Le VIOL de nos actuels Principes et Valeurs a accompagné le long processus Sioniste, sans qu’il convienne de critiquer ce dernier
L'article aujourd’hui proposé porte un regard critique sur nous-mêmes, comme contributeurs majeurs de certains aspects d'un processus qui semblent violer nos Principes et Valeurs d'aujourd'hui.
Cet Article fait suite à trois de mes précédents Articles :
Le premier est intitulé « Le Sionisme : la déclassification progressive des archives change le regard des historiens sur les Processus associés à sa mise en œuvre ». (1) C'est un Article qui cherche à documenter un processus.
Le second est intitulé « Vaincre l'antisémitisme par le Sionisme, c'est la vision de Theodor HERZL » (2) C'est un Article qui cherche à documenter comment Herzl en était arrivé à imaginer cette ''solution'' à l'Antisémitisme, et comment il envisageait la mise en œuvre du Sionisme, qu'il a d'ailleurs initié.
Le troisième est intitulé « Lobbying Pro-Israël et Démocratie : jusqu'où sont-ils compatibles ? » (3) C'est un Article qui cherche à documenter les actions visant à influencer les Opinions Publiques sur le sujet de l’État d'’Israël et du Sionisme.
Critiquer, c'est à la fois condamner et montrer du doigt. Et, comme aurait pu dire Bossuet, ''Dieu se rit de ceux qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en ont chéri les causes.''
( Evocation florale de l'idée de Bossuet)
S'il est une chose qui m'a frappé dans le Sionisme, c'est bien la cohérence de la vision politique de Theodor Herzl, telle qu'elle découle de ses écrits, laquelle correspond parfaitement au déroulé du processus sioniste, tel qu'on peut le reconstituer. Processus qui a progressé durant plus d'un siècle, et qui se poursuit encore aujourd'hui sur certains aspects.
Le parcours tant personnel que professionnel de Herzl, joint à la cohérence globalement observée entre la Vision et la Mise en Oeuvre, m'incite à lui faire plutôt confiance pour ce qui regarde la sincérité de ses propos.
C'est pourquoi, je propose, en introduction, de mettre en avant trois citations-clefs de Herzl, qui me semblent éclairer toute la problématique résumée dans le titre de l'Article :
« Nous annonçons nos intentions au plein jour... et nous désirons recevoir l'autorisation avant d'entreprendre une mission qui serait autrement la plus injustifiable des expérimentations. Le problème n'étant pas seulement d'amener les gens sur place, mais aussi de les y maintenir, et ceci en totale sécurité » (13a)
« Pour y parvenir, nous devrons mener des négociations diplomatiques (…) et des actions de propagande à grande échelle. » (13b)
Sa remarque sur les politiciens (qu'il a dû pratiquer assidûment pour faire avancer son Projet) a sans doute forgé sa vision de la politique dans la future Altneuland : « Ici, la politique n'est ni un business ni une profession ... le terme ''politicien professionnel'' est une insulte. » (13c)
( Politicien Professionnel sur son Business - évocation florale de l'idée de Herzl)
>>> LES VIOLS DE NOS ACTUELS PRINCIPES ET VALEURS <<<
A >> Renoncement des politiciens des pays infestés par l'Antisémitisme durant le déroulé du processus Sioniste : plutôt que de TRAITER LE PROBLEME à la source, ils espèrent s'en débarrasser via le Sionisme.
Traiter le problème de l'antisémitisme dans la phase aiguë observée du temps de Herzl aurait demandé du courage politique. Car le traitement ne passe pas seulement par plus de lois et plus de coercition, mais aussi (et surtout, sur le long terme) par une vision à tous les niveaux de la société, qui permette et pérennise une intégration de la diversité dans la Nation.
Ne pas traiter le problème, est-ce seulement de la médiocrité politique, un simple abandon de responsabilité ? Non. Car encourager un processus visant à ''se débarrasser'' des victimes de l'antisémitisme en les éloignant, valide en même temps l'affirmation selon laquelle ils seraient eux-mêmes le problème.
Cette approche de nos politiques de l'époque n'était-elle pas au départ de l'antisémitisme pur et dur ? Doublé d'un cynisme effrayant ?
B >> Le premier objectif Sioniste était qu' UNE COLONISATION LEUR SOIT AUTORISÉE sur un territoire.
Herzl affirme aux partisans du Sionisme qu'il s'oppose à poursuivre la stratégie d'infiltration car, explique-t-il, ''toute infiltration est vouée à mal se terminer''. Et il précise clairement que ce qu'il veut c'est une colonisation qui puisse être protégée par sa propre armée Juive. (13e)
Cette colonisation, annoncée au plein jour, devait recevoir une autorisation préalable (13a) des grandes puissances, via négociations diplomatiques.
Or, nous savions tous déjà à l'époque que les colonisations modernes qui ont 'réussi', si je puis dire, ne l'avaient été qu'après quasi-extinction des populations indigènes, comme par exemple en Amérique du Nord ou en Australie. (4)
> Les Grandes Puissances pensaient-elles que le Projet Colonial issu des négociations diplomatiques de l'époque était de ce type-là ?
Il a été plus tard vérifié (Afrique du Sud, Algérie, etc) que, quand la population indigène reste importante, la colonisation ne peut 'réussir'. C'est une 'voie sans issue' pour un Projet Colonial.
> Les Grandes Puissances ont-elle alors ajusté leur position sur le Projet qu'elles avaient autorisé ?
