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Accueil du site > Tribune Libre > Les têtes de pioche de l’idéologie

Les têtes de pioche de l’idéologie

On pourrait croire naïvement que l'apprentissage de la vie suit toujours le même schéma, l'être humain agit suivant ce qu'il sait déjà, fait des erreurs, reçoit une sanction plus ou moins douloureuse et modifie son comportement pour s'adapter à la réalité. En réalité, ce n'est pas vrai pour tout le monde car il existe une catégorie de personnes qui ont l'apanage de faire porter sur les autres le fardeau de leurs erreurs de jugement, ils peuvent donc persister à jouer un rôle néfaste sans être inquiétés outre mesure, ce sont les têtes de pioche de l'idéologie.

Comment cela est-il possible, me direz-vous. La réponse est simple et réside dans la loi des nombres, si quelqu'un réussit à attirer une foule importante de sympathisants avec des promesses basées sur les frustrations des gens (et il y en toujours beaucoup), il arrive un moment que par effet boule de neige, il devienne impossible de remettre en cause les fondements idéologique du mouvement qui est alors trop gros pour faillir (too big to fail).

C'est ainsi que le parti EELV mené par Duflot a la prétention d'influer sur la gestion du pays, alors qu'elle est à l'origine de l'une des lois les plus désastreuses sur l'immobilier, bloquant les ventes et dissuadant les locations. De même, les frondeurs de gauche et autre partis mélanchoniens, devant l'incapacité pourtant prévisible du gouvernement à remettre l'économie en état de marche, préconisent d'appliquer encore davantage le type de mesures responsable du défaut d'investissements et de la perte d'emplois, c'est-à-dire augmenter les salaires et l'assistanat en taxant encore plus entreprises et particuliers. Il ne leur est même pas venu à l'idée que si Hollande avait rebroussé chemin dans son intention initiale de taxer tous azimuts, c'est qu'il s'était heurté au mur de la réalité que lui ont rappelé aimablement les instances bruxelloises et tous ceux qui votent avec leurs pieds pour travailler sous des cieux plus cléments.

On se demande combien il faudra d'églises détruites et d'assassinats de toutes sortes pour que Hollande ose appeler un chat un chat et un chrétien un chrétien dans ses communiqués. Après le massacre des coptes en Libye, il a simplement parlé de ressortissants égyptiens, sauf que ce n'est pas en tant qu' égyptiens que les meurtres ont été commis mais en tant que chrétiens. Pour la tuerie de l'université de Ganassa, il s'est fendu d'un communiqué de cinq lignes dans lequel il évoque uniquement des jeunes. Mais ce qu'il occulte complètement, c'est que les « jeunes » musulmans ont été épargnés et les autres froidement tués. J'imagine qu'à l'époque où les juifs étaient pourchassés en tant que tel, il aurait parlé de ressortissants allemands, ou quelque chose d'analogue. Être laïc n'est pas être anti-chrétien, et ce n'est non plus favoriser une religion au détriment d'une autre en souhaitant de bonnes fêtes aux uns et pas aux autres, par exemple. Cet esprit de revanche idéologique est d'autant plus dangereux qu'il est au sommet de l'état.

Les syndicats des professions ultra protégées en sont un autre exemple. Ils prennent cyniquement en otage la population des salariés par des grèves à répétitions où ils ne risquent absolument rien. S'il est tout à fait normal que les travailleurs en situation précaire ou trop exploités utilisent la grève en dernier ressort, dans de nombreuses situations où les syndicats font la pluie et le beau temps dans l'entreprise, ayant pour certains le monopole de l'embauche comme c'est le cas avec les ouvriers du livre, ce type de grèves est un abus de pouvoir. Chacun peut constater que plus la statut est favorable au salarié, plus les grèves sont nombreuses, comme avec les contrôleurs du ciel, Radio France, j'en passe et des meilleurs. Bien entendu, ils ne se privent pas d'appeler leurs adhérents à voter pour tel ou untel, au mépris des statuts qu'ils sont censés respecter. Dans certains cas, comme la SNCM, ils préfèrent voir couler leur entreprise plutôt qu'abandonner leur idéologie.

L'éducation nationale ne s'est jamais remise du bouleversement qu'elle a connu en 68, elle a sombré graduellement dans le chaos malgré les innombrables tentatives de réformes qui n'ont été que des cautères sur une jambe de bois. La raison est pourtant extrêmement simple, nul ne peut apprendre valablement quelque chose d'une personne dont il n'admet l'autorité ou qu'il ne respecte pas. Les adultes le savent instinctivement et que ce soient des cours de musique ou de danse, il n'y a pas la moindre contestation, pas plus que dans le sport de haut niveau d'ailleurs. Mais l'évolution enclenchée à cette époque a mené à une opposition de plus en plus forte de la part des élèves et des parents. Les gouvernements successifs, considérant que les parents étaient des électeurs, les ont caressés dans le sens du poil en leur donnant davantage de droits, jetant la suspicion sur les enseignants et détruisant complètement un climat fragile. On vit fleurir alors des slogans tels que « l'élève au centre de l'enseignement », puis une flopée de pédagogues vint appuyer ces idées, ils sont encore aux commandes aujourd'hui, refusant obstinément de reconnaître l'impasse dans laquelle est notre école.

Aujourd'hui plus que jamais, l'antique citation est d'actualité : «  errare humanum est, perseverare diabolicum ».


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9 réactions à cet article    



    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 11 avril 2015 18:35

      @P-Troll
      Je ne crois pas qu’il s’agisse de la même catégorie. La tête de pioche idéologue ne cherche pas consciemment à manipuler les autres, il a ce qu’on appelle la foi du charbonnier. Ses préjugés ont été acquis depuis sa tendre enfance dans un cocon favorable et il n’a jamais fait aucun effort pour les mettre en doute.
      Devenu adulte, il est aussi impossible de le faire changer d’opinion que de tourner sa tête à 180 degrés, çà le tuerait.


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 avril 2015 19:39

      "On se demande combien il faudra d’églises détruites et d’assassinats de toutes sortes pour que Hollande ose appeler un chat un chat et un chrétien un chrétien dans ses communiqués.« 

      à l’auteur,
      L’islam étant une religion »d’amour et de paix« , il est totalement impossible que des musulmans puissent être responsables ici ou là d’exactions visant des individus qui se réclameraient d’autres religions. C’est une impossibilité logique absolue.
      Ainsi, Arnaud Klarsfeld qui ne devait pas avoir vraiment compris cela se trouve actuellement visé par une plainte pour avoir déclaré : »Non la France n’est pas antisémite, il y a le noyau dur de l’extrême droite qui l’est vigoureusement, une partie de l’ultra gauche et les islamistes et une partie des jeunes de banlieue« .
      On se demande bien comment des »jeunes de banlieue« confessant une »religion de paix et d’amour« pourraient un jour devenir antisémites ou antichrétiens, surtout après les très belles manifestations de cet été à Barbès ou à Sarcelles  ! Si cela s’était déjà vu, il est évident que le magistrat chargé d’instruire la plainte aurait immédiatement classé l’affaire. Mais cela, Dieu merci, ne s’est encore jamais vu.
      Contrairement aux apparences, Les Mehra, les Kouachi, les Coulibaly n’étaient pas plus musulmans que le Calife Abou Bark el-Baghdadi ou Khamenei, le Führer de la république islamique d’Iran. Les »vrais« musulmans, c’est des gens comme vous ou moi, tout à fait pacifiques, qui bouffent n’importe quoi et même du cochon, boivent à l’occasion un coup de pinard, se soucient à peu près autant des rites religieux que de leur premier ordinateur et n’exigent pas de leur compagne qu’elle se déguise en sac à patates. Au reste, il est à noter que la plupart de ces »bons musulmans", très soucieux de paix et d’amour du prochain se définissent plutôt comme étant des chrétiens, des juifs, des bouddhistes ou, comme moi qui le suis autant qu’on peut l’être : des athées. Ces gens-là s’entendent très bien ensemble malgré leurs petits désaccords, ne sont dangereux ni pour eux-mêmes ni pour les autres. Notre Président de la république a donc tout à fait raison : il n’y a pas lieu de s’inquiéter.


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 12 avril 2015 09:53

        @Christian Labrune
        « Les Mehra, les Kouachi, les Coulibaly n’étaient pas plus musulmans que le Calife Abou Bark el-Baghdadi ou Khamenei »

        Des adorateurs du boudin sacré, peut-être ?

        « Les »vrais« musulmans, c’est des gens comme vous ou moi »

        Vous peut-être, mais sûrement pas moi.

        « la plupart de ces »bons musulmans », très soucieux de paix et d’amour du prochain se définissent plutôt comme étant des chrétiens, des juifs, des bouddhistes ...’

