Mittal en Algérie : impair et passe !
L’on n’en a que fort peu parlé en France, mais l’Algérie contrairement à nos dirigeants, a décidé de prendre le taureau par les cornes : le complexe sidérurgique d’El Hadjar à Annaba possédé par Arcelor-Mittal va être nationalisé !
L’on n’en a que fort peu parlé en France, mais l’Algérie contrairement à nos dirigeants, a décidé de prendre le taureau par les cornes : le complexe sidérurgique d’El Hadjar à Annaba possédé par Arcelor-Mittal va être nationalisé !
Cette décision se comprend pleinement du point de vue algérien, cette entreprise avait été privatisée en 2001, afin de la rendre plus compétitive. A l’époque 70 % avait été vendu à Ispat, devenue ultérieurement Mittal, l’état conservant 30 % des parts.
Mais voila, son rachat par Mittal s’est traduit par des licenciements (il ne reste plus que 5600 salariés sur 11 200), une baisse des investissements et par une stagnation de la production alors que les besoins du pays vont croissant, notamment pour la construction. L’Algérie ne couvre plus que 20 % de ses besoins, le site ne fabriquant que 600 000 tonnes par an (sur les 700 000 tonnes prévus).
Il s’agit donc pour ce pays de reprendre le contrôle d’un secteur stratégique que la privatisation était censé « booster » et qui en définitive stagne.
Le pays a donc fait un choix opposé au nôtre : revivifier l’entreprise. Un premier plan d’aide a été mené qui visait à soutenir Mittal (comme ce qui a déjà été fait en France et dans d’autres pays). Mais ce plan de 140 millions d’euros, destiné à augmenter les capacités de production et à moderniser le site, s’est traduit par un échec, Mittal n’ayant guère tenu ses promesses, comme ce fut déjà le cas en France.
Alors l’Etat Algérien a décidé de devenir majoritaire dans le capital en remontant à 51 % des parts. Et il a lancé un vaste plan d’investissement, de plus de 500 millions d’euros, pour faire monter la production jusqu’à 2,2 millions de tonnes en 2017.
Ainsi, le pays contrairement à d’autres (dont la France), n’a pas cédé au chantage du géant de l’acier et a décidé de faire prévaloir ses intérêts nationaux sur celui des intérêts financiers à court terme de cette entreprise.
Mittal en rachetant Arcelor en France, ne souhaitait que prendre le contrôle de notre savoir-faire et de nos technologies de pointe (notamment dans les aciers spéciaux). Il était évident dès le départ (voir article : http://www.christophebugeau.fr/index.php?year=2012&month=6) que cette entreprise ne tiendrait pas ses promesses et chercherait dans un deuxième temps à fermer ses capacités de production dans notre pays pour les délocaliser dans des pays à bas coût de production.
Il est donc tout aussi impératif pour la France de faire prévaloir ses intérêts à long terme en empêchant d’autres fermetures d’usines et en reprenant la majorité des parts de l’entreprise afin de redonner à notre pays le contrôle de son industrie sidérurgique.
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