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Accueil du site > Tribune Libre > Refonder le politique sur les droits de l’Homme

Refonder le politique sur les droits de l’Homme

La crise économique touche, en France et à travers le monde, des millions de personnes. Face aux angoisses de l’incertitude, le risque est grand que l’attention de l’opinion se détourne un peu plus des préoccupations en matière de droits de l’Homme qui paraissent bien éloignées de vécu concret. Pourtant, si la conjoncture actuelle est à juste titre inquiétante, le renversement des fins et des moyens que représente la priorité accordée à l’économique sur le développement du bien-être global de l’individu au sein de la société l’est tout autant. Cette inversion procède d’une myopie caractérisée. Et aucune tendance politique n’est immune, comme l’ont illustré les motions des candid ats au poste de secrétaire général du Parti socialiste, qui s’est pourtant posé dès son origine comme le champion du progrès social.

Slogan d’activistes bruyants ou objet des sarcasmes des hommes politiques les plus "réalistes", la forme actuelle de discours sur les droits de l’Homme a rendu inaudible toute discussion sérieuse en France sur cette entité devenue abstraite et indéterminée. Cette amnésie généralisée[1] présente pourtant un germe de catastrophe. La France s’est endormie sur ses lauriers auto-attribués de « patrie des droits de l’Homme ». Il est temps de refonder le politique sur les droits de l’Homme.

(http://ekaminski.blog.lemonde.fr/)

Pourquoi les droits de l’Homme ?

Remontons au fondement philosophique des droits de l’Homme. Au-delà des contingences historiques qui ont vu leur apparition[2], l’existence des droits de l’Homme repose sur la reconnaissance de la dignité humaine. L’Homme possède une conscience réflexive qui implique une responsabilité particulière vis-à-vis de lui-même, de ses semblables et de son environnement. La responsabilité ne doit pas être confondue avec l’obligation de promouvoir un « bien » qui serait défini par un deus ex machina. Les droits de l’Homme ne prescrivent pas de religion ou de système social particulier. Ils reconnaissent un pouvoir à l’Homme, y compris celui de choisir son mode de vie, et une certaine conscience de ce pouvoir. C’est ici que réside la dignité humaine. Respecter les droits de l’Homme permet à cette dignité de s’actualiser et à l’individu de se développer, et ce quelles que soient ses croyances, sa religion ou la société à laquelle il appartient. En démocratie, le respect des droits de l’Homme permet aussi de protéger le cœur de l’individu de la tyrannie de la majorité.

De manière plus concrète, les droits de l’Homme, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels[3], sont inscrits dans des textes dont la valeur juridique est variable, comme la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, de même valeur que la Constitution, ou les grandes conventions internationales[4] négociées dans le cadre des Nations unies. Ces textes internationaux ont été adoptés par le peuple ou ses représentants élus mais son trop souvent ignorés, y compris par nos tribunaux. Pourtant, du point de vue du droit constitutionnel, ils possèdent une valeur supérieure à celles des simples lois.

Une fois ces bases posées, il devient difficilement compréhensible que la question des droits de l’Homme se limite aujourd’hui au seul fait de savoir si le Président doit, ou non, parler de droits de l’Homme à Khadafi ou à une critique facile de toute politique de limitation de l’immigration au nom des libertés fondamentales. A ce degré d’abstraction, les droits de l’Homme se dissolvent dans une polarisation contre-productive ("pour ou contre les droits de l’Homme ?") et une inconsistance dramatique ("les droits de l’Homme existent-ils ?"). Il est, entre les excès de la technocratie et l’agitation de symboles, un espace pour la discussion politique. Un nouveau travail de conscientisation est nécessaire, pour que, selon l’expression de Robert Badinter lors du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle, le respect des droits de l’Homme constitue de nouveau un "horizon".

Pour une diplomatie des droits de l’Homme

En France, la question des droits de l’Homme est souvent abordée comme une problématique de politique étrangère. Il n’est pas question ici de défendre la thèse selon laquelle toute la diplomatie devrait être orientée vers la promotion des droits de l’Homme. Cependant, la France a une voix particulière qu’elle devrait faire entendre mieux et plus fréquemment. Par exemple, la conception française de l’exercice démocratique devrait être mieux promue par nos diplomates. Contrairement à une vision trop simpliste, qui a été défendue par la mouvance néo-conservatrice aux Etats-Unis, une démocratie ne peut fonctionner effectivement que si les droits de l’Homme sont respectés (liberté d’expression, indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi certains droits sociaux qui permettent la mise en place d’une politique de redistribution des richesses...) : les élections seules ne sont pas suffisantes. Cet argument, qui se fonde sur un soutien au développement de la société civile, a malheureusement trop peu été utilisé par les opposants à la guerre en Irak.

