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Accueil du site > Tribune Libre > La santé version américaine en France pour 2012 ?

La santé version américaine en France pour 2012 ?

Nicolas Sarkozy a durci le ton, mardi à Cahors (Lot), sur les politiques sociales, qu’il lie au déficit et à la dette, et a prévenu que le RSA, âprement défendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, serait calibré en fonction des finances de l’Etat.

[...] "Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé et de retraite, via la dette, alors même que la population française vieillit, est profondément immoral. Nous reviendrons à l’équilibre de nos régimes sociaux, là encore par la réforme", a-t-il promis.

"Les politiques sociales ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette" Cahors (AFP).

"Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé"... Voilà donc un premier pavé dans la mare.
Lorsque Sarkozy fut élu l’an dernier, j’étais certain qu’une partie de son action au gouvernement concernerait la dérive de la Sécurité sociale vers une privatisation plus ou moins lente. Je ne connais pas le détail des propositions qui sont en train de prendre forme chez les parlementaires, mais je vais m’évertuer à partager un petit peu mes expériences vécues aux Etats-Unis et les raisons qui me poussent à penser que la France va se diriger vers le modèle américain durant les dix prochaines années, au moment où les candidats démocrates à la présidentielle aux Etats-Unis prennent une direction opposée.

>

Je suis arrivé aux Etats-Unis suite à une proposition d’emploi incluant une assurance maladie nommée Blueshield.
Cette assurance privée offre plusieurs options parmi lesquelles l’entreprise choisit un plan pour ses employés, suivant ses finances. Je faisais donc parti des chanceux assur
és aux Etats-Unis (40 millions ne le sont pas du tout), mais le système ne marche pas tout à fait comme en France, enfin pas comme en France quand je l’ai quittée en 2003, car visiblement il y a déjà eu quelques changements en direction d’un système à l’américaine. Lorsque je vais chez le médecin, je dois payer un forfait appelé un copay. Cette somme suivant les différentes assurances que j’ai pu avoir depuis cinq ans oscilla entre 10 et 25 dollars (aujourd’hui ça bloque plutôt vers 20). Alors forcément, ça doit vous faire sourire vu le prix de la consultation en France.

Mais il faut comprendre que les frais médicaux aux Etats-Unis sont une vraie manne financière, une amie française venant rendre visite à son copain a eu la superbe expérience de tomber malade un samedi soir. Aux Etats-Unis, quand on tombe malade le week-end ou entre 18 heures et 8 heures le matin, il n’y a que deux solutions appeler les urgences ou se déplacer soi-même vers le service d’urgence d’un hôpital. Eh oui, la privatisation du système n’offre pas automatiquement de médecins de garde ou de pharmacies de garde, mais heureusement les supermarchés 24 h/24 ont des produits pharmaceutiques en rayons, et quelques chaînes ont même des pharmacies intégrées (rarement ouvertes 24 h/24) permettant d’obtenir les médicaments non disponibles en rayon. Bref, on conduisit notre amie vers les urgences, après 3 heures d’attente sans voir George Clooney débarquer (pas grave en soit il y avait sûrement des cas plus urgents), elle put enfin être consultée par un interne du service qui diagnostiqua un état grippal et posa deux médicaments sur ordonnance, dont un médicament avec inscrit en gros sur la boîte stéroïde, ce qui nous a un peu surpris sur le coup. Le tout à récupérer à la pharmacie de garde se trouvant à quelques kilomètres de distance, la pharmacie de l’hôpital étant fermée le week-end... N’étant pas assurée aux Etats-Unis, ils lui présentèrent la facture qu’elle dut régler sur le champ  : 250 dollars pour la consultation, et 500 dollars de médicaments génériques. Bam, heureusement, la Sécu et sa mutuelle en France la remboursèrent par la suite.

