USA. La victoire de ceux qui n’avaient plus rien à perdre
Jubilatoire d'entendre depuis ce matin les gémissements des chiens de garde de l'orthodoxie ultralibérale.
Patrick Cohen : « Je vous rappelle que l'impensable est en train de se réaliser ».
Bernard Guetta qui se lamente : « Sous Trump il faut s'attendre à l'affaiblissement de l'alliance atlantique », à un « bras de fer avec la Chine », à un « repli isolationniste » et même – horreur suprême pour Guetta – à une « entente avec Poutine dont les « perdants » seront la Syrie et l'Ukraine ».
Et que dire de Paul Krugman, l'un des intellectuel plein de morgue interviewé, prix Nobel d'économie, le défenseur du libre-échange et de la mondialisation des économies : « It's a terrific night ». Ben voyons : les « marchés » tremblent, les couilles-en-or ternissent, les profiteurs et arnaqueurs de tous acabits sentent le « tremblement de terre » qui commence.
Voilà qui devrait réjouir bien des milliards de pékins vulgaris car tout ce qui est mauvais pour les États-Unis est bon pour le reste du monde !
S'il a été élu, Trump, c’est par rejet de Wall Street et des élites que représente jusqu'à la caricature Hillary Clinton.
S'il a été élu, c'est par le désarroi d'une classe moyenne sacrifiée et qui voit en lui une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer et tomber dans la pauvreté.
S'il a été élu, c'est parce que les « zélites », les merdias n'ont pas vu, derrière le clown, la grande colère des classes laborieuses étasuniennes. Une colère exprimée par les jeunes lors des primaires par les 12 millions d’électeurs du sénateur démocrate Bernie Sanders autant que par ceux qui, piétinant les caciques républicains, ont mis en selle le milliardaire self made man Trump. C'est la victoire de l'Amérique oubliée.
S'il a été élu, c'est parce que cette population oublié, méprisée, humiliée – la classe moyenne, les « petits blancs » - constitue encore 74 % de l'électorat ! Et ils l'ont fait savoir. Alors les « zélites » autruches des États-Unis sortent la tête du sable et découvrent la détresse des planteurs de tabac de Virginie, les mineurs des Appalaches, les ouvriers de Détroit devenu simples vigiles pour les grandes surfaces. Elles découvrent que l'espérance de vie chez ces oubliés baisse sous l'effet dela misère et de ses effets : la drogue, de l'obésité, des suicides. Treize ans de moins que chez les diplômés. Elles découvrent l'existence d'ilots de pauvreté blancs à côté des ghettos noirs.
S'il a été élu, c'est parce que cette majorité silencieuse a enfin compris qu'elle seule paie les conséquences d'une crise économique déclenchée par les banksters au pouvoir et qui, non seulement ne leur rien coûté, mais les a enrichis.
S'il a été élu, c'est parce que malgré les belles promesses, Obama est resté dans les rails tracés par l'oligarchie d'affaire qui tire le ficelles à Washington. Ces Étasuniens « sans-dents » se sentent à juste titre dépossédés de leur nation, de leur patrie par une poignée de possédants mafieux qui les méprise, les exploite, les rejette.
S'il a été élu, c'est par la révolte des 99 % » contre les « 1 % » de parasites.
S'il a été élu, c'est parce que les perspectives qui sont offertes au peuple, ce sont les ouvriers remplacés par les robots, les caissière remplacées par les scanners de caisse, les chauffeurs de poids-lourds et de taxis remplacés par les véhicules autonomes comme vient de le montrer Google. Qu'est-ce qu'on leur offre à a place ? D'être chauffeur « Uber », d'être auto entrepreneur sans aucune protection, voire chair à canon pour les innombrables guerres entretenues ou déclenchés pat le complexe militaro industriel tout puissant.
S'il a été élu, c'est à cause de la mondialisation voulue et orchestrée par les multinationales avec pour résultats des délocalisations pourvoyeuses de chômage découlant des divers traités commerciaux genre Alena avec le Canada et le Mexique, le TPP (Trans-Pacific Partnership) en Asie, le très rejeté Tafta prévu avec l'Europe.
Trump, pas si clown qu'on veut nous faire croire, a dit à ce sujet : « Nos politiciens ont promu avec vigueur une politique de mondialisation. Elle a enrichi l’élite financière qui contribue à leurs campagnes. Mais des millions de travailleurs américains n’en ont retiré que misère et mal au cœur. »
Le marchand de béton new-yorkais, lui, parle d’industries à défendre, d’accords commerciaux à dénoncer plutôt que de port d'armes et de Bible…
Et en France ? Quelles répercussions ? Nous connaissons nous aussi des colères populaires contre la « globalisation », contre la ségrégation sociale, contre la connivence des élites, contre l'avidité des possédants, contre la nullité des partis dits « de gouvernements », contre la professionnalisation des politiques, contre l'impunité des multinationales, contre le fossé des inégalités.
Dès lors l'arrivée au pouvoir d'une Le Pen est à redouter, celle d'un Mélenchon est à espérer.
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