Dans cette affaire pichrocoline assez loin des enjeux que traverse la France actuelle, se cache une mission commandée au château : tenter pour une ultime fois de défoncer le Mouvement Démocrate ou de l’enfoncer plus encore quand il stagne sous les 10 % et qu’Europe Ecologie pourrait s’installer comme le 3è parti de France.
Le Nouveau Centre ce sont des élus au profit d’une haute trahison en juin 2007 pour avoir la certitude d’être réélus. Depuis lors ce sont quelques ministriculets comme Santini retourné dans les Hauts de Seine pour affronter la justice, Liétard et Morin. Malgré une aide substantielle de l’UMP ce parti qui se considère comme un héritier, ce qui convient parfaitement à la philosophie en Sarkoland où tous les amis du Guide sont des héritiers (Bolloré, Dassault, Bouygues, Lagardère qui ont eu l’immense mérite de naître) est connu de 65 % des Français ayant la même durée de vie que le Mouvement démocrate on peut voir quelle différence de notoriété il y a entre les deux partis :
Le NC souffre en effet d’un déficit de notoriété dans l’opinion où seuls 65% des Français connaissent son nom. (
L’Express). Il faut ajouter à cela que les sondages qui se répètent avaient donné - ce que ne rappelle aucun des journaux que j’ai lus - 2 % à ce parti pour les Européennes et 2 % pour les Régionales. On se rend compte que sans une place offerte par l’UMP sur ses listes il y a belle lurette que le Nouveau centre n’aurait plus eu aucun élu à la proportionnelle. Ce parti vit donc de la perfusion du pouvoir.
Avant de répondre aux velléité du Morin, juste un mot sur cette phrase (
Le Figaro) :
Morin estime que François Bayrou ne peut se prévaloir de l’UDF « tout en faisant des tribunes communes avec Robert Hue », ancien secrétaire général du PCF. Tout d’abord ce n’est pas Bayrou qui se prévaut de l’UDF car il se prévaut du Mouvement Démocrate et de plus c’est l’UDF elle-même - je vais y revenir - qui a pris la décision de se fusionner avec le futur MoDem, mais surtout il y a là un culot à faire rosir le Marquis de Sade : qui est l’allié inconditionnel d’un parti au pouvoir qui a signé un accord bilatéral avec le PC chinois dans lequel il est interdit de s’ingérer dans la politique intérieur du pays de l’autre signataire ? Qui ? Tiens mais c’est Morin et le NC ! Quant à la réunion avec Robert Hue, celui-ci ne se réclame plus du PC, et ce n’est qu’une réunion de discussion.
Revenons à nos moutons. Le 12 décembre Morin va donc officialiser son OPA sur le sigle UDF. Il est vrai que philosophiquement c’est une bonne idée : l’UDF créée sous l’égide de Giscard par Lecanuet (CDS parti non de Morin mais de Bayrou, devenu Force Démocrate puis fusionnant avec l’UDF, la nouvelle UDF, tiens pan sur le bec de Morin) est un parti d’actualité car entre temps depuis 1978 rien n’a changé, le monde est resté immobile et Giscard lui-même est au pouvoir. Il faut se souvenir de deux choses qui comptent : l’UDF et le RPR étaient des ennemis mortels. L’UMP est pour le coup l’héritière en droite ligne du RPR avec aux commandes principales que des anciens RPR.
Un peu d’histoire ne fait de mal.
- Les 28 et 29 janvier 2006 congrès de Lyon UDF indépendante et libre 91,1 % des voix, y compris celles des élus actuels du Nouveau Centre !
- 10 mai 2007 1 500 conseillers nationaux de l’UDF à la Mutualité votent le principe d’un nouveau parti le Mouvement Démocrate à l’unanimité moins 4 voix, ces conseillers nationaux sont tous des adhérents de l’UDF n’en déplaise à Morin
- 30 novembre 2007 congrès de l’UDF à Villepinte qui autorise sa fusion après 3 ans dans le MoDem
De ces trois dates et faits on retiendra que c’est une volonté de l’UDF de se fondre dans le Mouvement Démocrate, certes initiée par François Bayrou, mais votée démocratiquement et avec une écrasante majorité y compris les voix de Morin, Arthuis et autres Bourlanges en janvier 2006 pour une indépendance et évidemment il s’agissait là bien d’une indépendance vis-à-vis de l’UMP, indépendance rompue par ceux-là même qui se réclament de l’UDF, en tout cas cela ne peut pas être au nom du principe démocratique d’une élection interne à cette même UDF.