Cela devait faire trois mois que j’avais migré vers la Californie et je me disais que bon forcément sans assurance ce genre de débordements pouvait arriver et que, peut-être le week-end, les hôpitaux pratiquent des prix plus élevés. Etant plutôt en bonne santé, j’oubliais un peu l’affaire, et la situation ne semblait pas trop difficile à gérer pour les petits bobos puisque bon nombre de médicaments pour le rhume, les rhyno, les maux de têtes sont disponibles directement en supermarché sans ordonnance à des prix relativement raisonnables. Puis, de temps en temps, j’entendais des histoires étonnantes : un collègue venant du Texas fut motivé pour venir travailler en Californie où les salaires sont plus hauts dans mon secteur pour éponger au plus vite un endettement à hauteur de 40 000 dollars à 30 ans. En effet, il s’était fracturé un bras en faisant du BMX et l’assurance refusa de prendre en charge ses frais d’hôpital car il n’avait pas prévenu l’assureur avant l’intervention (il était inconscient après sa chute) afin d’obtenir leur approbation pour le remboursement et aussi pour la circonstance aggravante qu’il était de sa responsabilité de ne pas prendre de risque en utilisant un véhicule potentiellement dangereux. La mauvaise foi d’une assurance privée n’a pas beaucoup de limite (Sicko de Michael Moore malgré quelques approximations, oublis et partisanneries excessives relate assez bien de ces dérives).

Puis ma femme et moi décidâmes d’avoir un enfant, et ce fut un parcours du combattant. Dans un premier temps, nous étions affublés d’un gynéco incompétent et misogyne qui parlait à ma femme comme à une enfant de 2 ans en pratiquant sa discipline sans aucune douceur (j’vais pas vous faire un dessin). Sur les conseils d’une amie (pas dans le besoin), on fit une visite chez une gynécologue en dehors du programme Blueshield (car tous les médecins ne sont pas couverts par les mêmes assurances), résultat des courses une seule consultation de 15 minutes nous coûta 450 dollars + 90 dollars pour une prise de sang. Les 15 minutes de consultation se résumèrent majoritairement à une discussion façon psy. Après de nombreuses tergiversations au téléphone avec mon assurance pour changer de réseau, nous trouvions enfin des gens compétents et agréables et un hôpital de qualité (le système est complexe et je ne peux pas entrer dans le détail, mais on ne peut pas choisir facilement ses médecins, son hôpital sans obtenir l’approbation très subjective de l’assurance). Point positif, concernant les nombreuses visites au gynéco, un seul paiement forfaitaire de 20 dollars fut nécessaire et la prise en charge de seulement 30 % des frais pour prélèvements sanguins. L’accouchement eut quelques complications et nous sommes restés quatre jours à l’hôpital, expérience franchement très bonne avec un super personnel et un lieu très agréable.

L’assurance couvrit tous les frais concernant la maternité et heureusement : la facture s’élevait à 40 000 dollars. Le prix d’une journée d’hôpital peut coûter facilement 6 000 dollars/jour sans aucun examen, une pacotille !

Un autre exemple fut une intervention chez un spécialiste de la dévitalisation dentaire, mon dentiste ayant préparé le terrain pour poser une couronne, le spécialiste me fit une intervention uniquement pour dévitaliser le nerf, cela dura deux fois une heure et là mon assurance ne remboursait que très partiellement les frais à hauteur de 30 % sur 1 200 dollars (c’est un peu la loterie les taux de remboursement lors de rendez-vous chez les spécialistes). Alors forcément 800 dollars de ma poche ça fait mal, mais wow quel joli pactole pour ce spécialiste qui traite deux patients en même temps (on anesthésie l’un pendant que l’anesthésie de l’autre prend effet). Faites les comptes : 800 dollars en deux heures de temps à deux patients, ça nous fait 1 600 dollars toutes les deux heures, soit 6 400 dollars par journée complète travaillée. A raison de trois jours de travail/semaines, on arrive à 19 200 dollars, soit en gros 80 000 dollars par mois en ne travaillant que trois jours dans la semaine. Attention il y avait quand même une assistante, une secrétaire à payer et deux locaux de 6 m² pour traiter les patients, la pièce la plus grande étant la salle d’attente...

Un dernier exemple vient du témoignage d’un ami américain dont le frère à l’aube de ses 30 années a fini ses études de neurologie en France, de retour aux Etats-Unis après une semaine de recherche d’emploi pour démarrer sa carrière, un hôpital lui proposa deux contrats 600 000 dollars/an pour 4 j/7 ou 1 200 00 dollars/an pour 6j/7. Du haut de sa vision hautement humaniste de la fonction de chirurgien, il choisit le contrat 6j/7... Le salaire moyen aux Etats-Unis tournant à 36 000 dollars/an, on obtient un véritable fossé.

