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La réalité Cap Gemini

Comment une entreprise peut-elle prendre de l’ampleur ? Pourquoi nous dit-on qu’il est impossible pour une PME de faire affaire avec les gros ? Le livre sur « l’Histoire secrète du Patronat » aux éditions "La Découverte" nous apprend qu’il faut être en relation étroite avec son client afin de gagner des contrats. Voici un retour sur une expérience personnelle au sein de Microcelt.

Je vais vous expliquer l’histoire de Le Duff à propos du choix de son logiciel d’entreprise. Au départ Le Duff avait choisi une PME pour créer son logiciel il y a une dizaine d’années. Le logiciel était bogué. Le Duff a donc été en procès avec ce prestataire. Cap Gemini une entreprise du CAC 40 reprend le flambeau et choisit de déboguer le logiciel en vain. Cap Gemini abandonne alors la livraison du logiciel.

On peut alors penser que Cap Gemini une entreprise certifiée avec une pseudo qualité logicielle ISO 9000 a manqué le coche. Pourtant elle reste au sein de Le Duff comme conseillère et maître d’oeuvre pour Le Duff. Comment une société ayant abandonné un projet ne devrait-elle pas être en procès elle aussi ? On peut penser que l’emprise de Cap Gemini a été suffisamment importante pour rester conseillère. Microcelt, la société qui avait créé le logiciel d’entreprise en MS-DOS, est alors choisie pour créer une troisième fois le logiciel en WINDOWS.

Cap Gemini quant à elle crée une équipe en CDD qui est honnête avec Microcelt. Seulement cette équipe sera révoquée et remplacée par une équipe magouilleuse qui cherchera la faute de Microcelt par de la pseudo qualité ISO 9000. Cette équipe aura du fil à retordre car Microcelt avait utilisé la technologie des composants pour gagner du temps et protéger son savoir-faire. Ainsi cette deuxième équipe ne trouva que de la mise en forme à critiquer. Le logiciel et son moteur utilisaient peu de codes sources dans les sources délivrées à Le Duff et Cap Gemini.

On pouvait donc s’attendre à ce que Microcelt installe le troisième logiciel d’entreprise au sein de Le Duff. C’était sans compter sur Shark le nouveau Directeur Informatique de Le Duff. Ce nouveau Directeur venait en fait de Cap Gemini et servait leurs intérêts. Pour qu’un Directeur soit si proche du maître d’oeuvre il fallait d’autres liens au sein de Le Duff. Microcelt a donc livré un logiciel utilisable bien que non terminé à son client. Microcelt a été payé mais le logiciel n’a pas été installé.

Au lieu de terminer et d’installer un logiciel en Client/Serveur dans ses différents restaurants Le Duff et Shark choisissent plutôt un nouveau développement long et couteux en JAVA. Techniquement le choix du client riche en Web risque fort de doubler le prix du quatrième logiciel d’entreprise. Mais Cap Gemini est politiquement choisie. La difficulté du choix JAVA va permettre donc à Cap Gemini d’empocher beaucoup plus d’argent que Microcelt. Seulement choisir des technologies inappropriées a un coup pour Cap Gemini : Les meilleurs informaticiens voient la pompe à fric et partent de cette société perverse. Ainsi j’ai discuté là-dessus avec quelqu’un qui a créé son entreprise en sortant de Cap Gemini.

On voit donc ici que les plus gros budgets logiciels sont aussi dus à un manque de veille technologique du client. Le prestataire s’il voit qu’il a tout les droits peut choisir un projet démesuré. En plus l’argent empochée va lui permettre de montrer sa valeur avec un chiffre d’affaire démesuré. Autrement dit les meilleures entreprises ne sont pas celles qui créent le plus de croissance. Il existe un grave problème de relations entre clients et prestataires car le client n’est pas toujours techniquement au point pour faire face aux prestataires. Aussi il est difficile de créer deux devis pour la création d’un logiciel car le prestataire doit analyser sa capacité à créer le logiciel, ce qui est loin d’être le cas actuellement.


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7 réactions à cet article    


  • titi titi 14 juin 2010 11:42

    Turlututu.

    Si vous croyez que l’informatique a à voir dans le choix d’un outil informatique vous vous trompez.

    Dans le choix d’un outil informatique et comme dans tous les projets d’entreprise il y a une dimension politique à ne pas sous estimer.

    Imaginez le PDG en fin de projet devoir voir son conseil d’administration en disant le projet a échoué.
    PDG : Nous avons échoué et englouti 1 ME
    Conseil : Quel a été le prestataire choisi ?
    PDG : Microcelt
    Conseil : Microcelt ? C’est qui ça ? Ou avez vous été les chercher ? Aviez vous pris des garanties ?

    PDG : Nous avons échoué et englouti 10 ME
    Conseil : Quel a été le prestataire choisi ?
    PDG : Cap Gemini
    Conseil : ...

