Pendant les fêtes, les ventes continuent (4) !
Vous l’avez noté, un nom est souvent revenu le long de notre enquête sur l’Il-76 saisi à Bangkok : c’est celui de l’aérodrome de Sharjah, qui semble bien avoir servi de plaque tournante à de nombreux vols douteux ou de siège à des entreprises à la réputation tout aussi contestable. Or Sharjah, une zone franche (ou aucune droit de douane ne s’exerce) est situé aux Emirats Arabes Unis. C’est à la fois une ville... et à lui tout seul un de ces fameux émirats, justement ! Un émirat englué dans une morale d’un autre âge. C’est en effet un de ces émirats où l’on ne transige pas avec certaines choses : l’alcool, par exemple y est toujours banni. C’est une charia stricte qui y règne. Avec des variantes familiales étonnantes de cruauté (*1). Ça, c’est pour la façade. En réalité, derrière les bureaux réfrigérés et les vitres teintées des 4x4, il s’en passe de belles. On s’en doutait, mais une enquête datant de cet été signée Bill Warner nous a éclairé sur ce qui s’y passe réellement. Bill Warner est un vieil habitué ici : c’est ce détective privé qui avait averti l’ineffable Atlas Schrugs de l’attentat parisien qui avait frappé le domicile de l’avocat Olivier Brane. Et ce qu’il nous apprend aujourd’hui est lourd de sens. A Sharjah, selon lui, il n’y a pas que les armes, mais aussi de la drogue qui circule, le tout englobé dans les affaires familiales de la famille régnante, qui squatte tous les titres et tous les honneurs. Et conduit le pays au gouffre. A vrai dire, ce n’est pas la première fois, mais tout le monde a déjà oublié l’épisode bancaire précédent... les gens ont véritablement la mémoire trop courte.

Si à l’époque on avait focalisé sur les pertes abyssales on avait un peu trop peu été attentif au fonctionnement proprement de la Banque et d’où provenaient ses profits. Mazur avait surtout fait la démonstration que la BCCI était en relation étroite avec le Cartel de Medellin, pour le blanchiment de la drogue. Le scandale fut retentissant, et c’en était alors fini de la BBCI et de son incroyable fonctionnement ! En épluchant ses comptes, on trouvera dans la Banque au développement fulgurant toute la crème de la dictature du moment : Saddam Hussein, Manuel Noriega, Hussain Mohammad Ershad et Samuel Doe, mais également le Cartel de Medellin et même Abou Nidal. Elle les avait attiré comme un aimant ! Et il y a pire encore : "La CIA a également travaillé avec la BCCI pour armer et financer les moudjahidines afghans au cours de la de guerre afghan contre l’Union soviétique, en utilisant la BCCI pour blanchir le produit de trafic d’héroïne cultivé dans les régions frontalières du Pakistan-Afghanistan, en stimulant le flux de stupéfiants à des marchés européens et américains." Financer les moudjahidines, parmi lesquels... Ben Laden, à l’époque considéré comme tel et nourri et blanchi et entraîné par les américains ! Ses troupes étant payées par la revente de l’opium : maintenant vous comprenez peut être mieux pourquoi on a jamais cherché à l’éradiquer, cet opium si lucratif, en Afghanistan !
La BCCI avait également dans son conseil d’administration une partie de la CIA et du beau linge des services secrets saoudiens : " Deux anciens directeurs de la CIA, Richard Helms et William Casey, ont travaillé à la BCCI, ainsi que deux prestigieux agents d’influence de la CIA, Adnan Khashoggi et Manucher Ghobanifar (les principaux traders de l’Irangate). Sans parler de Kamal Adham (beau-frère du roi Fayçal et chef des services secrets saoudiens jusqu’en 1977), du prince Turki al-Fayçal al-Saud (chef des services secrets saoudiens de 1977 à août 2001) et d’Abdul Raouf Khalil (directeur adjoint des services secrets saoudiens) (*2)." Difficile en ce cas de croire que tous ses gens, en 2001 ignoraient qui était Ben Laden... et où il se cachait.