Aujourd’hui, la France ne sait plus promouvoir les droits de l’Homme et préfère une diplomatie sérieuse, qualifiée à tort de « Realpolitik », s’attaquant à des sujets considérés comme bien plus importants que les libertés fondamentales : crises politiques, concurrence économique, lutte contre le terrorisme... La diplomatie est un jeu à somme nulle, dont l’unique objectif est de s’assurer qu’un Etat ou un groupe d’Etats ne remettent pas en cause un équilibre de puissances donné. Le monde n’est dans cette conception que l’assemblage d’intérêts certes divers, mais dont les uniques participants, sujets et objets, sont les Etats.

Cette vision est nécessairement conservatrice et orientée vers la défense des intérêts nationaux à court terme. L’être humain en est absent et la question des droits de l’Homme méprisée. Il importe pour ces soi-disant « réalistes » de défendre d’abord les intérêts économiques nationaux : une providence complémentaire de la main invisible d’Adam Smith fera que le commerce conduira nécessairement à l’ouverture politique et la stabilité[5]. La lutte contre les terroristes doit être menée sans relâche pour éviter toute contagion en dehors de leurs foyers d’origine, sans chercher à comprendre les raisons profondes du mal-être ressenti par les populations qui les soutiennent. Le manque d’intérêt porté à l’ouverture progressive des dictatures et au développement de la société civile conduit la France à intervenir ponctuellement de manière souvent incohérente et désordonnée, lorsqu’une crise éclate. Et à retirer son soutien au pays en convalescence aussitôt que les media dirigent leur attention vers une autre crise.

Pourtant, le Président Chirac s’est joint, au nom de la France, à une déclaration signée par tous les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à New York en septembre 2005. Cette déclaration, dite du « millénaire + 5 », reconnaît explicitement l’interdépendance du « développement, de la paix et de la sécurité et des droits de l’Homme ». Le respect des droits fondamentaux est en effet une condition nécessaire de la prévention effective des crises[6] et de la reconstruction des sociétés ravagées par les conflits[7]. Le développement, qui requiert, comme le savent bien les économistes, la mise en place d’un Etat de droit stable et d’un gouvernement responsable, est le moyen le plus sûr de favoriser l’apparition de clients et de fournisseurs potentiels. Enfin, dernier détail, rappelons que les droits de l’Homme sont inscrits dans des traités internationaux contraignants, auxquels la grande majorité des Etats a souscrit volontairement.

Certains intellectuels reprochent enfin à l’ONU, où ont été élaborés la plupart des grands textes protecteurs des droits de l’Homme (déclaration universelle, pactes et conventions...), de constituer un nouveau foyer de remise en cause des droits de l’Homme[8], notamment à la veille d’une conférence de suivi de la conférence de Durban (2001) sur le racisme. La solution consisterait selon eux à ce que la France et ses partenaires européens se désengagent de ces travaux, comme l’ont fait les Etats-unis. Le retrait de la France du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies ne serait pourtant qu’un encouragement aux pires violateurs à continuer leurs exactions, au mépris de la dignité humaine. Cette position est fondée sur une méconnaissance patente du miracle onusien qui permet de faire asseoir autour d’une table des pays aux intérêts les plus contradictoires. C’est justement ce dialogue qui, à long terme, permettra de construire une véritable société internationale. Le repli sur soi a souvent été, dans l’Histoire, le signe annonciateur de catastrophes à venir. Une synthèse entre les grandes approches de la diplomatie (idéaliste, réaliste, légaliste/institutionnaliste) peut être trouvée sans perdre de vue la dignité humaine au moment de prendre des décisions stratégiques.

Pour des politiques en France fondées sur les droits de l’Homme

La situation des droits de l’Homme en France, si elle n’est évidemment pas comparable à la situation en Chine ou au Soudan, est perfectible. Cela est particulièrement vrai en particulier si notre pays, à défaut de jouer le rôle du donneur de leçon, souhaite se présenter en exemple. Le respect de la dignité n’est pas une exigence relative. Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a rappelé une fois encore ses préoccupations, suite à sa visite en France de mai dernier. Celles-ci, qu’elles soient discutées aux Nations unies ou au Conseil de l’Europe, sont toujours les mêmes. Le gouvernement actuel, comme de nombreux gouvernements précédents, n’intègre pas le respect des droits fondamentaux dans ses politiques. L’absence, contrairement à d’autres pays, d’une commission ou d’une sous-commission des droits de l’Homme dans les assemblées illustre ce manque d’intérêt de nos hommes politiques. Deux exemples emblématiques peuvent être cités pour illustrer ce propos.

Premier exemple : les conditions de détention en France sont parmi les pires en Europe, du fait de la surpopulation carcérale et de l’état de délabrement des structures. Or, on sait que ces conditions de détention sont un facteur important de récidive[9], dans la mesure où elles rendent très difficile tout travail de réinsertion des détenus. Quelle réponse le gouvernement apporte-t-il ? Plus d’enfermement avec l’adoption de législations très répressives[10] et la construction de nouvelles prisons[11]. Le projet de loi pénitentiaire en attente depuis plusieurs mois est très loin des normes européennes et l’encellulement individuel ne sera pas une réalité à court terme malgré l’engagement législatif de le mettre en œuvre à partir du 15 juin 2008.

