Le gouvernement par la peur ou la marche des zombies décérébrés vers l’abîme
La tension entre liberté et sécurité sert trop souvent de prétexte aux mesures liberticides décidées par ceux qui doivent leur prospérité à l'ignorance des masses. La mise en scène de peurs, avec l’amplification que permettent les médias, dans la même logique que le terrorisme, est trop souvent utilisée pour justifier des retours sur des droits fondamentaux, en particulier sur la liberté d’expression et pour pousser les masses à des comportements ouvertement contre leurs intérêts auxquels ils renoncent collectivement pour se protéger contre des menaces largement amplifiées. Les chevaliers de l’apocalypse actuels sont la peur du déclassement économique, la peur du terrorisme, la peur de la maladie, la peur du réchauffement climatique et la peur des Russes. Ces peurs sont employées à outrance par des politiques peu scrupuleux qui en jouent comme autant de touches d’un piano qu’ils enfoncent afin d’atteindre des objectifs inavoués sans rechercher un consentement démocratique hasardeux dont ils tirent pourtant leur pouvoir. Cette démocratie largement dévoyée par des médias partisans qui façonnent les choix des électeurs davantage qu’ils les informent, sert la soupe de la bonne conscience aux relais d’un pouvoir légal à défaut d’être légitime, qui recourt bien trop souvent à la coercition pour obtenir ce qu’il ne peut obtenir par l’adhésion du plus grand nombre. Ces relais recrutés dans les classes intellectuelles les moins agiles de la population obéissent avec d’autant plus de zèle qu’ils ne se font aucune illusion sur leur avenir économique en cas d’inobéissance aux ordres reçus ; la peur du déclassement économique joue ici son rôle d’anesthésiant de la conscience morale.
La peur du terrorisme a servi de justificatif à des lois qui ont aussi été utilisées pour brider la contestation politique. En France, la loi de 2014, votée sous François Hollande, pour renforcer les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme fut notamment utilisée pour limiter les expressions du mécontentement populaire, en particulier lors de la COP21 à Paris en novembre 2016, contre la loi Travail de 2016 et aussi pour interdire ou restreindre certaines manifestations des gilets jaunes. Mais cette loi n’est rien par rapport à la surveillance qu’autoriseront les lois en préparation sous couvert de sécurité, avec utilisation des téléphones mobiles non seulement pour localiser mais aussi pour enregistrer les personnes à leur insu, l’utilisation de caméras de surveillance couplées à des systèmes de reconnaissance faciales pour suivre les déplacements des personnes « suspectes »… toutes ces dispositions confiées à un pouvoir qui se crispe sur ses prérogatives alors même que son action mène la France à la faillite et le peuple français - déjà prié de ne pas se chauffer au-delà de 19 degrés, de prendre des douches froides et de ne pas utiliser la climatisation - vers la pauvreté et l’inconfort, n’augure rien de bon. L’outillage sécuritaire, loin de protéger les Français, n’est-il pas plutôt destiné à protéger le pouvoir contre la haine (sentiment interdit) de ceux qu’il a trompé, volé et privé d’avenir et de confort et qui finiront par se rendre compte du contraste entre leur situation et celle du reste du monde. Une chappe de plomb n’est-elle pas en construction sur l’Europe pour retarder le moment de cette prise de conscience ?
La principale problématique à laquelle se trouvent confrontées les personnes au pouvoir est celle du mécontentement populaire en période de régression à la fois des droits et du confort des populations. L’acceptation de ces régressions est facilitée lorsqu’elles sont présentées comme autant de solutions à des problèmes le plus souvent mis en scène de façon indécente par des médias qui n’hésitent pas à tirer les plus grosses ficelles pour déclencher et entretenir des peurs destinées à paralyser le bon sens. On aura ainsi vu des personnes parmi les populations les plus éduquées du monde renoncer spontanément à tous leurs droits fondamentaux face à la peur d’un virus qui ne constituait certainement pas la menace existentielle mise en scène de façon très professionnelles par les médias, relais disciplinés d’intérêts privés auxquelles ils semblaient liés via leur actionnariat ou via leur idéologie. La peur du réchauffement climatique justifie les économies d’une énergie dont l’accès nous est chaque jour plus restreint par les décisions prises en haut lieu.
Mais il y a pourtant lieu de s’inquiéter car certaines idées qui semblent animer nos élites pourraient bien nous concerner, et même assez rapidement. Parmi ces idées, notons le concept de surpopulation et celui de « big reset ». Par ailleurs, le problème de la distribution des richesses alors que se profile une révolution du travail d’ampleur biblique avec l’arrivée de l’intelligence artificielle n’a toujours pas fait l’objet de réflexion à la hauteur des enjeux : la majorité des cols blancs, entre autres tous ceux qui conduisent des tâches d’analyse, sont déjà au chômage mais ne le savent pas encore. La bascule du monde vers l’Est et l’arrivée d’une classe moyenne chinoise disciplinée mais néanmoins avide de confort exigera, sur une planète aux ressources finies, que quelqu’un leur fasse de la place. Tout ça pour dire que l’avenir de l’Européen ne semble pas aujourd’hui des plus radieux et que la fournaise ukrainienne pourrait servir de solution à nombre de ces problèmes.
Le problème des élites sera donc de convaincre les masses de se jeter dans la fournaise. Nous arrivons donc à l'ultime ficelle, la peur de l’ennemi extérieur, le Russe, cet ignoble personnage, qui menace la sécurité du monde construit sur des règles, celles de l’oncle Sam bien évidemment, et qui - nous le répètent les médias de façon unanimes - entend conquérir toute l’Europe, en guise d’hors d’œuvre, après l’apéritif ukrainien. La suite d’une telle préparation est connue : l’Européen devra se battre lorsque le dernier Ukrainien sera tombé dans sa tranchée froide et humide. Le problème est juste d’y arriver progressivement, de faire monter la peur pour que le mouvement vers l’est se fasse naturellement, que les jeunes hommes et jeunes femmes montent dans le wagon sans qu’il soit nécessaires de les y pousser, la fleur au fusil, avec la conscience de ceux qui se destinent à une cause qui les dépasse, fut-elle montée de toute pièce pour le bénéfice d’intérêts qui n’ont rien de commun mais dont ils doivent rester ignorant, et les médias s’en charge. La guerre est souvent un bon investissement, du moins, pour ceux qui ne la font pas. Les bénéfices de la reconstruction et les remaniements qu’elle permet, tout d’abord sur les esprits, sont compatibles avec l’idée du « big reset », sans même parler du pseudo problème de surpopulation, "big reset" qui ne doit évidemment pas toucher la richesse donc le pouvoir des couches très supérieures de la société, il y a quand même des limites.
Le ministre allemand de la Défense semble avoir pris un peu d’avance en s’occupant de la partie légale de la solution ; on reconnaît là ce sens de l'organisation et de l'ordre propre aux Allemands qui ont quand même détruit méthodiquement deux fois l'Europe au XXème siècle : il a récemment annoncé que l’Ukraine pourrait faire l’objet d’une procédure d’entrée dans l’OTAN simplifié. Ainsi, le pays bénéficiera non plus de facto mais aussi de jure, des dispositions de l’article 5 de la charte de l’Atlantique Nord, engagement des pays membres à défendre l’un des leurs s’il est attaqué. Des millions de jeunes Européens sont-ils en passe de voir leur destin leur échapper ? Déjà privés de confort et probablement d’avenir, n’est-ce pas la suite logique ?
Il semble toutefois que dans son empressement à obéir aux intérêts de commanditaires qu'il reste à identifier, le ministre allemand a oublié un détail : le feu nucléaire dont dispose la Russie est capable d'éradiquer toute vie en Europe, voire sur cette planète, et la Russie ne voit pas l'intérêt d'un monde dans lequel elle n'existerait plus. Chacun voit évidemment les choses comme il l'entend mais le numéro d'équilibriste au seuil du feu nucléaire devrait en toute logique amener à considérer certains problèmes avec davantage de circonspection et surtout de responsabilité vis à vis de ceux qui paieront le prix des mauvais calculs, tous ces gens qui ne disposeront pas d'abris anti-atomiques. Il est toujours plus plaisant de jouer au poker avec les jetons des autres.
En attendant un improbable retour à la raison, qui pourrait se manifester par une interruption dans la chaîne continue de décisions toutes plus absurdes les unes que les autres qui nous mènent au scénario cataclismique dont nous devrions avoir conscience et que nous devrions tous redouter, chaîne de décision dont la mécanique impitoyable a pu en d'autres périodes produire les mêmes effets, mais avec des moyens bien moindre qu'aujourd'hui, je suggère à chacun de ceux qui on eu le courage de me lire jusqu'à ce point de profiter encore des couchers de soleil et du ciel bleu ; prenons le temps de les apprécier car il ne faut pas trop miser sur l'intelligence de nos dirigeants pour arrêter la machine infernale qui vient de s'enclencher, ni sur le pouvoir des foules pour infléchir leur logique.
Bien entendu, tout cela n’est que pure spéculation et il va sans dire que nos élites bienveillantes feront en sorte que rien de tout cela ne se produise. Après tout, n’ont-elles pas œuvré avec humanité et dans l’intérêt des populations, y compris les plus âgées et les plus vulnérables, durant la récente crise COVID, avec le souci de la sécurité de la population ?
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