Les soucoupes nazies, un éternel retour...
Ah franchement, je l'avais vu venir, celle-là. En feuilletant le très fourni English Russia, si apprécié sur le net, y compris par les extrémistes de droite qui y trouvent de quoi assouvir leur haine inextingible de l'ancienne URSS (on en a connu ici quelques uns !), j'avais découvert cette semaine ces cercles de béton recouverts aujourd'hui d'eau en pensant que ça ne raterait pas, il y en a bien qui en feront, à coup sûr, des bases de décollage pour soucoupes nazies, ces bidules qui n'ont jamais existé et qui hantent tous les sites conspirationnistes, voire les émissions de radio de déjantés notoires. Et aujourd'hui, bingo, ça ne rate pas : c'est le magazine Slate, qui, en panne d'inspiration, sans doute, a sauté sur le sujet... reprenant en le citant un blog faisant partie de Gizmodo, créateur de buzz internet, appelé Sploid, mené par un dénommé Jesus Diaz, qui a automatiquement ressorti le grand jeu avec cette "découverte", avec soucoupe volante à croix gammée, cloche nucléaire et technologies nazies à la clé. Faut dire que pour lui déjà un bête V-22, ça "ressemble à un engin spatial"... alors pensez donc, un rond en béton plein d'eau !... Retour sur la énième resucée d'un mythe aussi gros que les Ummites de JP Petit, qui tente depuis des lustres de nous faire croire que le B-2 est à sa façon une soucoupe volante nazie, lui aussi, à voler selon notre "spécialiste" à plus de 6 000 km-h et non à 900 au maximum comme chacun le sait.
Découvrons tout d'abord les lieux et les photos mises en ligne par English Russia. Non pas cette page, parue le 7 avril, montrant de beaux oiseaux fort défraichis, dont un Tu-128 Fiddler laissé dans son jus, mais la page de la veille, le 6 avril, montrant les fameux cercles de béton dans la catégorie "Funny". Rappelons qu'English Russia a été créé au départ par un amateur russe d'ordinateurs et de programmes informatiques, et qu'il es lu en majorité... par des américains ou des européens, avides d'essayer de comprendre les détours d'une société qu'ils méconnaissent, ou qu'on leur a présenté de manière fallacieuse pendant la Guerre Froide. Un site qui regorge de photographies de bunkers abandonnés ou de champs complets remplis d'armements divers obsolètes, montrant à quel point l'URSS avait militarisé sa société, comme les USA en face avaient pu le faire du côté opposé (et continue à le faire avec ses programmes d'armements dispendieux). Le site est fort plaisant sinon amusant, et aiguise réellement la curiosité : pour cela il sait y faire, il faut bien l'avouer, notre ex informaticien. Il avait ainsi le 28 août 2010 révélé l'intérieur d'un des fameux bunkers, la station russe UVB-76, qui depuis plus de trente ans intrigue, car il en provient des appels réguliers, des "bips" sonores entrecoupés de messages vocaux codés incompréhensibles. Comme si une présence fantomatique y activait encore des boutons ! On avait pu y admirer lors de la visite un enregistreur "portable" en mallette, façon russe, dont les bandes enregistrés avaient été subtilisées par des visiteurs.
Pour ce qui est de nos photos du jour, elles se résument en fait à des cercles de béton soigneusement dessinés, affleurant sous l'eau. Trois cercles le plus souvent, aux sommets plats bien visibles dans ce qui semble être une zone effondrée dans laquelle l'eau est remontée ou s'est déversée. Le commentateur insistant sur la "bonne qualité du béton" encore visible, laissant envisager un renforcement de ce dernier... pour supporter de lourdes charges ou de fortes pressions ! Un troisième cercle découvert est lui aussi plein d'eau dans sa partie intérieure ; celle d'un quatrième cercle concentrique plus haut que les trois autres toujours noyés... pas entièrement recouvert comme les autres. Laissant envisager tout bêtement un remplissage par... la pluie, sur un béton rendu complètement étanche, dans une région avec peu d'évaporation. L'auteur en donnant la dimension, de 15 à 20 mètres affirme-t-il (une photo de lui à proximité donnant une dimension proche en effet). Un autre cliché montrant le paysage en arrière de ce cercle : une baie, visiblement. Une baie qui s'ouvre vers la mer de Barents, car nous sommes près du petit village de Liinakhamari, dans le district de Pechenga, à 170 km de Mourmansk. Un village qu ia fait de ces cercles une source de visites touristiques, puisqu'on les voit depuis des années sur le net, comme le montre ce cliché d'une agence.
