La pudeur
La pudeur est attitude de retenue qui empêche de faire, de montrer ou de dire des choses qui pourraient choquer .
Le mot pudeur parle autant du corps que des sentiments.
La pudeur est différente de la honte. Les gens qui ont honte ont un problème d’image d’eux-mêmes et se replient car ils sont mal à l’aise. La pudeur au contraire est une vertu, elle est protectrice. Elle était très valorisée par les Romains et les Grecs.
Elle est bénéfique pour soi-même et pour les autres. En effet, elle permet de se respecter soi-même et de respecter l’espace de l’autre. La pudeur est une question de respect individuel et mutuel. Savoir protéger son corps et ses sentiments permet ainsi de les dévoiler ensuite à ceux que l’on aime.
Il y a une certaine fierté et joie d’être soi-même. Les gens pudiques sont en général respectueux de l’espace de l’autre.
Etre pudique, ce n’est pas se refuser, mais juste veiller à ne pas envahir l’autre. Car on peut se mettre en valeur en permettant à l’autre aussi de le faire.
La pudeur n’est pas innée mais elle se construit très tôt chez l’enfant. Déjà le bébé manifeste son besoin que l’autre respecte son corps. Bien sûr, il accepte la présence intime de sa mère, mais la présence de quelqu’un d’autre peut le mettre mal à l’aise. D’ailleurs on peut by Savings Sidekick">rencontrer des problèmes dermatologiquees chez les enfants dont la pudeur n’a pas été respectée.
Très tôt, l’enfant souhaite que l’on ne l’envahisse pas, et surtout à l’adolescence.
Les adolescents sont naturellement très pudiques : ils ne veulent pas que l’on regarde leur corps ni que l’on entre dans leur chambre, car ils se construisent.
Pendant cette période ou la sexualité se développe, la pudeur est de plus en plus importante. C’est un besoin de protéger son corps et ses sentiments du regard des autres. On a besoin d’avoir son intimité. Il y a des choses qui ne regardent que soi et d’autres que l’on veut bien montrer. Elle est une retenue nécessaire.
A partir d’un certain âge on peut ressentir une gêne réciproque à la vue d’un parent, d’un frère ou d’une sœur dévêtue. De la même façon, on prend le soin de verrouiller la porte de la salle de bains et de remettre son pyjama quand on se lève car le regard de l’autre, même s’il est de la famille, provoque un malaise. Cette pudeur est importante. Elle permet de signifier aux autres, et aux parents en particulier, qu’on veut préserver et explorer son intimité à son rythme. Cela permet aussi de grandir.
La pudeur est différente selon les circonstances : on est à l’aise en maillot de bain sur la plage, mais pas dans la même tenue au milieu d’un marché ; ou bien on peut exprimer dans l’intimité des sentiments que l’on ne peut pas dire en public.
Chaque société a ses critères de pudeur et ses codes peuvent évoluer avec le temps. Nos grands-mères cachaient leurs chevilles, les filles d’aujourd’hui montrent leur nombril mais supportent moins bien d’afficher leurs poils.
Et pourtant certains gestes traduisant la pudeur semblent être les mêmes quelques soient l’époque et les civilisations : le silence, les yeux baissés pour cacher le regard, la main devant la bouche ou dissimulant le corps, rougir…
La pudeur est mise à mal dans notre société par un exhibitionniste permanent : il faut se montrer pour exister, pour réussir,alors qu’il faudrait préserver son quant à soi pour exister. On a tendance à dire que la pudeur, c’est de la pudibonderie ou de la gêne, ce qui est faux.
Puisqu’il n’est plus possible d’être pudique, les gens se replient sur eux-mêmes pour défendre leur espace. Cela entraîne un repli sur soi de type narcissique. C’est une pathologie de la pudeur impossible. Cela peut amener à des comportements pervers parce qu’on n’avait pas respecté leur propre pudeur.
Le féminisme triomphant a mis à mal cette vertu en voulant que la femme s’affirme envers et contre tout. Certes, il faut que la femme s’affirme. Mais la femme qui s’affirme de façon macho a perdu ses qualités féminines.
Les jeunes sont pudiques spontanément, même si le mouvement social les entraîne à être exhibitionnistes. Mais ils sont plus voyeurs d’exhibitionnistes : ils sont pudiques pour eux-mêmes et voyeurs pour les autres. Mais c’est une main mise des adultes sur leur sexualité pour des raisons économiques qui les poussent à être ainsi ! Actuellement, ce mouvement d’impudeur se retrouve dans la publicité, les films, et les films pornographiques. Les jeunes sont attirés par tout cela car ils sont très curieux, mais ce sont les adultes qui les piègent.
Il faut donc aider les jeunes à ne pas se faire embarquer. On ne peut pas empêcher cette industrie, car elle existe, notamment sur Internet. Mais on peut éduquer les jeunes à être vigilants et sévères même. Ils le deviennent quand on les aide. Il faut leur dévoiler que ce sont des marchands du sexe qui agissent pour des raisons mercantiles. Ca, ils y sont très sensibles. Pas au début, car ils sont trop curieux, mais après oui.
La télé-réalité a participé à l’amplification du phénomène : les caméras s’immiscent dans l’intimité des gens et excitent le « voyeurisme » des téléspectateurs. Il est pourtant nécessaire de préserver son espace propre, de cultiver sa pudeur.
Que se passe-t-il également pour ces gens qui viennent déballer leur vie dans les émissions de télévision, et qui dès le lendemain se retrouvent face à leurs voisins ou leurs collègues de travail .
Qui n’a pas entendu parler de ces gens qui se font piéger sur les réseaux sociaux parce qu’ils se sont trop livrer sur les problèmes de leur entreprise, ou plus grave encore, ces gens qui se suicident parce qu’un maître chanteur les a filmer alors qu’ils jouaient les exhibitionnistes devant leur écran .
Ce qui nous menace, si on continue comme ça, c’est de voir grandir ce mouvement de défense ! Pour les musulmanes voilées, les autres femmes se laissent humilier. Ce n’est pas mieux d’un côté ou de l’autre. Les réactions sont de plus en plus violentes car ces femmes défendent comme elles peuvent leur pudeur.
La pudeur n’est pas dépassée, au contraire, c’est une vertu éternelle, transcendantale. On la retrouve même dans des tribus qui vivent nues, et qui sont pudiques : on ne se montre pas à n’importe qui, on ne se touche pas n’importe comment. La pudeur, c’est une question pour l’être humain de se respecter et de respecter les autres.
Et puis ne sommes-nous pas tous pudiques à notre manière ?
Même celui ou celle qui passe son temps à raconter sa vie, ne le fait-il pas pour cacher ce qu’il veut taire à tout prix.
Celui qui jure, crie, hurle, insulte, n’est-il pas ainsi pour mieux masquer une sensibilité qu’il refuse de montrer ?
Celui ou celle qui vous parle mal, vous menace, vous boude, ne le fait-il pas tout simplement parce qu’il est amoureux de vous ?
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