Madame Royal est une femme de talents, et potentiellement une grande leadeur(e). Je le dis d’autant plus facilement que je n’ai pas voté pour elle et n’ai jamais eu l’intention de le faire d’ailleurs. Le problème est qu’elle est une bleue dans l’art de rassembler derrière elle ses égaux. Les vaincre et les mettre sur le bord de la route : oui ; les rassembler derrière elle : non. Sa faiblesse vient du fait qu’elle ne sait jamais interessée à la vie de son parti et n’a ainsi pas su partiquer cet aspect de leadership. Royal et Sarkozy avaient pourtant le même jeu de cartes en main en 2006 : des rivaux de taille à vaincre, et une fois vaincus, en faire des vassaux fidèles et obédients. Sarkozy l’a fait, car il a appris les ficelles au cours de ces dernières années. Royal ne l’a pas fait car elle ne savait pas le faire. Elle est là ou Sarkozy était il y a quelques années. Apte à démolir l’adversaire mais pas à le récuperer pour re-construire. C’est la raison de sa défaite. C’est ce sur quoi elle doit travailler dans le future si elle veut gagner en 2012.
L’enjeu des législatives est de déterminer quel sera le niveau de la majorité de Sarkozy au parlement. Point barre. Les législatives sont devenues une confirmation du choix du deuxième tour. C’est d’ailleurs la loi - et non pas comme dans le passé le président de par sa prérogative de la dissolution - qui exige des Français cette validation, cette cohérence. (Le fait que c’est un gouvernement de gauche qui a pondu cette loi ne manque d’ailleurs pas de sel). Si le corps électoral avait un doute au soir du deuxième tour sur la judicieusité de son choix, il n’en a plus aujourd’hui au vu d’un PS complétement discrédité et de la montée en puissance du régime Sarkozy. La probabilité est que le corps électoral non seulement confirmera le deuxième tour mais l’emplifira.