        Les boulons partent dans tous les sens, là, le mal de tête me gagne.


      • Christian Labrune Christian Labrune 12 avril 2015 12:58

        @Gilles Mérivac
        Mon intervention était ironique. Si j’avais eu un peu plus de temps, je l’aurais améliorée, de sorte qu’on n’ait pas à s’interroger pour savoir si c’est du lard ou du cochon.
        Je souscris bien évidemment à votre propos. J’en suis au point de penser que le problème est tout à fait insoluble. Un islam « modéré », ça ne peut évidemment pas exister parce que le Coran est tout sauf un texte « de paix et d’amour » - mais qui l’a lu ? C’est donc à prendre ou à laisser : si on est musulman, il faut nécessairement vouloir que ça saigne. J’espérais il y a encore quelques mois une sorte d’aggiornamento de l’islam de France. Les autres religions ont pu être assez violentes, elles ne le sont plus : leurs textes fondateurs, écrits par des hommes, étaient susceptibles d’être commentés et interprétés, adaptés à la sensibilité d’un monde plus civilisé. Le Coran, c’est la parole de Dieu, elle ne peut donc être ni invalidée ni améliorée, et les versets dits « abrogés » sont en général les moins violents. Le véritable islam, du reste, force est de le reconnaître, c’est celui des Frères ou des salafistes. Ils veulent la peau des musulmans tièdes, des minorités ou des chiites et ils veulent aussi la nôtre. En ce moment, ils s’entretuent au Moyen-Orient mais ils ne désespèrent pas de pouvoir étendre rapidement leur empire calamiteux. La menace d’un Iran armé bientôt de sa bombe atomique est encore infiniment plus préoccupante. Il serait tout à fait urgent de regarder les choses en face, mais la politique de l’autruche prévaut encore, comme s’il n’était pas possible de savoir dès maintenant à quoi il faut s’attendre, c’est-à-dire au pire.


      • Christian Labrune Christian Labrune 13 avril 2015 11:42

        @OMAR
        Je parlais du pire. eh bien le pire, sur ce forum, n’aura guère tardé à montrer le bout de son nez.

        Ne pas être résolument ennemi de l’islam aujourd’hui, qui massacre en masse les musulmans d’autres obédiences, massacre les chrétiens d’Orient et les Yézidis, assassine lâchement dans les rues de Paris et d’autres villes, ce serait être aussi lâche et crapuleux que ces fanatiques obscurantistes, ennemis de la civilisation comme d’eux-mêmes.
        On pouvait penser l’année dernière qu’il fallait distinguer entre musulmans et islamistes. Je m’étais même fendu sur ce site d’un article pour rendre hommage à un texte du CFCM à propos du vivre-ensemble. Je pensais qu’un aggiornamento de l’islam de France était peut-être possible. Les faits m’ont donné tort. Il y avait des musulmans dans la rue après le massacre à Charlie Hebdo, j’en ai vu, mais ils étaient en très petit nombre, et Boubakeur, la semaine passée, par une ignoble provocation, souhaitait qu’on multipliât par deux le nombre des mosquées en France, c’est-à-dire qu’on favorisât encore un peu mieux l’endoctrinement des futurs assassins.
        Il est vrai que quand on se réclame du Prophète pour assassiner, ce sont les musulmans qui sont « les premières victimes » ! Combien de musulmans massacrés en France par des fanatiques ces dernières années ? Ces sortes de sophismes ont quelque chose de particulièrement odieux.
        L’islam est la dernière des religions « du Livre » ; ce sera en revanche la première à disparaître assez vite, dans les vingt ans qui viennent. Elle laissera dans l’histoire le même souvenir qu’un nazisme dont elle s’inspire et dont elle partage les ambitions hégémoniques et génocidaires.
         


      • bourrico6 13 avril 2015 11:54

        @Christian Labrune

        Elle laissera dans l’histoire le même souvenir qu’un nazisme dont elle s’inspire et dont elle partage les ambitions hégémoniques et génocidaires.

        Ca reste à voir, le christianisme s’est propagé par l’épée, il est pourtant toujours présent.


      • Christian Labrune Christian Labrune 14 avril 2015 00:39

        @bourrico6
        Quand les ânes se mettent à parler, que peuvent-ils bien dire ?


      • adeline 15 avril 2015 20:03

        @Christian Labrune
        tient en vla une belle de tête de pioche....

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