• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Mode d’emploi des experts

Mode d’emploi des experts

Dans un monde de plus en plus complexe, la nécessité d’avoir recours à des experts s’est généralisée, comme d’ailleurs leurs discussions médiatisées, parfois houleuses, sur tous les sujets, du climat aux “OGM” en passant par les sciences dites humaines, de l’économie à la psychologie. Aucune décision publique ou privée ne semble pouvoir se passer de leurs lumières. Quoi de plus légitime somme toute que de s’entourer, en bons pères de famille, de toutes les garanties nécessaires avant de prendre une décision. Cet article se penche sur la recherche de critères simples, à la portée de tout le monde, pour accorder notre confiance aux experts.

Pour fonder mon propos, je me suis permis de rappeler d’abord par un court extrait le problème posé par la causalité dans les sciences du vivant. Ceux qui sont allergiques à la science peuvent allègrement court-circuiter ce passage.

“Les rôles de l’inné et de l’acquis dans la réalisation d’un trait peuvent être comparés à ceux de la grammaire et du vocabulaire dans la signification d’une phrase. “Le chat mange la souris” n’a de sens que si je comprends les mots “chat”, “souris”, “mange” et si je connais la règle attribuant le rôle d’acteur au substantif précédant le verbe, le rôle d’objet à celui qui le suit. La règle sans les mots est muette, les mots sans la règle sont sans portée. Qui aurait l’idée de mesurer les importances relatives de l’une et des autres ? De même, les gènes isolés sont muets ; les apports du milieu sans les gènes sont aussi muets. On devrait donc en toute logique ne plus évoquer le problème de “l’inné et de l’acquis”. Mais nous sommes ici dans un domaine où les dogmes sont infiniment plus puissants que la logique. Nous devons nous attendre à lire encore fréquemment des affirmations péremptoires attribuant par exemple aux gènes une part dans le déterminisme de l’intelligence, 80 % étant le nombre le plus souvent cité. Il serait relativement facile d’argumenter à propos de telles affirmations si le nombre proposé était simplement faux ; si la réalité était 30 % ou 90 %, un accord finirait par être trouvé. Mais ce nombre n’est pas faux, il est absurde. Si un interlocuteur m’affirmait que la lune se trouve à 500 000 kilomètres de la terre, je lui dirais que son chiffre me paraît faux, et nous reportant aux sources, nous nous mettrions d’accord sur la distance indiquée par une quelconque encyclopédie. Mais s’il prétendait que la lune est à 10 000 tonnes de la terre, je ne pourrais que marquer mon désaccord sans être capable de proposer un autre nombre. Il ne s’agit plus d’inexactitude, mais de non-sens. L’expérience prouve qu’il est malheureusement beaucoup plus difficile de lutter contre un non-sens que contre une erreur.” Extrait d’Au Péril de la Science. Albert Jacquard

Même si la science vous rebute, et surtout si c’est le cas, dites-vous que c’est bien de cela qu’il s’agit ici : voir comment distinguer dans les propos des experts ce qui appartient à la science ou au mythe scientifique. Il est temps en effet de cesser de se passionner pour ou contre les considérations “d’ex-pères” sur les plateaux télévisés à propos de la ou des causes des événements, comme s’il s’agissait de matchs de boxe.

La plupart des événements, individuels et sociaux sont en effet multifactoriels. Pour quelques comportements à causes identifiables, parfois curables, parce que permanentes ou répétitives, la connaissance des causes ne sert à rien car elles appartiennent à un passé révolu : l’événement qu’elles ont provoqué ressemble la plupart du temps à un vase qui déborde à la dernière goutte, bien souvent inaccessible à tout “traitement”, car l’effet domino a déjà eu lieu. Les discussions à propos des causes ne mettent donc en valeur que l’horizon de conscience plus ou moins étendu des ratiocineurs de service, bien souvent triés sur le volet pour dire naïvement ce que les pouvoirs qui les ont sollicités veulent entendre. La méthode scientifique, analytique, rend les scientifiques myopes. Ne faites donc jamais confiance à ceux qui, par myopie justement sur les arrière-pensées de ceux qui les commanditent, individualisent la cause ou de manière plus perverse encore, les causes, qui sont évidemment toujours plus complexes que cela.

