COP 21 « Much ado ’bout nothing ? »
D'abord l'état des lieux des croyances concernant l'évolution du climat sur la planète actuellement.
Je vais m'appuyer sur le bémol au GIEC présenté par des professionnels du climat très récemment lors d'une audition pour affirmer que pour l'essentiel des scientifiques et des climato-sceptiques qualifiés (pour l'être) la planète semble se réchauffer globalement.
Je dis bien « semble », car on ne peux pas additionner des températures et encore moins expliquer correctement de franches anomalies, mal ou pas expliquées par les modèles de simulation du climat. On peux citer par exemple l'extension en masse et volume des glaces antarctiques ou l'absence de détection du « hotspot » dans la haute atmosphère tropicale prédit par les modèles du réchauffement anthropique.
Il y a globalement consensus pour dire que notre espèce joue un rôle dans l'évolution du climat. La plupart des scientifiques pensent que c'est plutôt dans le sens du réchauffement. Tout le monde est d'accord pour dire (la courbe est logarithmique) que l'essentiel du forçage radiatif dû au CO2 est déjà en cours et qu'il faudrait en rajouter bien plus pour avoir un effet significativement différent, mais la théorie dominante prédit une rétroaction positive avec la vapeur d'eau qui amplifierait pas mal le réchauffement dû au CO2.
COP 21 simplifie pas mal le problème de l'origine du réchauffement et de ses conséquences en prenant pour acquis la théorie dite dominante qui l'attribue pour l'essentiel à notre espèce et qui la juge (via simulations informatiques) dangereuse à terme du siècle par exemple.
Au meilleur de la synthèse que je peux m'en faire c'est très probablement inexact et il pourrait (si le soleil, si les volcans, si un géocroiseur, bref si rien ne bouge) faire quelque part autour de 1,5°C de plus en 2100 que maintenant (en global si ce mot a une quelconque validité pour des températures...). Le retour d'expérience sur un peu plus d'un siècle de réchauffement derrière nous est que les 1,5°C de plus qu'en 1850 nous ont été plutôt favorable...
Mais bon admettons les bases fondant les discussions de la COP 21.
Une série de conférences fût donné à l'Université de Washington en 2007 sur le thème de la « triple crise » abordant notamment la question du chiffrage des évolutions à faire en matière d'émissions si on veux seulement n'avoir globalement en 2050 que la moitié des émissions globales de 1990, avec une population qui va évoluer à la hausse (10 à 11 milliards prévus par l'INED récemment contre 7 ou 7,5 en 2015). Pourquoi juste la moitié ? Parce que la nature ne peux absorber que la moitié des émissions de 1990 et donc on serait théoriquement en plateau à ce moment là .
« Avec quelle valeur ? » est toute la question. 280 ppm avant le début de la révolution industrielle, environ 400 ppm maintenant et 80 ppm en plus en 40 ans.
Alors dans le style de l'humoriste Bigard dans le sketch de la « chauve-souris » , supposons.... Les propos sont de Martin Khor.
« Supposons que les émissions de CO2 des pays riches diminuent de 70% per capita en 2050" ( en pleine crise financière et endettés à mort, c'est mal partis disons...).
" L'évolution des effectifs et de l'économie des pays émergeants implique alors que pour eux la réduction per capita serait quasi équivalente par rapport à 1990."
Sauf qu'en 1990 il y avait un gouffre entre les émissions d'un européen et d'un chinois ou d'un habitant des USA et de l'Inde...
" Même en supposant que les pays riches diminuent leurs émissions de GES de 100% , cela impliquerait une demande de réduction des émissions chez les pays en développement de l'ordre de 50% minimum (toujours per capita et par rapport à 1990) et tout cela pour arriver à une teneur en plateau du CO2 dans l'atmosphère (on estime qu'en quelques milliers d'années les taux reviendraient naturellement à 280 ppm, chiffre parfois avancé comme but à atteindre... »
Inutile de s'appesantir sur le fait que rester en plateau à 500ppm ou 600 ppm pour les tenants de la théorie actuelle de l'évolution du climat, nous enverrait dans les décors.
Donc... Donc l'objectif impératif pour les pays riches à l'horizon 2050 serait alors de viser bien plus que 100% de réduction, vu que l'essentiel du problème est dû à leur développement (forcément sur une courbe logarithmique les 100 ppm suivant les 280 pré-industriels réchauffent plus que les 100 ppm suivant (qu'on ne peux d'ailleurs pas imputer qu'au développement des émergeants).
Les ordres de grandeur sont connus (le stock atmosphérique de CO2 à pomper pour passer de 500 ppm à 280 ppm par exemple) et donc on sait qu'une filière importante à « contre-émissions » serait indispensable ne serait-ce que pour tenir le chiffre de 100% de réduction à l'horizon 2050 (beaucoup d'activités non énergétiques relâchent des GES par exemple et donc on aura toujours un quota d'émissions à contrebalancer).
On a massivement déboisé au XXième siècle, il faudrait faire le contraire.
Il faudrait aussi probablement (en acceptant la théorie fondant les discussions de COP 21) une filière énergétique pompant du CO2 et le stockant et ceci avec un EROEI (retour sur investissement énergétique) probablement assez faible (on peux le situer vers 2 contre un facteur 100 pour le pétrole extrait au début du Xxième siècle).
La plus grande probabilité est qu'on va bricoler une réponse absolument pas à la hauteur du problème supposé avant de s'apercevoir que le « problème » a été largement surdimensionné et qu'il n'en est pas un en réalité.
Mais si la théorie dominante est exacte, la feuille de route esquissée au dessus est techniquement très rude et surtout économiquement et socialement probablemet irréaliste.
En résumé, « COP 21 » restera du papotage pour pas grand chose. On a des soucis bien plus urgents qui, eux, ont du mal à assembler autant de monde...
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