).
Laisser la police nationale dans ce triste état de fait permet évidemment de faire souhaiter le transfert, donc de l’accélérer. (Y compris, si la dernière réforme a un sens, la police « judiciaire »). Bonne affaire pour les redevables de certains impôts d’Etat ; mauvaise affaire pour les habitants modestes des communes … payant, via les taxes locales, la police à la place des précédents.
Tout en permettant d’ouvrir la voie à la collaboration de sociétés privées aux missions de police. ( Donc, sous un certain rapport, d’ouvrir le marché de la police aux investisseurs)
Les sociétés de gardiennage équipent les maisons d’alarmes, et font des patrouilles (jusque là, activité par excellence des services de police). Sans compter les équipes de vigiles qui, dans les centres commerciaux, préviennent la commission de délits et assurent la première phase de la répression.
Après avoir institué les « voisins vigilants » ( les « choufs » de la bonne cause) chargés d’observer les suspects et de prévenir les gendarmes, il est probable que l’on organisera des groupes de citoyens assermentés qui assureront gratuitement la tranquillité dans tel quartier ou dans tel village. Ou que l’on délèguera par la loi ( c’est –encore- interdit de la faire par contrat) le pouvoir de police à divers organismes. (Comme ce fut le cas pour la SNCF et la RATP qui furent autorisées à disposer d’une « police »)
Que restera-i-il de l’Etat ? - Pas grand’chose.
C’est justement ce qu’il faut et … ce qu’ « on » est en train de faire
Marcel-M. MONIN
m. de conf. hon. des universités
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