Second exemple : depuis des années, il est demandé à la France de ratifier et de mettre en œuvre la convention internationale relative aux droits des travailleurs migrants et de leur famille. La réponse du gouvernement actuel est claire : la France ne ratifiera pas ce texte car celui-ci ne fait pas de différence entre migrants légaux et illégaux, et risque donc d’encourager l’immigration illégale. Cette réponse ne fait que déplacer un problème (la lutte contre l’immigration illégale est en effet souhaitable ; mais elle doit être menée dans le respect des droits de chacun) et surtout elle nie les droits de l’Homme des migrants illégaux, et par conséquent leur dignité humaine.

Les droits de l’Homme, outre le fait que leur respect est sanctionné juridiquement, offrent un vrai cadre pour l’action politique. Des lois comme celles sur la présomption d’innocence adoptée sous le gouvernement de Lionel Jospin[12], sur le droit à un logement opposable[13] (malheureusement adoptée trop vite par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin sur le départ) ou la loi sur le réduction du temps de travail[14] (malgré ses insuffisances), montrent un horizon politique. Cependant, aucune réflexion politique globale n’a été initiée à ce stade. Au niveau français comme au niveau international, des experts compétents mènent une réflexion poussée sur ces questions[15] qui devraient nourrir le débat public plutôt que d’être méprisés par les gouvernements.

Propositions

L’analyse effectuée dans trois précédentes chroniques sur l’absence de réel débat public sur les droits de l’Homme doit permettre de mieux comprendre en quoi les libertés fondamentales sont un sujet politique essentiel. S’il est crucial de réaliser les dangers dont est porteur l’oubli de la dignité humaine dans les politiques menées, cette chronique ne peut s’achever sans livrer quelques pistes d’action concrète pour remédier à cette situation alarmante. Ces pistes ne sont évidemment que des réponses partielles à une question qui mériterait un véritable chantier national.

Tout d’abord, au niveau international, il est indispensable que la France et l’Union européenne restent engagées de manière cohérente[16] dans le combat en faveur de la promotion des droits de l’Homme, tant au niveau de leurs relations bilatérales qu’au niveau du système multilatéral. Elles doivent encourager les autres Etats, notamment ceux dont nous sommes les plus proches, à s’engager également de manière constructive. Pour la crédibilité de l’action de notre pays, il est urgent d’éléver ses moyens au niveau de ses ambitions[17], notamment en terme de coopération technique (soutien à la construction à l’Etat de droit, à des systèmes de protection sociale... dans les pays tiers) et de soutien à la société civile. Et il est enfin important de professionnaliser la promotion des droits de l’Homme au sein de la diplomatie française pour éviter que des incohérences ne nuisent à sa crédibilité[18]. La France, comme le savent très bien certains de ses partenaires de l’Union européenne, réussira à décrocher des contrats à l’étranger d’abord grâce à son savoir-faire et à la qualité sa production, et non pas grâce à un silence complice des autorités violatrices des droits de l’Homme.

Au niveau national devraient être créés un poste de ministre aux droits de l’Homme[19], ayant une compétence nationale[20] (et occupé par une personne respectée possédant une expertise internationale sur la question) et des commissions des droits de l’Homme dans chacune des assemblées. Par ailleurs, devrait être décidé le lancement d’une large consultation (inter-administrations, avec la société civile, avec les partenaires sociaux...) pour l’élaboration d’un plan d’action national sur les droits de l’Homme, comme la France s’y était engagée en 1993 lors de la conférence mondiale de Vienne sur les droits de l’Homme. De telles décisions seraient un excellent point de départ pour évaluer la situation actuelle et initier un débat public constructif sur un projet de société.

Pour une réappropriation des droits de l’Homme par les citoyens

Car la société dans son ensemble doit se réapproprier le concept de dignité humaine. Chacun d’entre nous doit reprendre conscience de celle-ci, ainsi que des potentialités (qui doivent être garanties sous la forme de droits) et responsabilités qui y sont attachées. Le gouvernement actuel n’a choisi de se servir des droits de l’Homme que comme d’un slogan afin de mieux masquer son mépris pour ceux-ci, comme l’illustre encore la récente proposition de réforme de la procédure pénale. L’opposition est aujourd’hui dans la rue avec des associations heureusement dynamiques, à défaut d’être incarnée à l’Assemblée nationale par un Parti socialiste à la recherche d’un second souffle. Pour consacrer un véritable nouveau départ, le PS devrait retrouver ses racines et préparer l’avenir avec un projet auquel les droits de l’Homme pourraient donner toute sa cohérence.

Il n’est jamais sain de jouer sur les peurs pour influencer les esprits. La peur n’est pas bonne conseillère en matière de libertés publiques. Pourtant, il serait dommage que nous attendions une catastrophe pour nous rappeler tout le sens de la dignité humaine. La crise économique actuelle devrait nous donner l’opportunité de penser notre avenir en suivant ce fil directeur fondateur.

[1] Je ne citerai que trois causes possibles pour susciter le questionnement : l’absence de catastrophe majeure sur notre territoire depuis la seconde guerre mondiale, l’engourdissement de la conscience politique des citoyens repus par la société de consommation et la complexification croissante et la dénaturation des droits fondamentaux à mesure qu’ils se sont juridicialisés.