Je ne reviens pas longtemps sur les délires de notre dénommé Jesus, qui a vite ressorti le serpent de mer des soucoupes nazies ou de la fameuse "cloche" nucléaire, sorte de prototype de fusion à laquelle un exilé allemand arrivé en Argentine prêtera une certaine attention. Les prétendues soucoupes nazies, j'en ai parlé ici. Les fausses soucoupes aussi, et c'était là. La cloche, je lui ai fait un sort ici, avec Igor Witkowski et les délires argentins de l'ère Peron ont été décrits en détail. Pour moi, la cause est en effet entendue, le prétendu aéroport à soucoupes de Witoswki n'étant que les vestiges d'une tour de refroidissement de centrale électrique à charbon, dont l'embase de béton a été confondue avec tout autre chose. J'aimerai plutôt revenir sur la réalité du jour, et vous dire ce que pouvaient être ces fameux cercles, car l'archéologie de la seconde guerre mondiale en regorge, il suffit de se baisser pour en retrouver. Exit les rêves chez certains d'Ufologie nazie, encore une fois il faut insister : les allemands n'ont jamais inventé ce genre d'objet, dont l'histoire est apparue après la guerre, avec la parution de faux notoires, rédigés par des escrocs (dont un italien en 1950), tout juste capables d'étayer leur effarant révisionisme historique en fabricant de fausses preuves ou de faux artifacts.
Un petit tour sur Google Earth nous donne vite les emplacements précis des fameuses bases de soucoupes volantes supposées. Les cercles de béton sont en effet bien visibles (et donc bien connus de tout le monde !), on en distingue même quatre et non trois. Même sous Google Earth, deux des cercles noyés sous une couche d'eau sont même visibles de sateliite ! C'est dire que ça n'a rien de secret, car ça figure même depuis des années dans les dépliants touristiques de la région. Nous sommes en effet à Liinakhamari, un petit port qui a connu une histoire mouvementée au XXeme siècle, ayant été successivement finlandais (en 1920),
puis russe, puis rendu au finlandais, puis allemand et à nouveau reconquis par les russes à la libération. C'est le dernier port libre l'hiver de glace avant Mourmansk, voisin, et pour cela a été l'objet de négociations secrètes entre l'allemagne et l'URSS, en 1939 qui aboutissent au pacte germano-soviétique. Un livre en raconte les détails, où l'on voit l'installation d'une base allemande, appelée sobrement la Base du Nord, acceptée par les soviétiques pour y installer notamment des sous-marins, dont le U-36 et un croiseur lourd, l'amiral Hipper. Une base fermée par décret hitlérien dès le 23 août 1940 nous dit Thomas Philbin, l'auteur de "The Lure of Neptune" (qu'on ne peut que recommander) : "le haut commandement de la Marine allemande a remercié le haut commandement de la Marine soviétique pour l'utilisation de la base de manière très formelle, presque onctueuse.
La lettre de remerciement a subi plusieurs révisions à Berlin et à Moscou, à la fois le haut commandement de la marine allemande et le ministère des Affaires étrangères offrant l'entrée. La dernière lettre a été livrée à l'Amiral Kuznetsov du commissariat de la marine soviétique par l'ambassade d'Allemagne à Moscou le 16 Septembre 1940. Le contenu de la lettre, qui comprenait une notification à Molotov, dit en partie : "Depuis Novembre 1939, le gouvernement de l'Union des Républiques socialistes soviétiques a ouvert une baie sur la côte de l'Arctique à la disposition de la marine allemande comme une base d'approvisionnement, un port de refuge et une base de réparation. Cette baie a été d'une grande valeur pour la stratégie navale allemande.
