Referendum islandais : qui prête du vent…

S’appuyant sur les révoltes de Virginie - menées par des paysans surendettés qui perdaient leurs terres au profit d’une oligarchie terrienne - et qui avaient comme but, en s’attaquant aux tribunaux et aux cadastres, d’effacer toute trace écrite de ces dettes en les brulant, le gouvernement américain décida en 1787 qu’il effaçait unilatéralement les dettes vis-à-vis de ces créditeurs, France incluse. Démarrant la nouvelle démocratie à zéro, faisant fi de la communauté internationale, le président Jefferson lançait les bases d’une indépendance financière qui allait de pair avec celle conquise par les armes, de son territoire. Quelques années plus tard, cela permit aux Etats Confédérés de s’agrandir, en achetant à la France et au Mexique quasiment un tiers de leur espace, et de devenir une puissance mondiale.
Deux exemples dans l’histoire qui pourraient éclairer différemment, non seulement la désespérance des pays du sud, mais aussi le referendum en Islande. Deux exemples prouvant qu’indépendance politique et libération économique sont à la base de tout processus d’émancipation. Et cela, en dépit des règles et des obligations internationales. Par ailleurs, les USA ont actuellement une dette de plus de huit mille milliards, ce qui rend ses créditeurs plus dépendants à son égard (Chine, Japon, etc.) que le contraire. Ce qui revient, en fin de compte, à ne plus avoir de dettes.
L’attitude des citoyens Islandais, qui à plus de 93% ont voté contre la volonté de leur gouvernement d’honorer une dette contractée aux banques britanniques et néerlandaises issue de la faillite d’une autre banque en ligne (Icesave), indique que ces citoyens prennent autant de libertés que les banques elles mêmes. Ils déclarent qu’ils ne sont pas disposés à payer les malversations et autres combines de la finance qui, par prêts interposés, cherche toujours à dissimuler sa propre faute originelle.
Mais en Islande l’enjeu est plus global. Il porte sur la notion même de la dette. Sur le fait que le processus de financiarisation qui, faisant fi des théoriciens et de pères fondateurs du capitalisme prévoyant une saine concurrence se basant sur une fourchette salariale allant de un à 40 au maximum (Taylor, Ford, Morgan, etc.) l’a élargie à un à 1000. Pour faire cela, il a engendré une économie virtuelle utilisant 60 fois plus de liquidités que celles produites par l ‘économie réelle. A force de prêter du vent, on finit par recevoir du vent. A force de vouloir concentrer les richesses désormais sans répondant réel, on finit par les rendre fictives. Il suffit que « les paysans effacent les traces d’un crédit qu’il n’ont jamais réellement perçu » sauf dans les cadastres et la volonté oligarchique… Le jour où les règles seront les même pour tous, que l’argent sera réel et non fictif, alors on pourra (et devra) le rendre. Jusque là, Islandais et Grecs, chômeurs espagnols et spoliés américains désormais sans toit, prendront autant de libertés que leurs financiers…
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