En tout cas, l'autorisation préalable pour ''une mission qui serait autrement la plus injustifiable des expérimentations'' ne pouvait intervenir que via des accords secrets, que dénonça fermement la Commission inter-alliée ''King-Crane'' (Voir Annexe 1)
C >> Le MOUVEMENT SIONISTE A DÉCLINÉ L'ACCORD donné pour un PROJET DE COLONISATION EN OUGANDA, en exigeant que le ''Foyer National Juif'' soit localisé en 'TERRE D'ISRAEL'. Il est alors devenu clair que LE PROJET SIONISTE était d'abord un PROJET RELIGIEUX.
Theodor Herzl a été reçu, début 1903, par le British Colonial Secretary Joseph Chamberlain, peu après les pogroms de Kishinev, en Russie. L'objectif était de trouver d'urgence un refuge pour les Juifs d'Europe qui se trouvaient en danger imminent face à l'antisémitisme violent.
Joseph Chamberlain proposa un territoire de quelques 15.000 km2 au climat tempéré situé dans l'actuel Kenya. C'était le "Plan Ouganda". En août 1903, le Foreign Office déclara accueillir favorablement la proposition pour y établir une colonie Juive.
Aussitôt, Theodor Herzl présenta le plan au sixième Congrès Sioniste, sans cependant rencontrer l'adhésion espérée. Au septième Congrès Sioniste (1905), le "Plan Ouganda" fut définitivement rejeté, le Congrès déclarant que le Foyer National Juif ne pouvait être que la 'Terre d’Israël' de la Bible : un Projet Religieux donc.
La question se posait alors de savoir si les populations Juives en danger imminent pouvaient attendre ? La décision de refus de l'Ouganda par le Congrès Sioniste signifiait donc que l'objectif n'était plus vraiment celui annoncé (un refuge pour les Juifs en danger). En conséquence, une partie des participants au Congrès Sioniste ont alors quitté le mouvement Sioniste (dont le fameux Israel Zangwill).
En parallèle à ces négociations diplomatiques pour l'Ouganda, d'autres négociations diplomatiques s'étaient poursuivies tous azimuts... et avaient progressé rapidement avec plusieurs ''Grandes Puissances'' occidentales. Les membres du Congrès Sioniste pensaient alors pouvoir être plus exigeants
En bref : Le projet initial de Theodor Herzl était bien un Projet Politique Colonial et humanitaire pour les Juifs persécutés. Mais, rapidement, l'esprit religieux a « pris la main », et le Projet Sioniste est devenu un Projet d'abord Religieux. D'où le rejet du Projet Ouganda, qui correspondait pourtant exactement aux exigences présentées à Chamberlain.
Herzl a dû intégrer cette réalité. Tant Herzl que les activistes Sionistes qui suivirent affirmèrent alors haut et clair que le territoire 'qui leur revient' est le « Grand Israël » de la Bible (très largement supérieur au territoire qui sera octroyé par l'ONU en 1947).
Theodor Herzl écrira dans sa correspondance : " Mon cœur est pour Sion, ma raison pour l'Ouganda." (6) Sans doute avait-il raison. Mais le Projet avait là changé de contenu et de dimension, bien que sa facette politique demeurait coloniale.
Cependant, les ''Grandes Puissances'' –qui avaient probablement déjà donné leur accord- pouvaient-elles soutenir officiellement un Projet Religieux aux yeux du monde ? Pour le faire néanmoins prospérer, les Grandes Puissances durent travestir le Projet Sioniste et le rendre en apparence compatible avec le Droit International. Pour ce faire, grande attention sera portée par les ''Grandes Puissances'' au formalisme du droit, tout en ignorant les fondements du droit, comme on le verra plus loin.
D >> Insérer UN AVANT-POSTE OCCIDENTAL sous la forme d'un pôle culturel Juif au Moyen Orient, dans l'intérêt des 'Nations Civilisées' (et de 'la Civilisation' en général).
Les principales 'nations civilisées' étant en l’occurrence le Royaume-Uni, la France, et les États-Unis.
En 1902, Theodor Herzl recherchait le soutien de Cecil Rhodes (un champion britannique de l'expansion coloniale), et il lui écrivit en expliquant : « (...) mon programme est un programme colonial (...) un avant-poste de la civilisation pour faire contrepoids à la barbarie (...) un bastion de la culture occidentale. » (6)
Le principe d'une approche 'civilisatrice' (qui suppose qu'il n'y ait qu'une vraie Civilisation) a maintes fois été dénoncée par les anthropologues, dont Lévi-Strauss : « L'Anthropologue invite seulement chaque société à ne pas croire que ses institutions, ses coutumes et ses croyances sont les seules possibles ; il la dissuade de s'imaginer que du fait qu'il les croit bonnes, ces institutions, coutumes et croyances sont inscrites dans la nature des choses et qu'on peut impunément les imposer à d'autres sociétés dont le système de valeurs est incompatible avec le sien. » (7) p. 57
Le mouvement Sioniste a donc progressivement convaincu les principales 'nations civilisées' de l'utilité de ce concept d'avant-poste occidental au Moyen-Orient. (13d) Concept qui peut aussi présenter des avantages politiques stratégiques tant pour le Royaume Uni que pour la France.
Ce concept d'avant-poste occidental est la ''clef'' qui ouvre les portes de tous les possibles pour le Projet Sioniste.