Même s’il connaissait toutes les causes, l’expert ne pourrait en aucun cas vous être utile. Pour paraphraser le texte de Jacquard, son rôle de scientifique est en réalité de vous apporter non les mots (les maux), ce sont les vôtres, mais les règles nécessaires pour les comprendre, et ainsi leur donner sens et pouvoir chercher une solution. La vraie science en effet ne cherche que les lois de la nature pour mieux la maîtriser de façon technologique. De la physique nucléaire à la psychologie, la science est un outil, neutre en soi, comme n’importe quel marteau ou tournevis, qui peut être constructif ou destructif selon les intentions de celui qui s’en sert. Les "ex-pères", spécialistes des causes, n’ont d’autre but que vous maîtriser en prétendant qu’il faut savoir les causes pour changer les effets, et qu’ils savent mieux que vous, c’est vrai, pourquoi vous souffrez. Mais leur science, centrée sur le passé, ne leur donne pas accès à ce qui est bon pour vous à l’avenir. Ils se comportent comme de mauvaises mères, des “ex-pères”. En refusant la question du “pour quoi”, en refusant de prendre en considération votre but, ils vous complexent de leur complexe de Colomb  : “je ne sais pas, moi qui est au sommet du savoir, pour quoi tu dis ou fais cela, donc tu es bête, fou, malade, délinquant, terroriste... et tu dois te plier à mon pouvoir... répressif..." sur symptômes seulement, la plupart du temps.

Personne ne sait mieux que vous le but de ce que vous avez tenté. Le manque d’efficacité est toujours relatif à de l’inconscience à propos de l’importance des facteurs mis en œuvre et /ou de leur bon timing. Pour “voir” la lune plus grande que le ballon qui la cache, il ne faut pas nécessairement connaître les règles de la perspective. L’expérience suffit. Pour ne pas avoir à refaire toutes les expériences qui ont fait l’histoire de l’humanité, une recherche avec un spécialiste expérimenté peut alors vous faire gagner du temps. Encore faut-il arriver à lui faire confiance ! Car son aide est sans garantie, malheureusement, car il ne connaît sans doute pas toutes les règles, un certain nombre d’entre elles n’étant pas encore découvertes. Dans le meilleur des cas, vous pourrez seulement les chercher avec lui ou changer d’expert, ce qu’il acceptera sans état d’âme s’il est vraiment animé par un esprit de service.

“Un médecin, disait-on, ça se consulte” : il donne des conseils. La vie est un équilibre difficile à conserver. Un expert qui vous regarde de haut, qui vous focalise sur les causes dépassées, qui refuse de s’expliquer et/ou qui se fâche si vous n’avez pas suivi son “traitement” est un mauvais expert. Ne lui mentez donc pas : au plus vite vous vous confronterez à sa réaction, au plus vite vous saurez si vous pouvez lui faire confiance. Ce sera la meilleure garantie de la véritable aide qu’il peut vous apporter.


Moyenne des avis sur cet article :  4.37/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

21 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 12 février 2008 12:25

    C’est sur votre site que j’ai découvert ce fameux complexe de Colomb. Intéressant.


    • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 12 février 2008 12:32

      Mon commentaire se bornera à quelques citations :

      • « Les experts naquirent du grand besoin qu’ils avaient d’eux-mêmes » (André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux)

      Définition asymptotique :

      • « Un expert est quelqu’un qui en sait de plus en plus sur de moins en moins de choses jusqu’à-ce qu’il sache absolument tout sur absolument rien. »
      • « Un expert est un homme qui a cessé de penser. Pourquoi penserait-il, puisqu’il est un expert ? »
      • « Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu’il avait prédit hier ne s’est pas produit aujourd’hui. »
      • « Une mesure exacte vaut l’avis d’un millier d’experts. »
      • « Un expert, c’est une opinion. Deux experts, c’est la contradiction. Trois experts, c’est la confusion. »

      • Argo Argo 12 février 2008 13:21

        Je ne suis pas expert en experts mais je comprends bien vos définitions. C’est déjà ça...


      • Aspiral Aspiral 12 février 2008 13:27

        Merci ! Argo, merci beaucoup. Si vous saviez quel cadeau vous me faites !


      • etonne 12 février 2008 14:44

        pour compléter votre liste :

        Il y a quelquesd années, j’avais lu sur une affichette manuscrite, dans un bureau de la commission européenne, une définition très vache de l’expert vu par un de ses fonctionnaires :

        "L’expert est une personne qui à priori ne connait pas très bien le problème posé, mais qui est sur d’y apporter des réponses pour peu qu’on le paye suffisamment "


      • Le péripate Le péripate 12 février 2008 12:36

        Quand l’expert montre la lune, le sage regarde le doigt.


