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Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce qui est juste ? (exemples d’actualité)

Qu’est-ce qui est juste ? (exemples d’actualité)

La valeur du juste est indépassable. Elle transcende toutes les valeurs humaines, y compris celles du bien et du mal. Il y a une incontestable prééminence du juste sur toutes autres valeurs.

I - La théorie

Contrairement au bien et au mal, le Juste s’inscrit dans la réalité et y demeure. Le bien et le mal ont toujours été et ne pourront toujours être que des valeurs relatives qui varient selon les mentalités, les lieux et les époques. En outre, le bien et le mal se prêtent toujours à la théorisation, ce qui a pour effet de couper ces idées de la réalité. Il en résulte tous les excès que l’on connaît : fanatisme, obscurantisme, guerres du bien contre le mal.

En revanche, le Juste ne peut pas connaître d’excès, c’est la définition même du juste que d’exclure tous les excès. Le Juste cherche à rester au contacter de la réalité, contrairement à la morale du bien et du mal.

Il faut confiner à l’horizon du Juste : la pensée doit donc cesser de raisonner en valeurs de bien et de mal. Spinoza et Nietzsche avaient déjà eu l’intuition qu’un tel dépassement s’imposait. Mais il restait la question de savoir : qu’est-ce qui peut s’imposer au bien et au mal et les supplanter avec succès ? La réponse ne peut être que : ce qui est juste. Le Juste.

Le Juste doit être non entaché : le Juste, pour rester le Juste, doit garder la prééminence sur toutes les autres valeurs humaines. C’est là la seule condition pour que la pensée demeure au-delà du bien et du mal, au-delà de la morale. Toujours dans l’idée de Spinoza et de Nietzsche, cette localisation de l’esprit au-delà de cette dualité archaïque qui oppose stupidement le bien au mal dans des conflits dévastateurs et appauvrissants pour la pensée humaine, doit absolument être pure, non entachée de connotation religieuse, mythologique, morale. Le Juste a pour lui, outre, le maintien du lien étroit avec le réel, l’idée de neutralité.

Le Juste est la valeur suprême : il est le mètre étalon qui doit servir à jauger toutes choses.

Ce que le juste ne doit pas comporter : Le juste ne doit être entaché par aucune passion triste ou affect négatif (peur, tristesse, envie). Le juste ne doit pas être soumis à une force négative de pression ou de rétention.

Justice et recherche de responsabilité : la tentation est grande de chercher à faire porter la responsabilité du préjudice sur quelqu’un. Mais il y n’y a pas toujours faute identifiable. On peut être victime du jeu des circonstances. Ce qui se joue est parfois si complexe qu’aucun individu ne peut être tenu comme principal responsable. Ce n’est donc pas la recherche de responsables à tous prix qu’il faut avoir en tête mais la recherche de la vérité.

« Rendre la justice » : remettre la justice en l’état. La légitimité consiste en tout ce qui est juste en soi. Rendre la justice est rétablir la légitimité perdue.

II - Exemples tirés de l'actualité

1°) L'écriture inclusive

Est-il légitime de rééquilibrer les genres dans la langue française ? La réponse est, selon la valeur du juste, que cela s'impose. En revanche, cette même valeur supérieure exige que cela ne prenne pas la forme d'excès. Enfin est juste ce qui est utile, ne l'est pas ce qui est nuisible.

L'écriture inclusive telle est enseignée par une centaine d'enseignants qui s'en revendiquent est envahissante et par ce côté-là, elle ne peut être acceptée dans son expression excessive. La décision du premier ministre est logique et juste. En effet, la loi et les documents officiels se doivent d'être rédigés dans le langage le plus compréhensible et de la façon la plus lisible qu'il est possible. Nul n'est censé ignorer la loi et mieux vaut, par conséquent, que nul ne se voit imposer des obstacles supplémentaires à sa compréhension. La rédaction des textes ne doit pas décourager les citoyens.ennes de leur lecture.

Vous l'avez remarqué, j'ai écrit "citoyens.ennes". Je considère en effet, qu'il est utile (et donc juste) de s'exprimer ainsi dans les démarches qui ont pour objet de traiter de la citoyenneté. En matière d'instruction civique, par exemple, il paraît plus que légitime d'insister sur l'égalité des sexes dans la vie publique. Valable aussi pour la communication et les discours qui s'adressent à tous.