Néanmoins, le concept évoque irrésistiblement un remake moderne des ''croisades''. Avec tous les risques de déstabilisation à long terme et de conflits qui y sont rattachés.
E >> LA DÉCLARATION BALFOUR … ou L'ART de la DUPLICITÉ
On se souvient de la Déclaration Balfour de novembre 1917 : (... étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine ...). Le basique Droit à l'auto-détermination des peuples fait bien entendu aussi partie de ces Droits...
En 1919, Balfour expliquait que « Les quatre Grandes Puissances se sont engagées en faveur du Sionisme. (…) La Palestine était une occasion unique. Il s'agit non des souhaits d'une communauté existante, mais de la recherche consciente de re-constitution d'une nouvelle communauté en construisant une future majorité numérique. (...) En Palestine, nous ne proposons pas de passer par la formalité d'une consultation des souhaits des actuels habitants du pays. (…) Le sionisme, qu'il soit juste ou pas, bon ou mauvais, est enraciné dans des traditions millénaires, dans des besoins actuels, dans des espoirs futurs, qui sont de bien plus grande importance que les désirs préjugés de 700.000 Arabes qui habitent actuellement cette terre antique. » (11)
Balfour pensait d'ailleurs être un instrument dans les mains de Dieu en vue de la réalisation des prophéties... Voir d'autres citations ''édifiantes'' de personnalités de premier plan : http://www.balfourproject.org/a-few-quotes/
Cet « Art » n'est donc pas spécifique à Balfour. Les Grandes Puissances vont formaliser la chose via la Conférence de Versailles et à la Ligue des Nations (en contravention avec les termes des Mandats qui affirment la souveraineté des populations), et via la Commission ''King-Crane'' (bien que l'enquête de la Commission ait rapporté que « Les Sionistes espèrent pouvoir déposséder de manière quasi complète les actuels habitants non-Juifs. » (Voir Annexe 2)
F >> COMMENCER A PAVER LA ROUTE VERS UN ÉTAT ETHNIQUE
Suite à la grande révolte Arabe de 1936, la Commission Royale Palestine (Commission Peel) a été mandatée pour enquêter et pour trouver des solutions.
La Déclaration de Churchill à la Commission a laissé une empreinte profonde dans l'orientation générale du Rapport Peel. (ou bien exprimait-il seulement un point de vue généralement partagé par les 'nations civilisées' ?)
Sur les Palestiniens, Churchill développa une brutale approche raciste devant la Commission :« (…) Je n’admets pas, par exemple, qu’un grand tort ait été causé aux Indiens d’Amérique ou aux populations noires de l’Australie. Je n’admets pas qu’un tort ait été causé à ces peuples parce qu’une race plus forte, une race de plus haut grade, une race plus consciente des réalités pour ainsi dire, est venue et a pris sa place ». (12)
Churchill soulignait que le cas des Juifs était différent de celui des Arabes Palestiniens. Le Rapport de la Commission Royale Palestine conclura que le « Peuple Juif » de la diaspora est indigène en Palestine.
En outre, la solution avancée est le partage de la Palestine.
Loy Henderson, du Département d’État Américain, en charge des Affaires du Moyen Orient, recommanda au Secrétaire d’État George Marshall d'aborder la question des positions du Rapport Peel avec prudence. Il écrivait que le Plan de Partage "ignorait l'auto-détermination et la règle de la majorité", et précisait que "La Déclaration Balfour et le Mandat n'ont pas prévu un État Juif, mais un Foyer National Juif." (9b)
Qu'importe ! Personne ne tiendra compte de ces anomalies de droit fondamentales, qu'un fonctionnaire Américain a pourtant identifié à la première lecture du texte. En effet, en tenir compte impliquerait de revenir sur l'autorisation de colonisation accordée par les Grandes Puissances.
G >> LES TRANSFERTS/ EXPULSIONS de POPULATIONS ARABES
Alain Cypel (ORIENT XXI) rappelle que « Le sujet du « transfert » de la population palestinienne hors du futur État juif avait été longuement débattu au Congrès sioniste de Zurich en 1937, or ces débats furent maintenus secrets (ils le sont restés jusqu’aux années 1990). Et lorsque l’épuration ethnique fut mise en œuvre en 1948-1950, elle apparut suffisamment déshonorante aux yeux des dirigeants sionistes pour qu’ils la nient (en accusant les victimes d’être la cause de leur propre malheur). » (14)
L'approbation du principe des transferts de populations 'Arabes', la préparation de ces transferts, leur mise en œuvre violente vis-à-vis des Arabes de Palestine, ainsi que l'organisation de l'importation de populations Juives de remplacement, d'Irak et du Maroc, ont été largement décrits dans l'Article cité en (1) :
https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-sionisme-la-declassification-209989
Dans une interview avec le quotidien Haaretz du 09 janvier 2004, l'historien Israélien Benny Morris expliquait : "Un État Juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700 000 Palestiniens. Par conséquent il était nécessaire de les déraciner."
C'est là la logique implacable de ce type de Sionisme ''intégriste'' qu'il serait aujourd'hui inconvenant de critiquer.
Et, depuis les années 1990, y a-t-il eu une Commission d'Enquête sur les 'transferts' effectués ? Des sanctions pour le viol des Droits Humains ?
Bien sûr que non, puisque le viol de nos actuelles Valeurs faisait partie de la Colonisation accordée.