Le voilà le problème qui s’est installé aux Etats-Unis au fil du temps, la valeur première du système de santé, c’est le pognon que peuvent en tirer leurs acteurs : médecins, hôpitaux, assurances, groupes pharmaceutiques, laboratoires, etc. Le pire c’est que tous n’en tirent pas parti et que la compétitivité ne fait pas baisser les prix, elle met en difficulté certains hôpitaux par rapport à d’autres et pénalisent les populations en fonction de leur localisation. Tu vis dans un quartier moyen, l’hôpital est moyen car il ne peut pas attirer autant de client et les clients un peu plus fortunés le fuient pour aller vers des soins plus cher et plus renommés, résultat dans un quartier riche les soins coûtent plus cher, puisque ça se bouscule au portillon...

Ce point sur la compétitivité est très important et sert de levier permanent aux politiques de privatisation, l’ouverture à la concurrence ferait baisser les prix. Ceci est un mensonge pur et simple et, tant que les Français le goberont, la marche vers des systèmes de santé aussi déplorables que celui des Etats-Unis se fera irrémédiablement. Je n’ai aucun doute que le travail de sape sur la fonction publique ait pour but ultime de pouvoir atteindre une privatisation du système de santé, tout simplement car cela s’inscrit dans une démarche de récolte de profit et que le pactole est énorme. En fait, je ne vois aucune raison que ce glissement ne se fasse pas sous l’impulsion de Sarkozy car les effets visibles ont lieu suffisamment tard pour ne pas remettre en cause une éventuelle réélection en 2012. Le risque pour lui est relativement mineur et il a toujours le fusible du Premier ministre comme joker.

Les récentes annonces autour du déremboursement de l’optique, de la réforme sur les hôpitaux semble donner raison à mes craintes.

Moi qui suis de plus en plus déconnecté de l’opinion française, et qui a tout de même l’espoir de rentrer en France un jour (en partie pour les vertus de son système social tel que je l’ai connu) je vous pose la question :

Les Français veulent-ils vraiment d’un système de santé qui cherche à soulager le poids de leur porte-monnaie au détriment de leur santé ?


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26 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 23 avril 2008 11:29

    La France ne sera jamais les USA dont son système économique et sa vision de la vie en société

    L’individualisme américain est incompatible avec les systèmes sociaux européens

    Vouloir faire passer la politique sociale de Nicolas Sarkozy pour américaine est une idée déjà développé par tout les gauchistes et vous n’inventez donc rien

    La politique sociale consiste à prendre en considération l’argent des citoyens et d’optimiser et d’améliorer la qualité des soins avec l’évolution des technologies

    Pour votre information,le RSA est une idée vraiment sociale mais c’est au conseil régionaux de le financer car à la base il finance déjà le RMI et nous pouvons constater l’explosion de dépenses qui n’ont rien à voir avec la vie des régions comme la construction de HLM au Pérou ou à MADAGASGAR avec l’argent du contribuable des régions françaises,alors que cet argent doit servir le citoyen français et répondre aux problèmes économiques des citoyens en grandes difficultés

    Généralement dérrière les "explosions" de dépenses qui ne rapportent rien à la région si ce n’est des dettes supplémentaires,se cachent des ami(es) qui se trouvent à la tête d’organisme ou d’association dite "humanitaires" ou "économiques" et qui se remplissent les poches en salaires et frais

    Il conviendrait ici d’interdire ce type de dépenses et de mettre le paquet sur le RSA qui est un vrai projet pour permettre au plus pauvres de sortir de la précarité mais les régions le veulent-elles vraiment ????

     


    • Zalka Zalka 23 avril 2008 12:58

      Le RSA dans son principe est une prestation sociale qui dépent de l’activité du bénéficiaire. C’est précisément le genre de système présent aux états unis.


    • ZEN ZEN 23 avril 2008 11:34

      Merci à l’auteur pour ce rapport très précis , qui est aussi une mise en garde...