Une BBCI en fait étroitement liée au pouvoir koweitien et américain : "Un an avant sa banqueroute, la BCCI servit à monter une vaste opération d’enrichissement illicite de George Bush Jr, alors directeur d’une petite société pétrolière, Harken Energy Corporation. Harken emporta les concessions pétrolières du Bahrein, comme rétrocommission des contrats américano-koweïtiens négociés par le président George Bush père. Khaled Ben Mahfouz (le Directeur opérationnel de la BCCI), était actionnaire d’Harken à hauteur de 11,5 %. Ses actions étaient " portées " par l’un de ses fondés de pouvoir, Abdullah Taha Bakhsh. Tandis que l’un des frères d’Oussama Ben Laden, Salem, était représenté au conseil d’administration d’Harken par son fondé de pouvoir américain, James R. Bath. Tenu pour solidairement responsable de la faillite de la BCCI, Khaled Ben Mahfouz fut inculpé aux États-Unis, en 1992. Il parvint à faire lever les charges à son encontre, en 1995, à l’issue d’une transaction avec les créanciers de la banque d’un montant de 245 millions de dollars". Bref, on reste entre personnes connues.
Or le même sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, véritablement omniprésent, détenait aussi des firmes d’aviation, et pas n’importe lesquelles : notamment Flying Dolphin (qui se rebaptisera Dolphin Air) et Santa Cruz Imperial Airlines, deux sociétés gérées par Victor Bout et son associé, Sanjivan Ruprah, qui détenait aussi Air Cess, la société aux Il-18 visibles régulièrement en Centre Afrique (et à Sharjah). Les deux sociétés ayant plongé avec la BCCI furent rachetées par l’Arabian Devt Trading and Construction, une société elle aussi détenue par... Bin Zayed. On ne sortait pas du même propriétaire. Et de la même association avec Victor Bout !
il n’y a pas eu que des armes visiblement dans les soutes des Antonov de Bout nous dit aujourd’hui Bill Warner : il y a avait aussi de la drogue, autant nécessaire à Ben Laden pour financer ses projets qu’à la CIA pour réaliser les siens. Celui qui se trouvait aussi à la BCCI. L’argent sale de la drogue de Ben Laden était "nettoyé" par un chef de guerre somalien, Al-Barakaat , à la tête d’une banque islamique, la Ahmed Nur Ali Jim’ale portant le nom de son fondateur, fonctionnant sous le principe de la hawala, déjà décrite ici : le système idéal pour ne pas avoir de preuve papier des transactions. Pour le blanchiment, rien de tel. Pour le secrétaire d’Etat au trésor de Bush, Paul O’Neill Al-Barakaat était bien un des "financiers de la terreur". Pour une fois, cela n’avait rien d’exagéré. La banque Ahmed Nur Ali Jim’ale étant elle aussi détenue par... Abdullah bin Zayed Al Nahyan (*3) !
L’intermédiaire de Ben Laden était le fondateur d’Al Shabaab, le Sheik Hassan al Turki, c’est lui qui gérait l’argent du groupe de Ben laden, un membre du clan somalien des Ogaden. L’argent transitait par la Norvège, l’Angleterre et les Etats-Unis via des montages assez complexes pour éviter les investigations des douanes. L’homme était aussi à la tête du mouvement Al-Itihaad Al-Islamiya (AIAI). Son groupe est à l’origine en 1993 de la capture du BlackHawk de Mogadiscio et du sort réservé à ses pilotes et aux troupes spéciales (18 soldats d’élite US avaient péri, une des plus cuisantes défaites US de l’après Viet-Nam, un vrai traumatisme !) En 1998, il aurait également été impliqué dans l’attentat des ambassades US à Nairobi et à Dar es Salaam qui feront 224 morts au total (*4).
Au début des années 90, ce sont les avions de Santa Cruz qui apporteront les armes aux rebelles de l’UNITA, en Angola, en majorité en provenance de Bulgarie (*5), et en 1996, ce sont les Talibans qui vont faire appel à la société de Victor Bout, à peine un mois après la prise du contrôle du pays, juste au départ des russes. Deux russes, nous dit Warner, discuteront des heures avec les talibans dans un hôtel près de l’aéroport de Sharjah pour obtenir le contrat de livraison des troupes talibanes à l’aide des vieux Antonov An-8, An-12 et autres Ilyushin à turbopropulseurs de Victor Bout , sous le nom de AirCess et de Flyin Dolphin (quand la firme Ariana prévue au départ devint interdite de vol). Selon plusieurs témoignages, de 2000 à 2001, un vieux Boeing 727 faisait la navette deux fois par semaine de Sharjah à Kandahar, fief des talibans. Cinq appareils seront même au final vendus aux talibans pour assurer encore davantage les approvisionnements. Les 737 de Dolphin Air (ex Flyin Dolphin) (tel le A6-ZYC) ont été depuis interdits de vol par l’aviation civile en 2005 pour non respect des normes de sécurité.