Cependant, maintenant que la Norvège est complètement sous contrôle allemand, il n'est plus nécessaire de faire usage d'une baie soviétique. Quand von Baumbach a ultérieurement visité Kunetsov il a également remercié l'amiral russe pour l'aide accordée la marine allemande pour l'utilisation de la route maritime du Nord. Kuznetsov a répondu aux remerciements de l'attaché avec plusieurs questions sur le déroulement de la guerre, en particulier sur les effets du bombardement britannique de Berlin, les opérations allemandes dans le Pacifique sud-ouest, et la connaissance possible britannique du voyage du raider Pinguin allemand de retour par la route maritime nordique".
La base était régulièrement approvisionnée par le Jan Wellem", qui amenait avec lui à chaque voyage une aide médicale, des moyens de communications ; le personnel administratif de la base, ainsi que des experts techniques pour la réparation et l'entretien, comme lors de son voyage du 4 Février 1940. Des avions ravitaillaient aussi l'endroit : on avait noté sur place l'arrivée d'un Blohm & Voss Ha-140 et d'un Dornier Do-26. Deux hydravions. Un chemin de fer menait Liinakhamari à Rovaniemi, puis vers Helsinki. Les allemands présents auraient-ils dès 1939 songé à protéger par des canons le port ? Certes pas : il était toujours sous influence soviétique, et ils n'en auraient pas eu le temps.
La base allemance tolérée par les russes devait rester secrète, mais des journaux avaient éventé sa présence. En mars 1940 c'est le Stockholm Daily Press qui revient à la charge. Une presse qui avait percé le secret du traité entre l'Allemagne et la Russie : "le 28 décembre le premier problème de sécurité se pose pour la Base Nord lorsque le journal danois National publie la description d'une base sous-marine allemande qui serait située dans le Golfe de "Fiitovaiia". Un rapport d'émission radio similaire avait également fait surface depuis la France. Le compte français apparemment situe alors la base de sous-marins allemands dans la baie de Sayda (nota : c'est au 69°15'27" N 33°14'47" E, dans le fjord qui mène à Mourmansk même !). Le jour suivant, le magazine Paris-Soir avait publié un article affirmant que les Allemands avaient une base navale secrète à Mourmansk. Von Baumbach et l'ambassadeur Schulenburg ont travaillé sur une dénégation allemande avec le régime soviétique, sur le fait qu'une telle chose existait. Il y avait une correspondance supplémentaire sur l' article du magazine, mais aucune indication sur l'endroit elle pouvait être située. Les autorités allemandes ont rejeté les rapports comme étant des rumeurs, pour des raions de sécurité qui pourraient avoir comme conséquence la dénonciation de navires marchands allemands venant de Murmansk. Pendant ce temps, le bateau à vapeur Sachsenwald (qui allait bientôt devenir navire météo réquisitionné sous le nom de Wetterbeobachtungsschiff 7 !) était retourné en Allemagne et était chargé de l'approvisionnement de reconstitution pour le malheureux U-36 (lancé en 1936, il sera coulé par un sous-marin anglais, le HMS Salmon, le 4 décembre 1939).
La glace et le brouillard se sont installés à la Base Nord et rien n'a été accomplie en janvier ou février 1940, bien que la base était maintenant semi-opérationnelle. Sa première grande utilisation était prévue pour servir de nid au croiseur lourd Admiral Hipper, qui devait être envoyé sur les proies des navires alliés dans les voies maritimes de l'Arctique. Les Allemands, soucieux de fournir un soutien pour le Hipper dans son fonctionnement, ont demandé aux Soviétiques s'ils pouvaient fournir du combustible pour le croiseur lourd. Les Soviétiques ont convenu d'alimenter le Hipper, demandant "à être informé de temps spécifique à l'avance", le cas échéant. L'intention était de faire le plein dans Base Nord. La marine soviétique a indiqué que la base était passable par les navires brise-glaces lourds malgré une glace qui était de vingt-cinq centimètres d'épaisseur dans la baie, car un passage était resté libre de glace. Les éléments appropriés du haut commandement de la marine allemande ont été informés que le Phoenicia pourrait faire une sortie et procéder à une navigation en plein océan. Le ravitaillement du Hipper avait pour but de profiter du déplacement de la flotte britannique vers Scapa Flow", qui avait été marqué par le naufrage de la flotte allemande (en 1919) par le vice-amiral von Reuter.