      Des médecin chez nous nous alertent sur des dérives inquiétantes :

       

      L’hôpital public tué à petit feu par la privatisation :
      (Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

      "..C’est sur ce fond de pénurie, au moins relative, qu’a lieu le débat récurrent sur le « trou de la Sécu ». Pour une part, il s’agit d’un faux débat car les comptes de la Sécurité sociale dépendent non seulement des sorties, mais aussi des rentrées financières. Or le déficit de la branche maladie – 6 milliards d’euros cette année – s’explique largement par le manque de recettes, le chômage entraînant une diminution de celles qui proviennent des cotisations sociales. Ce fait conduit à réfléchir à de nouvelles options moins aléatoires et moins inégalitaires. En effet, à chiffre d’affaires identique, les entreprises employant beaucoup de personnel sont pénalisées par rapport à celles qui en emploient peu. De plus, le gouvernement pratique largement les exonérations de cotisations patronales, sans rembourser intégralement à la Sécurité sociale les dettes induites.
      Enfin, de nombreux revenus échappent aux cotisations. Président de la Cour des comptes, M. Philippe Séguin a calculé que, si les stock-options étaient normalement assujetties aux cotisations sociales, elles fourniraient 3 milliards d’euros, soit la moitié du déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale en 2007 [3]. En effet, le budget de cette dernière n’obéit pas aux lois du marché. Le déficit dépendant des dépenses mais aussi des rentrées, c’est-à-dire des moyens alloués par l’Etat, le budget résulte finalement d’une décision politique [4].

      La France dépense 11 % de son PIB pour la santé – un taux voisin de celui de l’Allemagne, du Canada et de la Suisse ; moins important que celui des Etats-Unis (16 %) ; plus que celui du Royaume-Uni (9 %). Il paraît réaliste de penser que la part de la production de richesse nationale consacrée à la santé devrait continuer à augmenter pour atteindre, en France, 15 % en 2025.

      Il s’agit là d’un choix de société. Les partisans du libéralisme n’ont d’ailleurs pas d’objection à cette augmentation de la part du PIB consacrée à ce secteur. Ce qu’ils contestent, c’est que ces sommes considérables échappent à la loi du profit. Il est de ce point de vue très frappant que les économistes et les politiques qui fustigent les gaspillages engendrés par les prescriptions inutiles ou les arrêts de travail abusifs n’aient rien à redire concernant trois secteurs de dépense importante.

      D’abord, le gaspillage de l’industrie pharmaceutique, qui consacre environ 25 % de son chiffre d’affaires au marketing, alors que le marché de la santé n’est pas un marché comme les autres : il est en grande partie socialisé, puisque largement financé par la Sécurité sociale..."

      Ethique et valeurs médicales dans un monde marchandisé

      -

       

      -

      Desinformation_medicale



      • ZEN ZEN 27 avril 2008 18:43

        @ S.Mot

        Pour l’instant, ma santé est" de fer"...mais demain ?...
         And you , how are you ?
        Bien content de te croiser sur Avox.
        Amicalement.


      • DidShrek DidShrek 23 avril 2008 12:10

        Prendre un crédit pour payer ses fRactures !

        On n’a pas (encore !) la même conception de la vie de part et d’autres de l’Atlantique. Ici, la mort de Desproges relance le débat sur le "peut-on rire de tout ?", là-bas on ne se pose même plus la question du "peut-on s’enrichir de tout ?". Gros frissons pour l’avenir...


        • Monolecte Monolecte 23 avril 2008 14:36

          J’ai de la famille qui vit aussi aux USA et vons témoignages concordent : assurances privées exhorbitantes, limitation stricte des médecins consultables, honoraires astronomiques déconnectés de toute réalité, soins approximatifs, mauvaise foi endémique des assurances pour rembourser le moins possible aux assurés qui paient pourtant le prix fort.

          À la clé, des profits monstrueux et une santé publique très très relative...


          • dup 23 avril 2008 15:50

            on ne lit pas assez cette lettre prémonitoire .

            http://futurquantique.org/actualites/la-politique/54-la-politique/264-lettre-ouverte-au-peuple-de-france

            maintenant les élections sont terminées , les carrottes sont cuites

             


            • melanie 23 avril 2008 16:38

              @ dup

               

              Merci.