Mais, il ne serait pas juste de donner à cette technique un usage généralisé avec le caractère envahissant qui ne manquerait pas de nuire à l'enseignement de la langue française, spécialement dans les classe d'âge où l'on apprend l'orthographe et la grammaire, disciplines difficiles à maîtriser. A proscrire donc les "lecteurs.trices" dix fois pas page ! Autorisé au contraire et même encouragé les "savants et savantes" ou "savant.es". En effet, les rôles importants doivent féminisés tout comme les fonctions de président ou de ministre (mais "la" minsitre peut suffire). Cela n'a rien d'envahissant ni de préjudiciable et cela est juste car légitime, utile, mesuré et dépourvu d'excès. Quand le contexte l'exige, la technique inclusive est aussi requise. Par exemple, si le sujet porte sur l'égalité des sexes.

Pour conclure sur ce point, il serait parfaitement aberrant de modifier les oeuvres littéraires pour les mettre au diapason de la technique de l'écriture inclusive, car insistons là-dessus, il s'agit d'une technique. Une technique est un simple moyen et ne doit pas s'imposer comme une fin en soi. Si certaines éditrices ou auteures en doutent, qu'elles publient donc leurs oeuvres en appliquant à leur style l'écriture inclusive et elles pourront cosntater par elles-mêmes les dégâts et les incompréhensions légitimes des "lecteurs et des lectrices" (formule ici exigée par le contexte).

2°) La question de la banalisation du tabac au cinéma

Etre juste, c'est d'abord s'interroger sur la justesse de l'affirmation d'une sénatrice reprise par la ministre de la santé. Est-ce que l'on constate réellement une tendance à une plus grande banalisation du tabac au cinéma ? Et est-ce que les effets de cette banalisation sont vérifiés dans la réalité selon des études poussées ? Or, nous pouvons présumer que, si l'on faisait une comparaison entre les films récents et les films d’il y a 30 ans, on devrait remarquer tout l’inverse : beaucoup moins de scènes de cigarettes à l'écran.

Etre juste ensuite, c'est intervenir dans le domaine où on est légitime. l'Etat est légitime pour intervenir en matière de prévention de santé et en particulier auprès de la jeunesse. Il doit donc oeuvrer par des actions ciblées à cette fin.

Enfin, être juste, c'est ne pas tomber dans l'excès. En tous domaines, ce n’est pas la chose elle-même qui est dangereuse mais l’excès. Cette règle étant générale, elle s’applique aussi aux annonces ministérielles. Avant de réagir par une annonce, il faut d’abord mettre son affirmation à l’épreuve des faits et des études réalisées. La ministre doit se cantonner à son rôle et à son champ d'intervention. Que l’Etat se préoccupe de ses propres productions télévisuelles (téléfilms et feuilletons du secteur public) et qu’il en bannisse le tabac ou y insère des messages de prévention, serait normal et bien reçu dans l’opinion. Mais une interdiction stalinienne du tabac au cinéma aurait obligé de facto l'Etat à interdire aussi la vision de la cigarette au théâtre et dans toutes les formes d’art !

Attention, l'excès d'autorité est dangereux !

3°) Charlie contre Mediapart

La caricature de la une de Charlie semble plus inspirée par l’envie d’en découdre et de régler des comptes personnels que par le talent de caricaturiste et d’humoriste. Elle paraît ainsi injuste en elle-même.

Mais elle aura eu le mérite de faire tomber le masque de Plenel. Elle a joué un rôle utile et peut donc être qualifiée de juste de manière rétrospective. Cela montre qu'il n'est pas toujours aisé de définir au préalable ce qui est juste.

Tout ce qui est excessif est insignifiant. Les médias adorent ce qui est excessif. La conclusion est que les médias s'abreuvent d'insignifiance. Ce fait de société n'a rien de juste. En effet, le rôle attendu de médias est plutôt d'informer et de permettre l'échange des opinions. Or, la dérive actuelle généralisée est de chercher le buzz, le clash, la polémique, la petite phrase assassine, et de la propager ad nauseum sur tous les plateaux télévisés. Il n'est pas juste de donner un écho et une ampleur non mérités (hum... le masculin l'emporte...) à ce qui n'est pas de l'information de premier plan et qui ne fait pas l'objet d'un débat argument, structuré, réfléchi. Les médias en cette affaire ont été instrumentalisés par quelques-uns, au premier rang desquels on compte l'opportuniste Manuel Valls. Quid des sages et des personnes modérées qui ont longuement pensé ces questions et dont la parole nous serait utile, dont la parole est juste ? A qui profite ces coups d'éclats ? Aux opportunistes et aux tiroirs-caisse des médias !