H >> La mise en place par l'Occident des FORMALISMES NÉCESSAIRES pour que l’État d’Israël devienne effectivement ce qui avait était agréé par les ''Grandes Puissances'', voici un siècle : UN AVANT POSTE OCCIDENTAL en position dominante au MOYEN ORIENT.
La résolution des Nations Unies de 1947 visera à opérer une partition de la Palestine en deux États démocratiques, et non pas ethniques. (+ la Zone de Jérusalem). Pour passer au vote à l'ONU, on ne pouvait proposer la solution ethnique, car les Grandes Puissances n'étaient plus 'entre elles'. Il s'agissait dans la forme de respecter les droits des populations indigènes, tout en sachant que l'objectif était tout autre.
1947 - Aux Nations Unies, la Commission en charge avertit clairement l'Assemblée Générale par une recommandation, le 03 septembre 1947 : « En outre, il doit être sérieusement pris en considération le ressentiment certain et la vive opposition des Arabes de tout le Moyen Orient à toute tentative de résoudre, à ce qu'ils considèrent à leurs dépens, le problème Juif, qu'ils considèrent être de la responsabilité de la communauté internationale. » (1), Note N°(46) La recommandation a été rapidement classée dans les tiroirs.
Le 25 novembre 1947, le comité ad-hoc approuva le plan de partage, avec une majorité juste inférieure aux 2/3 requis pour que le dossier puisse passer en Assemblée Générale.
Les États Arabes, dans un compromis et concession majeure de dernière minute, ont alors proposé un gouvernement fédéré de la Palestine. (1), Note N° (47) Un genre de Suisse du Moyen Orient ?
Il semble que cette proposition n'ait pas même été sérieusement considérée.
En effet, l'Assemblée Générale procéda au vote pour le plan de partage dès le 29. La majorité des 2/3 ayant finalement été obtenue après que les pressions US adéquates, effectuées sur plusieurs petits États (pour qu'ils changent leur vote), aient produit sur le champ l'effet attendu.
La résolution de l'ONU créait donc deux États démocratiques pour tous les citoyens, dans chaque État, sans discrimination aucune (+ la zone Jérusalem). La Déclaration d'Indépendance de l’État d’Israël reprenait les mêmes termes.
L'issue était prévisible, prévue, inéluctable : la guerre.
On aurait sans doute pu l'éviter si la Communauté Internationale n'avait repoussé d'un revers de manche la proposition Arabe d'un gouvernement fédéré de la Palestine. Mais il apparaît que cette solution aurait figé les frontières. Or, le mouvement Sioniste européen avait des plans bien différents de ceux affichés. Aussi, notons que la guerre est tristement aussi une opportunité pour qui a déjà en tête une espérance de territoire et d'influence/ contrôle bien plus large.
Aujourd'hui, la nouvelle loi État-nation réserve les Droits Nationaux (et l'auto-détermination qui va avec) à une catégorie ethno-culturelle, tout en les refusant aux autres. En outre, cette Loi, au Point N° 7 proclame que « L’état considère le développement des colonies juives comme une valeur nationale et agira pour encourager et promouvoir leur création et leur renforcement. »
En outre, rappelons que, ces dernières décades, la demi-douzaine de « Plans » successifs (Américains et Israélien) ont visé à fragmenter les États existants au Moyen Orient, en espérant ensuite pouvoir redessiner les frontières, et ainsi asseoir Israël comme ''la'' puissance Occidentale incontournable au Moyen Orient : le fameux Avant-Poste Occidental au Moyen Orient.
Avant cela, la France avait aidé Israël à se doter de la technologie nucléaire. Ce qui permet aujourd’hui à l'Etat d'Israel de disposer de plusieurs centaines d'ogives militaires nucléaires. Un jour, il faudra que je recherche dans les archives du Parlement français, pour comprendre comment les délibérations des élus du peuple français sont parvenues à se prononcer en faveur de la prolifération nucléaire.
Nous avons vu que les « négociations diplomatiques » qu'annonçait Herzl ont permis de parvenir à une vision des Grandes Puissances qui soit cohérente avec les demandes du Mouvement Sioniste. L'implication pour ces Grandes Puissances était de ''mettre de côté'' les Valeurs et Principes de l'Occident pour faire prospérer cette opération de colonisation en Palestine.
I >> LE ''TRAVAIL'' SUR LES OPINIONS PUBLIQUES : UNE GUERRE MÉDIATIQUE.
Après l'accord des 'Grandes Puissances', restait à 'traiter' les peuples de ces Grandes Puissances. Dans son Projet Sioniste, Theodor Herzl avait souligné la nécessité « des actions de propagande à grande échelle ». J'imagine que ces actions étaient prioritairement destinées aux populations des ''Grandes Puissances ». C'est pourquoi j'avais rédigé l'Article indiqué en (3) :
https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/lobbyisme-pro-israel-et-democratie-212702
Cet Article analysait plusieurs types d'actions, menées conjointement :
> Le travail de Lobbying sur les Élus du Parlement US, pour favoriser les aides financières généreuses envers Israël, et pour s'assurer du veto des États-Unis contre toute résolution condamnant les actions israéliennes.
> Le travail de Lobbying sur le Parlement Européen et sur le US Department of State, afin de favoriser des modifications législatives favorables à Israël.
> Le travail pour influencer les personnalités publiques.
> Le travail des Activistes sur les Campus Universitaires, pour influencer les Leaders d'Opinions du moment et ceux du futur.
> Le travail trans-national des 'Trolls' sur forums, blogs, et articles de presse ...
> Le travail de 'Guerre psychologique' pour déstabiliser des individus dont les propos nuisent au travail de propagande en cours.
Notons à ce point que certains particularisme de croyance de plusieurs courants de Chrétiens Américains les prédisposent à accepter inconditionnellement toute proposition Sioniste. C'est ce que l'on appelle le ''Sionisme Chrétien''. Lequel est extrèmement puissant. Le sujet a été étudié dans un Article spécifique. (15)
Je ne sais quel est l'impact objectif de toutes ces actions coûteuses de « propagande à grande échelle » menées sur une très longue durée. Néanmoins, les ambitions semblent être là, si l'on en juge par un reportage en Grande Bretagne qui montrait « les ingérences d’Israël dans les affaires internes d'un pays étranger, et ses tentatives pour faire chuter un ministre considéré comme pro-palestinien. » (...) « ce qui avait abouti à des excuses publiques de l’ambassadeur d’Israël à Londres et au retour précipité à Tel-Aviv d’un diplomate de haut rang. » (3), Notes N° 14 et 16
Il est d'ailleurs frappant que les reportages d'investigation d'envergure sur certaines activités critiquables des gouvernements Israéliens (ou sur le sans doute légal, mais néanmoins contestable 'travail' des Opinions Publiques par d'autres acteurs) soient généralement réalisés par des Médias non-Occidentaux. En effet, je note une médiocre hétérogénéité de vues sur les sujets touchant au Sionisme, à la Palestine ou à Israel, tant dans nos Médias Grand Public que dans nos Mouvements Politiques. Alors que sur d'autres sujets, nous sommes richement dotés en termes de variété de vues. Il faudrait être attentif à ce que le conformisme des uns et des autres ne soit le résultat d'une 'infusion' idéologique.
La méfiance est sans doute une des principales raisons pour lesquelles, sur ces sujets comme sur quelques autres, le public se tourne de plus en plus vers internet, et y découvre un monde assez différent de celui qu'on lui sert habituellement.
Ainsi, nombre d'Associations Occidentales s'élèvent en critiques des actions (ou non-actions) de leurs politiciens, au nom des mêmes Valeurs Occidentales (Liberté, Justice, Égalité, Dignité, Fraternité, …) que ces mêmes politiciens prétendent incarner.
( exemple d' Association s'intéressant à la Palestine, et rappelant l'existence de Valeurs en l'Occident )
De la sorte, le viol de nos actuels Principes et Valeurs est de plus en plus dénoncé par la base populaire, et s'adresse à ceux qui ont été aujourd'hui mandatés pour faire prospérer ces mêmes Valeurs et Principes.
D'où, par exemple, la dégradation du soutien à l'AIPAC de la part des jeunes Américains qui veulent faire vivre des Valeurs, et délaissent le principe du 'soutien inconditionnel'. Ils vont donc chercher des informations factuelles complémentaires ailleurs - par exemple : ONG « If Americans Knew » ( https://ifamericaknew.org/ )
Ou, autre exemple, la perte de confiance dans le Parlement Européen qui 'travaille' comme/pour un lobby quand il invite les États membres à mettre en œuvre des législations assimilant antisionisme et antisémitisme. Ce qui en fait rendrait potentiellement illégal toute critique des actions des gouvernements israéliens successifs. De telles législations intimident, découragent toute tentative de critique, protègent les actions malfaisantes, et décrédibilisent tant nos institutions que ceux chargés de les faire fonctionner. Voir Article (3) pour analyse approfondie de cet aspect.
( évocation de l'adage « la raison de plus fort est toujours la meilleure » )
J >> PETITE CONCLUSION
Gideon Levy, journaliste israélien mondialement reconnu nous expliquait que « le Sionisme est en contradiction avec les droits de l'homme, et est donc bien un mouvement ultranationaliste, colonialiste et peut-être raciste. (...) Le Sionisme est la religion fondamentaliste d’Israël (…). Nous pouvons admettre que les droits des Juifs à un État contredit le droit des Palestiniens à leur terre (...). » Gideon Levy concluait : « Voici venu le temps d'une nouvelle division (...) Entre les partisans du Sionisme et les partisans de la justice. (...). » (3), Note N° (38)
Voici plus d'un siècle, Theodor Herzl expliquait qu' « Une fois qu'un accord satisfaisant aura été conclu avec les différents pouvoirs politiques impliqués, et qu'une migration Juive systématique aura commencé, elle durera dans chaque pays aussi longtemps que ce pays désirera se débarrasser de ses Juifs. Comment ce flux s'arrêtera-t-il ? Simplement par la diminution progressive puis fin définitive de l'anti-Sémitisme. De cette manière, nous comprenons et anticipons la fin du Problème. » (2), Note N° 36
Il semble bien que le Sionisme n'a à aucun moment apporté un quelconque début de mouvement vers « la fin du Problème », tout en en créant bien d'autres. Tant pour les Palestiniens que, souvent, pour des humanistes du monde (y compris des Juifs de la diaspora et d’Israël).
Si le viol de la justice a touché d'abord ceux objet de l'injustice, il a touché aussi les autres populations : Celles des pays 'maîtres' qui n'ont pas été informées que l'injustice était infligée en leur nom, ainsi que celles pour qui elle a été mise en œuvre, car, à l'époque, l'Occident n'avait pas su -ou plutôt n'avait pas souhaité- les retenir.
En effet, l'article 22 du Système des Mandats de la Ligue des Nations garantissait l'autodétermination pour les indigènes Palestiniens d'alors, par la formule du ''sacred trust of civilization''. Voir détails en Annexe 2, et en Note N° (10)
« Le refus de la Grande Bretagne -avec l'appui de l'Occident- de demander le respect de l'objectif ultime du ''sacred trust of civilization'', c'est-à-dire l’autodétermination et l'indépendance du peuple palestinien (*), a porté atteinte au droit international et porte des doutes sérieux sur l'engagement réel de l'Occident pour les Droits de l'Homme et pour la primauté du Droit, principes auxquels l'Occident prétend par ailleurs adhérer . » (16) -
(*) « Comme souligné par la Cour Internationale de Justice »
« Le viol de la justice crie toujours vengeance. (…) Ceux qui commandent cherchent à rester les maîtres, tandis que les asservis font effort pour reconquérir la liberté. » (5)
Je pense que le temps viendra, non pas de la vengeance, mais du retour progressif à ces Principes et Valeurs qui auront été violés, et de la réparation de l'injustice (pour toutes les parties), sans jamais remettre en cause les principes fondamentaux des résolutions et communications de l'ONU, y compris celles de 1947 et suivantes.
Mais peut-être les Valeurs que se choisira l'Occident de demain seront-elles essentiellement ethno-culturelles : chacun pour soi et chacun chez soi. (17) (18). Dès lors, on tracerait un trait sur le Droit International (ce qui dans les faits est déjà chose quasi faite) . Et chaque Groupe Humain (défini chacun selon ses propres critères) fixerait ses propres règles (ou absence de règles), ses propres moyens pour parvenir à ses propres objectifs (annoncés ou non), et nouerait ses propres alliances.
Dans les périodes troublées à venir, il est avant tout essentiel de se trouver des Alliés fiables. Qualité -on l'a vu- quasi-introuvable chez les "Grandes Puissances" Occidentales, qu'il faudrait donc sans doute aller chercher ailleurs ? Sauf improbable révolution des mentalités ?
JPCiron
( Chaque Valeur a un ange gardien qui veille sur elle... - évocation florale )
:: :: :: :: :: :: :: :: :: :: NOTES :: :: :: :: :: :: :: :: ::
….. (1) - « Le Sionisme : la déclassification progressive des archives change le regard des historiens sur les Processus associés à sa mise en œuvre » - par JPCiron – ( https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-sionisme-la-declassification-209989 )
(1), Note N° 46 - United Nations – Report to General Assembly A/364 - 3 september 1947 - Chapter V - Section B – Recommendation XII - (c) : « Further, serious account must-be taken of the certain resentment and vigorous opposition of the Arabs throughout the Middle East to any attempt to solve, at what they regard as their expense, the Jewish problem, which they consider to be an international responsibility. »
(1), Note N° 47 - The Case for Palestine : An International Law Perspective - John B. Quigley – 2005 - « As a last minute compromise, and as a major concession, several Arab states proposed a plan for a federated government in Palestine. (...) »
..... (2) - « Vaincre l'antisémitisme par le Sionisme, c'est la vision de Theodor HERZL » - par JPCiron - https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/vaincre-l-antisemitisme-par-le-213131
(2), Note N° 36 - « Once a satisfactory agreement is concluded with the various political powers involved and a systematic Jewish migration begins, it will last in each country as long as it desires to be rid of its Jews. How will the current be stopped ? Simply by the gradual decrease and the final cessation of anti-Semitism. In this way we understand and anticipate the solution of the Problem. »
« Une fois qu'un accord satisfaisant aura été conclu avec les différents pouvoirs politiques impliqués, et qu'une migration Juive systématique aura commencé, elle durera dans chaque pays aussi longtemps que ce pays désirera se débarrasser de ses Juifs. Comment ce flux s'arrêtera-t-il ? Simplement par la diminution progressive puis fin définitive de l'anti-Sémitisme. De cette manière, nous comprenons et anticipons la fin du Problème. »
….. (3) - « LOBBYING Pro-Israël et DÉMOCRATIE : jusqu'où sont-ils compatibles ? La ligne jaune a-t-elle été franchie ? En Europe ? En France ? » - par JPCiron – ( https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/lobbyisme-pro-israel-et-democratie-212702 )
(3), Note N° 14 - Article : « Lobby israélien, le documentaire interdit » - Alain GRESH – Le Monde Diplomatique – Sept 2018. ( https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/GRESH/59047 )
(3), Note N° 16 - (Anglais) Article Al-Jazeera « Israel lobby infiltrates UK student movement » - 11 jan. 2017 ( https://www.aljazeera.com/news/2017/01/exclusive-israel-lobby-infiltrates-uk-student-movement-170110140117749.html )
(3), Note N° 38 - Article de Gideon LEVY du 01 sept. 2017 / rubrique ''Opinion'' du magazine israélien HAARETZ : "Israel Justice Minister Shaked said the truth loud and clear : Zionism contradicts human rights, and thus is indeed an ultranationalist, colonialist and perhaps racist movement" (...) "Zionism is Israel’s fundamentalist religion, and as in any religion, its denial is prohibited." (...) " we can finally think about Zionism more freely. We can admit that the Jews’ right to a state contradicted the Palestinians’ right to their land "(...).
Gideon Levy conclut : "Now, then, is the time for a new division ( ...) Between supporters of Zionism and supporters of justice. (...) "
….. (4) - « Quelle PAIX pour les 'indiens' de Palestine ? » par JPCiron – ( https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quelle-paix-pour-les-indiens-de-211789 )
….. (5) - « L'Homme et la Terre (préface du tome I) – Elysée Reclus – La librairie Universelle – Paris – 1905
….. (6) - Cité dans « L'URSS et les Juifs » – Henri Alleg – 1989
….. (7) - « L'Anthropologie face aux problèmes du monde moderne » – Lévi-Strauss – 2011 (publication posthume).
….. (8) - « Introduction of the King-Crane Commission Report » - August 28, 1919
« The Report exposes the evils of the secret treaties. It makes clear the glaring contrast between the solemn pledges of the European nations to the peoples of the Near East and their imperialistic course. »
….. (9) - The Case for Palestine : An International Law Perspective - John B. Quigley – 2005
(9a) - « In 1919, Wilson dispatched a fact-finding commission to Palestine. Known as the King-Crane Commission, its report to Wilson confirmed Arab fears. It said that "the Zionists looked forward to a practically complete dispossession of the present non-Jewish inhabitants (...)." »
(9b) « Loy Henderson, the US State Department official responsible for Middle East Affairs, advised Secretary of State George Marshall to approach the matter cautiously. He said the partition plan ignored "self-determination and majority rule." (...) "The Balfour Declaration and the Mandate ... provided not for a Jewish State, but for a Jewish national home." »
….. (10) - The Palestine Yearbook of International Law – Vol. IV – par Pineschi - 1997
« Covenant article 22 provided that all mandates would be governed by the principle "that the well-being and development of such peoples form a sacred trust of civilization."
According to Covenant article 22 "the tutelage of such peoples should be entrusted to advanced nations who by reason of their ressources, their experience, or their geographical position can best undertake this responsibility, and who are willing to accept it, and that this tutelage should be exerciced by them as Mandatories on behalf of the League." (...) Under the League mandate system, the terms of these mandates did not involve any cession of territory or transfer of sovereignty to the mandatories. »
….. (11) - The Case for Palestine : An International Law Perspective - John B. Quigley – 2005
« The Four Great Powers are committed to Zionism. (…) Palestine presented a unique situation. We are dealing not with the wishes of an existing community but we are consciously seeking to re-constitute a new community and definitely building for a numerical majority in the future. (…) In Palestine we do not propose to go through the form of consulting the wishes of the present inhabitants of the country. "Zionism, be it right or wrong, good or bad, is rooted in age-long traditions, in present needs, in future hopes, of far profounder import than the desires of prejudices of the 700,000 Arabs who now inhabit that ancient land. »
….. (12) - "War Talk" - Arundhati ROY – 2003 P. 58
« In 1937 Winston Churchill said of the Palestinians : "I do not agree that the dog in a manger has the final right to the manger, even though he may have lain there for a very long time. I do not admit that right. I do not admit, for instance, that a great wrong has been done to the Red Indians of America, or the black people of Australia. I do not admit that a wrong has been done to these people by the fact that a stronger race, a higher grade race, a more worldly-wise race, to put it that way, has come in and taken their place." »
….. (13) – Le citations complètes se trouvent dans l'Article indiqué en note (2) ci-dessus, Annexe 3 :
(13a) Point N° 322 - « We announce our intentions in the light of day ...and we want permission before undertaking a task which would otherwise be the most unjustifiable of all experiments. For the problem is not only to get the people there, but also to keep them there, and that in complete security. »
(13b) Point N° 341 - « What the Zionist have hitherto achieved evokes my grateful admiration, but I am a confirmed opponent of infiltration ...My program, far more preferable, is to stop infiltration and concentrate all our strength upon an internationally-sanctioned acquisition of Palestine, To achieve this, we require diplomatic negotiations, which I have already begun, and propaganda on the largest scale. »
La remarque de Herzl sur les politiciens (qu'il a dû pratiquer assidûment pour faire avancer son Projet) a sans doute forgé sa vision de la politique dans la future Altneuland :
(13c) Point N° 403 - « ...Politics here is neither a business nor a profession. We have kept ourselves unsullied by that plague. People who try to live by spouting their opinions instead of by work are soon recognized for what they are. They are despised, and get no chance to do mischief. Our courts have repeatedly ruled in slander suits that the term "professional politician" is an insult... »
(13d) Point N° 350 - « It is more and more to the interest of the civilized nations and of civilization in general that a cultural station be established on the shortest road to Asia. Palestine is this station, and we Jews are the bearers of culture who are ready to give our property and our lives to bring about its creation. »
(13e) Point N° 288 - « I wanted only a colonization [I said] which we could protect with our own Jewish army. I must oppose a policy of infiltration... »
….. (14) - Article « Comment l’occupation a fini d’imposer la mentalité coloniale à la société israélienne » ORIENT XXI – Alain Cypel – 13 juillet 2017
….. (15) – Article « Aucune sympathie des Chrétiens Evangéliques Américains, pourtant premiers soutiens politiques du Mouvement de Libération National Juif. » - JPCiron - (https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/aucune-sympathie-des-chretiens-209744 )
….. (16) – Extraits de la Conférence du Professeur de Droit International John Dugard - 2012
« There are three victims of Britain’s failure to honour the “sacred trust” (*) conferred upon it by the League of Nations. First and foremost, there are the Palestinian people. Second, there is international law itself. The refusal of Britain, with the support of the West, to seek the fulfilment of the sacred trust’s ultimate objective – the self-determination and independence of the Palestinian people – has undermined respect for international law and gives rise to serious doubts about the West’s commitment to human rights and the Rule of Law, which it claims to cherish. Third, there is the credibility and reputation of Britain as a nation. Can a state that simply abandons a “sacred trust” conferred upon it by the international community actually be trusted ? »
(*) « As the International Court of Justice has stressed, the concept of sacred trust must be interpreted as requiring effect to be given to the principle of self-determination leading to independence. »
( http://www.balfourproject.org/britains-betrayal-of-sacred-trust/ )
..... (17) - De l’État-nation à l’État Ethnique ? - Article de JPCiron -
..... (18) - 'Qu'est-ce qu'une nation ?'' par Ernest Renan (1882) – Article de JPCiron -
( https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/qu-est-ce-qu-une-nation-par-ernest-209190 )
:: :: :: :: :: :: :: : Annexe 1 :: :: :: :: :: :: ::
>> Un ACCORD SECRET pour une Colonisation, pour pouvoir créer cet avant-poste occidental au Moyen-Orient.
Tant le Royaume-Uni que la France de l'époque pratiquaient assidûment les « accords secrets ». On l'a su avec les accords Sykes-Picot. Par ailleurs, la Commission inter-alliée ''King-Crane'' souligne dans son introduction : « Le Rapport expose les méfaits des traités secrets. Il montre clairement le contraste frappant entre les engagements solennels des nations Européennes aux peuples du Proche Orient et leur parcours impérialiste. » (8)
Initialement, le mouvement Sioniste aura donc reçu les nécessaires garanties diplomatiques avant de mettre en œuvre « une mission qui serait autrement la plus injustifiable des expérimentations » comme l’exprimait Herzl. » Effectivement, la Commission ''King-Crane'' souligne ces actions occidentales contraires à la parole donnée aux peuples indigènes du Moyen Orient.
Techniquement, ce concept de pôle Juif au Moyen Orient est une mission de colonisation d'un territoire dont on ne précise pas les contenus. Les processus associés au déroulement du Projet Sioniste (1) permettront de se faire une idée de l'effroyable viol des Droits de l'Homme opéré sous la bénédiction initiale des Grandes Puissances.
:: :: :: :: :: :: :: : Annexe 2 :: :: :: :: :: :: ::
>> EN PALESTINE, ABANDON -POUR LES INDIGENES D'ALORS- DU PRINCIPE D'AUTODÉTERMINATION DES PEUPLES
A> La Conférence de Versailles et la Ligue des Nations de 1919-1920
La Ligue des Nations à garanti aux groupes ethniques d'Europe Centrale et de l'Est qu'ils obtiendraient rapidement un État national. Par contre, la Ligue précise que les peuples d'Afrique, du Moyen Orient et d’Extrême Orient devront attendre, car ces peuples sont considérée inaptes à se diriger eux-mêmes. La Palestine en fait partie. Pour eux, un système de Mandat est instauré par l'article 22.
L'article 22 assure que « le bien-être et le développement de ces peuples sont garantis par une confiance sacrée de la civilisation. » En outre, l'article 22 prévoit que « la tutelle de ces peuples serait confiée à des nations avancées (…) et cette tutelle serait exercée en tant que Mandataires, au nom de la Ligue. » (…) « Dans le système des Mandats de la Ligue, les termes des mandats n'incluaient ni cession de territoire ni transfert de souveraineté aux mandataires. » (10) p. 18
Par conséquent, les peuples sous mandat sont souverains en Droit, et ils devaient être consultés pour l'évolution de leur futur. Mais on décida de faire pour le bien de ''la Civilisation'', sans les consulter.
B> La Commission d'enquête ''King-Crane'' en Palestine
En 1919, le Président Wilson dépêcha une Commission d'Enquête en Palestine (Commission King-Crane), afin d'enquêter sur les volontés des populations concernant leur avenir. En effet, ce principe de l'autodétermination des peuples (Consent of the Governed) est un des points fondamentaux de la Déclaration d'Indépendance des USA de 1776. (une valeur 'universelle' donc, pour les Américains)
L'Annexe 'confidentielle' « Pour ou Contre le Sionisme » du Rapport King-Crane rapporte les vues des deux parties :
Pour : (Les Juifs opprimés devraient avoir quelque part un État où se réfugier.) (Les supporters du Sionisme indiquent qu'il ne sera nul besoin de déplacer les populations)
Contre : (Les Juifs sont venus en immigrants) (Les Arabes sont chez eux) (Ils résisteront jusqu'au bout à l'établissement d'un gouvernement Juif)
Des informations explicites recueillies sur le terrain par la Commission King-Crane ont été rapportées dans le rapport : « Les Sionistes espèrent pouvoir déposséder de manière quasi complète les actuels habitants non-Juifs. » (9a)
En moins de deux ans, on assiste à un retournement de situation : le Président Américain Woodrow Wilson en est venu à pencher pour le Sionisme. Le rapport King-Crane fut enterré. Y compris l'Annexe 'confidentielle', qui sera pourtant connue hors USA dès 1922.
Comme le dit Balfour, « Les quatre Grandes Puissances se sont engagées en faveur du Sionisme » sachant pertinemment quel sort il est prévu de faire à la population indigène de Palestine. « Les Grandes Puissances » ferment donc les yeux sur le Droit International pour pouvoir pousser en avant 'leur' Projet.
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( « Small is Beautiful » - la beauté se trouve aussi dans les petites choses )
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