               

              Je suis abonnée à Marianne, à Courrier International et Alternatives économiques,je lis parfois le Monde diplo et j’ai lu NO Logo de Naomi Klein : Je savais tout ça ou presque ...C’est pire et plus rapide comme système de mise en place et de destruction que je ne le craignais .

              J’ai les jettons pour l’avenir ...



            • melanie 23 avril 2008 16:00

              @ l’auteur

              Au delà de votre témoignage qui concorde avec Sicko de Michael Moore, j’ai noté quelque chose de déterminant :

              Non, l’ouverture à la concurrence ne fait pas baisser les prix - ont le voit pour les fournisseurs d’énergie en France-, mais déréglemente et ouvre au contraire vers une inflation sur les prix.

              Là où l’état joue un rôle de régulateur pour les prix laisser les prix - ceux des frais de santé y compris- se réguler seuls est une ineptie : Il n’existe pas de "main invisible du Marché" - cf Adam Smith- qui permettrait de réguler les prix et encore moins à la baisse : Les riches peuvent payer plus, basta et l’accès aux soins est fonction de moyens ....

              Je fais le projet de migrer en Suède, il y fait plus froid que dans le Sud de la France, mais les conditions sociales sont plus vivables ....


              • melanie 23 avril 2008 16:58

                Ce qui me sidère - c’est bien le mot ... - c’est l’état de sidération, d’hypnose dans laquelle sont plongés les français qui s’obnubilent sur le pouvoir d’achat en oubliant la stratégie de destruction concertée des acquis sociaux gagnés de haute lutte qui est en train de se mettre en place .. !

                La stratégie de Sarkozy est celle de l’Essaim ou du Rateau : Attaquer sur tous les fronts -ècoles, santé, facultés, traque au chômeurs, allocations familliales, retraites, code du travail, déremboursements - pour empêcher de réagir ; Résultat : Focalisation sur une "réforme" puis une autre et encore une autre...Les socialistes mous du collier et en bisbille perpétuelle sont sonnés et ne réagissent même plus ...

                Pourquoi les français ne descendent-ils pas dans la rue MAINTENANT avant qu’IL NE SOIT TROP TARD, devant le FAIT ACCOMPLI ???

                Et surtout en dehors de ce qui tue la France : le corporatisme et l’individualisme .

                 


                • impots-utiles.com 23 avril 2008 18:00

                  "la france ne sera jamais les USA "

                  il faut etre bien sur de soi pour avancer ce genre de choses... et aussi avoir une belle paire d’oeillères...

                  Nier aujourd ’hui le fait que le politique de sarkozy est atlantiste est une preuve évidente de mauvaise foi affirmée...

                  A l’évidence nos institutions subissent peu à peu toutes ces réformes atlantistes ...

                  J espere de tout mon coeur que vous avez raison et que la France ne sera jamais les Etats-unis au niveau du système de santé.... et bien je vous donne rendez vous dans vingt ans monsieur le visionnaire ;)

                  Les réformes hospitalières proposées par le président sont bien insuffisantes , et grapiller un peu sur la santé des français ( soit disant pr faire des économies) pour ensuite aller donner 300 millions de dollars de subventions àa la chine pr son dévéloppement économique, ça la fout mal !

                  http://www.impots-utiles.com/h-pitaux-publics-des-propositions-insuffisantes.php

                  http://www.impots-utiles.com/la-france-subventionne-le-d-veloppement-conomique-de-la-chine-hauteur-de-300-millions-de-dollars.php


                  • Garçon Garçon 23 avril 2008 20:54

                    Merci a tous pour vos commentaires interessant et pour vos appreciation sur mon temoignage.

                    Je doutais en partant de France que celle ci calque a 100 % son modele de sante sur celui des USA a terme, mais tous les changements autour de la secu ces dernieres annees sont parti dans ce sens... Alors que ce dont la secu a besoin c’est d’une reforme pour la consolider tout en remettant au centre son efficacite et en reduisant les abus. Voir ce qui se trame en France au jour le jour en lisant les infos me fait tres peur quant au maintien de la securite sociale telle que je l’ai connue il y a de ca 5 ans.