On reproche à Bayrou d’avoir coulé l’UDF. Cela me fait penser à l’assassin qui accuse la victime d’être morte. Qui a conservé l’UDF vivante si ce n’est Bayrou quand en 2002, y compris Giscard, une grande partie des composantes de l’UDF est allée faire ami ami avec le RPR pour fonder l’UMP à l’époque Union pour la Majorité Présidentielle ? Est-ce donc celui qui a résisté ou ceux qui sont allés déjà à l’époque à la soupe qui sont responsables de la perte d’influence de l’UDF ? Et donc notre intellectuel du centre nous tient un raisonnement à la Sarko : ceux qui ont défendu l’indépendance de l’UDF en 2002 vis-à-vis du RPR, puis en 2006 - dont tous les députés du NC actuel - ne seraient pas les héritiers de l’UDF alors que ceux qui sont allés rejoindre l’UMP le seraient ? C’est : un coup je suis de ce côté de la rivière et j’ai raison et un autre coup j’ai franchi le pont et j’ai encore raison. Voilà une belle constance. On apprend vite au contact du Guide.
Quant à la philosophie de l’UDF ce ne peut en aucun cas être Morin qui en serait le porteur de flamme. Il oublie sans doute les termes de libéralisme à conscience sociale de Giscard, il oublie son livre 2 Français sur 3. Ce n’est évidemment pas la France du bling bling et de l’injustice à la Proglio que Giscard défendait. Et Giscard n’est pas tout. L’UDF c’est aussi la suite d’un courant politique qui est autre chose que Tocqueville comme se le répète après avoir révisé le nom Morin. C’est aussi Lacordère et Sangnier, c’est l’abbé Pierre député MRP et Schuman, c’est une longue chaîne de penseurs et acteurs qui ont développé des idées antérieures à celles de l’UDF et dont la suite c’est évidemment le Mouvement démocrate et en aucun cas les affidés de ce pouvoir.
Venons en à l’aspect juridique. En ce qui concerne l’UDF c’est ce parti lui-même par la voix majoritaire lors d’un congrès légalement réuni qui a décidé de fusionner avec le futur Mouvement Démocrate pendant une période transitoire de 3 ans à l’issue de laquelle la fusion sera effective et donc ce sigle de l’UDF deviendra la propriété définitive du MoDem. Pendant ces trois ans il y a un bureau politique transitoire de 30 membres au plus qui a pour objet de défendre les intérêts de l’UDF. Or cela a été voté et par les adhérents de l’UDF eux-mêmes non une décision de Bayrou autoritaire et de plus ce ne sont pas des fuitards partis à la soupe qui vont dicter aujourd’hui ce que doit penser l’UDF qui a su penser toute seule. La légalité est là, du côté du Mouvement démocrate et non des inconnus du NC. Par ailleurs Charrette a déposé à l’INPI la marque UDF sauf qu’il l’a fait sans aucun mandat car cette marque appartient non à un des membres de cette conglomération, qui plus est responsable des clubs perspectives et réalités et donc pas chef de l’UDF mais au parti lui-même et il aurait fallu un vote de ses adhérents ou du conseil d’administration pour avoir le droit de déposer la marque et qui plus est l’aurait été au nom du parti et nom d’un seul membre. Ce dépôt est illégal et évidemment Charrette n’a aucun droit de l’utiliser. Du reste l’avenir l’a dit. Après ses déclarations tonitruantes de 2007 il a disparu de la circulation et ses volontés d’user du sigle avec lui. Morin se berce d’illusion en pensant qu’en 2010 il pourra récupérer ce sigle car alors la période transitoire sera finie. Il se rabat sur le droit d’usage. Cela n’est en rien un droit d’usage, c’est la loi. Le sigle UDF appartient à l’UDF qui est en période transitoire et qui a décidé d’être fusionnée totalement en 2010 emportant avec elle son sigle. Voilà ce n’est pas plus compliqué que cela.