A Sharjah, aujourd’hui encore, on est pas trop regardant, semble-t-il, et les avions poubelles circulent sans vergogne. Et s’écrasent aussi, parfois, comme en 2009 encore avec un vieux Boeing 707 d’Azza Transport, qui s’est écrasé le 25 octobre dernier après avoir carrément perdu en vol un bon morceau de sa structure de fuselage. L’avion volait depuis 1969, où il avait été délivré à la Lufhansa. L’appareil vétuste était devenu ensuite successivement Condor, United Arab Emirates (A6-DPA), Sudan Airways (ST-AKW), Trans Arabian Air Transport et Ibis Air Transport (P4-AKW)... Ibis était une société de Sierra Leone dirigée par des angolais... détentrice (*6) en même temps de deux hélicoptères MI-17 de transport, deux Hind M24 gunships, deux jets et plusieurs Boeing 727... ainsi qu’un DC-9 ( 5Y-AXF), utilisé par les mercenaires de Strategic Resource Corp, Executive Outcomes ou Sandline International. Ibis Air, un énième nom des sociétés de Victor et Sergueï Bout ! Décidément !
A Bagdad, à l’aéroport d’Al-Muthanna, celui utilisé par l’armée américaine et la coalition, on pouvait voir régulièrement les vieux 727 d’ African Express. Les 5Y-AXB, N° de série 19565, et le 5Y-AXE, N° de série 21611. Ce dernier loué à Ishtar Airlines, qui louait aussi le 737, A6-ZYC, N° série 22679. Le 5Y-AXE était d’origine espagnole (Ibéria) et avait été décoré d’un étrange logo jordanien d’HA Airlines, devenu Star Air en 2004, société dont le siège est à Damas et Bahrain. Son dirigeant n’est pas une surprise : c’est Paddy McKay, le fondateur d’Air Leone, firme de Guinée Equatoriale après avoir été installée à Freetown, pour y être interdite fin 2004... l’homme, un nationaliste anglais d’extrême droite, est soupçonné depuis longtemps d’être lui aussi un trafiquant d’armes aux multiples casquettes. C’est lui qui achétera de vieux Mi-8 civlls pour en faire des hélicoptères de guerre. Très lié aux mercenaires d’Executives Outcomes, les pilotes de Mil Hind-24... de Sierra Leone : ce monde de vendeurs d’armes est décidément bien étroit !
Ishtar possède deux autres 737, achetés à Phoenix Aviation, la firme du Kyrgyzstan gérée par un américain ancien des forces spéciales, Richard Chichakli, et second associé... de Victor Bout. Phoenix Aviation ausi connue sous le nom Phoenix Avia. Là encore un société à risques :"basée à Sharjah Phoenix Avia aurait été « réorganisée en 2002 comme filiale dePhoenix Avia Gulf Ltd., proposant des services de location aux compagnies africaines [...] Elle dispose de cinq avions. Jusqu’au 28 mars 2006, elle en disposait de six. Quelques minutes après son décollage de Téhéran, son Antonov 12BK (EK-46741) tente un atterrissage d’urgence, et s’embrase. Pas moins de trois de ses moteurs étaient tombés en panne". Phoenix Avia, ou Aviation, rebaptisée sous le nom d’Aero Asia et ses avions numérotés 22632 et 21960, connus sous les intitulés EX-632 et EX-006. Un troisième 737 (N° 21926 et codé A6-ZYA), étant loué à Cameroon Airlines...déjà cité ici également. Ishtar détient aussi un vieil 707, A6-ZYD (N° 20718), et un autre 737-200, A6-ZYB, N°21928. L’avion sera loué à Iraqi Airways, première société de transport du nouveau gouvernement irakien, et sera vu à Kaboul à plusieurs reprises. L’avion avait fait partie un temps d’Air Britain, en 2001, une société... de Victor Bout. En 2003, il était devenu.... Santa Cruz Airlines ! Et redevenu Flyin Dolphin dès 2004 ! On le voit, le jonglage entre noms de sociétés et numéros d’avions a toujours existé, au gré de l’avancée des enquêtes sur les trafics supposés !