                  • aye 23 avril 2008 20:31

                    Je n’ai aucun doute que le travail de sape sur la fonction publique ait pour but ultime de pouvoir atteindre une privatisation du système de santé, tout simplement car cela s’inscrit dans une démarche de récolte de profit et que le pactole est énorme.

                    toutes les administrations et tous les services à la personne en général courent ce risque.

                    il faut bien rendre service aux copains pleins de pognon !


                    • Radix Radix 23 avril 2008 21:41

                      Bonjour

                      à tous les crétins qui pensent que la vente des médicaments en supermarché va faire baisser les prix !

                      Celà va juste rendre, tout au moins au début, la médecine à deux vitesses plus supportable !

                      Radix


                      • mike57 23 avril 2008 22:47

                        J’ai été frappé par le slogan du personnage qui a été élu à la présidence de notre pays. "Travailler plus pour gagner plus", si on réfléchit un tout petit peu c’est vraiment une insulte à tous ceux qui travaillent et ne gagne pas assez pour avoir une vie décente, une insulte à tous ceux qui voudraient travailler plus mais ne peuvent pas (chômage, emplois à temps partiel, à durée déterminée, jobs sous payés, etc ...), une insulte à la réalité ce ce qui se passe dans la vie réelle (délocalisations, fermetures d’entreprises bénéficiaires, salaires au plus bas, baisse du pouvoir d’achat, précarisation générale, stress et suicides dans certaines entreprises).

                        Si on veut revaloriser le travail, il suffit de mieux le payer. Qui veut faire un travail difficile, pénible, inintéressant et très mal payés ? C’est pourtant ce qui est demandé et ce qu’ exige les milieux économiques.

                        Mieux payer le travail est inenvisageable et complètement contradictoire avec les théories des économistes de droite et des milieux qui règnent sur le monde et sur notre président. Leur obsession c’est, justement, que le travail est trop payé, comme c’est écrit à chaque page de tous les manuels d’économie ultra libérale. Et ils s’emploient depuis des décennies et avec succès à faire baisser les revenus du travail. Jusqu’où iront ils ? Jusqu’à la parité avec la Roumanie, la Chine, ou la Corée du Nord ?

                        Au même moment, on assiste aux bénéfices records (du jamais vu !) des entreprises du CAC 40 en 2006 puis 2007, aux bénéfices également records et non imposés des stock options et des revenus financiers. Résultat, les revenus du travail sont en chute libre face aux revenus financiers. L’ évolution qui a vu les différences se réduirent jusqu’aux années 80 est reparti violemment depuis dans l’autre sens. Où est la revalorisation du travail ? Le slogan de Sarkozy est donc clairement un slogan mensonger, complètement démagogue et culpabilisateur (si tu ne gagnes pas assez, c’est ta faute, feignant). Pendant que les rentiers se gavent, après les cadeaux aux plus aisés (paquet fiscal), c’est maintenant le feu d’artifice pour les plus pauvres (franchise médicale, augmentation radicale des produits de base, et en projet carte famille nombreuse, soins dentaires, lunettes, la liste sera longue, etc ... 

                        La raison est simple : dix euros pris à chaque français ça fait 630 millions d’euros. 100 euros par français, ça fait 6,3 milliards. Après les avoir vidé, il faut remplir les caisses ! Chaque produit qui augmente, c’est des impôts indirects qui rentre dans les caisses de l’état.

                        Et ces impôts, tout le monde sans aucune exception en paie, sur le pain, les pâtes, les boissons, l’essence mais également bien sûr sur tous les produits de consommation vandu à coup de pub, ainsi que les jeux à gratter, le loto, le tiercé et le tabac pour les adeptes, impôts presque directs pour les dindons volontaires de la farce). Résultat des courses, les plus pauvres paient proportionnellement beaucoup plus d’impôts que les plus riches. Et pourtant, on a réussi avec des campagnes de marketing bien faites mélangeant direct et indirect, à faire croire le contraire. Et à faire applaudir les baisses d’impôts directs (de très loin l’impôt le plus juste mais qui ne représente plus que 18 % des rentrées fiscales) m^me par ceux qui n’en paient pas ou très peu !

