Le début de la fin de la relation France-Québec ?
La relation France-Québec est intrinsèquement liée par une histoire et une langue commune dont découle des intérêts et des valeurs semblables. Depuis les années soixante, cette relation s’est largement construite avec la visite du Général De Gaulle en 1967 où il lança son désormais célèbre Vive le Québec libre et s’est ensuite enrichie au fil des années, peu importe qui était locataire à l’Élysée et qui était en poste au Québec.

René Lévesque, en 1977, a convenu avec son Raymond Barre de mettre sur pied un forum de discussion illustrant la qualité et la profondeur de cette collaboration entre nos deux peuples. Les Visites alternées des Premiers ministres du Québec et de la France ont vu le jour.
Un premier ministre qui fait fi des liens fraternels
Du 2 au 6 mars 2015, le Premier ministre Couillard sera en visite en France avec 6 ministres québécois. Il a bien mal commencé en commettant une faute diplomatique très provinciale lorsque questionné par les médias québécois sur la pertinence d’une délégation aussi large en pleine époque d’austérité budgétaire au Québec, il s’est défendu en invoquant que, de toute façon, ce sont les Français qui paient. Il sait se faire désirer, ce Premier ministre. Bienvenu, Monsieur.
La coopération entre la France et le Québec est privilégiée et importante pour les deux partenaires. Au fil des années, des ententes sur la culture, la jeunesse, la science, les technologies, la reconnaissance des diplômes, l’éducation et plusieurs autres ont été au cœur de cette vibrante amitié. Nous connaissons tous des collègues, des amis ou des membres de la famille qui ont résidé, pour un temps, au Québec. Il suffit de marcher quelques minutes à la Cité internationale universitaire de Paris ou bien à St-Michel un soir de match de hockey des Canadiens de Montréal pour entendre l’accent si caractéristiquement poétique.
Pour la première fois depuis 1967, la relation France-Québec recule structurellement. Le principal élément de recul est la mise à mort de l’entente de réciprocité pour les étudiants français et québécois. Le gouvernement du Québec a mis fin à cette entente historique en triplant les frais de scolarité des étudiants français en sol québécois. Dorénavant, au lieu d’environ 1300 euros annuellement, un jeune français qui souhait compléter une licence dans une université québécoise devra débourser près de 4000 euros annuellement. Cette décision a été prise unilatéralement ; rappelons qu’un étudiant québécois habitant en France ne paie que 550 euros annuellement, comme n’importe quel français.
Où est Charlie ?
Il faut aussi se rappeler de l’absence totale du gouvernement du Québec lors des cérémonies républicaines entourant le drame de l’attentat du Charlie Hebdo. C’est tout de même incroyable qu’un gouvernement étranger ne daigne même pas déléguer un ministre pour soutenir son principal allié. Surtout que, après quelques recherches, on découvre que la ministre de la Culture, Hélène David, était à Paris lors des attentats. Le Président des Etats-Unis a été poussé jusqu’aux excuses par la tribune de la presse américaine. Il faudrait peut-être que Philippe Couillard s’inspire du chef d’État américain et explique pourquoi il n’a pas cru bon de se déplacer en France en début janvier. L’agenda parlementaire ne peut même pas servir comme excuse puisque l’Assemblée Nationale du Québec ne siégeait pas.
Le premier ministre Philippe Couillard semble vouloir normaliser cette relation ; il n’agirait pas autrement. Il faudrait se demander si cette relation si privilégiée, et qui a longtemps fait rager les autorités canadiennes, est un repoussoir pour le premier ministre Couillard puisqu’elle heurte de plein fouet sa conception de simple province pour le Québec. Dans les faits, tant dans la forme que sur le fond, la relation France-Québec n’a jamais été aussi fragilisée que par l’action du gouvernement Couillard.
Monsieur le Premier ministre du Québec, j’espère que vous profiterez bien des soldes parisiennes, à nos frais, bien entendu. Comme on le dit sur votre devise, on s’en souviendra.
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