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Accueil du site > Actualités > Société > A l’école des hussards noirs

A l’école des hussards noirs

1879 : création des écoles normales d’instituteurs(EN) dans chaque département
 une d’instituteurs, une d’institutrices
1969 suppression des classes pré bac dans les EN
1990 suppression des EN par Jospin et création des IUFM ( Institut de « Formation » des maîtres)
2009 suppression des IUFM

Au moment où l’on parle du dur métier d’enseignant, de l’absence de préparation au métier, le livre de Mourot nous rappelle le temps des EN.

«  A l’école des hussards noirs », livre de Jean Mourot chez Book on Demand, 16,9 €, 271 pages, mars 2010

Quand ne sonnait pas encore le glas des Ecoles Normales !

Les Ecoles Normales ont été supprimées définitivement par Lionel Jospin en 1990.

Ses prédécesseurs avaient déjà mis fin en 1969 à l’existence du recrutement en fin de troisième...Avant ces deux dates funestes, des enfants de paysans et d’ouvriers, donc de milieux modestes pouvaient accéder à des études prises en charge par l’Etat et menant au métier d’instituteur ou d’institutrice.

Ces futurs «  hussards noirs  » ont instruit et éduqué des dizaines de millions d’enfants afin qu’ils accèdent aux savoirs.

Jean Mourot, instituteur à la retraite raconte dans ce livre ses mémoires d’élève maître de la promotion rouennaise 1951-1955.

Le portrait qu’il peint avec sa plume ne comporte pas que des couleurs vives et gaies.

L’auteur relate la vie dans ce laboratoire laïque, cette chrysalide, un peu "éteignoir", "d’où est issue l’élite des enseignants du premier degré d’une époque où tant de jeunes bacheliers étaient jetés dans aucune formation dans des classes de 30 à 40 élèves."

Ces normaliens découvrent un univers particulier et vont durant quatre ans se préparer à enseigner aux fils et filles du peuple.

L’existence y était austère et l’ordre «  républicain  » régnait dans ces établissements.

Ganne, militant communiste qui possédait un stock de journaux de propagande a été traduit en conseil de discipline puis exclu de l’Ecole Normale de Rouen alors qu’il était en quatrième année donc en formation professionnelle !

On ne badinait pas avec la «  neutralité  » de l’école en cette période historique où la réaction était reine... C’était au moment de la première loi anti laïque dite lois Marie-Barangé....

Ces Etablissements évolueront...à la fin des années 60, il était beaucoup plus rare qu’un normalien soit viré pour des raisons politiques.

Dans cette EN comme dans d’autres, les jeunes élèves maîtres se construisaient comme futurs éducateurs dès l’entrée en seconde et l’engagement social suivait un cheminement lent mais efficace.

Laissons parler Jean Mourot qui avant de devenir un syndicaliste révolutionnaire pensait que les préoccupations devaient ne pas être pas politiques mais d’ordre professionnel et social :

«  Laissant l’action militante aux entragés, je n’en adhérai pas moins au SNI-et donc à la FEN-par pragmatisme et pour disposer des fiches pédagogiques et de l’information corporative de «  l’Ecole Libératrice  »...

A cette époque il y avait chez les instituteurs 80% de syndiqués et pratiquement un seul syndicat...

Cette adhésion corporative et pédagogique a duré longtemps.

En 1969, trésorier du SNI ( Syndicat National des Instituteurs) à l’EN de Melun, je récoltais chez les «  formations professionnelles  », à la sortie de la paye les cotisations de 95% des promotions !

Jean Mourot profite de l’occasion de ce voyage dans son passé pour évoquer sa participation et celle d’autres élèves maîtres à des activités théâtrales... Toute cette mise en scène permettait de préparer les futurs enseignants à animer les amicales laïques de villages et de villes.

Les jeunes entrés à l’école normale à 15 ans sortaient de l’adolescence à l’entrée en formation professionnelle pour devenir l’année suivante des hommes "prêts à affronter un métier dont nous ne découvririons les dures réalités qu’une fois sortis du cocon de l’Ecole Normale"...

Aujourd’hui il n’y a plus de "cocon", plus de préparation au métier et des jeunes hommes et femmes sont envoyés dans des classes avec comme seul bagage un diplôme universitaire.