                        Pour l’écologie, la farce du Grenelle de l’environnement est aujourd’hui de plus en plus évidente. Le gouvernement actuel ne peut et ne veut rien faire (à part quelques simagrées) contre les intérêts financiers des plus grands pollueurs. L’écologie est incompatible avec l’utopie de la croissance et le culte du profit. Tous ceux qui se présente en écologistes en faisant croire que l’écologie est compatible avec les intérêts des plus grands pollueurs (parfois leurs employeurs, suivez mon regard), EDF, Areva, Bouygues, les compagnies pétrolières, chimiques, les fabricants de bagnoles, les compagnies aériennes, l’agro-industrie, la pêche industrielle et beaucoup d’autres, sont des tartuffes.

                         


                        • melanie 23 avril 2008 23:13

                          @Mike 57

                           

                          Oui, tout est exact.

                           

                          On fait quoi ?

                          Les manifestations ont peu de poids puisque tout passe en force...Alors, on se laisse dépouiller ???

                           

                           


                        • Garçon Garçon 24 avril 2008 22:59

                          Merci de ton temoignage

                          concernant le salaire du neurologue, je ne me suis pas trompe sur le chiffre, en revanche peut etre que le frere de ce chirurgien a exagere ou elle s’est trompe sur le chiffre. Toutefois je rapporte ici ce que l’on m’a dit. Je tiens a souligner que la clinique lui ayant propose ces prix la est situee a Santa Monica dans un des quartiers les plus riches de tous LA, et que ce fut sa premiere embauche a 32 ans suite a plusieurs annees de recherches en France, une these, et plusieurs livres publies pour completer son cursus, en somme quelqu’un de demande...

                          Enfin sur le site que tu donnes les salaires me semblent assez fantaisistes :) si je me refere a celui ci mon salaire est hors du graphique je gagnerais deux fois plus que le salaire media, pourtant si je compare au tarif indique par mon Union je suis en dessous du salaire median pour ma qualification.


                        • Garçon Garçon 25 avril 2008 00:03

                          Pas marseillais, mais de Caroline du Sud, quasi la meme chose  ;)

                          Mon objectif en partageant les chiffres qui m’avaient ete rapporte n’est pas de faire une generalite bien entendu mais de souligner la course aux thunes que pratiquent une frange de la medecine aux USA. Et oui il est certain que Santa monica est une ville atypique :) et chere.


                        • ZEN ZEN 24 avril 2008 08:52

                          "Je soutiens Hillary Clinton pour cette raison spécifique : elle est la seule qui propose une vraie couverture santé universelle obligatoire."

                          Intéressant à savoir, mais il faut se rappeler qu’elle avait déjà proposé cela avec et sous le mandant de son mari...

                          Aucun effet ! Propagande électorale ???


                          • c.d.g. 24 avril 2008 21:27

                            bon article, on peut en deduire 1 chose :

                            si vous avez des enfants, ou si vous etes a l age de choisir pour vous etudes, faites medecine !

                             

                            sinon j ai une question pour l auteur.

                            S il veut revenir en france, il sait qu il va soit gagner nettement moins voire se retrouver a l anpe ?

                            il a peut etre interet a aller voir au canada ou ailleurs que dans un pays dont l economie est en chute libre

                             


                            • Garçon Garçon 24 avril 2008 22:43

                              Ahah oui je sais bien que si je devais rentrer en France je devrais passer par une baisse de salaire ( qui ma foi est relative du fais de la difference euro dollars) a savoir que dans mon secteur (Effets speciaux) mon salaire serait surement surement 2.5 a 3 fois plus bas mais que la difference euro/dollar amoindri largement cet ecart... Cela dit le cout de la vie monte bien plus vite en France qu’aux USA sur les produits de consommation courante et sur les loyers, enfin c’est tout du moins la perception que j’en ai.

                              Au de la de ca il y a plein de facteurs a prendre en compte, ma femme aux USA ne travaille pas car mon visa ne l’y autorise pas, en France elle pourrait obtenir un salaire supplementaire et les frais courant pour l’education de notre fille ne serait pas une par importante du budget.

                              Masi bon je ne regrette pas mes choix personnels, d’autant plus que mon experience aux USA m’offre la possibilite effectivement si je le voulais de prospecter un travail au Canada, dans toute l’europe ou meme en Asie...


                            • c.d.g. 27 avril 2008 14:19

                              A mon avis, au niveau des effets speciaux, il ne doit pas y avoir trop de demande en France (le cinema francais n est pas trop utilisateur), reste peut etre la simulation (ou j ai travaille en informatique il y a 10 ans) ou les jeux

                              En tout cas ca risque fort d etre a paris et dans ce cas, tu vas avoir la joie de devoir habiter a 2h de ton travail (il parait que c est pareil en californie) et certes ta femme pourra travailler mais elle ne pourra plus s occuper de ta fille car elle rentrera aussi tard le soir

                              A ce poropos, j ai un ami aux USA et sa femme peut travailler bien qu elle ne soit pas citoyenne US (mais anglaise). Tu devrais te renseigner

                              Bon courage mais a mon avis, il faut mieux pas rentrer en France avant la retraite, il n y a pas de travail (ou alors tres mal paye)


                            • Garçon Garçon 27 avril 2008 19:13

                              Bah pour ainsi dire je travaille depuis 8 ans dans le milieu, et depuis 5 ans aux USA. Il y a du travail en France pour les effets speciaux ( en pub, en long metrage aussi car les usa sous traite un certain nombre de leurs effets en France). Le probleme majeur de l’industrie vient de la politique des salaires qui incite a des salaires bas et des augmentations reduites au minimum. Disons que je connais bien le sujet.

                              Il y a effectivement de forte chance que cela se passe a Paris, bien qu’il y ait du travail aussi a Angouleme, Lyon, Montpellier, Annecy, Lille etc... Ensuite habiter a 2 h de paris , non pas forcement car malgre que le metier paye moins qu’aux USA apres 5 ans d’experience je pourrais obtenir un salaire ( de l’ordre de 4000 euros brut, c’est les propositions que je recois lorsque l’on me demarche) me permettant de louer un appartement decent dans la petite ceinture a Paris, dans la mesure ou ma femme travail bien entendu.

                              Pour Los Angeles beaucoup de ceux qui font des kilometres sont en general des proprietaires de leur logement , ce n’est pas mon cas et pour avoir eut deux jobs depuis mon expatriation j’ai toujours eu la chance d’etre a moins de 10 minutes en voiture de mon travail.

                              Ma femme ne pourrait plus s’occuper de ma fille , mais a partir de 3 ans il faut la scolariser et la le choix entre une ecole public de qualite en france et d’une ecole prive a 1000 dollars/mois aux USA donne l’avantage au systeme francais. L’option des bonnes ecoles publiques existe aux USA mais c’est souvent relatif au lieu de residence , qui lui meme a un cout eleve suivant la qualite des ecoles publiques....

                              Concernant l’interdiction de travail de ma femme, pour ainsi dire je suis TRES bien renseigne. Tout de meme depuis 5 ans on a chercher tous les moyens. Mais je suis sur un visa H1b( Travail) elle a le visa d’epouse accompagnante H4 qui peut etre attache a ce type de visa et celui interdit strictement de travailler.

                              Je ne sais pas si les anglais dispose d’un statut particulier comme les canadiens ( qui ont une facilite d’acces a des des visas de travail d’un an renouvelable) mais il est fort probable que votre ami soit detenteur d’une carte vertem, ce qui autorise aussi l’epoux a travailler.

                              Ensuite je suis d’accord les salaires ne suivent pas l’inflation, et la politique des salaires en France est nauseabonde, alors meme que le PIB progresse (que je sache la France n’est pas en recession). Mais d’un point de vue personnel je suis moins expose dans le cadre d’un eventuel retour.


                            • Garçon Garçon 28 avril 2008 05:48

                              je suis en cours de carte verte avec mon entreprise ce qui me permettra de renouveler mon H1B d’annee en annee jusqu’a obtention de mon work permit ( phase 1 de la carte verte) et effectivement le processus risque d’etre long. Je compte donc rester encore un peu de temps et nous voulons evaluer la possibilite pour ma femme de reprendre un emploi. Cela dit quand ma fille atteindra les 5 ans nous pensons probablement repartir vers l’europe , que ce soit en France ou ailleurs. Enfin bon ca fait 5 ans que on se dit que dans deux ans on rentre :)

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