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Pourquoi une critique de ce féminisme ? Précisions

Dans le feu de l’action on n’a plus assez de recul pour se rappeler les motifs et les buts d’une démarche. De plus la perception que d’autres ont de notre propre action varie selon leurs expériences et convictions personnelles, les malentendus, et les accords ou désaccords théoriques.

Dans certains cas il n’est pas important d’être compris ou non : par exemple quand on suit sa propre voie sans avoir de raison d’en référer au monde extérieur. Dans d’autre cas, les malentendus ou la perte de vue des objectifs oriente la perception dans un sens qui n’est pas celui souhaité.

Je pense donc utile de faire ici une courte synthèse de ce qui motive la critique du féminisme radical. Je passe sur les noms d’oiseaux ou les procès d’intention que l’on me fait régulièrement. C’est sans intérêt ni pertinence. Il y en a moins qu’un temps mais il y en a toujours, en particulier quand j’interviens sur des forums français où le clivage et l’agression sont le langage courant, ordinaire, presque « normal ».

Je précise ici encore une fois que le féminisme réformiste a été rendu nécessaire pour en finir avec les lois du code Napoléon qui assujettissaient les femmes au mari. Même si cela fut loin d’être pratiqué de manière générale et ne concernait en réalité qu’une fraction de la bourgeoisie aisée, ces lois n’étaient que l’expression de la misogynie crasse du dictateur. J’aime les femmes, j’aime partager avec elles, et je serais donc très mal à l’aise d’avoir à jouer le maître même si une loi me le demandait. J'écris souvent mon amour pour les femmes, ainsi que mon soutien face aux injustices qu'elles peuvent subir. Suffirait-il pour régler le problème du féminisme radical de dire que l'on aime les femmes ? Je ne le pense pas : ce serait encore suspect à leur yeux. Il faut aussi dénoncer frontalement.

Voici donc en quelques points une piqûre de rappel.


1. Le problème majeur posé par le fémrad est la dualité qu’il impose à la société : d’une part les hommes seraient des esclavagistes, des prédateurs, des violeurs, des bourreaux, des patrons exploiteurs, et les femmes de pauvres victimes immémoriales tenues en esclavage depuis la nuit des temps.

« Les femmes restent des proies » (Cynthia Fleury, philosophe féministe, 2011)

Ou Peggy Sastre utilisant une théorie darwinienne pour justifier que les hommes seraient des violeurs par nature : « ... tout ce que cette dense littérature m'a appris, c'est que tout homme est un violeur en puissance, qu'il faut juste quelques circonstances, de minimes variations environnementales, pour que tout bascule. » Peggy Sastre, ex utero, 21 mai 2011.

Or environ 1‘600 hommes sont condamnée pour viol chaque année en France. Même en admettant qu’une partie seulement serait dénoncée, mettons 10% (ce que rien ne prouve) cela ferait 16‘000 hommes, soit 0,08% des hommes adultes. 1‘600 font 0,008% des français adultes. Comment peut-on généraliser un tel pourcentage ? Cela n’a aucune réalité.



2. Cela ne mériterait qu’un éclat de rire si les fémrad n’avaient acquis une influence pernicieuse sur les medias, les politiciens et la justice. Qu’un Loïc Sécher ait pu faire sept ans de prison pour une accusation de viol inventée, avant la révision de son procès et la levée de toute charge, Fem-3.gifest dû avant tout au fait qu’il est homme et que la victime femme, est devenue une icône intouchable. C’est le résultat de décennies de victimisation féministe à outrance.


3. Imaginer que le système de répartition des rôles qui prévalait dans le passé n’était qu’une domination des hommes et une mise en esclavage est une manière de lire l’Histoire de travers et d’alimenter encore le stéréotype anti-homme.


4. Le dénigrement des hommes pour justifier la volonté de les changer et de les éduquer montre d’une part une profonde inacceptation et incompréhension des hommes, et d’autre part une tentative de domination de type maternante sur eux qui est inacceptable. Je n’invente rien :

« Maintenant, j’ai l’impression que le féminisme « acte I » a éduqué les femmes, et que le féminisme « acte II » devrait éduquer les hommes. » Cynthia Fleury.


5. Le mythe de la femme silencieuse baissant la tête devant son mari et maître a existé. A un faible pourcentage. On en a fait un symbole de la domination masculine, que je nomme le « syndrome du couple Cohen ». Par ailleurs dans d’autres couples c’est la femme qui domine, qui est violente, et l’homme qui se tait.


6. Sous l’influence du féminisme radical des lois sont faites en faveur d’un genre contre un autre, ce qui est une atteinte à la démocratie. Les lois contre les violences faites aux femmes sont abusives à cause de cela et parce qu’elles dénient que les hommes soient aussi victimes de violence conjugale (30% à 50% des victimes en sont des hommes selon les pays). Tout ce qui se construit sur le déni des violences faites aux hommes installe une vision sociétale erronée et biaisée. L’égalité ne saurait y trouver son compte.


7. Faire des hommes des esclavagistes c’est passer un peu vite sur le fait que les femmes ont toujours travaillé, ont très souvent géré l’argent du ménage, avaient leur domaine de pouvoir, et que les hommes se faisaient tuer à la guerre entre autre pour protéger leurs femmes et leur famille. Où sont les dominants, sur ces champs de bataille rouges du sang des millions d’hommes morts ?


8. Enfin l’image d’éternelle victime ne sert pas les femmes. Comment ne voit-on pas le mépris qu’il y a des femmes à les présenter ainsi ? Comment ne voit-on pas que cette image sert les cheffes féministes qui ont besoin de s’appuyer sur cette victimisation et sur le stéréotype de l’homme bourreau pour se faire leur place au soleil ?


Je pense donc que ce féminisme radical, influent, est en train de pervertir la société et de salir durablement les hommes. Le dénoncer n’est en rien une attitude anti-femmes. Au contraire. Les débats parfois acrimonieux qui émaillent ce genre de sujet montrent à la fois que le sujet est sensible et que des blessures restent vives. J’espère qu’à force l’agressivité et les procès d’intention laisseront place uniquement au débat. Ce qui n’empêche pas celui-ci d’être parfois vif.

 


Pour aller plus loin dans le débat :

FéministaPanneau.jpg


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12 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 23 mai 2012 09:25

    Dans la tragique situation des femmes battues, ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent : Pourquoi restent-elles malgré la violence ? Pourquoi prennent-elles le risque de rester avec des hommes qui ne les aiment plus et qui les détruisent ? Pourquoi leur trouvent-elles toujours des excuses ? Pourquoi se voilent-elles la face ? Pourquoi exposent-elles leurs enfants, qui eux aussi, risquent d’être maltraités. Pourquoi se sentent-elles inférieures, seules abandonnées ?
    Et voici une transposition osée avec ce que vivent les français :

    http://2ccr.unblog.fr/2012/04/03/les-francais-sont-ils-des-femmes-battues/


    • nemotyrannus nemotyrannus 23 mai 2012 10:43

      Ben si jamais le mari violent apprend que son épouse l’a dénoncé il y a de fortes chances que la situation empire pour elle si jamais elle revient à la maison .


      Et il y a toujours les questions : Une fois que c’est fait,je vais où,je fais quoi,je deviens quoi ?
      C’est peut-être ça le sentiment d’abandon,les repères et la stabilité d’une vie s’écroulent.
      Maintenant il y a un tas d’assoc. à leur écoute (à la leur SEULE il faut bien le dire) .

      Les procédures pénales sont parfois longues,non ? Ca peut être décourageant et elles espèrent peut-être éviter tout ces problèmes en pensant que la situation va s’arranger d’elle même,que ce n’était qu’un mauvais moment et que ça ne se reproduira plus , à tort hélas .
      Et il y a toujours,en plus,la possibilité de n’être pas cru quand on se pointe au poste mais c’est pas si fréquent .

      Après je dis elles mais ça vaut pour ils aussi .

    • La râleuse La râleuse 23 mai 2012 14:53

      Bonjour (ou plutôt, rebonjour smiley Robert Gil)

      Si je peux me permettre d’ajouter, à votre analyse, une raison de plus pour laquelle les femmes battues se taisent, c’est la honte.
      Honte parce qu’elles culpabilisent d’avoir épousé cet homme qu’elles découvrent si différent de celui qu’elles croyaient avoir choisi et parce qu’elles se sentent avilies de l’avoir choisi.
      Et je suppose que cela vaut autant pour le cas des français, à l’époque où vous écriviez votre article, que pour les hommes battus.
      Cordialement


    • Le Grunge Le Grunge 23 mai 2012 12:25

      Bonjour cher concitoyens

      Je suis presque d’accord avec vous, je m’explique :

      Étudiant en histoire, j’étais passionné par l’histoire des femmes, histoire des genres. J’étais dans une université ou j ai eu la chance d’avoir une pointure comme professeur d’histoire contemporaine. Ayant eu de bonne note avec elle, j’espérais, comme elle l’avais promis, pouvoir passer mon master avec elle. Quand je suis arrivé dans son bureau après qu’elle m ait convoqué, elle m’a dit une phrase que je n’oublierais jamais : « Monsieur ....., s’il vous plait, laissez l’histoire des femmes aux femmes ». Ce fut pour moi un électrochoc dont je la remercie après coup car il m’a permis par la suite d’aller plus dans mes recherches, bien plus que je ne l’aurait fait avec elle et sa vision dogmatique de l’égalité des sexes. Par respect pour cette dame qui n’en avait visiblement aucun pour moi et mon phallus, je tairais son nom et le nom de mon université pour ne pas la griller car cette une figure emblématique de l’histoire des femmes en France.

