Le retour de la propagandiste en chef sous G.W. Bush !!!
Un second otage de décapité ? C'était couru d'avance. Mais le problème n'est déjà plus là : il est bien sur l'origine de ces vidéos qui sont profondément manipulées. Et une enquête rapide nous mène à une personne connue, grande spécialiste de la propagande anti-islam sous l'époque de la guerre d'Irak de G.W. Bush. Rita Katz, et son SITE, celle qui avait déjà mis en avance les horreurs précédentes pour provoquer une réaction dans l'opinion US. Celle qui avait monté toute l'opération accusant Al-Zarqaoui d'avoir décapité Nick Berg, alors que l'on a su grâce à Wikileaks notamment que les choses ne s'étaient absolument pas passées comme Katz nous l'avait présenté. Il existe aux Etats-Unis des individus, toujours les mêmes, qui attisent la haine pour obtenir ce qu'ils souhaitent, à savoir une intervention militaire... et Rita Katz a toujours participé, comme cette fois encore à ses traficotages de médias. C'est elle qui avait fait la promotion de l'ineffable Adam Gadhan, ce jeune américain soi-disant devenu expert en islamisme alors qu'il lisait un prompteur écrit en phonétique pour parler l'arabe, ce qu'il ne dominait absolument pas. Les faucons sont à nouveau à l'ouvrage avec cette nouvelle vague d'horreurs consécutives, et ce sont les mêmes qui sévissaient sous l'ère Bush. Qu'Obama puisse être atteint de suivisme en l'occasion démontre sa faiblesse fondamentale : il se laisse berner.
C'est un site "néo-libéral US" qui nous a renseigné. En fait un site conspirationniste, partisan de la thèse du 11 Septembre manipulé. Ses lecteurs se référant à l'excellent "“The Power of Nightmares” je me suis intéressé à son contenu, même si je suis (très) loin de partager toutes ses vues. Mais cette fois encore, c'est son contenu qui interpelle.
La mise en scène est la même, mais l'endroit à quelque peu changé : les pseudo-jihadistes ont lu "Brown Moses" (Eliott Higgins) et se sont efforcés de ne plus indiquer de points de repères terrestres pour que le bloggeur puisse localiser l'endroit où ils sont. Le fond de ciel et l'horizon semblent avoir subi de profondes retouches cette fois. Encore une fois, la décapitation elle-même est shuntée au montage, et le sang ne gicle pas lors du début de la scène. Le corps est exposé de la même façon, le sang sur la tête surajouté de même manière : on a affaire au même procédé, strictement. A la même mise en scène. Et comme ceux qui font ça ont décidé de le faire sans cesse, à peine le second otage tué (certainement pas de la manière dont on tente de nous faire croire) un troisième est déjà montré. Il s'appelle David Cawthorn Haines. Là, on change de type d'otages. Ce n'est plus un journaliste... mais un mercenaire anglais, recruté en 2012 comme homme de sécurité par l'organisation Nonviolent Peaceforce (basée en Belgique et fondée par Mel Duncan, groupe actif au Sud Soudan. A noter qu'auparavant, Mel Duncan avait fourni de l'aide aux populations au Nicaragua durant la guerre des Contra et avait apporté de l'aide médicale après en Iraq, Parmi ses donateurs, les gens du Rotary-Club. Sa directrice au Sud-Soudan est Tiffany Easthom, Haines a été kidnappé au début 2013 au nord de la Syrie, près du camp de réfugiés d'Atmeh. Le personnage nous renseigne sur la possiblité d'actions secrètes du MI6 et de la CIA, sous couverture d'actions humanitaires auprès de réfugiés, à proximité des points chauds.
Chez NBC on est allé chercher quelques renseignements supplémentaires sur l'individu, pour découvrir de bien étranges activités. "Un profil LinkedIn pour Haines indique qu'il est le directeur d'une société basée en Croatie qui fournit des équipements de cuisine. Une femme qui porte le même nom qui est répertoriée en tant que dirigeant de la société a refusé de commenter. "Je vous remercie pour la compréhension », a-t-elle dit" ; précise le magazine. Il est fort à parier que les "équipements de cuisine" croates fournis par la société de Haines (c'est Astraea) ressemblaient comme deux gouttes d'eau à d'autres engins venus eux aussi de Croatie et découverts en Syrie par l'infatigable Eliot Higgins. Des armes achetées par l'Arabie Saoudite, et passées par la frontière jordanienne, selon lui : des lanceurs de grenade RBG-6 des mitraileuses sans recul, M60 des lance-roquettes RPG-22 et même des lanceurs M79 Osa : parlez donc d'une batterie de cuisine !!! Des armes données aux anti-bachar... Des armes fournies avec l'assentiment des USA et de l'Angleterre. La firme que préside Haines se présente comme fondée en 2002 serait italo-croate. Voilà qui nous ramène pile poil à l'ère G.W.Bush. Des distributeurs de pop-corn comme couverture de ventes d'armes, voilà qui est plutôt un paravent.. idéal.