La preuve par l’exemple, de ce jonglage perpétuel, selon Arnaud Labrousse toujours ; "Phoenix Aviation, elle, est le Phoenix toujours taxé de Bout pur jus. Elle aurait importé de la cocaïne et de l’héroïne en Angleterre en 1993, et envoyé armes et munitions aux rebelles yéménites et angolais en 1994. Depuis lors, ses gros-porteurs ont été loués à la KAM Air du seigneur de la guerre afghan Abdul Rashid Dostum. Ils ont également fait surface dans la flotte de Santa Cruz Imperial, écran de fumée que Bout gérait avec un des chouchous des milices du bois libérien Sanjivan Ruprah. En août 2003, un trafic d’armes Téhéran-Taylor est assuré par un Boeing utilisant le code ICAO d’une petite affaire, Astral Aviation, qui par hasard compte un appareil Phoenix dans son hangar." Bout va faire fortune très vite car la demande est forte en effet.
A l’origine de la création de la fortune de Bout, n’oublions pas non plus, il y a le poulet congelé... "Toujours en 1997, Bout monte une base dans un camp d’aviation abandonné à Pieterburg, en Afrique du Sud. Il construit une usine réfrigérante pour surgeler des poulets : un poulet surgelé coûte un dollar au kilo en Afrique du Sud et 10 dollars au Nigeria. Et c’est tout un tourbillon de compagnies : en août 1997 est créée Air Cess Swaziland qui fusionne avec un consortium local, Air Pass. En 1998 est enregistrée en Guinée Equatoriale Cessavia, pendant que naît en République Centrafricaine Central African Airways. Toujours en 1998 apparaît à Alma Ata, au Kazakhstan la Irbis, une compagnie cargo qui n’a pas d’avions mais utilise seulement des transporteurs de Air Cess. Il y a ensuite Transavia Travel Cargo, Santa Cruz Imperial, Flying Dolphin, San Air General Trading"... bref une myriade de sociétés, dont la fameuse... Santa Cruz..
Parmi les avions de Santa Cruz, on trouve également un de nos fameux Iyushin Il-76. Le numéro RA-76783, ancien des Airlines Atlant Soyuz. (vu ici au décollage à Budapest). On le croisera partout, celui-là, jusque Marseille (le 29 mai 2007). Il fera aussi dans l’humanitaire : en 2005, on le verra à Manston pour un vol au nom d’Oxfam destiné au Soudan. On le verra aussi à Mumbai fin novembre 2007 (tiens tiens....). Le cas de Sky Georgia qui nous intéresse aujourd’hui le concerne aussi, car l’avion dont on parle aujourd’hui en Thaïlande, en fait partie. Au départ Sky Georgia c’est une société nationale, la Georgian National Airlines, investie et rachetée par un groupe privé américain, Sky Group, où l’on trouve un étrange amalgame d’investisseurs, dont beaucoup d’indiens (lire la case "associates" ici). Avant de de devenir GNA, elle s’intitulait Air Bisec. Le 6 novembre dernier, elle ajoutait discrètement à son inventaire un ex-Gomelavia, un Ilyushin Il-76TD intitulé 4L-SKY. Devenue par un autre tour de passe-passe East Wings, en raison de l’interdiction de vol de Sky, la société géorgienne continuera ses vols et ses liens avec l’armée américaine, et enverra par exemple cet avion sur la base de l’USAF de Manheim, où il sera photographié en 2005. C’est bel et bien en effet le fameux RA-76783 de Santa Cruz Airlines ! L’ex Aviacion Zitotrans de 1998 !
Mieux encore : peu d’observateurs ont repéré un détail saisissant dans le cas de l’Il-76 stoppé en Thaïlande depuis le 12 décembre. Son ingénieur de vol, Mikhail Petukhov, au chômage depuis 6 mois (*7), qui affirme ne pas savoir ce que l’avion transportait (à d’autres !) n’est autre que l’ancien copain de chambrée de Victor Bout, au temps où ils étaient tous deux militaires au 339 eme bataillon du régiment de transport soviétique de Vitebsk où ils avaient été incorporés ! Difficile de faire moins impliqué !
En novembre, la firme Sky Georgia rebaptisée East Wings censée n’avoir que deux DC-9-50 dans sa flotte louait un deuxième Il-76 a la société ukrainienne SP Transport Limited, dont le siège est au Vanuatu, on l’a vu dans l’épisode précédent (pas d’impôts !). C’est celui qui a été saisi en Thaïlande... avec à bord les missiles décrits. L’appareil n’est autre que l’ancien Air Pass/Air Cess du Swaziland, enregistré 3D-RTA, le Centrafricain Airlines siglé TL-ACY, et le GST Aero enregistré UN-76007, visiteur parfois de Vatry, lui aussi : du Victor Bout, de à à z, bénéficiant de la protection bienveillante, à Sharjah, d’Abdullah bin Zayed Al Nahyan... l’avion aux missiles saisi en Thaïlande, qui avait refait de l’essence à Gostomel en Ukraine (près de Kiev, et où avaient dû être chargés les missiles) le 8 décembre, avait décollé initialement de... Sharjah.