La base écossaisse abritera le vénérable premier porte-avions anglais, l'Ark Royal devenu le Pegasus en 1934. Le 14 octobre 1939, le sous-marin U-Boot U-47 était allé torpiller son confrère l'Oak Royal en plein milieu de la base lors d'une manœuvre téméraire mais réussie (on retrouvera 63 ans après une seconde torpille expédiée par le sous-marin, qui n'avait pas explosé !). La base allemande était elle ravitaillée par trois navires : le Cordillera (de 12 055 t), le Phoenicia (de 4 124 t) et le petit Sachsenwald de 650 tonneaux, qui avait été aperçu en 1922 à la Havane avec à bord Alfred Wegener !). Un autre navire fait le trajet : le Jan Wellem, que l'on retrouvera échoué à Narvik après les combats du 10 au 13 avril 1940 (il sera renfloué et deviendra le Kattegat, pour être à nouveau bombardé par la RAF à Sandefjord le 10 novembre 1944 et s'en sortir à nouveau !).
Les russes avaient eux-mêmes installé une base, à 40 km à peine de là, dans le fjord suivant : c'était à Zapadnaïa Litsa, dans le ford Litsa, à l'embouchure de la Zapadnaïa Litsa, dans le fjord d'à côté en quelque sorte. On ne sait si ce dernier a été utlisé par les allemands, mais la confusion de nom de la presse norvégienne ou française aurait pu en provenir. Après la guerre, cette base deviendra celle des premiers sous marins nucléaires, dont le tout premier, le K-3 Leninskiy Komsomol. Elle sert toujours de base russe, posant d'énormes problèmes de déchets. Mais en 1941, tout bascule, avec l'attaque allemande sur l'URSS... et la Finlande devenue alliée militaire des allemands dans la foulée et qui déclare la guerre aux soviétiques, et revoilà Liinakhamari au premier plan.
Les allemands s'y réinstallent en fortifiant la base, devenue vitale pour leurs sous-marins arctiques qui sillonnent les eaux les plus septentrionales. La Base du Nord était devenu un danger si l'on voulait atteindre Moursmank : aussi, le Le 30 juillet 1941, la base était attaquée et bombardée par des biplans anglais Fairey Albacore et Fairey Swordfish, protégés par des Fairey Fulmar, dans un remake de l'attaque surprise de Tarente. Il faudra attendre le 12 octobre 1944 pour que des fusilliers russes en reprennent possession. Entre temps, on pense vers 1943, peut-être même avant, les allemands avaient installé des affuts de canon dont le modèle est à aller chercher dans les plans de l'organisation Todt.
Ceux dont on peut voir les vestiges à la pointe du Hoc, par exemple (en tête de ce chapitre, à gauche), ou en meilleur état à Jersey, avec la batterie Moltke, située à Les Landes, devant St. Ouen (deux clichés ici à droite et à gauche en attestent), et construite par la Kriegsmarine puis prise en charge par la Wehrmacht, qui y avait installé des canons de 155mm pris aux français. On distingue bien sur les plans conservés et visibles sur place les trois cercles de béton nécessaires pour faire évoluer les canons et les orienter facilement. A leur côtés, des petits magasins rectangulaires contenaient les munitions ou les gousses de poudre pour envoyer les obus, bien séparées l'une de l'autre. Tous les plans de canon côtiers reprennent cette disposition, jugée la plus pratique par les artilleurs. Voilà qui n'a rien d'extraterrestre... mais qui ne va pas empêcher des illuminés d'y faire référence dès que l'on exhibera ses "étranges constructions" qui ne sont que des installations de défense classiques et non des aéroports à soucoupes volantes !