    Dans le dernier cas le PDG a pris les « meilleurs ». On ne peut rien lui reprocher. Il ne se fera jamais déboulonné après avoir choisit Cap.


    • Ploucman 14 juin 2010 14:41

      « meilleurs »

      Vous avez bien raison de mettre des guillemets a « meilleur » en parlant de Cap gemini ... les meilleurs magouilleurs ;)


    • tchoo 14 juin 2010 12:16

      J’ai pas compris grand chose, si ce n’est le surlignange de l’incompétence crasse qui préside un peu partout et cette addiction maladive au pognon !


      • Internaute Internaute 14 juin 2010 13:59

        Il y a plusieurs problèmes.

        Tout d’abord, il semble qu’au départ Cap Sogéti ait été prise un peu comme on prend un avocat dans l’affaire avec Microcelt. Même s’il perd le procès on peut considérer qu’il a bien fait son travail et le garder pour une prochaine fois. Au vu de la suite, on peut penser que Cap Sogeti a réagi en professionnel. Le Cap considère qu’au lieu de tout jeter, il y a quelque-chose à faire avec Microcelt. Ce n’est pas criticable, au contraire.

        Les reste est dans la conclusion de l’article.

        Le client ne doit pas avoir les connaissances nécessaires pour valider son prestataire, sauf s’il est de la partie ou bien s’il a un service informatiques interne. On peut considérer que l’ESA doit valider ses prestataires pour contruire la fusée Ariane mais surement pas qu’un restaurateur doit être capable de valider son logiciel de caisse. Il ne faut pas tout mélanger.

        Comme le dit le commentaire précédent, lorsqu’on n’y connaît rien le mieux est de s’en remettre à quelqu’un qui a pignon sur rue et le Cap est un bon choix. Malheureusement les prix ne sont pas les mêmes.

        La bonne conduite à tenir est de ne pas chercher à avoir un logiciel qui corresponde à son entreprise mais au contraire de modifier le fonctionnement de son entreprise lorsqu’il existe un logiciel bien rodé qui fait à peu prés la même chose. Cette attitude est devenue classique dans le bâtient et l’automobile. Imgainez-vous un constructeur d’immeubles nécessitant des fers aux dimensions différentes de ce que sort la sidérurgie ? Bien sûr que non. Leurs architectes plannifient des bâtiments qui sont faisables avec ce qu’on trouve sur le marché.

        Si Le Duff est dans la restauration, ils n’ont qu’à acheter le même truc que Mac Donald ou que Novotel.


        • pigripi pigripi 14 juin 2010 19:54

          @auteur
          Article intéressant sur le fonctionnement de nos belles entreprises, un peu confus toutefois pour les non initiés.

          La gestion humaine et prospective de Cap Gemini est à l’image de celles des entreprises françaises, conservatrices, timorées, fonctionnant uniquement par réseau de formation et d’affinités, planifiant à court terme pour des rentrées immédiates, n’investissant pas dans le personnel, la recherche ni le matériel, entretenant la division pour régner sur le personnel, passe-droits, arrogance, magouilles, politique et absence totale de professionalisme. Tous ces éléments se tenant.

          Les jeunes ingénieurs qui débarquent dans cette superbe entreprise n’en reviennent pas de ses archaïsmes et du mépris avec lequel elle traite ceux qui ne sortent pas de certains sérails et ne sont pas labellisés politiquement

          De plus l’entreprise est malhônnete avec ses clients, elle fait travailler des stagiaires qu’elle facture au client au tarif d’ingénieurs confirmés. Les grands comptes le savent mais ferment les yeux, copinage oblige.
          Tant que l’argent reste dans le cercle vertueux des élus, il peut passer de compte en compte sans problème de concurrence.
          Et si on croit que le stagiaire dont le travail a été digne de celui d’un ingénieur confirmé va se voir confier un psote à hauteur de ses compétences, nenni. Il restera dans l’om bre des magouilleurs et autres joueurs à X bandes copains des copains..

          No future dans nos belles entreprises pour les jeunes professionnels méritants et c’est pour cela qu’il préfèrent aller voir ailleurs et que l’économie française se casse la gueule.

          On ne nous parle que du racisme ethnique de la discrimination à l’embauche afin de noyer le poisson de la maltraitance des jeunes professionnels et de ne pas pointer du doigt la gestion déplorable des ressources humaines par les entreprises françaises grandes et/ou célèbres.


          • Nicolas 14 juin 2010 20:06

            Merci pour ce beau commentaire pipigri, il correspond tellement à ce que j’ai pu observer dans mes (rares) expériences professionnelles, avec souvent pas mal de similitudes entre le public et le privé. J’ai eu trop peu d’emplois pour envisager de tirer des généralités, mais qu’est-ce que ça peut ressembler à ce que j’ai pu voir de mes yeux.


          • matthius matthius 23 mai 2011 21:33

            Voici ici l’exposé expliquant le gain de temps dont je parle.

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