Je voudrais donner un dernier exemple - rapidement - avec le mouvement hstag-balance-ton-port. Il y a bien une légitimité fondamentale à exprimer les souffrances et injustices commises par quelques hommes. Mais on peut le voir aussi, les chasses aux sorcières ont entraîné des excès et des conséquences parfois disporportionnés. Ce qui est juste, parce que utile, c'est la part des plaintes en justice qui sont en augmentation. Ce qui ne l'est pas, c'est la délation, ce sont tous les excès de revanche ou de vengeance qui produisent des résultats opposés au but recherché, à savoir la justice. Il serait juste que les victimes aient des lieux d'écoute plus nombreux et adaptés et qu'une prévention efficace limite les dégradations des situations au fil des ans. En effet, quoi de plus juste que de prévenir en amont ? Intervenir quand il est trop tard peut certes permettre à des personnes opportunistes de montrer leur vertu, mais "mieux vaut prévenir que guérir". Ce proverbe est de tous temps une vérité très juste. Pour qu'elle soit encore plus juste, elle demande à être étendue à tout : dans le champ de la prévention des risques au travail, par exemple, comme le reportage chez Lidl nous l'a montré tout récemment.

Pour une cordée juste !

Enfin, on ne saurait trop conseiller à notre président de porter un regard juste sur la cordée des citoyens de ce pays. Pour qu'une cordée soit juste, il convient que tous et toutes consentent à l'effort exigé, qui doit être proportionnel à leurs capacités et vertus. Exiger peu (voire rien du tout) de ceux qui capitalisent toujours plus d'argent n'a rien de juste. Sans parler même de fiscalité, c'est l'effort qui doit être réparti justement au sein de cette cordée, pour que personne ne soit en situation de lâcher la corde de la solidarité humaine, soit parce qu'il n'en peut plus et qu'il s'en trouve exclu, soit parce qu'il veut se la jouer solo en allant dans les paradis fiscaux. Alors, nous pourrons voir dans le mot "cordée" un beau mot, qui évoque le mot "coeur" et le mot "s'accorder". Pour que cette cordée soit juste enfin, il faut le courage.

Car le courage est le coeur allié à la volonté juste.
 


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37 réactions à cet article    


  • BA 22 novembre 2017 19:00

    Royaume-Uni : en septembre 2008, les banques privées britanniques étaient en faillite.

    Pour les empêcher de faire faillite, le gouvernement britannique a dépensé des centaines de milliards de livres sterling.

    Un seul exemple : en 2008, pour sauver la banque Royal Bank of Scotland (RBS), le gouvernement avait dépensé 45,8 milliards de livres ! ! ! Il avait nationalisé la banque à 78 %.

    Neuf ans plus tard, le gouvernement britannique va revendre 15 milliards de livres d’actions de la banque. Il va la privatiser.

    Conclusion :

    Dans cette affaire de sauvetage de la banque RBS, les contribuables britanniques vont perdre 26,2 milliards !

    Le système bancaire actuel, c’est ça :

    - quand ça va bien, les banquiers se goinfrent comme des porcs ;

    - quand ça va mal, les contribuables doivent payer des milliards pour sauver les banques de la faillite, … et les banquiers se goinfrent comme des porcs ;

    - il faut détruire ce système pourri. Le plus tôt sera le mieux.

    https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/030914081476-londres-relance-la-privatisation-de-rbs-2132359.php

    Lire la suite ▼

    • rogal 22 novembre 2017 20:35

      @BA
      « Il faut détruire ce système pourri. Le plus tôt sera le mieux. »
      Juste fais-le.


    • Ouam (Paria statutaire non vacciné) Ouam 22 novembre 2017 21:52

      bonjour,

      Ce qui est juste et qui ne l’est pas est effectivement en fonctions des criteres suivants que vous nommez :
      la culture, l’heritage culturel, etc...