Le 24 mars 2013 ; le New-York Times révélait l'ampleur des transferts d'armes en provenance de Croatie ; en titre, il indiquait directement et clairement qui en était le maître d'œuvre : la CIA. "Le transport aérien, qui a commencé sur une petite échelle au début de 2012 et a continué par intermittence à l'automne dernier, s'est étendu dans un flux constant et beaucoup plus lourd en fin d'année dernière, selon des données. Il a augmenté pour inclure plus de 160 militaires vols de fret par la Jordanie, l'Arabie saoudite et des avions-cargos de type militaire qatari on atterri à l'aéroport Esenboga près d'Ankara, et, dans une moindre mesure, dans d'autres aéroports turcs et jordaniens. La plupart des vols de fret ont eu lieu depuis novembre, après l'élection présidentielle aux États-Un et lorsque les gouvernements turcs et arabes ont affirlé leur frustration face à la lenteur des progrès des rebelles contre l'armée bien équipée d'Assad. Les vols sont également devenues plus fréquents lorsque la crise humanitaire en Syrie s'est approfondie en hiver alors des colonnes de réfugiés traversaient les pays voisins".
Obama, pas officiellement actif en Syrie, avait en fait permis et autorisé l'acheminement de plus de 3000 tonnes d'armes aux insurgés... dont un bon nombre tombées aujourd'hui aux mains de l'Etat Islamique, dont de nombreux "ManPads", ces lance-missiles qui ont obligé Bachar el Assad à restreindre fortement ses opérations aériennes ou ses bombardements par hélicoptères par fûts improvisés de poudre et de boulons. "Le gouvernement turc a eu le contrôle sur une grande partie du programme, jusqu'à la fixation des transpondeurs pour les camions transportant les marchandises militaires à travers la Turquie de sorte qu'il pourrait surveiller les expéditions et comment ils se déplacent par voie terrestre vers la Syrie, ont indiqué des responsables. L'échelle des expéditions était très grande, selon les responsables familiers avec ce "pipeline" et un enquêteur du trafic d'armes décomptant les avions de fret impliquées. "Selon une estimation prudente, la charge utile de ces vols serait de 3 500 tonnes de matériel militaire", a déclaré Hugh Griffiths, de l'Institut de recherche Stockholm International Peace, qui surveille les transferts illicites d'armes. L'intensité et la fréquence de ces vols », a-t-il ajouté, sont "évocateurs d'une opération de logistique militaire clandestine bien planifiée et coordonnée."
Ci-dessus, le contenu d'un camion intercepté à Hathay en Turquie, par les policiers pas mis au courant des transferts "officieux" d'armes. Une rumeur tenace locale attribuant les camions à une organisation humanitaire, "Humanitarian Aid Association" (İHH) qui avait aussitôt démenti. Une association sise dans à Midland Park, dans le New Jersey et dirigée par le pasteur Andy Topp, de l'Eglise Réformée. "Une équipe de la gendarmerie qui a fouillé le camion a découvert à la fois des munitions, des armes et de l'aide humanitaire dans la cargaison, a informé le procureur en chef Lekesiz avant de garer le camion dans le stationnement d'une usine voisine jusqu'à ce que le procureursoit arrivé sur place. Dans l'intervalle, les trois occupants du véhicule ont été arrêtés", avait-on pu lire ici. "Selon Refik Eryılmaz, un autre député CHP de Hatay, les armes et les munitions ont été transférés à la fois à Al-Qaïda et à l'Armée syrienne libre sur une base quotidienne, à la connaissance des représentants du gouvernement". Les faits paraissent bien être davantage qu'une "rumeur"... et impliquent un procédé qui met en cause tout le travail des autres ONG : c'est de l'irresponsabilité totale, à ce stade !