Les allemands auront même le projet de construire un gigantesque canon.. . en Norvège, cette fois, en 1942, le "P1000 Rat," à partir d'une tourelle de cuirassé de type Gneisenau, arborant un canon de 380 mm de diamètre. Adolph Speer tentera bien d'arrêter le projet, appelé Batterie Vara, dont on peut voir ici une représentation... et une vue aérienne avec ses trois cercles de béton bien visibles, installé au bout du Skagerrak. Le projet deviendra plus tard un musée pour les norvégiens (le Kristiansand Canon Museum, vraiement très impressionnnant). Des supports d'affuts, on en trouve partout autour de la Baltique. Le gigantesque engin norvégien a eu aussi un frère jumeau à Hanstholm au Danemark. Il n'en reste.... que les trois (énormes) cercles de béton ! Bizarrement, personne n'a osé le présenter comme un pas de tir de fusée ou de soucoupe volante géante : ça va bien arriver un jour, hélas...
Indubitablement, les cercles de béton concentriques sont symptomatiques des installations destinées à positionner des canons. Il n'empêche, des imaginatifs (pour ne pas dire pire) s'en sont emparés pour inévitablement en faire, étant donné leur forme, des aires de décollage de soucoupes volantes ! Très souvent, ce sont les mêmes (tels que Nick Cook) qui, sur le net, sont allés raconter que les vestiges en béton d'un refroidisseur de centrale à charbon étaient ceux d'un véhicule extraterrestre ou le hangar destiné à contenir la fameuse "cloche" à fusion. Parmi ces raconteurs d'histoires à dormir debout, je vous en ai retrouvé un beau spécimen. Fortuné, car gérant une clinique ophtalmologique en russie (avec des pratiques douteuses semble-t-il), ce dernier joue depuis des années les Indiana Jones, en racontant tout et n'importe quoi sur le net. Qu'il a réussi une greffe complète d'œil (?), mais aussi et ça me semble encore plus consternant encore, des "preuves" de l'existence des "Atlantes" un vieux thème classique de l'ésotérisme, celui des géants terrestres, ou bien sûr... de l'existence des soucoupes nazies, ces engins qui n'ont jamais existé (les premiers documents en parlant sont des faux notoires créés après guerre) et dont il a bien entendu retrouvé le lieu de fabrication : c'est selon lui à Liinakhamari, bien entendu ! A lire la prose d'Ernst Muldashev, il y a de quoi sourire, surtout, sinon rire aux éclats quand il "explique" leur décollage ou quand il décrit la nature du béton sur place selon lui, car il a son explication, bien sûr, du phénomène.
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Car notre chirugien, qui semble bien être totalement illuminé (il travaille aussi avec Klaus Dona, autre fêlé de l'Atlantide ou des "humanoïdes reptiliens", qui possède des supporters partout et a recours à des fakes patents avec son ami El Haramein *), à la solution à l'énigme, et c'est l'eau, bien sûr qui est fondamentale : "à partir des matériaux "Ahnenerbe" (voir ici la signfication), on sait que l'ingénieur Walter Schauberger (il se trompe car c'est Viktor, son père qu'il veut dire, je pense, ici à gauche !) a créé le premier disque volant avec moteur à mercure (? ??) , puis sous l'influence des mystiques lui a succédé l'eau. L'énergie de ce moteur provenait des champs électromagnétiques qui faisaient tourner l'eau dans le centre de l'aéronef, et la soucoupe pouvait voler sur le principe d'une tornade, tout en maintenant le contact avec le sol. Nous sommes venus à la conclusion que pour le vol des soucoupes au dessus de la Terre, elles aussi, devaient opérer un moteur à eau, qui aurait fourni l' "énergie anti-gravité" du disque volant. Et que le moteur à eau pourrait être l'un des cercles mystérieux et que dans les « oreilles » il y aurait eu des moteurs électromagnétiques. Ils ont fabriqué la mise en rotation de l'eau dans le puits, de sorte qu'elle a été combinée avec rotation d'une soucoupe à moteur à eau, et cette énergie inconnue de la Terre a mis en oeuvre le principe de l'aéronef". Le coup de la soucoupe à eau, une théorie provenant des découvertes surprenantes de Viktor Schauberger sur les vortex, notamment. (décrites déjà ici)... les "oreilles" décrites sur le plan étant les casemates à munition...
