Plaidoyer pour un PACS universel
La revendication de mariage vient de la puissante association LGBT, et il n’est pas sûr qu’elle représente la majorité des homos.
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La revendication de mariage vient de la puissante association LGBT, et il ’est pas sûr qu’elle représente la majorité des homos. On sait que de nombreux homosexuels n’envisagent pas de se marier, et ne soutiennent pas la revendication. A ma connaissance il n’y a pas de statistiques là-dessus. En cherchant sur Google des informations sur le mariage homo, je ne trouve que la politiquement correcte approbation du progrès que la société a fait en la matière. Pas une seule mise en question, pas la moindre réserve, pas le moindre doute. Cette alignement bien-pensant m’incite à faire l’avocat du diable pour écrire quelques réflexions contre.
Longtemps condamnée et persécutée, aujourd’hui l'homosexualité semble avoir gagné ses lettres de noblesse et jouit d'une acception assez générale dans les sociétés occidentales. Personne n’ose plus la critiquer, sous peine d’être accusé d’homophobie, terme corrompu en son sens étymologique, et utilisé par les militants homos comme une redoutable arme contre les dissidents. Les homos ont ainsi réussi une entrée triomphale dans la société, et ils revendiquent une indifférenciation totale entre homo- et hétérosexuels, y compris en ce qui concerne le mariage. Cela peut sembler paradoxal d'exiger le mariage, à l’heure où tout le monde veut s’en affranchir – y compris François Hollande – et que la modernité est de « s’extraire » du mariage tant décrié... Comme Brassens disait, il y a 40 ans : « Plus personne veut se marier, sauf les curés et les pédés. »
Jusque dans les années vingt le mariage a toujours été une nécessité préalable pour pouvoir fonder une famille. Vivre ensemble hors mariage était socialement désapprouvé. Ainsi, le mariage n'était jamais considéré comme un droit mais plutôt comme un devoir civique et juridique, dont le but est de protéger les enfants. De le déclarer un droit et puis de revendiquer l'égalité des droits est un raisonnement spécieux. Le mariage est une institution, et on peut se demander si la société a intérêt à institutionnaliser l'homosexualité. L’Etat, devrait-il reconnaître le couple homosexuel comme un modèle social au même titre qu’un couple "homme-femme" ?
Ne serait-il pas préférable de doter le PACS des mêmes droits socio-juridiques que le mariage, et de laisser celui-ci dans le cadre traditionnel ?
L'homme postmoderne désigne tous ce qu'il souhaite acquérir comme un droit. Il a droit au bien-être, à la santé, à la vie, au bonheur, et bien sûr, au mariage. Or, le mariage donne accès à certains droits, notamment des avantages fiscaux, mais il n'est pas en soi un droit. Le mariage n'est pas un droit mais il donne accès à la couverture sociale et médicale réciproque, transmission des biens, etc. L'Etat accorde ces avantages pour soutenir les familles. L'Etat, a-t-il intérêt a accorder les mêmes avantages aux couples homos ? L'Etat accorde des avantages aux familles non pas par générosité altruiste mais parce que c'est dans l'intérêt de l'Etat de promouvoir la procréation et la stabilité du cadre familial. Quel intérêt a l'Etat d'accorder ces mêmes avantages aux couples homos ? Deux sœurs ou deux frères qui vivent ensemble, ont-ils droit aux mêmes avantages ? Si l'on considère que les homos devraient avoir les mêmes droits, la question reste de savoir s'il est préférable d'élargir et élever le PACS au même statut que le mariage ou bien d'élargir (et banaliser) celui-ci. Si les couples homos obtiennent les mêmes avantages, tout autre couple, frères, sœurs, etc. vivant ensemble, devraient, au nom de l'égalité, les avoir aussi. Sinon, en rectifiant une situation qu'on considère injuste, on créerait d'autres injustices.
En banalisant le mariage, on le réduit à un simple contrat social, comme le PACS, et il faudrait, à ce moment, remplacer l’expression « mariage civil » par « PACS », ouvert à tous, homo comme hétéro, avec les mêmes droits qu’offre le mariage. Ce serait à l’Eglise de décider si elle accepte de marier les homos, comme certains souhaitent. Autrement dit, on pourrait fondre mariage civil et pacs dans un « contrat universel », un PACS universel, ouvert à tous. #Une telle terminologie pourrait satisfaire tout le monde et calmer le dispute que le sujet ne cesse de provoquer. En Allemagne le mariage homo est possible, mais le mot mariage n’est pas utilisé. Le terme officiel est Partnerschaft, qui est une union civile ouverte à tous et offrant les mêmes droits que le mariage, sauf l‘adoption.
Le débat sur le mariage homosexuel entraîne celui sur l'homoparentalité. Si le mariage homosexuel semble être aujourd’hui assez largement accepté, il n’en va pas de même pour l’ adoption homoparentale qui provoque encore de nombreuses objections. Le débat public oppose l’intérêt de l’enfant au droit à l’enfant dont se réclameraient les demandeurs homosexuels. Même si on imagine qu'un quelconque droit à l'enfant existe, l'intérêt de l'enfant doit prévaloir. Beaucoup considèrent qu’un couple homosexuel aurait une influence négative sur le psychisme d’un enfant. La question se pose de la stabilité d’un enfant dont les parents sortent de la "norme", et des moqueries qu’il subira certainement à l’école où dans sa vie sociale. Un enfant en bas âge (avant 10 ans) ne comprendra pas pourquoi ses copains ont comme parents un homme et une femme et lui 2 hommes ou 2 femmes. L'homoparentalité soulève des difficultés réelles renvoyant à nos conceptions de la famille et de la filiation, du développement de l’enfant et de l’orientation sexuelle. Quant au recours aux mères porteuses, il est interdit par la loi de bioéthique de 1994. La gestation pour autrui est perçue comme une commercialisation du corps humain. L’homoparentalité, qui est forcement différente pour couples hommes et couples femmes, pose de délicates questions bioéthiques.
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