Au final, une constatation s’impose : si l’on a cité Tomislav Damnjanovic, tous les liens existants, matériels et humains, reportent sur l’incontournable Victor Bout. Dont on a oublié,à vrai dire, le frère aîné Sergueï, qui, visiblement gère très bien la flotte de son frère emprisonné, Damnjanovic, lui servant de chaperon ou de prête-nom. Une flotte qui a toujours pour base Sharjah, et dont certains avions sont gérés par un groupe américain d’investissements. Un véritable paradis... pour faire circuler des armes en toute impunité. En ce sens, la saisie de l’appareil géorgien en Thaïlande peut paraître une belle fumisterie, et ressemble davantage à des accords politiques passés entre nations qu’à une réelle volonté de s’attaquer au commerce des armes légères dans le monde. Si on voulait sérieusement le faire, il faudrait en premier lieu... fermer Sharjah.
(1) Le cas du propre frère du Président est assez révélateur : Issa bin Zayed Al Nahyan, impliqué dans une sombre histoire de torture sur individu, filmée en 2005 et diffusée sur ABC News en 2009. Le marchand de grain Mohammed Shah Poor avait subi des sévices innommables de la part du Sheikh, au prétexte de ne pas avoir respecté un contrat passé avec lui. Son agression avait été filmée. Au final, le sheikh avait roulé sur le corps de l’infortuné avec son SUV Mercedes (du bon usage des 4x4 de la région ?).Une façon de se comporter moyenâgeuse révélant une sauvagerie évidente...
(2) “BCCI did dirty work for every major terrorist service in the world,” said Jack Blum, a Washington money-laundering expert who was a counsel to the U.S. Senate committee that investigated the case. But, he added, “there’s a substantial amount that wasn’t learned” from the experience. The emirates focused in BCCI’s aftermath on preventing bank fraud, not on the way banks get used by criminal organizations, Blum said."
(3) "Terrorists used a Somali warlord’s Al-Barakaat money exchange, Ahmed Nur Ali Jim’ale, an Islamic bank once headed by the emirates’ finance minister and currency houses that touted their ability to wire $1 million abroad overnight. Sharjah UAE is the hub for Al-Qaeda Heroin smuggling, which finances bin-Laden."
(4) "In 1993, AIAI members were suspected to be behind the killing of eighteen elite U.S. rangers in the Somalian capital of Mogadishu (Black Hawk Down). The AIAI members allegedly gunned down two U.S. helicopters, which claimed the lives of many American soldiers. The U.S. Department of State has also accused the AIAI of a past history of participating in insurgent-style attacks against Ethiopian forces as well as other Somali factions." "Al-Shabaab “Money Man” Sheikh Hassan al-Turki Runs the “Al-Barakaat Hawala” Money Transfers from Norway, UK & USA to Somalia in Support of Terrorism. Sheik Hassan Abdullah Hersi al-Turki, Al-Shabaab leader — on U.S. and U.N. lists of al Qaeda associates. From the Ogaden clan, reported to be active in Southern Somalia, lower Juba near Kismayo. Hassan al-Turki is part of the Al-Itihaad Al-Islamiya (AIAI) leadership and is a leader of Al-Shabaab.
(5) "The main transporter denounced firstly by the Panel of Experts and subsequently by the Monitoring Mechanism is Victor Bout, and his aviation companies Air Cess, Air Pass, Cessavia, IRBIS, and Central African Airways. Another company involved in the Air Cess network is Santa Cruz Imperial, a subsidiary of Flying Dolphin. Bout also owns Air Cess Incorporated, registered in Miami. The report states that amongst the associates of Bout is a British national, Michael Harridine, of the Kent-based Aircraft Registration Bureau."
(6) "In Sierra Leone, for example, Executive Outcomes’s own personnel averaged around 150, only touching 300 for a few months at the height of the fighting. The company’s ground forces are predominantly Angolan, the officers mainly white South Africans. This core is supported by an impressive range of equipment. For example, Ibis Air, an associate company, has two MI-17 helicopters, two Hind M24 gunships, two jet fighters, several Boeing 727 transports together with a number of other small aircraft. For many rebel groups, Executive Outcomes represents a potent force. It amounts to the first corporate army in Africa since the nineteenth century."
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