        • geko 12 février 2008 12:43

          J’ai pris beaucoup de plaisir à relire votre texte à la portée de la compréhension de tous. J’ai confiance en mon médecin pas pour ses connaissances que je suis incapable de juger mais parcequ’il sait oberver et prends le temps de m’écouter, de créer cette relation qui croise nos vérités.


          • Christophe Christophe 12 février 2008 12:59

            @Aspirale,

            Les paroles de Jacquard sont pertinentes mais occultent encore l’un des aspects dans l’étude des discours. Si la sémantique pouvait se résumer uniquement à la grammaire et au vocabulaire dans ce que nous appelons une phase bien formée, il existe dans cette approche des limites propres liées aux paradigmes terminologiques ; c’est un point qu’avait levé Chomsky en citant une phase célèbre : Les idées vertes dorment furieusement. Phrase bien formée mais sans aucun sens. Nous pourrions d’ailleurs lui aposer la phrase connue de E.T. : Téléphone maison. Cette dernière n’est pas bien formée mais a du sens.

            Si ma mémoire est bonne, Bruno Latour avait levé cette problématique que vous exposez en abordant la différentiation entre l’approche réellement scientifique et l’aspect vulgarisation basée principalement sur la force de conviction des propos tenus.

            Comme nous constatons dans les propos tenus en politique une approche très conceptuelle sans exposer réellement la nature et la force de chaque concept exposé. Ainsi, il est possible de dire tout et son contraire.

            Quant à la notion d’expérimentation, nous savons aussi que des sciences, comme la physique, en sont à construire des théories dont l’expérimentation est ... impossible. Pour convaincre, ils utilisent des simulations informatiques qui reposent sur les mêmes principes que la théorie testée ; ne démontrant en aucun cas la véracité réelle de leur approche mais jouant sur l’inconscient collectif, inductif, communément admis, qu’un super calculateur peut simuler la réalité.

            Le discours des experts n’est pas anodin. Eux savent quels sont les principaux mondes causaux possibles (ils ont étudiés les recherches dans leur domaine), et ils savent quels choix collectifs nous mènerons à tel ou tel monde ; il suffit donc d’orienter le débat pour aboutir au résultat souhaité. La science est neutre, mais son application ne l’est pas dès lors qu’un choix se présente (cas fréquemment rencontrés dans les sciences molles) ; ce choix est plus du domaine de la croyance que de la science.


            • Aspiral Aspiral 12 février 2008 13:23

              Effectivement ! Mais pour la clarté de mon propos, j’ai préféré ne pas soulever dans un premier temps la nécessité de refonder les sciences humaines à l’avenir sur le tryptique "théorie-simulation-pratique", tant le mythe scientifique imprègne les convictions de leurs praticiens. Comme Eisntein l’a dit lui-même, relayé heureusement par des scientifiques de plus en plus nombreux à faire leur meaculpa, "il est plus difficile de détruire une croyance que de faire exploser un atome".


            • Sandro Ferretti SANDRO 12 février 2008 14:15

              Mouais.

              L’expert, c’est traditionellement la cible et l’exutoire (voire le fusible) de ceux qui sont spécialistes de tout en général, et de rien en particulier. J’ai nommé les politiques...

              Certes, une "République des experts" serait inquiètante, mais une République des politiques ? Non ?

              Et pourtant, c’est ce que nous vivons : ils passent de la gestion d’une ville ou d’une région au maroquin de l’agriculture, puis de la Justice, puis de l’Intérieur.

              Et ca, ça ne vous inquiète pas ? Heureusement, il y a les "experts" (y compris ceux de Miami..) pour leur éviter de dire trop de conneries. Quelques fois, ca rate, j’en conviens...


              • Aspiral Aspiral 12 février 2008 16:12

                Exutoires ou bonnes-à-tout-justifier des politiques en général, même celles, surtout celles des industries du vivant ? Que penser des politiques des firmes pharmaceutiques et de l’agro-alimentaire et leurs ex-pères ! Voyez l’affaire récente de Kokopelli ! Elle est très illustrative.


              • Sandro Ferretti SANDRO 12 février 2008 16:55

                En tout cas, si j’en crois votre bio, vous m’avez l’air eminement symptahique et lucide.

                Si vous pouviez faire cesser la mascarade / bonne concience des "cellules psychologiques" mises en place pour un oui et pour un non, comme si en créant la cellule, on réglait le problème et on pouvait passer à autre chose. ( Vous savez le genre TF1 : " 35 morts dans une école maternelle, une cellule psychologique a immédiatement été mise en place". Ah bon, le problème est réglé, alors, dit le bon peuple...)