      Pour ce qui est de la « justice rendue » ici nous entrons dans le juridique, et comme ce n’est pas le peuple souverain qui erige ET vote es lois (comme en suisse p ex)
      la « justice » est tres partiale (voir lafontaine p ex)

      Et c’est encore plus compliqué, si on doit s’attacher au culturel, car ceci fait référence à notre base de droit qui est judeo-chrétienne (à sa base)

      1) l’écriture inclusive :
      Trop compliqué (pour les non voyants c’est imbitable p ex), tortueux on oublie le neutre.

      2°) La question de la banalisation du tabac au cinéma
      Nanmêêêhhh franchement... on s’en carre gravement de cet histoire de bobos décérébrés..
      « LE non sujet » par exellence
      Nos politiques n’onts t’ils pas des sujets LARGEMENT plus important à regenter, par exemple l’evasion (ou dit pudiquement optimisation fiscale...)
      j’y reviens plus bas avec la cordée
      Ou remettre un minima de démocratie dans ce pays
      Etc... tres longue liste ...

      3°) Charlie contre Mediapart
      Le masque de plenel est tombé depuis longtemps, il à juste eu le merite de le montrer à un plus grand nombre qui l’ignoraient encore.
      Qd à Charlie, ben... il est égal à lui meme, cad satyrique, la raison entre autre pourquoi ses lecteurs l’achetent.
      Mediapart (et plenel) enfin ....normalement ne donnent pas EUXS dans le satyrique.
       
       Ce qui ma foi peut engendrer cette question (la justice auquel vous faites référence)
      Cela peut blesser des gens...
      Et cela pourrais etre percu dans l’injuste.
      Mais si dans un journal statyrique, tous revendiquent à tour de role leurs chapelles,
      le gros, le maigre, l’hétéro, l’homo, le bi, je juif, le chrétien, le muslim, le boudhiste, celui de droite, celui du millieu, de gauche, etcetcet....
       
      Ben charlie mets les clefs sous la porte et le satyrique n’existe plus...
      N’osant plus offusquer ou satyriser quiconque..
       
      L’exercice n’est pas simple entre la liberté d’expression et ses limites.
       
      Pour les médias, je suis d’accord avec vous, le « fond » n’est que trop peu souvent abordé,
       ainsi que le suivi.
       
       Pour la cordée juste.
      Les gens (24%) onts voté pour l’ultra libéralisme, l’ultra capitalisme, l’hyper mondialisme...
       Et bien ils l’ont, sur ce fait la justice tel que vous pourriez l’entendre ne peut plus exister, car fagotée par l’idéologie de ce parti.

       Pour illuster mes propos
      C’est comme si nous demandions au Tea Party d’etre de gauche, et une redistribution « juste »...
       Ou a polpot d’etre un grand libéral

      Et je termine par
       « ....soit parce qu’il veut se la jouer solo en allant dans les paradis fiscaux.... »
      C’est le principe meme de « l’open bar » (dit pudiquement mondialisme),
      On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre comme disait mere grand.

      Ouam,
       
       

      Lire la suite ▼
        Lire les 5 réponses ▼ (de Taverne, Ouam (Paria statutaire non vacciné))

      • Jean Keim Jean Keim 23 novembre 2017 08:22

        Un juste n’est-il pas celui qui ne pratique pas le mal ?


        Nous ne savons pas ce qu’est le bien, sinon cela se saurait mais nous pouvons dire ce qu’il n’est pas ; souvent sinon la plupart du temps nous ne faisons pas telle ou telle parce qu’elle ne nous semble pas juste, pas correcte, pas convenable et si nous passons outre, notre petite voix s’exprime.

        La quête de ce qui n’est pas le mal est une première exigence, si elle dépend d’un savoir, d’une culture, d’une tradition, alors elle est sans valeur.
          Lire les 5 réponses ▼ (de Clark Kent, Jean Keim, Taverne, Ouam (Paria statutaire non vacciné))

        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 novembre 2017 09:57

          Chacun la chaussure qui convient à son pied. C’est simple : elle s’ajuste.


          • Jean Keim Jean Keim 23 novembre 2017 10:28

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            Oui mais aussi les chaussures c’est comme les idées, certaines sont étriquées, d’autres trop grandes et souvent elles sont à la mode.


          • eddofr eddofr 23 novembre 2017 12:26

            Ce qui est juste c’est ce qui m’arrive de bien.


            « Putain, je le mérite ! J’en ai assez chié pour en arriver là ».

            Ce qui est injuste c’est ce qui m’arrive de mal.

            « Bordel, j’ai rien fait pour mériter ça ! »

            Ce qui est vraiment très injuste c’est quand il m’arrive un merde que j’aurai volontiers souhaitée à mon prochain.

            « Pourquoi ce salop s’en tire et pas moi ? »



            • velosolex velosolex 23 novembre 2017 17:02

              Attention ! Sortir la notion du « juste » de la suggestivité, et en faire une sorte d’étalon maître, c’est risquer de voir certains s’emparer de cette notion pour affirmer leur autorité. 

              Dés que nous sommes dans les sciences humaines, l’humain est bien plus prégnant que la notion de science, surtout exacte...
              On l’imagine souvent comme une sorte de compromis entre le bien le mal, le je, et le tout, pour affirmer la notion de justice, et de droit, qui serait imparable,entendu par tous. Un argument fallacieux pour soumettre l’autre. 
              Bien sûr elle peut s’entendre quand le champ de l’expérimentation la confond avec celle de l’équitable. . Comme celle président au partage d’un gâteau en parts égales. Mais nous sommes alors dans le domaine de l’arithmétique simple. 
              « Moi je dis ce qui est vrai ! » avait coutume de dire mon beau père, un vieux paysan qui incarnait une bonne foi matoise, alliée à son expérience, tout autant qu’à son refus de se faire contester.
               Il affirmait ainsi son autorité sous couvert du « juste », une notion qui autorise ainsi les pions à se prendre pour des dames, ou pour des fous dans le jeu d’échecs, au nom de la « raison »...Raison qu’on employait pour comme la notion de bon sens pour justifier que la terre est plate.. 
              Il ne serait pas étonnant que les bargeots de daesh se servent eux aussi de cette notion pour couper les têtes qui dépassent. Moins juste que moi, tu meurs....

              • velosolex velosolex 23 novembre 2017 17:40

                @velosolex
                Quand aux exemples que vous proposez, ils sont imprégnés de votre suggestivité. Ce sont simplement des opinions, sur lesquels chacun pourra diverger...

                Je me permettrais ainsi de rebondir sur le thème de cette écriture inclusive, véritable tentative de coup d’état de certains sur la langue française, où la notion de justesse et de rectitude s’apparente à la tentative d’enfiler un pied de 45 dans une chaussure de 38 fillette, en force, en s’aidant d’un chausse pied...

              • velosolex velosolex 23 novembre 2017 17:46

                @velosolex

                « Vous l’avez remarqué, j’ai écrit »citoyens.ennes« . Je considère en effet, qu’il est utile (et donc juste) de s’exprimer ainsi dans les démarches qui ont pour objet de traiter de la citoyenneté »...Foutaises...Laissez leur passer un pied dans la porte et ils rentreront en force dans la minute qui suit.

                L’essentiel est ailleurs. Tout à coup on nous met en face d’un crime, dont nous n’aurions d’autre choix que de le trouver, « juste », « légitime », au nom d’un lobby qui n’arrive pas à composer avec le réel, l’histoire de la langue, et surtout leurs névroses, leur incapacité à comprendre le tout, en mettant leur moi au dessus du lot...
                Mais c’est le propre des esprits sectaires de trouver des argumentations bancales et de séduire les âmes faibles, pour imposer leurs diktats...Le neutre existe dans la langue française, c’est le « il », qui remplace le « das » de la langue allemande. De la même façon, si le tutoiement « tu », n’existe pas en anglais, le ton et la promiscuité rend compte de l’évolution du langage, et de la familiarité, autant que les expressions, quand on s’adresse à un proche. ...La langue est un savant ouvrage que ces mauvais géomètres tentent de mettre en coupe, avant de se l’approprier, au nom d’un « juste » d’affabulation...De nouveaux grands prêtres, donc, enmerdeur, eresses....donc tentent de nous berner, au nom d’une modernité qui cache le plus vieux concept du monde, celui de la domination. Qu’importe les conséquences. Du passé faisons table rase....
                Se dire moderne, c’est se condamner soi même à une certaine restriction d’esprit
                Lire la suite ▼

              • Taverne Taverne 24 novembre 2017 11:01

                @velosolex

                Certains, pour régler leurs comptes actuels, voudraient lyncher les restes de Colbert, certaines pour des motifs semblables invoquent l’histoire du Moyen-âge où l’on disait « doctoresse » et ainsi de suite et le fait que les hommes de l’Académie ont régenté les choses. L’Histoire ne sert que de prétexte. Et certaines à présent veulent que l’on impose le mot « matrimoine » accolé à celui de « patrimoine » et « matrie » à côté de « patrie » !