On se demande pourquoi Morin veut ce sigle. D’abord il ne propose pas de listes indépendantes de l’UMP. A quoi peut donc bien servir ce sigle quand on est dépendant totalement d’un autre parti qui vous offre des strapontins ? On voit également à quel degré de bassesse en est réduit Morin et à quel étiage se situe ce parti pour aller déterrer un sigle qui aujourd’hui n’a plus les valeurs qu’il avait avant la création du Mouvement démocrate. Le récupérer est une mission commandée car cela ne peut apporter que peu de chose, et encore moins quand on ne présente pas de listes, mais cela est utile pour vouloir raccourcir un peu le périmètre électoral du MoDem qui est en période difficile. Cela couronne en tout cas l’échec de Morin de piquer la place du MoDem ce qu’il a dit qu’il ferait dès septembre 2007 et qui a réussi l’exploit de situer son parti à 2 % des voix deux ans après.
Il se passe en ce moment un renouveau de coups de bâtons contre Bayrou et le Mouvement démocrate. Arthuis, qui crée lui aussi son particulet, Bourlanges qui sans aucune honte ni aucun recul parle du Mouvement démocrate comme d’une secte répétant le paroles d’Arthuis car dans ce monde-là l’imagination n’est pas féroce, elle est remplacée par le réflexe conditionnel de Pavlov - au fait je n’entends jamais les journalistes parler d’anti-Bayrouisme primaire - , et Morin qui juste au moment du lancement de la campagne électorale des régionales donne des coups de canif émoussé, lui aussi pour complaire à son donneur d’ordre et pour satisfaire à un besoin irrépressible de justification auprès de ses troupes pour les avoir conduites avec vigueur et sans panache vers le niveau électoral de la mer morte : 2 %. Ce n’est qu’un parti sous perfusion auquel le pouvoir jette des os par des places sur les listes communes. Le NC permet à la nébuleuse UMP - Villiers - Chasse pêche et nature - Bockel de ratisser large. Ce n’est plus qu’un appât électoral, mais rien d’autre et encore on se demande si ce n’est pas un repoussoir. En fait c’est l’aimant du diable : il doit attirer ceux qui au sein de l’électorat potentiel du MoDem n’aiment pas Bayrou. A ce jeu du tu me donnes des sièges à gagner sans se présenter et j’attire des voix par ma présence, il est très fort. Il n’est pas sûr que philosophiquement et honnêtement cela en revanche cela soit très élevé.
Pour terminer afin que chacun juge de qui Bayrou ou le NC a trahi sa parole voici ce que chacun peut vérifier en allant à sa bibliothèque municipale où aux sièges des journaux des extraits de quotidiens qui démontrent sans aucune ambiguïté possible que les traitres sont bien des traitres à lire leurs déclarations de fidélité absolue à Bayrou et leur volonté de créer avec lui le Mouvement Démocrate avant de trahir et de se rallier à l’idée plus convaincante pour eux de préserver leur siège de député.
Le Monde du mardi 24 avril
Le bâton, c’est un UDF qui est chargé de le manier : Gilles de Robien, seul ministre centriste du quinquennat de Jacques Chirac, a pour mission de convaincre les deux tiers des 29 députés UDF de soutenir M. Sarkozy, en échange d’une clause de non-concurrence de l’UMP dans leur circonscription. L’objectif est « d’assécher » la représentation de l’UDF à l’Assemblée Nationale pour l’empêcher de constituer un groupe hostile.
En contrepartie, le ministre de l’éducation nationale a obtenu pour les futurs députés ralliés, un statut d’autonomie, voire d’indépendance, à l’égard de l’UMP. Dimanche soir, M. de Robien était pourtant loin du compte : seuls cinq députés (Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc, Olivier Jardé et André Santini) et deux sénateurs (Daniel Dubois et Yves Pozzo di Borgo) avaient signé son pacte.
Pour M. Bayrou, il s’agissait au soir de ce premier tout où il a recueilli 18,55 % des voix, de donner l’assurance que les choses n’en resteraient pas là. Accueilli par des « Merci François ! », il s’est bien gardé de donner des consignes de vote.
« Nous allons réfléchir à la meilleure façon non seulement de nous faire entendre, mais de nous faire respecter », annonçait de son côté le député Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis), pour qui « il n’est pas question de céder aux intimidations de qui que ce soit ».
Le Monde du 25 avril
« La menace du fort au faible existe, mais la dissuasion, elle, est du faible au fort » aime répéter Hervé Morin, le président du Groupe UDF de l’Assemblée Nationale.