Jean-François Chalot


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17 réactions à cet article    


  • DIMEZELL 8 mai 2010 12:01

    Je me souviens de mes cours aussi et je dois dire que je ne partage pas la même mémoire des choses. J’ai eu des enseignants inefficaces et des gens très bien dont le travail et le questionnement m’ont servi très longtemps avant de penser moi même de nouvelles questions.
    En sport, j’ai appris une diversité de trucs incroyables qui m’ont permis de ne pas rester coincé avec des leçons mais d’ouvrir à des activités très variées et motivantes.
    La production d’écrit a été une porte d’entrée pour la plus grande de mes interrogations et un moment de richesse qui remettait en cause la place de la grammaire ou du vocabulaire. On avait essayé pas mal de choses en relation avec les classes des écoles de proximité.
    Sans cette formation, bien sur imparfaite, mon cheminement aurait été plus difficile.
    Ce cheminement fait de remises en cause continuelles me rend effrayé par la casse actuelle de l’école.


  • brieli67 8 mai 2010 13:27

    A partir de 1945, à la Libération, les Écoles normales sont donc rétablies mais avec un recrutement s’adressant prioritairement aux élèves de troisième des cours complémentaires du cursus dit « populaire » dont les plus importants disposent d’une classe de « troisième spéciale » véritable classe préparatoire au concours d’entrée très sélectif des Écoles normales primaires de garçons d’une part et de filles d’autre part. Les Élèves-maîtres et Élèves-maîtresses admis à ce difficile concours sont maintenant astreints à suivre une formation en quatre ans incluant la préparation du baccalauréat dans les Écoles normales. Leurs deux premières années d’internat correspondant maintenant aux classes de seconde et première avec la préparation en 2e année des deux sessions de février et de juin de la première partie du baccalauréat « série Moderne prime (M’) » avec une seule langue vivante étrangère, aucune langue morte (latin ou grec) mais avec une épreuve de sciences naturelles. Leur troisième année correspondant à la classe de terminale avec la préparation de la session de juin de la deuxième partie du baccalauréat « Sciences expérimentales » (dit Science-ex). La quatrième année étant une année de formation à la fois théorique et professionnelle avec des stages dans des classes d’écoles primaires et notamment celles de l’École annexe. Quatrième année sanctionnée par un examen - le fameux « certificat de fin d’études normales » (CFEN) - auquel les normaliens de 4e année devaient être admis pour prétendre être nommés sur un poste comme instituteurs stagiaires. Et à la fin de leur 1er trimestre d’enseignant, après une inspection dans leur classe, ils et elles devaient alors être admis au « certificat d’aptitude pédagogique » (CAP) pour enfin devenir instituteurs et institutrices titulaires de leur poste et donc fonctionnaires de catégorie B de la Fonction Publique.


    J’en étais de ces internes...... mais « Certif » avec récitation et « travaux de couture » . Les premiers des« cantons » étaient convoqués au concours d’entrée à l’EN _ l’Etat manquait de Hussards. Donc en quatrième.... un bacc au rabais, les stagiaires/remplaçants tenaient classe dès leur troisième année de formation. Titularisation le mois après ses 18 ans.
    Des formations_stages supplémentaires succulentes : secrétariat de mairie, cours d’orgue d’église et de chant choral, entraîneur de club de sport, théâtre amateur...
    Admission d’emblée au PEGC pour entrer dans la cohorte des professeurs de collèges.
    prioritaires dans les choix : l’option royale maths et EPS ou Maths et Musique
    proritaires aussi dans la voie administrative.. proviseurs, cadres aux « académies »
    un point important : il fallait un tuteur « syndicaliste » et ce dès l’entrée...

    Interne que pendant 15 jours... et retour vers le BEPC voie normale. Allergie à ce régime de pénitencier, deux années d’avance... ne savaient pas qu’en faire..
    Plus tard j’ai réussi plus par bravade ( et par amour pour Marie_Ange) le Concours des IPES Math_Physique. J’ai encaissé pendant quelques semestres le supplément mensuel de la Bourse .... sans jamais foutre les pieds dans un collège. De belles séances devant les TA /
    la « conversion » du Hussard en officier de Santé n’était pas prévue par la loi ... par contre vers la théo : pasteur, curé, rabbin .. OUI !

  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 8 mai 2010 17:56

    A Briell67
    Intéressant témoignage mais qui vaut surtout pour les départements d’Alsace-Moselle (cours de théologie) et à quelle époque ?
    Il faut préciser que si, dans les années 50, on préparait en général le bac Sc. Ex, certaines EN préparaient Math sup ou Philo.
    Et, dans les départements déficitaires, où l’on manquait de maitres d’école, le concours n’en restait pas moins sélectif et on trouvait un bon lot de candidats issus des collèges et lycées urbains (surtout des colléges « modernes ») parfois même après une année de seconde (ce fut mon cas). Ils étaient alors admis directement en première et astreints à 2 années de formation professionnelle (pour atteindre leurs 4 ans d’EN obligatoires). Car il faut aussi dire qu’en même temps qu’on recrutait de nombreux « remplaçants » (qui pouvaient rester un an sur le même poste) avec le bac et sans aucune préparation pédagogique (ils étaient astreints à se former le soir chez eux et le jeudi auprès de leur inspecteur) on a commencé à recruter au niveau bac des normaliens astreints à 2 années de FP. On a aussi donné à certains remplaçants l’occasion de stages de quelques semaines en EN.