                Ca me fait penser aux plan "Epervier" des Gendarmes après un crime important (hélicoptères, barrages). Ca n’a jamais arrété le moindre "client" sérieux, mais ca permet de passer à la Télé, en disant qu’on a fait le maximum de battage possible avec l’argent du contribuable , sans évidement régler le problème initial (car c’est encore plus cher, et surtout plus compliqué).


              • Aspiral Aspiral 12 février 2008 17:03

                On a voulu croire en effet qu’une simple formation à l’outil, même universitairement scientifiquement contrôlée, allait fabriquer des "sages". Il n’ont que appris a utiliser un outil ! Il y a loin du marteau à Michel Ange. Si vous saviez comme ils m’énervent lorsque je les vois, avec des airs inspirés, s’épancher sur le sujet du jour, sélectionnés et sans doute "montés" par les journalistes. Il faut vraiment avoir un nrcisse en béton pour ne pas se rendre compte de la supercherie. Myopie scientifique sans doute !


              • ninou ninou 12 février 2008 20:12

                Pourquoi se méfier des experts ?

                -Parce qu’ils sont spécialistes et, donc, n’ont de vue globale d’aucun problème.

                -Parce qu’ils sont humains : ils sont sujets à l’erreur, à l’endoctrinement, à la manipulation.

                -Parce qu’ils ont des opinions, comme tout un chacun, et peuvent vouloir les défendre.

                -Parce qu’ils peuvent être achetés

                -Parce que leur parole sert d’alibi aux puissants qui font appel à eux.

                exemple réel : Des experts ont trouvé dans une petite fiole, brandie par Colin Powell, la "preuve" de l’existence d’armes de destruction massive en Irak(!)

                exemple réel 2  : Dans l’affaire dite "de l’huile toxique" les experts mandatés auprès des tribunaux ont tous effectué leurs recherches dans le sens où on les enjoignait à le faire (est-il possible que de l’huile de mauvaise qualité empoisonne des milliers de personnes ?). Ils ont fini par rendre un verdict bâtard du genre : oui c’est peut-être possible. Ce que la "justice" s’est empréssée de traduire par : donc c’est bien de l’huile qui a empoisonné tous ces gens. Quand un des experts a essayé de faire valoir une autre hypothèse (empoisonnement à cause d’un engrais mettant en cause un grand chimiquier) il a été purement et simplement débouté.

                exemple "fictionnel " : conclusions d’une commission d’experts chargée de statuer sur la nocivité ou non des OGM sur la santé humaine.

                expert 1 : "en raison du manque de recul, il est impossible de mettre en évidence un quelconque effet toxique ou nocif des OGM pour l’homme.’"

                expert 2 : "Nous n’avons pu observer d’effets néfastes que sur la santé des papillons, abeilles, fourmis...mais par sur celle de l’homme."

                expert 3 : "Monsanto, qui m’emploie, m’a dit de dire que c’était sans risque"

                expert 4 :"Vu les moyens et le temps qui m’ont été octroyés, je ne peux pas prouver que certains OGM intégrant des pesticides peuvent être dangereux dans le cas d’ingestions régulières.

                Tout ceci sera synthétisé politiquement par : "la commision d’experts déclare qu’ elle n’a découvert aucun effet nocif des OGM sur la santé de l’homme".

                A bon entendeur...

                 

                 


                • Espérance 12 février 2008 22:51

                  Nous avons tous à chercher et à découvrir la vie qui est en nous et à trouver nos moyens personnels de la mettre en pratique.Ce que m’inspirent les experts, c’est qu’ils nous disent comment et ce que nous devons penser, alors qu’ils ne savent pas ce qui vit en chacun de nous. Donc, l’expert commet un viol... de notre pensée.


                  • Aspiral Aspiral 13 février 2008 07:21

                    D’une certaine manière, du haut en bas de la société, nous sommes influençés à tous nous prendre pour des ex-pères, le savoir ayant pris la place du savoir faire comme source du pouvoir. Combien de fois n’entend-on pas dire toute la journée, "Je sais" ou "j’ai raison" ?

                    On ne devrait donner le pouvoir qu’à ceux dont le savoir repose sur un savoir faire en la matière.


                  • Le péripate Le péripate 13 février 2008 09:12

                    Ex-pères..... Ca me fait penser à Michel Serres, qui décrit admirablement l’avènement des sciences-filles, celles qui savent qu’aucun système formel ne peut se décrire complètement à partir des ses propres prémisses (ça porte un nom en mathématiques, mais je ne m’en rappelle plus).


                    • Aspiral Aspiral 13 février 2008 09:28

                      Je pense que vous voulez parler des théorèmes de Gödel. Voyez ici : http://www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=32834.php3?id_article=61 ; c’est justement l’illustration de mon article précédent, dont le titre avait été transformé en "donnez-nous des nouvelles, nouvelles".


                    • ddacoudre ddacoudre 14 février 2008 01:33

                      Bonjour aspiral

                      Finalement tu as pu passer ton article sur ago.

                      Je ne crois pas comme le dit Christophe que la science soit neutre, elle est l’expression de notre être, parle de nous, mais avec des éléments qui sont réfutables et qui lui donne donc cet espèce de scientisme référentiel, qui est à la fois un repère et une voie, il suffit de ne pas en faire une religion.

                      Par contre les ex’pères spécialistes ont l’ignorance de la spécialisation car ils n’ont pas le savoir de la transdisciplinarité

                      Crois tu vraiment qu’il soit plus facile de démolir des croyances, que de faire exploser un atome.

                      Les Iraniens pour l’exemple vont le faire pour l’utilisation nucléaire et ont toujours une foi en une croyance syncrétique dont l’essence est pharaonique.

                      Cordialement.


                      • ddacoudre ddacoudre 14 février 2008 02:07

                        bonjour aspiral.

                        je te colle le commentaire que je t’avais laissé sur ton site.

                        Je pense que nous sommes du même avis et que ce dialogue de Socrate à Phèdre, regrettant que le dieu Égyptien Thot, inventeur de l’écriture, ait mal pesé les conséquences de sa découverte, propos rapportés par Platon te plaira.

                        « Toi, père de l’écriture, tu lui attribues une efficacité contraire à celle dont elle est capable ; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire ; confiants dans l’écriture, c’est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d’eux-mêmes, que ceux qui apprennent chercherons à susciter leurs souvenirs ; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir ; et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même ; car, quand ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils se croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu’ils se croiront savant sans l’être ».

                        Il est donc une évidence pour moi de considérer la distinction que nous faisons entre le naturel et le culturel, comme purement conventionnelle, car cela résulte d’une sensation à considérer que nos innovations donnant lieu à des réalisations échapperaient à la « nature », à ses « forces », parce que nous réaliserions des produits qui supposent d’associer, d’assembler ou de combiner une quantité innombrable de connaissances de découvertes de savoir faire que nous nous transmettons.

                        Ce culturel que nous définissons, appartient donc entièrement au naturel, parce qu’il se trouve dans l’univers, et que celui-ci le constitue, et qu’il est bien le produit d’une structure inné qui favorise l’aptitude à l’adaptation.

                        Nous faisons cette distinction parce que notre regard, par sa structure sa forme et sa nature, est limité, et donne au cerveau les images de notre monde sensible que celui-ci redistribuera à tout l’organisme.

                        Dans cette perspective, il y a des chances pour que certains de ces essais s’inscrivent dans nos gènes ou dans le substratum qui est à leur origine, ou leur quantum quantique. Ceci si, l’environnement évolutif, le mouvement, la nature, Dieu, la conscience primordiale, l’indéfinissable, l’ordre sous-jacent, la méconnaissance, et quel que soit le nom, que nous lui donnons par nos définitions suivant nos cultures, le retiennent comme une permanence nécessaire à notre adaptation.

                        Ce processus s’applique également à nos schémas abstraits. Un chercheur américain a soumis des mouches drosophiles à de régulières disparitions de leurs œufs. Les mouches ainsi traitées produisent des œufs plus résistants. Dans nos schémas abstraits soumis aux tensions (stress) de l’existence « exobiotopique » (extérieure à son biotope naturel originel), rien ne nous garanti que notre descendance ne deviendra pas plus résistante ou plus fragile. De la même manière notre évolution technologique nous ayant permis d’échapper aux rythmes biologiques, en fonction de la durée de cette échappatoire une incidence se dévoilera.

                        Cordialement.

                         


                      • Aspiral Aspiral 14 février 2008 06:00

                        Merci à tous pour l’attention que vous avez accordée à un combat qui, à regarder encore la télévision hier soir, est loin d’être gagné.

                        Merci tout spécialement à vous, ddacoudre !
                        Je comptais, après que les feux de la rampe se soient éteints, mettre votre texte de Phèdre en bouquet final.
                        Merci de l’avoir fait ; c’est encore mieux ainsi.

                        Bon cheminement à tous.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès