Le projet présidentiel du Général Tauzin
En octobre dernier, je vous présentais l’initiative du Général Didier Tauzin. Après quelques mois, le voilà qui fait de nouveau parler de lui, notamment avec son annonce officielle de candidature parue sur les réseaux sociaux le mercredi 11 mai.
- Didier Tauzin au Rwanda
Depuis mon dernier article, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et nous en savons désormais un peu plus sur Didier Tauzin. Ayant pu assister à l’une de ses nombreuses conférences, mon avis sur l’homme n’a peu ou prou changé : de bons constats, un homme qui semble honnête, mais dont on attend toujours un véritable projet pour notre pays.
En février 2016, Tauzin a publié un second livre intitulé le projet présidentiel dans lequel il expose les mesures que devra prendre le président durant le prochain quinquennat. Bien qu’étoffé par rapport à son premier livre, son programme – celui qui est visible sur son site web n’est que la transcription du livre en mesures – reste tout de même bien peu développé. Néanmoins, entre les conférences et ses deux livres, il est déjà possible de se forger une première opinion.
Le premier référendum portera sur la prééminence du droit communautaire sur le droit international et sur « la procédure d’appropriation, par la France, des textes décidés par d’autres instances, par exemple l’ONU. »[1] S’il refuse le terme de souverainiste - qui se rapporterait à une idéologie -, il affirme toutefois que « la souveraineté est l’apanage des peuples libres ; un peuple est souverain ou soumis »[2]. Il ne faut pas croire que Tauzin soit eurosceptique, il rappelle au contraire que la construction européenne est une nécessité mais qui doit respecter les nations et les peuples : il faut donc « penser l’Europe autrement, c’est-à-dire par la coopération des divers peuples en fonction d’un bien commun européen à définir, en fonction des intérêts et de la volonté de chaque peuple »[3].
Le deuxième portera sur l’immigration. Il affirme qu’une pause migratoire de longue durée « n’est pas un refus de l’étranger, mais une nécessité »[4] du fait de la communautarisation de la société. D’après lui, « ne pas l’appliquer nous ferait courir le risque de conflits ethniques et religieux qui déjà se précisent »[5]. Il est pour lui évident que la non-assimilation des populations étrangères depuis des années a conduit à la fracture de la société qui pourrait déboucher sur des événements très graves. Ainsi, il souhaite cette pause pour refonder la cohésion nationale qui s’effrite de jour en jour.
Enfin le troisième visera à instaurer une « Grande Charte Nationale d’Éthique » qui réaffirmera notamment l’égale et inaliénable dignité des hommes et des femmes. Cette Charte, placée en préambule de la constitution, devra également être une sorte de grille de lecture pour la législation française. S’opposant radicalement au nihilisme et au relativisme, cette Charte sera censée remplir le rôle qu’a eu la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en son temps : porter un projet commun qui permette le développement de l’homme au sein de la société et qui soit « ferment d’unité à tous les niveaux de la vie nationale ».[6]
Partant du constat que la dette française maintient l’économie du pays dans des carcans qui empêchent les initiatives de se développer, Tauzin répète à satiété qu’il est nécessaire de « libérer les énergies ». En clair, d’une part il faut briser toutes les structures administratives et judiciaires qui entravent les entreprises et les associations dans leur croissance ; d’autre part, il est indispensable de réduire les dépenses publiques, notamment par une réorganisation de la démocratie française. Celle-ci, en sus de l’objectif présenté ci-avant, aurait pour but de dynamiser la représentativité des Français et leur participation dans la gouvernance du pays.
Ainsi, il veut « restaurer les fonctions régaliennes »[8] de l’État. Ce dernier ne devra plus s’occuper de tout mais se concentrer sur « la sécurité intérieure et extérieure, la justice, les relations extérieures et la monnaie »[9] et accompagner la société dans son développement en palliant éventuellement à ses défaillances. En conséquence, il souhaite supprimer « les conseils départementaux et régionaux »[10] et les sous-préfectures. Les collectivités territoriales seront désormais articulées autour de la commune. Des fusions ou des agglomérations de communes seront possibles et mêmes encouragées. Au niveau préfectoral, les préfectures seront installées dans les « 13 métropoles de la France métropolitaine et dans chaque collectivité territoriale d’outre-mer »[11] ; enfin, « une préfecture de département sera installée dans chaque chef-lieu de département »[12].
Le retour en grâce du service national ?
En 1996 Chirac suspendait le service national en France. En 2017, si Tauzin est élu, il entend bien le réactiver dès la première année de son élection. Effectué dans une structure militaire, il s’adressera à l’ensemble d’une classe d’âge – 700 000 jeunes d’après lui – et comportera deux périodes obligatoires et une période optionnelle.
La première période servira à « donner [aux jeunes] les éléments de base de la cohésion nationale : apprentissage de la vie communautaire, poursuite d’objectifs de groupe, règles de discipline personnelle, apprentissage de l’histoire de France et du civisme »[13]. Cette période permettra également de cibler les jeunes qui ont le plus de difficultés dans leur insertion socio-professionnelle.
La seconde période mettra les jeunes au service du pays dans des structures tels les sapeurs-pompiers, l’armée, la surveillance de lieux publics dans le cadre de Vigipirate, ou bien encore les gardes-frontières.
La troisième dispensera des formations et un soutien aux jeunes les plus démunis pour s’insérer dans la société.
Ainsi, le but de ce service national est triple : « refonder la cohésion nationale, servir le pays et relancer l’ascenseur social ».
En définitive, le projet s’est certes bien étoffé depuis la dernière présentation. Néanmoins, en 10 mois, son avancement est encore trop faible : s’il veut réellement faire autre chose que du témoignage en 2017, il lui faudra passer à la vitesse supérieure … Par conséquent, comme dans mon dernier article, je concluerai par ces mots : « Affaire à suivre donc ! ».
Louis Chérin.
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