      Ensuite, j invite les internautes d’accord ou pas de se renseigner sur une des figures de proue de la lutte des femmes : Margerite Duras. Je penses qu’une lecture approfondi sur sa vie laissera voir au lecteur la vie d’égoïste, d’égocentrique et de collaborationniste qu’elle a vécu et je pèse mes mots...Son décrochage entre ses propos et ses actes sont hallucinant, elle représente de ce fait au mieux ces fameuse chienne de garde(qui sont minauritaire rappelons le mais qui font bcp de bruit)


      • nemotyrannus nemotyrannus 23 mai 2012 14:17
        Si,si allez-y, grillez.

        Marrant quand même ce que vous dites me fait penser à une petite réflexion que je me suis faite y’a pas longtemps sur l’Université et l’éducation.
        Essayer de parler d’une histoire des femmes ou d’une histoire des hommes, de voir l’Histoire à travers un seul sexe,me paraît improbable et inévitablement partial .

        L’Histoire c’est un tout . A moins que ce ne soit une société de femmes uniquement ou d’hommes uniquement,on ne parle pas d’histoire des femmes/hommes.
        Il y aura toujours une part d’idéologie qui pourrira la recherche de vérité dans ce cas,ça transpire (puisqu’on pale des femmes) quand on parle du mythe de l’âge d’or et du pouvoir perdu des femmes,volés par les hommes dans la préhistoire donnant naissance à la propriété privée,aux guerres etc...
        Ca fait très années 70 ,hippies et feministes comme idée, et oh comme c’est étrange,ça date de cette periode...Ca fait très radical et très flatte-féministe,révélation sur les secrets du monde,révolutionnaire etc.... mais ne tiens sur rien de concret. Pas mal ont encore cette idée sur la langue, hélas.
        C’est pas mieux que la vision de la femme/caverne homme/chasseur du très misogyne XIXème siècle à vrai dire.
        Mais je l’ai déjà dit mille fois.

        Euh,oui,c’est peut-être pour ça qu’on sépare les Universités de science et de lettres , d’un côté les faits , de l’autre les interprétations et le développement des idées .
        Ca peut être véritablement catastrophique lorsque l’on dit qu’un mouvement se base sur des faits alors que ce ne sont que des interprétations et des occultations .

        P.S
        Arrêtez les petits moins,c’est inutile si ils sont pas accompagnés . Commentez,construisez,déconstruisez,insultez je m’en moque... ce site est fait pour ça , mais je me sens obligé de remettre des petits plus à ceux qui se sont pris des moins sans explication smiley

      • La râleuse La râleuse 23 mai 2012 15:04

        Bonjour Le Grunge,

        Je comprends votre désillusion qui a dû être d’autant plus cruelle que vous étiez jeune, et donc naturellement encore pétri d’idéalisme.
        Je comprends votre désillusion car, visiblement, vous admiriez cette prof d’histoire.
        Cette ’créature’ prouve encore une fois que l’intellect et l’intelligence sont deux choses bien différentes.
        Et votre commentaire rejoint fort bien l’esprit de l’hommelibre qui aime trop les femmes pour ne pas combattre avec un acharnement (que j’estime louable) les féministes.
        Cordialement,


      • Le Grunge Le Grunge 23 mai 2012 18:44

        @nemo

        Heu... dsl de le demander comme ca mais c’est quoi les petit « moins » ?

        @la raleuse

        merci pour votre compréhension très chère smiley, je dois vous avouer que je pensais me faire allumé suite a ce post, heureux de voir que la premiere femme qui m’a répondu me comprends, ca donne espoir smiley

        Cordialement


      • nemotyrannus nemotyrannus 31 mai 2012 19:07

        Ce sont les symboles placés dans le cadre du commentaire ,là --------------------------->
        Et que certains prennent pour des arguments massues.

        Ce n’était pas un reproche à vous personnellement,je disais ça pour tout les passants, mais j’avais oublié que je répondais à votre commentaire.


      • La râleuse La râleuse 23 mai 2012 15:07

        Bonjour hommelibre,

        Très belle conclusion pour cet article qui se devait d’être écrit.
        Amicalement,


        • hommelibre hommelibre 23 mai 2012 15:34

          Merci Râleuse !

          Amitiés à vous aussi !


          • Lorelei Lorelei 24 mai 2012 01:12

            l’homosexualité existe alors, que ses vieillards s’épousent entre eux et amen le monde s’en portera parfaitement...de toute manière j’ai vu une chose à part les vieux de la vieille la jeunesse s’en tape de ses histoires moyen âgeuses où être noir est un crime où être une femme est un crime où être est simplement criminel aux yeux des intégristes archaïques et autres malades qui voient un danger dans l’égalité en droit, alors messieurs les anciens d’un autre monde mariez vous entre vous on est tolérant


            • Ruut Ruut 25 mai 2012 09:24

              Respecte ton futur maris, ce ne sera pas simple.
              Apprend a l’écouter et ne lui demande jamais de faire des chose que tu ne ferais pas toi meme.

              Bon courrage

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