Il y a, là [lundi matin au siège de l’UDF], Marielle de Sarnèze, la directrice de campagne, Jacqueline Gourault, Michel Mercier, Hervé Morin, Jean-Christophe Lagarde, Nicolas Perruchot, Rudy Salles, Jean-Marie Cavada…
Le Monde du 26 avril
« Ce n’est pas le moment de faiblir ni de mollir. Si on décevait ces 7 millions d’électeurs qui se sont rassemblés derrière François Bayrou, ce serait catastrophique. » Maurice Leroy
Libération du 24 avril
Au siège de l’UMP, l’opération de débauchage a été préparée de longue date par une équipe chargée d’étudier la nouvelle carte électorale pour repérer les points faibles des élus UDF. Il s’agit maintenant, comme le confie un cadre de l’UMP, « de faire céder les digues » autour de Bayrou.
« Nous voulons faire émerger une troisième force politique et capitaliser sur notre score du premier tour » indique le député Nicolas Perruchot.
Libération du 25 avril
Les parlementaires UDF réunis hier étaient unanimes à juger « trop tardifs » ou « non avenus » les appels du pied de Ségolène Royal. Ils n’ont pas davantage goûté les tentatives de l’UMP de les circonvenir. […] Nicolas Sarkozy a réagi au quart de tour en laissant filtrer son intention de créer, lui aussi, « un nouveau parti centriste ». Soit en phagocytant l’UDF si suffisamment d’élus centristes retournent leur veste, soit en créant une structure inféodée à l’UMP pour héberger les UDF ralliés.
Le Figaro 24 avril
Dans cette perspective [législatives], les députés UDF font l’objet de multiples rappels à l’ordre. Ils « devront choisir : ou ils nous rejoignent, et nous ne les considèrerons pas comme des adversaires aux législatives, même s’ils ont été des concurrents au premier tour de la présidentielle. Ou ils refusent la main que nous leur tendons depuis des mois, et nous en tirerons aussi les conséquences », a prévenu Jean-Claude Gaudin, vice-président de l4UMP.Un message que beaucoup d’élus centristes, inquiets pour leur réélection, devraient entendre cinq sur cinq.
Jean-Pierre Raffarin, dont son entourage précise qu’il « travaille en étroite collaboration avec Gilles de Robien », s’est porté volontaire pour piloter les manœuvres d’approche des UDF avec le ministre de l’Education. Mais tous les sarkozystes susceptibles de se muer en « agents traitants » d’éventuels transfuges centristes ont été réquisitionnés. Qu’ils soient parlementaires ou non.
Le Figaro du 25 avril
Député du Calvados, Rodolphe Thomas penchait clairement pour un soutien à Nicolas Sarkozy..
« On peut être indépendant et passer des alliances à condition qu’elles ne soient pas systématiques » soulignait Jean Dionis du Séjour, député du Lot-et-Garonne. Dans le même temps, cet élu, que l’UMP présente comme un de ceux qui devraient les rejoindre,redisait sa fidélité à François Bayrou avec lequel il a fait « campagne de A à Z » ,« on est sur un long chemin. Le centre indépendant est appelé à gouverner », observait-il.
Maurice Leroy affirmait qu’il ne craignait pas les représailles électorales de l’UMP : « Des candidats contre nous, nous en avons toujours eu. J’en aurais dans ma circonscription, ils sont les bienvenus. Le goudron et les plumes sont prêts. »
Le Figaro 26 avril
« Ce [annonce du vote pour Sarkozy] qui ne nous empêche pas de rester à l’UDF et de soutenir Bayrou » souligne Charles de Courson […] Jean Dionis du Séjour […] votera pour Sarkozy au second tour mais se sent « beine dans ses baskets ». « Il y a une maison centriste et j’y reste », explique-t-il.
Le Figaro 27 avril
Tous [la quinzaine de députés ayant appelé à voter pour Sarkozy], cependant, ont exprimé leur fidélité à leur président [François Bayrou] et leur soutien au futur Parti Démocrate.
Le Figaro 28 avril
Nombre de ces députés ont expliqué leur choix dans leur blog ou sur leur site. Certains, dont François Sauvadet, ont pris soin de souligner qu’en dépit de leur vote pour Sarkozy le 6 mai, ils resteraient « libres et rejoindraient par la suite, le Parti démocrate » que Bayrou souhaite créer.
Nicolas Sarkozy devrait écrire une lettre à tous les députés centristes afin d’inscrire noir sur blanc son engagement de ne pas présenter de candidat UMP contre les députés UDF sortant aux législatives de juin prochain. Si tant est, bien sûr, qu’ils le soutiennent.