Dans ce processus, qui donc aurait intérêt à s'en prendre à ceux qui ont participé à ce trafic ? La simple déduction montre du doigt les principaux visés : les iraniens et Bachar el Assad, principaux objectifs des livraisons secrètes d'armes auxquelles auraient participé de faux journalistes (liés donc à la CIA) ou des approvionneurs de matériels croates qui n'ont jamais été des ustensiles ou des matériels de cuisine. Voilà qui donne un autre reflet à ces vidéos attribuées bien rapidement aux seuls islamistes forcenés de l'EIIL, et une autre vision aux images d'otages "humanitaires" : leur vengeance ne pourrait se comprendre côté islamistes qu'avec leurs dissensions avec les groupes islamistes auxquels ils se sont heurtés. Mais la balance penche plutôt aujourd'hui vers le pouvoir syrien en place, passé maître dans l'art de la dissimulation. Un Bachar qui en même temps joue à se rapprocher des USA, en laissant entendre que c'est lui le seul rempart possible à la sauvagerie islamiste des partisans de l'Etat Islamiste. Au point de provoquer encore davantage de rejet, en montrant ces images révoltantes, visiblement toujours faites de la même façon... et avec les mêmes acteurs, le supplicié ne pouvant avoir la tête tranchée de la façon dont on voudrait nous le faire accepter, encore une fois. Mettre en scène l'horreur, et se targuer d'être le seul à pouvoir l'empêcher : voilà qui nous ramène illico à l'ère Bush, qui se présentait comme dernier rempart de la civilisation, lui aussi ! En voilà un autre au moins qui a compris comment on mène les peuples par le bout du nez !
C'est bien l'origine des vidéos, et leur distribution par la source de Rita Katz qui nous ramène à une fabrication complète, en effet. Wikileaks avait montré quelle était la méthode et le circuit pour arroser les médias et pour provoquer ce phénomène de rejet médiatique, comme j'ai pu l'écrire ici-même il y a 4 ans. Des vidéos postées à l'origine à partir des Etats-Unis. "L’origine de la mise en ligne de cette cassette est douteuse : "Pour ce qui est du site Web en langue arabe « lié à Al Quaeda » qui aurait diffusé le fichier vidéo, www.al-ansar.biz, il n’est plus en service. Le nom de domaine a été enregistré auprès d’un régistraire aux États-Unis le 7 janvier 2003 au nom d’un certain Omar AbuOmar, qui a donné une adresse fictive au Danemark, et une adresse de courriel Hotmail. Le service d’hébergement du site, tassmeem.net, semble lui aussi hors service. Le nom de domaine a été enregistré le 13 janvier 2002 auprès d’un régistraire aux États-Unis. L’adresse citée pour l’entreprise est au Caire (Égypte), l’adresse des services techniques est à Riyadh (Arabie Saoudite), certaines recherches DNS pointent vers des serveurs en Malaisie". C’est la société malaisiienne de "web servers" de Kuala Lumpur, Acme Commerce Sdn Bhd, créée en 1998, qui était responsable du site, qu’elle fermera aussitôt en déclarant ne pas en avoir vérifié le contenu. Le gouvernement malaisien mettra en fait une journée à faire fermer le site. Aux Etats-Unis, imparablement, la "découvreuse" de la vidéo juste après Al-Djezira sera bien entendu l’inévitable Rita Katz. A peine la vidéo reprise, le débat éclatait... au sein de l’armée américaine, certains se plaignant de ne pas avoir réussi à en bloquer la diffusion via l’organisme ad hoc. Qui avait favorisé la diffusion de cette vidéo et pourquoi voilà bien tout le problème... En tout cas, il y en a une qui avait saisi l’occasion au vol (à moins de la mettre elle-même dans le réseau !). Rita Katz, la première à mettre en ligne en 2007 la fameuse vidéo de Ben Laden et même à se la faire piquer par la Maison Blanche, qui tentera avec elle un dernier coup médiatique après la diffusion de 28 millions de DVD sur le djihad sanglant ("Obsession", via le Clarion Fond ; fondé par l’extrême droitiste Raphael Shore).Celle du Ben Laden à la barbe teinte et devenu par la grâce de son dieu, on le suppose... droitier."
Celle qui se précipite pour mettre aujourd'hui la décapitation du second otage US est la même qui a manipulé la diffusion en 2008 de la vidéo largement trafiquée d'un Ben Laden à la barbe noircie, à partir d'images enregistrées précédemment. Voilà qui est plutôt symptomatique d'une énième tentative de manipulation. Visiblement, l'opération ratée des Marines US en Syrie (si elle a eu lieu !!!) a laissé des traces derrière elle : mais aussi des hommes, d'après ce qu'on peut voir. Capturés, par les gens auxquels ils désiraient s'attaquer, ces derniers les utilisent comme moyens de pression médiatiques. Et ce ne sont pas nécessairement ceux qu'on nous présente. Certains américains seraient prêts aussi à leur prêter main forte ; ceux qui désireraient un embrasement généralisé, générateur de ventes d'armes et de profits supplémentaires. Ceux-là, je vous en ai déjà suffisamment parlé ici, je pense... pendant toutes les années du pouvoir de G.W.Bush...
63 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON