Le scandale Mahmoud Abbas : histoire d’une arnaque
Et si on parlait du Hamas, d’Israël, de la Palestine, du processus de paix, de Mahmoud Abbas, sans passion, resituant les choses telles quelles, sans parti pris, dans leur contexte ? Est-ce encore possible dans ce monde de brutes ? Cris d’orfraie, insultes, accusations d’antisémitisme, d’arabophobie, d’islamophobie à l’emporte-pièce… etc. Sujet d’autant plus délicat que tout le monde défend sa chapelle, jouant les autistes et portant des œillères.

Le Hamas ne l’oublions pas, avait été le grand vainqueur des dernières consultations électorales. Ce qui est amusant, voir insultant, c’est dire toujours et de rappeler sans cesse, son "coup de force" à Gaza, ne mentionnant pas que d’une part, les hostilités ont été lancés par le Fatah, le perdant, qui a usé de ce subterfuge, aidé par Israël et les Etats-Unis, pour diviser les Palestiniens, et d’autre part, que, Mahmoud Abbas, qui pensait reconquérir le pouvoir de la sorte, a mystifier les Palestiniens en s’alliant opportunément avec leurs "ennemis héréditaires" ?
Mais, peut-on dire que le Hamas, qui vient de rompre la trêve avec Israël, même si ce fut plus un vain mot qu’autre chose, ne va pas créer un front de guerre permanent ? L’année de discussions de paix, sous égide américaine, a accouché d’une souris. Aucun apport tangible, malgré les promesses de novembre 2007, pendant la conférence d’Annapolis. Aujourd’hui, les pourparlers ont un avenir incertain dans la mesure où, volontairement, hormis l’un des membres du Quartet pour la paix au Proche-Orient, à savoir la Russie seule, a compris que le Hamas était incontournable. N’est-ce pas avec son adversaire et/ou ennemi qu’on fait la paix ? Exclure le Hamas de quelques pourparlers que ce soient, c’est simplement botter en touche. Le prétexte fallacieux de terrorisme du parti de Dieu, est la vague sur laquelle, surfent, ceux qui militent pour une paix injuste.
Le point d’ancrage d’un processus de paix réelle a été adopté récemment par la Conseil de sécurité de l’ONU, par une résolution. Celle-ci permettra de poursuivre les négociations. Elle a été adoptée par 14 voix contre zéro. Il faut néanmoins noter l’abstention de la Libye, très prudente. Malgré certaines promesses donc, il se trouve toujours l’un et l’autre des protagonistes, à savoir Israël ou le Hamas, qui foule au pied la paix. Or, le processus de paix, vraie paix s’entend, doit être le facteur des « pensées communes et constructives » israélo-palestiniennes. Sans la création d’un Etat palestinien viable, Israël n’aura jamais la paix. Un Etat palestinien fiable, passant notamment par la cohésion de tous ses enfants, sans exclusive, et non dictée par le choix de l’extérieur.
Mahmoud Abbas, président de l’autorité palestinienne, a annoncé qu’il allait convoquer "très rapidement" des élections présidentielles et législatives tant en Cisjordanie qu’à Gaza. Mais, le problème réside sur sa légitimité dès le 10 janvier 2009 prochain car, il sera à la fin de son mandat de 4 ans. Ses discussions avec les membres de la commission électorale pour trouver une date, n’ont pas encore abouti. Ce qui est certain, passée cette date, il n’aura que 90 jours, pour mettre en place un double scrutin, présidentiel et législatif. Mais, il existe un couac. Le scrutin législatif serait en fait, une deuxième tentative de coup d’état, après le vol caractéristique de l’élection de 2006, qui avait vu le Hamas remporter les élections. Normalement donc, selon le terme légal du Conseil législatif palestinien, cette législature courre jusqu’en janvier…2010. Donc, le Hamas a raison de refuser l’appel aux urnes lancé par Abbas, qui serait simplement illégitime.
Selon les textes de loi, à l’image d’une vacance de pouvoir à venir, c’est normalement le président du Conseil législatif qui assure l’intérim, avant d’organiser une consultation. Or, le président dudit Conseil, Abdelaziz Doueik, vient d’être condamné à 3 ans de prison en Israël. Incarcéré par l’Etat hébreu depuis l’enlèvement du soldat Gilad Shalit. Ne serait-il pas un moyen de rechercher la paix que de le libérer ? Les Palestiniens vont droit dans un mur avec leurs problèmes internes et justement, les Etats-Unis, seuls à pouvoir faire pression sur Israël, sont un peu trop partisans, ce qui empêche en réalité la paix. Mahmoud Abbas le sait, et surjoue, au détriment de son peuple, à l’image d’un bon dictateur africain.
Sachant enfin qu’une forte majorité de Palestiniens sont désormais hostiles aux manœuvres politiciennes de Mahmoud Abbas, 64% selon un sondage publié en début de semaine à Ramallah, ne serait-il pas judicieux, qu’il ne perturbe plus la paix ? Pourquoi les instances étrangères continuent-elles de s’appuyer sur un homme qui n’est plus respecté par son peuple ? N’est-ce pas simplement une façon détournée de ne pas réellement vouloir la paix ? Lorsque Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine pour 30 jours encore parle du risque encouru par les Palestiniens de faire confiance au Hamas, n’est-elle pas juge et parti ? En s’incrustant dans les problèmes internes des Palestiniens, veut-elle une paix juste ? Je ne le pense pas.
>>>Allain Jules
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