              • Francis, agnotologue JL 23 novembre 2017 19:36

                Taverne, vous dites : ’’le Juste ne peut pas connaître d’excès, c’est la définition même du juste que d’exclure tous les excès.’’
                 
                J’ajouterai si vous permettez : L’excès en tout est haïssable, par définition.

                Damasio a écrit : « Ce n’est pas un hasard si la morale existe, c’est parce que des créatures éprouvent le besoin d’harmoniser la vie en société pour éviter des excès préjudiciables à la survie »
                 
                La conscience est apparue parce qu’elle procurait un avantage à l’individu.
                La morale est apparue parce qu’elle apportait un avantage au groupe.

                Vous dites : ’’ est juste ce qui est utile, ne l’est pas ce qui est nuisible.’’
                 
                Ce qui est utile pour moi est peut être nuisible pour vous, et inversement. Le capitalisme se nourrit de ses contradictions, autrement dit de ses excès. Les excès d’inégalités notamment, qui lui sont plus qu’utiles : vitaux.

                Hormis les cas pathologiques, le fait est que nous ne partageons pas forcément les mêmes valeurs ni la même sensibilité pour évaluer ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ; ce qui est utile et ce qui est nuisible.
                 
                Votre belle idée n’aurait-elle fait que déplacer la question du bien et du mal ?
                 
                Bonne soirée..


                • Taverne Taverne 24 novembre 2017 09:48

                  @JL

                  En effet, je dis que le Juste ne peut pas connaître d’excès.

                  Etre juste, c’est avant tout ne pas excéder.

                  - Etre soi-même et ne pas jouer à être ce que l’on n’est pas ; ne pas excéder de soi-même.
                  - Jouer son rôle dans sa vie et ne pas prétendre en jouer un autre : ne pas excède sont rôle.
                  - Respecter les lois de notre pays sans excéder notre condition de citoyen.
                  Etc.

                  Quand on n’excède en rien, on demeure dans le Juste. Et on applique aux autres les mêmes principes. N’est-ce pas là une forme de conscience qui surclasse les notions de bien et de mal ?

                  Le Juste transcende le bien et le mal parce que l’être humain transcende le bien et le mal. Spinoza et Nietzsche ont eu cette intuition déjà. Il s’agit de poursuivre l’idée jusqu’à son terme et sa cohérence.

                  Quant aux contradictions, elles ne peuvent en aucun cas être issues de cette idée du Juste. Les contradictions viennent des croyances et des passions. Or, le Juste n’est pas du domaine de la croyance.


                • Francis, agnotologue JL 24 novembre 2017 10:16

                  @Taverne
                   
                  « L’erreur n’est pas le contraire de la vérité. Elle est l’oubli de la vérité contraire ». Pascal
                   
                   Il faut voir dans cette notion de « juste » deux dimensions : l’une, quantitative renvoie en effet, à la mesure ; l’autre, qualitative, relève de l’harmonie.
                   
                  Quant à la contradiction c’est clairement un défaut d’harmonie.

                   


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 novembre 2017 20:10

                  Seules les personnes confrontées à la matière peuvent juger de la justesse de leur travail (artisan, architecte,...). Sur le plan politique : le Maât a parfaitement théorisé le système politique juste. (et nous en sommes loin). Sur le plan personnel : ce qui nous élève est juste. 

                    Lire les 9 réponses ▼ (de Francis, agnotologue, Mélusine ou la Robe de Saphir.)

                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 novembre 2017 10:27

                    Mais pour juger de ce qui est bien, il faut au moins connaître le mal. L’un ne va pas sans l’autre. 


                    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 novembre 2017 16:58

                      Le sens de l’équilibre est essentiel pour les alpinistes et les skieurs, mais aussi pour ceux qui manient le langage. Le cervelet est appelé l’Arbre de Vie parce qu’il représente en coupe l’image d’un arbre ; il fait la coordiantion des mouvements et donne le sens de l’équilibre, facultés qui influencent la parole et l’action juste. Gouverné par PLUTON.

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