Ses affabulations sont aussi des aveux d'absence totale d'explication scientifique : les bunkers censés contenir les pilotes ne sont selon lui "pas visitables" (ben tiens !), le béton est un béton "archéologique" (mais on en a pas la composition), et beaucoup plus risible encore pour démarrer le moteur il y a... un sort de chaman et non une ficelle à tirer ou un contacteur à enclencher : "nous avons l'impression que tout a été fait par l'organisation occulte nazie " Ahnenerbe" (ah tiens, on y revient !). "Dans le village de Liinakhamari on a préservé un bâtiment " Ahnenerbe ", ainsi que deux immenses bunkers, où, selon les habitants locaux, résidaient les unités de la base de soucoupes volantes allemandes. Malheureusement, ces bunkers sont exploités et leur accès est impossible. L'organisation « Ahnenerbe » offrait les meilleurs scientifiques en Allemagne (? ??). Sa principale caractéristique est le fait qu'il ne repoussaient pas les magiciens, les sorciers, ou les chamans, etc. En rejetant le conservatisme inhérent à la science (sic), ils croyaient aux mystiques (re-sic !). Ce même mysticisme leur a dicté les principes de l'aéronef en forme de disque et son moteur d'entraînement, qui fonctionne... avec des sorts (oui vous avez bien lu, des "sorts", de la magie, quoi !!!). "Le brillant ingénieur Walter Schauberger (c'est Viktor !) a réalisé ce concept dans la réalité avec le " disque répulsine ". Il ne restait plus qu'à décider où et comment le faire fonctionner. Et puis, les mystiques ont dit qu'il est nécessaire de faire les lancements sur la montagne Liinakhamari. Les scientifiques " Ahnenerbe " en ont convenu. Et, selon la littérature ces disques volants Allemands se déplacent à une vitesse de 21 000 kilomètres par heure"... Ouah, voilà qui secoue ! Plus de trois fois la vitesse donnée par JP Petit à un B-2 qui en fait à peine 900 ! La surenchère de vitesse serait-elle le moteur principal des illiuminés ? Affligeant, c'est tout bonnement affligeant ! On se demande en effet pourquoi JP Petit s'embête avec sa sempiternelle MHD, alors qu'avec un simple tourbillon de flotte, on crée de l'antigravité, selon notre ophtalmo versé ésotérisme !!!
Vous allez me dire que tout ça provient de joyeux farfelus. Voire autre chose, genre une escroquerie scientifique : "ses conclusions sont également très contestées. La plupart de ses interventions chirurgicales sinon toutes ont été établies comme fausses par les scientifiques du CERN. Il a aussi clamé guérir de la cécité, quelque chose, qui est également avéré être un faux. En fait tout ce qu'il revendique est de nature spéculative et sans fondement. Lors d'une visite d'été en Bulgarie en 2010, il s'est vu refuser le droit de mener des opérations sur des patients parce que ses pratiques ont été jugées dangereuses pour ceux qui le visitent". Cela va plus loin encore, lorsque d'aucuns le soupçonnent d'entretenir des liens sectaires, et que des gens "bien intentionnés" font la chasse sur le net à ceux qui ont le malheur d'y faire allusion... sur le site "Above Top Secret", un posteur a fait un aveu trois ans après lu le livre de Muldashev "affirmant qu'il avait reconstruit un être humain d'après l'image contenue dans ses yeux", après "avoir vu des yeux immenses sur une statue de temple boudhiste". Le lecteur plutôt déçu et plutôt honnête avait écrit trois ans après : "Depuis que j'ai posté ça, j'ai cessé de croire en cette absurdité ésotérique ou conspiration, donc, s'il vous plaît, ne me demandez pas quoi que ce soit à son sujet ; rien que de penser à ce que j'ai écrit sur ce sujet me fait honte" ...