  • brieli67 8 mai 2010 23:02

    ça ne vaut que pour les départements d’Alsace-Moselle (cours de théologie) et à quelle époque ?


    Merci ! 68, un concours identique a encore été organisé l’année d’après.
    Cours de théologie ? Non fac de théologie... pour pasteur, curé diplomé etc... aucune contrainte de remboursement ou d’obligation envers l’Etat.

    Les collèges et leurs classes de Transitions. 
    Pas que les têtes blondes en transition ! 

    Sur les hauteurs des 3 Seppi, comme remplaçant-vacataire, j’en ai vu passer des éclopé/es du système. 

  • CHALOT CHALOT 8 mai 2010 09:39

    J’ai beaucpoup de critiques à formuler vis à vis de la pédagogie des EN ;
    Mais au moins les aller-retour théorie-pratique avec les stages d’observation dans les classes apportaient des réponses aux questions posées.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 8 mai 2010 10:01

      trotskisme en 2010 ?

      c ’est Courchevel Val Thorens Alpe d’ Huez là-bas ils font le trop de skisme ....


      • CHALOT CHALOT 8 mai 2010 10:05

        Quand le gouvernement a détruit les EN il avait un double objectif
        - se débarrasser d’un lieu où se construisaient des carrières d’instituteurs quelque peu militants contestataires
        - faire des économies importantes avec une élimination des classes pré bacs

        Pour le trotskisme en 2010, c’est un autre sujet

        J’ai été instit pendant 37 ans 1/2, c’est pour répondrre à une question qui m’a été posée


        • brieli67 8 mai 2010 10:22

          création en 1810 d’une École normale à Strasbourg pour la formation des instituteurs.



          • Krokodilo Krokodilo 8 mai 2010 13:07

            Mes parents ont connu les EN que vous décrivez. Puis les IUFM sont devenus des temples du pédagol et du fumeux, mais leur suppression n’a eu pour seul but que le transfert de charges sur les parents et l’université, qui plus est en rajoutant un an de cursus, fausse revalorisation du métier par l’exigence d’une maîtrise (dans le jargon d’aujourd’hui ça s’appelle un « master »).
            Les IUFM ne se sont même pas opposés à l’anglais devenu obligatoire dans les écoles primaires faute de choix ; ils ont naïvement cru que la réforme concernait LES langues vivantes !


            • anny paule 8 mai 2010 16:23

              Si cela intéresse l’auteur, je dispose d’une mine fabuleuse : Ce sont les « histoires de vie » des héritiers directs de ces « Hussards noirs » de la République. Ce sont des hommes, essentiellement, qui avaient commencé leur carrière d’instituteurs à la fin des années 30 ou au début des années 40 et qui avaient été les élèves de ces « Hussards noirs ».
               La manière dont ils « sanctifient » tous l’Ecole publique, laïque et républicaine, (« qui devait venir à bout de toutes les discriminations », étant donné que « la plus grande misère du pauvre était l’ignorance »...), la dette dont ils se sentaient redevables vis à vis de cette Ecole qui leur avait permis d’échapper (grâce à l’EN, et à des études secondaires gratuites) à la misère qu’ils avaient connue dans leur enfance, la haute qualité morale dont tous font preuve, leur investissement dans la vie publique... laissent bien rêveurs en cette période où tout n’est que laxisme, paillettes, argent facile et futilité.
              Je me suis souvent promise d’en tirer un ouvrage (J’ai utilisé ces histoires de vie pour ma recherche, mais cela reste très théorique et interne à notre Université) ... Je ne m’y suis toujours pas attelée. Je dois manquer de courage ! Pourtant, ils mériteraient d’être connus du public ! L’image vécue et authentique qu’ils offrent de « Leur Ecole » pourrait inspirer autrement bien des enseignants d’aujourd’hui. Par contre, elle laisserait de marbre les démolisseurs politiques qui la dépècent en connaissance de cause depuis les années 80 !


              • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 8 mai 2010 18:02

                Effectivement, cela m’intéresserait.
                De la même veine, connaissez-vous « Nous les maîtres d’école », de J.Ozouf , des témoignages presque brut d’instits de la Belle époque ?
                Et « la république des instituteurs », un ouvrage plus touffu et organisé à partir de la même enquête, par les époux Ozouf ?


              • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 8 mai 2010 18:40

                Mon ami JF Chalot a bien lu mon livre (illustré) concernant mon passage à l’École normale d’Instituteurs de Rouen de 1951 à 1955.
                A cette époque, nous ne portions plus l’uniforme mais la blouse grise que nous pouvions retirer au cours de nos sorties (le temps était passé des sorties en rangs !).
                Les EN avaient cependant encore un côté « séminaire laïque ». Et nous avons plutôt mal vécu notre enfermement, et pour les plus intellos d’entre nous, notre formation à l’écart des autres jeunes gens de notre âge.
                Nous avons tous regretté l’inadéquation de notre formation théorique à la réalité des classes dont nous aurions à nous occuper. Les classes d’application(ou nous assistions à des « leçons-modèles » et où nous allions en stage) étaient souvent bien artificielles, formées d’élèves triés sur le volet, alors que les autres étaient affectés à des classes « faibles ».

                Mais au moins, à cette époque, un enfant du peuple pouvait devenir instituteur et même quelquefois professeur, en passant par les ENS de St Cloud ou de Fontenay-aux-roses.
                L’un de nos profs, ancien élève de notre EN, André Vigarrié, est devenu est éminent géographe universitaire. L’un de nos pions, ancien élève de notre EN lui aussi, Marcel-Vincent Postic, a fait une brillante carrière universitaire avant de devenir expert au Ministère. On se souvient aussi qu’auparavant, l’écrivain Pierre-Mac Orlan avait été élève dans notre EN et Jean Anglade est passé lui, juste avant la guerre, à l’EN de Clermont-Ferrand...
                Nous étions boursiers complets et fonctionnaires stagiaires rétribués pendant notre formation professionnelle...
                Évidemment, depuis la relative démocratisation de l’enseignement secondaire ouvert à tous dans les CES, tout au moins, la préparation spécifique des futurs instits au bac dans les EN ne s’imposait plus. D’où la suppression des classes pré-bac (cependant, ma fille a passé le concours d’entrée à la fin de la 3ème vers 1975 et a intégré l’EN après son bac, préparé dans le lycée de secteur).
                La transformation des EN en IUFM aurait pu être une bonne chose si l’on n’avait pas cru que l’important était une formation universitaire de haut niveau pour tous (revendication catégorielle du Syndicat des Instituteurs pour permettre l’accès des enseignants de primaire à la catégorie A, celle des profs). Et si un certain scientisme n’avait pas gagné la formation professionnelle, donnant une image caricaturale des « sciences de l’éducation » avec un jargon ridicule dont on a trop facilement moqué les excès, si bien que le discrédit a gagné toute la formation pédagogique. Pour trop de nos contemporains, il suffit de bien maîtriser les « humanités » pour savoir les enseigner... On aurait pu réformer les IUFM. Leur suppression ne va certainement pas faciliter la pratique professionnelle des futurs professeurs d’école !

                Pour lire des bonnes pages de mon bouquin, voir Google books ou amazon.fr.
                Pour l’acheter, voir mon blog ( http://jeanmourot.jimdo.com)


                • Le péripate Le péripate 8 mai 2010 21:57

                  Joli hold-up intellectuel. Mais un classique.
                  Les Hussards Noirs de la République ne sont pas ces syndicalistes que vous peignez si joliment.
                  Ferdinant Buisson, Felix Pécaut sont protestants, et c’est en tant que chrétiens qu’ils tracent une voie fragile pour la question de l’enseignement en France si longtemps monopolisé par l’Église.

                  Utiliser ce terme « Hussards Noirs » sans même évoquer le mouvement laïc protestant qui mit, provisoirement, fin à la guerre scolaire... tttttt....


                  • CHALOT CHALOT 8 mai 2010 22:08

                    Quel est le rapport ? Ce n’est pas une étude historique mais un témoignage personnel.


                    • Le péripate Le péripate 8 mai 2010 22:45

                      Je ne vois pas non plus le rapport entre la jeune femme alanguie sur le capot de cette voiture et la voiture elle-même. Sauf que ça fait vendre.

                      Ainsi vous avez couché l’image positive des hussards noirs sur un « témoignage personnel », comme vous dites.

                      J’avais compris.


                    • CHALOT CHALOT 8 mai 2010 23:57

                      L’histoire n’est pas celle de l’école publique ou de la séparation des églises et de l’Etat mais un témoignage sur l’école normale d’instituteurs.
                      Les hussards noirs...C’est ainsi qu’on désignait encore les normaliens au crépuscule des EN.
                      Quant aux protestants, ils ont eu effectivement une action positive dans la construction de la laïcité en France, vous avez raison mazis c’est bien avant.
                      Je vous conseille de lire ce témoignage.

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