ce qui na pas empêché Muldashev d'avoir des émules, tel ce jeune garçon appelé Boris Kipriyanovich (ici à droite), défini comme "enfant indigo" (selon les théories fumeuses de la médium Nancy Ann Tappe, avec Lee Carroll et Jan Tober, accusés eux aussi de dériver sur une secte), qui aurait un jour dévoré un livre d'Ernst Muldashev, acheté par sa mère, intitulé « D'où venons nous » (vendu chez Amazon !), dans lequel il est notamment question de Lémuriens, et qui avait déclaré après venir lui aussi de Mars."La manière dont l'article est présenté laisse entendre que cela est arrivé après qu'il ait commencé à parler de sa vie passée sur Mars et en Lémurien"... note un autre lecteur dubitatif... à la lecture du récit affligeant du jeune garçon... visiblement encore sous l'emprise de sa mère.... qui semble bel et bien complètement givrée. Le garçon aurait sorti des phrases telles que "« La vie changera quand ils ouvriront le Sphinx » en ajoutant que « le Sphinx s'ouvrira derrière l'oreille », mais il ne se souvient pas où exactement" note l'article, sans même sourciller devant de telles énormités. Là encore cela provenait d'un livre de Muldashev, appelé "À la recherche de la cité des Dieux" ayant comme sujet les chambres funéraires des pyramides ! L'enfant avait prévu deux énormes catastrophes sur Terre, qui auraient dû tuer une majeure partie de sa population, en 2009 et 2013. Depuis, devenu adolescent... il a perdu depuis tous ses pouvoirs, y compris de prédiction (ça vaut mieux peut-être pour lui !).
Comme tout ado (il a désormais plus de 17 ans !), il est vrai aussi, il n'est plus non plus aurant sous l'infuence de sa mère... l'un des racontars de Boris était bien dans la lignée des thèses des Atlantes de Muldashev : "selon lui, la surface de Mars était jadis habitée mais une guerre nucléaire lui a fait perdre son atmosphère, forçant ses habitants, des Martiens de sept mètres de haut, à se réfugier dans des villes souterraines". Et c'est reparti !!! Un blogeur adepte du paranormal (Larry Taylor) ayant fait paraître une photo bien ridicule sur le net avec comme commentaire "voici l'empreinte d'un véritable « géant » prise par le professeur Ernst Muldashev dans une vallée en Syrie, tout en recherchant là-bas des tombes des géants. Il y a des rapports éparpillés sur Internet sur ces géants de Syrie par le groupe de russes et Muldashev". Eparpillés partout, certes, mais aucune preuve tangible de visible.
Car a part que chez les cintrés du genre, on trouve aussi beaucoup d'hitlériens, dont des dirigeants principaux du régime, tel que Himmler, le premier d'entre eux. Le plus illuminé de l'équipe, sans aucune hésitation. Dans un empire censé durer plus de 1000 ans pensez bien qu'ils ont beaucoup œuvré pour rattacher à tout prix leurs délires de domination à une histoire ancienne, même si cette dernière n'était qu'œuvre romanesque explique Stéphane François dans son excellent ouvrage (ici à gauche, on peut lire aussi ceci du même auteur). C'était pour eux indispensable de s'inventer une lignée afin de donner du corps à leurs placement dans un continu historique. Mais ils n'ont pas fait que cela, hélas, ces adorateurs nazis du mysticisme, prêts à réécrire l'histoire, ce que leurs admirateurs actuels ne cessent de faire. Le plus grand partisan du soucoupisme nazi et des pseudo bases antarctiques est un négationniste notoire : Ernst Zundël, et on aurait tort de l'oublier. Juste de quoi dissimuler ceci, chez lui : "à la demande de Himmler en 1942, l'Ahnenerbe a procédé à des expérimentations médicales dans des camps de concentration sur des prisonniers, notamment à Dachau et à Natzweiler-Struthof. Condamné pour crimes contre l'humanité, Wolfram Sievers, le dernier directeur de l'Ahnenerbe, fut pendu en 1948, après le procès des médecins à Nuremberg" nous rappelle fort justement Wikipedia. Car c'est à ça aussi que mènent certains délires, hélas, si on n'en dénonce pas très vite les dérives ou les résurgences malsaines.
(*) ils ont en commun un autre auteur, qui signe Radu Cinamar.... alors que derrière ce pseudo se cache très certainement un écrivain bien connu, Paul Corut, écrivain roumain fort prolixe, puisqu'il en est à plus de 125 ouvrages parus depuis 1992, mêlant de tout, ésotérisme, parapsychologie, science-fiction ou le contre-espionnage avec sa série Octagon (il est parfois présenté comme le James Bond roumain !).
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