[2] Historiquement, les droits de l’Homme ont été opposés progressivement par les peuples anglais, américains et français à l’arbitraire de leurs dirigeants, même si des précédents ont pu être observés sous des formes différentes ou partielles, en Europe ou sur d’autres continents.

 

[3] Rappelons qu’un principe fondamental des droits de l’Homme est leur indivisibilité et leur interdépendance, c’est-à-dire l’impossibilité de limiter son action à une catégorie particulière de droits sans influencer les autres catégories.

[4] Cf. le site Internet du Haut Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies qui les récapitulent :

www.ohchr.org

[5] Singapour, dont la Chine semble emprunter la voie, est un parfait contre-exemple.
[6] Le respect de la liberté d’expression et des médias est par exemple une soupape pour l’expression des mécontentements qui dans le cadre d’un régime fermé ne trouvent d’autres voies que celle de la violence ; elle est aussi un moyen indispensable pour le gouvernement de connaître les difficultés auxquelles est confrontée sa population, à condition qu’il est la volonté d’y répondre...

[7] La lutte contre l’impunité des violations et la mise en place d’un système de justice transitionnelle sont indispensables à la réconciliation et pour regarder vers l’avenir.

[8] « Les Nations unies contre les droits de l’Homme », le Monde du 28/02/2008 ; voir la réponse de Hélène Flautre, présidente de la Sous-commission des droits de l’Homme du parlement européen, dans le monde daté du 14 mars 2008 « Qui veut tuer l’ONU ? ».

[9] et de radicalisation pour les personnes les plus sensibles au discours religieux fondamentaliste
[10] LOI n° 2007-1198 du 10 août 2007 sur la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs
[11] cf. le rapport de la France devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies dans le cadre de la procédure d’Examen périodique universel : A/HRC/WG.6/2/FRA/1 du 2 mai 2008

 

[12] LOIS n°2000-516 et n°2002-307 sur la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes

[13] LOI n° 2007-290 sur le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale

[14] Article 24 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques ». A condition de considérer que le travail tel que conçu sous sa forme actuel n’est pas le seul moyen pour l’homme de se réaliser.

[15] On peut citer par exemple les comités de surveillance de la mise en œuvre des obligations internationales auxquelles la France a volontairement souscrit, ou, au niveau national, la HALDE, le nouveau contrôleur des lieux de détention et surtout la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) ; à noter que cette dernière, dont le statut a pourtant été renforcé récemment par une loi récente (2007), n’a pas été saisie une seule fois par le gouvernement depuis l’élection du Président Sarkozy.

[16] La position hésitante de la France face à la situation des droits de l’Homme en Chine et l’évolution de sa conception de la Justice pénale internationale sont autant d’hypothèques sur la crédibilité de la diplomatie française.

[17] La France, alors qu’elle est au 6ième rang des pays par son PIB, n’est en 2008 que le 13ème contributeur au budget du Haut commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies ! Et la situation devrait encore largement se détériorer avec la loi de finances 2009.

[18] Notons par exemple l’amateurisme qui a caractérisé les positions françaises suite aux évènements récents au Tibet.

[19] Un précédent a existé en 1986-1988 ; mais M. Malhuret était alors chargé en réalité de la guerre froide.

[20] et pas dans le domaine des affaires étrangères, comme le portefeuille de Rama Yade (dont la fonction est utile et doit être préservée mais qui répond à une logique autre) ; ses fonctions consisteraient à intégrer de manière cohérente les droits de l’Homme dans la politique gouvernementale et sensibiliser les français à travers le pays.


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34 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 28 janvier 2009 11:57

    Les droits de l’homme ont pour base idéologique le LIBERALISME.


    • zelectron zelectron 28 janvier 2009 21:25

      Je cherche partout ou sont passés les devoirs de l’homme, vous ne les auriez pas vu par hasard ?


    • Eric Kaminski 28 janvier 2009 22:59

      Evidemment, si tu penses au libéralisme politique. Les droits de l’Homme permettent de réfléchir concrètement à la mnière de mettre en oeuvre cette foutue liberté que l’on nous promet mais que l’on peine à voir se réaliser. En revanche, les droits de l’Homme, je pense notamment aux droits économiques, sociaux et culturels, peuvent être une vraie réponse au néo/ultralibéralisme qui nie les droits des plus faibles. Avant d’être libre, il faut que l’Etat nous donne autant que faire ce peut les mêmes chances. Et c’est là qu’il y a beaucoup de travail...


    • Eric Kaminski 28 janvier 2009 23:01

      Les devoirs de l’Homme ? Il en existe bien-sûr, mais ce n’était pas mon propos, souhaites-tu approfondir ?


    • zelectron zelectron 29 janvier 2009 00:36

      quelques éléments....

      Le devoir ? : j’ai même cherché dans l’implicite, je me demande de quoi on parle là, oups j’ai trouvé : c’est dans la portion congrue.

      (cela signifie que pour toute la peine qui a été prise pour écrire et commenter dans des millions d’écrits "les droits de l’homme" il est aveuglant d’évidence que les devoirs sont "foutrement" absent du débat)

      Les droits et les devoirs sont indissociables l’un de l’autre, tels le yin & le yang.

      En n’explicitant pas les devoirs, on aboutit à ce que tout le monde comme aujourd’hui exige ses droits comme des cabris et pisse sur les devoirs.

      Ce sont "les autres" qui ont des devoirs envers vous ?

      Alors le politique s’honorerait d’agir dans ce sens (entr’autres)


    • Bois-Guisbert 29 janvier 2009 09:47

      Les droits et les devoirs sont indissociables l’un de l’autre, tels le yin & le yang.

      Ca, c’est en théorie. Les droits de l’homme à la façon de Kaminski, c’est un truc d’intellectuels qui sont sûrs de pouvoir dominer leurs passions avec leur Raison, pour se mettre au service exaltant d’une humanité triomphante et euphorique.

      Les Lumières voyaient déjà ça comme ça. L’homme de la rue, ce n’est pas du tout sa perception. Lui, la Grande Idée, il l’a traduite avec ses mots, à partir de ses envies et de ses pulsions.

      Son interprétation, la voici : - J’ai envie, donc j’ai le droit !

      C’est l’un des principes fondamentaux de la désagrégation de nos sociétés.

      Et quand je dis l’homme de la rue... L’impudent et trivial Sarkozy n’en est-il pas un exemple tout à fait flagrant. ?


    • Eric Kaminski 29 janvier 2009 10:23

      Pas du tout, les devoirs existent mais cela est trop évident. le prblème ne se pos à ce niveau ou du moins, ce n’est pas ce qui me paraît pour l’heure problématique. Je vous laisse écrire dessus quelque chose d’intelligent dont nous pourrons discuter. Le problème est que les devoirs ne seront pleinement acceptés, ou du moins tendront à être mieux acceptés, quand l’homme se setira capable de réaliser son potentiel de manière satisfaisante. L’oppression vient d’abord de l’Etat et des dominants (désolé pour l’évidence !), c’est normal que l’on s’interroge à la manière dont l’individu peut se libérer et être autonome dans le respect d’autrui face à ces réalités.


    • Eric Kaminski 29 janvier 2009 10:30

      Il n’y a pas de coupure esentielle entre l’intellectuel et l’homme de la rue ; plutôt que monter des barrières il faut poser des ponts. Je ne crois pas à la raison toute puissante (je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est la raison), mais je crois à la volonté de vivre (volonté de puissnace de Nietzsche ? conatus de Spinoza ? pulsion de vie et de mort de Freud ?) et de développer son bien-être (qui peut être radiclement différent pour deux individus) de l’Homme.

      l’intellectuel a mauvaise presse aujourd’hui, notre président montre l’exemple de l’absence de vision et l’incohérence politique. Nous nous enfonçons dans le petit quotidien égoïste sans considération pour l’au-delà de si (l’autre, l’avenir) qui nous effraie. C’est ce phénomène que l’on doit combattre.


    • Romain Desbois 29 janvier 2009 11:18

      @Kalki
      Il suffit de lire les chartres !

      J’écris les chartres ou déclarations.

      De quels droits de l’homme parlons nous, de la déclaration de 1789, de l’ONU de 1948, de l’Union européenne ?

      Il y a de grosses différences entre elles.

      L’une fait référence à un être suprême que l’on ne retrouve pas dans l’autre. L’une parle de contribution volontaire mettant à mal la notion d’impôt, ce qui disparaît dans les autres.

      L’article 18 par exemple de la déclaration de 48, stipule que toute personne a droit à la liberté de pensée , de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion et la liberté de manifester sa religion, seule ou en commun, tant qu’en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

      Dans le cadre de la loi sur les signes religieux (en gros pour interdire le voile), on a entendu tout et n’importe quoi mais surtout que les signes religieux doivent être interdits dans les lieux publics et au travail, à l’école. Que la pratique religieuse doit se faire dans la sphère privée.
      En totale violation de l’article 18 !

      C’est fou que ce soit un athé qui rappelle celà !


    • Eric Kaminski 29 janvier 2009 11:30

      Tou àa fait d’accord, la loi sur les signes religieux est contraire aux droits de l’Homme et surtout, politiquement, s’acharne sur un symptôme plutôt que traiter des causes profondes.


    • zelectron zelectron 29 janvier 2009 23:07

      "Pas du tout, les devoirs existent mais cela est trop évident. le prblème ne se pos à ce niveau ou du moins, ce n’est pas ce qui me paraît pour l’heure problématique. Je vous laisse écrire dessus quelque chose d’intelligent dont nous pourrons discuter."
      C’est évident que c’est à vous de faire l’effort d’un programme dans ce sens...pour vous justifier, d’ailleurs
      c’est vous qui amputez votre propre discours de la moitié (au moins) de son pan.


    • Eric Kaminski 30 janvier 2009 00:40

      L’intérêt d’un site comme celui-ci est la discussion : soit l’angle que j’ai choisi est différent de ce que vous auriez fait, soit je fais fausse route et j’ai besoin d’être éclairé car vraiment, je ne vois pas comment introduire la problématique dont vous me parlez dans la logique de mon article ! Nous aurons tous els deux (enfin surtout vous !) perdus notre temps. Dire, dire, ok, mais faire est bine aussi ! smiley


    • l4bjteyqbg45iht 28 janvier 2009 12:38

      N’est-ce pas une façon pour la culture occidentale de dominer les autres peuples que de proclamer l’universalité des droits de l’homme ?

      La théorie des droits de l’homme se donne comme une théorie valable en tous temps et en tous lieux, c’est-à-dire comme une théorie universelle. Cette théorie est pourtant historiquement datée et géographiquement située : elle est un produit de la pensée des Lumières et appartient, comme telle, à l’horizon spécifique de la modernité occidentale. Il y a donc contradiction entre la contigence historique qui a présidé à son élaboration et sa prétention à l’universalité. C’est la raison pour laquelle la diffusion planétaire de cette idéologie est si fréquemment perçue comme une nouvelle forme d’acculturation, en particulier dans les sociétés traditionnelles, où l’individu en soi n’est tout simplement pas représentable et où la pensée morale de base est celle des devoirs qu’on a envers autrui, non celle des droits qu’on pourrait lui opposer.

      A une époque où la diversité culturelle et humaine est bien la dernière chose dont se soucient les maîtres de la planète, l’idéologie des droits renoue ainsi subrepticement avec d’anciens discours de domination. Accompagnant l’extension planétaire du marché, elle lui fournit l’habillage « humanitaire » dont celle-ci a besoin. Ce n’est plus au nom de la « vraie foi », de la « civilisation », du « progrès », voire du « lourd fardeau de l’homme blanc », que l’Occident se croit fondé à régenter les pratiques sociales et culturelles existantes dans le monde, mais au nom de la morale incarnée par le droit. L’affirmation de l’universalité des droits de l’homme ne représente rien d’autre, de ce point de vue, que la conviction que des valeurs particulières, celles de la civilisation occidentale moderne, sont des valeurs supérieures qui doivent s’imposer partout. Alors même que

      l’Occident prétend aujourd’hui donner dans la « repentance », le discours des droits lui permet une fois de plus de s’ériger en juge moral du genre humain.

      Les droits de l’homme tendent-ils à la justice ou au despotisme ?

      Ils tendent à créer un despotisme d’un type nouveau : le despotisme au nom du Bien. Ce n’est sans doute pas un hasard si la société qui a affirmé avec le plus de force les droits de l’individu est aussi celle qui a concrètement mis en place les mécanismes de conditionnement et d’hétéronomie collective les plus pesants. A l’échelle mondiale, la transformation du droit international sous l’effet de l’idéologie des droits de l’homme ne permet pas aux faibles de mieux faire face aux puissants, mais fournit aux puissants un prétexte pour agresser les faibles qui les gênent. C’est ce que l’on voit aujourd’hui en Irak. A l’intérieur de nos sociétés, l’idéologie des droits de l’homme permet d’instaurer peu à peu, en toute bonne conscience, une société de surveillance généralisée tout en favorisant la colonisation de l’imaginaire par les valeurs marchandes et la seule logique du profit. Ainsi se trouve réalisée cette double polarité de la morale et de l’économie que Carl Schmitt a pu définir comme une malédiction de notre temps. La défense des libertés n’en est qu’une plus urgente nécessité. Je ne suis pas de ces adversaires de l’idéologie des droits de l’homme qui condamnent l’objectif qu’elle prétend (à tort) atteindre, en clair qui ne s’attaquent à cette idéologie que parce qu’ils ont le goût de l’arbitraire ou la nostalgie de l’absolutisme. Dans mon livre, j’essaie de montrer pourquoi l’idéologie des droits de l’homme ne peut efficacement défendre les libertés concrètes, et je donne plusieurs exemples de manières d’agir autrement. La lutte contre le despotisme et la défense des libertés sont pour moi un problème politique, qui ne peut être résolu que politiquement.

      http://www.alaindebenoist.com/pdf/entretien_sur_les_droits_de_l_homme.pdf


      • Eric Kaminski 28 janvier 2009 23:15

        J’aime beaucoup ce passage : "Il existe une nature de l’homme, qui se donne à saisir sous des incarnations multiples et des modalités variées. De cette nature de l’homme se dégage une exigence : celle du bien commun. Il s’en dégage aussi un impératif moral : parvenir à l’excellence de soi en pratiquant l’éthique des vertus." je ne pourrais pas mieux dire. Les droits de l’Homme sont la plus belle manifestation de la nature immanente (et non transcendante) de la dignité humaine. Le problème est que les personnes qui parlent des droits de l’Homme comme d’une idéologie, n’ont pas la moindre connaissnace de ce qu’ils sont et des réflexions actuelles sur leur mise en oeuvre.

        Je refus pour ma part l’idée d’un différence essentielle entre les hommes et les races (pardon, vous remplacez le mot race par le mot culture, mais le sens est le même dans vore commentaire). Tous les hommes ont la même dignité, il faut tous leur donner les moyens de l’actualiser. Ce sont les droits de l’Homme qui permettent justement à telle personne de croire en tel dieu à une autre d’être matérialiste et de l’exprimer. Ce sont ces mêmes droits qui vont permettre que des morales différentes se structurent chez des individus ou des groupes d’individus ou à d’autre de penser par de-là le bien et le mal.

        Interrogez les chinois ou des africains pour savoir s’ils ne souhaitent pas être plus libre ! Evidemment l’état de développement économique de leur pays ne permet pas à certains d’entre eux, dont la nécessaité première est de manger, de comprendre la liberté de la même manière que nous. Mais notre horizon est le même. Et nous devons en parler avec eux, sans jamais les forcer bien entendu. la guerre en Irak pour imposer la démocratie est évidemment contraire à la dignité des irakiens...

        N’hésitez pas à me poser des questions si vous manquez d’information.

        Bon courage !


      • Bois-Guisbert 29 janvier 2009 00:15

        Il existe une nature de l’homme, qui se donne à saisir sous des incarnations multiples et des modalités variées. De cette nature de l’homme se dégage une exigence : celle du bien commun. Il s’en dégage aussi un impératif moral : parvenir à l’excellence de soi en pratiquant l’éthique des vertus." je ne pourrais pas mieux dire.

        Ni plus romantiquement boursouflé. Si cela était, le communisme aurait réussi. Hélas, c’est l’origine de ses cent millions de morts qu’on trouve dans ce genre d’illusions délirantes.

        Interrogez les chinois ou des africains pour savoir s’ils ne souhaitent pas être plus libre !

        Mais alors il faudrait commencer par demander à chacun d’eux ce que cela signifie, très précisément, pour lui Etre libre. Les quatre cinquième en seraient réduits à répondre : - Et’ lib’... ben... heu... ça veut dire êt’ lib’, quoi !

        Bien des Français seraient tout aussi empruntés et finiraient par lâcher : - Ben, c’est dire que Sarkozy est un con, sans risquer d’aller en prison.

        la guerre en Irak pour imposer la démocratie est évidemment contraire à la dignité des irakiens...

        Non, la guerre en Irak pour imposer la démocratie était contraire à l’identité des Irakiens, pas à une hypothétique dignité, dont ils n’ont même pas conscience. La grosse erreur de Bush a été de croire qu’après avoir écrasé l’Irak, les Ricains, leurs urnes, leurs isoloirs et leurs bulletins de vote seraient accueuillis à bras ouverts par des Allemands et des Japonais, moustachus, en chemise de nuit...

        Tout ça, parce qu’il pensait exactement comme toi, Kaminski. Puisque tous les hommes ont la même dignité, le même horizon, et le même je ne sais quoi encore, il n’y avait aucune raison pour des Irakiens bombardouillés ne reçoivent pas la démocratie avec le même empressement et le même zèle que les Allemands écrasés et les Japonais broyés de 1945.

        Pauvre Bush qui se voyait entrer dans l’histoire comme l’homme de la Paix au Moyen-Orient, la démocratie étant, à partir de l’Irak, appelée se répandre dans toute la région comme un irrésistible tsunami de valeurs universelles de paix, de tolérance et de prospérité.

        Et pauvre Kaminski qui s’engage mêmement sur la voie pavée de bonnes intentions des chimériques, des illuminés, des assembleurs de nuées et des songe-creux.


      • Bois-Guisbert 28 janvier 2009 16:12

        Bonne idée, alors que le droit-de-l’hommisme est le sida mental de ce début de siècle, en même temps que la religion qui conduit notre civilisation au tombeau !


        • Eric Kaminski 28 janvier 2009 22:53

          Je te rassure, quand je lis des commentaires comme le tien, moi aussi je me dis que la liberté d’expression devrait être limitée et que tu devrais être arrêté sans jugement smiley ! Mais finalement, je pense qu’il faut mieux que tu t’exprimes, la violence de ton propos le décrédibilise tout seul...


        • Bois-Guisbert 28 janvier 2009 23:43

          je pense qu’il faut mieux que tu t’exprimes, la violence de ton propos le décrédibilise tout seul...

          Le propos est de quelqu’un qui n’a pas la moindre idée de l’ampleur des dégâts ni de la proximité de l’abîme où cette suicidaire ânerie - le droit-de-l’hommisme - nous conduit.

          La suite le démontre : "Les droits de l’Homme sont un horizon vers lequel nous devons nous efforcer de tendre à l’infini."

          L’infini et l’éternité du tombeau, par le fait. C’est à des attitudes comme celle de Kaminski qu’on mesure la perversité du bourrage de crâne de l’école républicaine.


        • Eric Kaminski 29 janvier 2009 00:11

          Aïe, je t’ai fait te confronter à ta propre mort, et tu angoisses. Ne t’inquiète pas, beaucoup d’autres personnes n’arrivent pas à surmonter cette peur. Relis Nietzsche, imprègne-toi de sa joie dyonisiaque et réjouis-toi de l’éternel retour !


        • Bois-Guisbert 29 janvier 2009 00:16

          Nous voilà bien...

          Zarathustra himself descendu de sa montagne avec son aigle et son serpent...


        • Eric Kaminski 28 janvier 2009 22:56

          Non, c’est pas une utopie (qui n’existe pas par définition). Les droits de l’Homme sont un horizon vers lequel nous devons nous efforcer de tendre à l’infini. Ca fait peur l’infini, n’est-ce pas ? Sois courageux ! J’essaie par cet article d’y réfléchir de manière concrète.


        • finael finael 28 janvier 2009 23:30

          Il me semble que ce ne sont pas les droits (et éventuellement les devoirs et la responsabilité) de l’homme qui sont négligés et oubliés.

          C’est l’homme, l’être humain, qui n’existe plus face à des entités métaphysiques comme "l’économie", "l’argent", le "réalisme" (étonnant réalisme qui ferait douter que les êtres humains soient bien réels), et autres "mains invisibles" qui gouverneraient le monde, notre monde, à nous pauvres humains !


          • Eric Kaminski 29 janvier 2009 00:12

            Je ne pourrais pas mieux dire !


          • Bois-Guisbert 29 janvier 2009 09:21

            (étonnant réalisme qui ferait douter que les êtres humains soient bien réels),

            L’être humain est bien réel, c’est le contenu que vous lui attribuez qui est une fiction. Une fiction dogmatique en forme de postulat : Voici ce qu’est l’être humain, donc voici le monde qu’il convient de lui construire.

            Cela aboutit régulièrement à de sanguinaires désastres dont les victimes se comptent en nombre à cinq ou six zéros, le dernier en date étant à mettre au compte des Khmers rouges.


          • Eric Kaminski 29 janvier 2009 11:34

            Justement non, c’est intéressant, vous projetez sur ce que j’écris un argument classique sur un point que j’essaie justement de dépasser. Je ne donne pas de contenu à l’homme, j’écris qu’il est avant tout capable et conscient d’être capable. Et qu’il doit pouvoir développer, s’il le souhaite, son potentiel aussi longtemps qu’il ne nuit pas à autrui.


          • Eric Kaminski 29 janvier 2009 11:38

            C’est intéressant, vous projetez sur mon texte un argument classique sur un poitn que j’essaie justement de dépasser. je ne donne pas de contenu normatif à l’homme, j’indique simplement qu’il est capable et conscien td’être capable. Et qu’il doit pouvoir développer librement son potentiel aussi longtemps qu’il ne nuit pas à autrui. Je constate l’indignation de ne pouvoir faire et al volonté de s’épanouir à sa manière.


          • vieuxcon vieuxcon 29 janvier 2009 11:15

            Je rejoins Finaël. Si nos ancètres ont éprouvés le besoin d’écrire les droits de l’Homme, c’est tout simplement pour ne pas revenir au servage, face aux dangers qu’ils connaissaient : Pouvoir, confiscation de l’échange par la monaie, Savoir "divin" du maître etc...
            La catastrophe qui se prépare vient simplement du fait que certains théorisent la domination, qu’elle soit financière, morale ou religieuse, sans se préoccuper simplement de l’être humain. L’être humain, ca ne s’affabule pas. Ca fait partie d’un tout qui s’appelle nature et que nous nous acharnons à détruire en inventant des théories aussi fumeuses que frauduleuses. Ainsi la loi de Paretto. Les fameux 80 20 que des milliers de personnes essayent de retrouver, comme si un rayon de soleil ou un orage étaient des présages. Paretto a fait une photographie de la population Vénitienne à un instant donné. En tirer des théories est une formidable erreur mathématique. Mais tout le monde fait comme si. Si la théorie était vrai il y à longtemps qu’il resterait 1 face à des milliards. Et on tend à force de l’appliquer. Ainsi la même photographie de la population Vénitienne, sutr les mêmes bases donnerait 91% de pauvres face à 9% de riches preuve s’il en fallait que tout celà ne repose que sur du vent.
            Il n’y a qu’une chose qui est réelle, c’est l’Homme, aussi habille à se détruire qu’à se construire. Il faut éduquer et encore éduquer pour rappeler qu’ensemble on va plus loin que seul.
            Même les solitaires du Vendée globe s’appuient sur une équipe. Mieux ils forment une équipe, s’entrainant pour la plus part ensemble, mutualisant leurs moules, s’entraidant pour la recherche de sponsort.
            Il n’y a d’avenir pour l’homme que dans l’entraide et le respect. Ca aurait pu être à la fois la charte des devoirs et des droits de l’homme.


            • Eric Kaminski 29 janvier 2009 11:46

              Je suis d’accord avec presque tou votre propos. Le seul souci, c’est que els dévoirs de l’Homme existent, nous y sommes confrontés tous les jours, notamment face à la loi. C’est pour cette raison que je parle de refondation sociétale. Le modèle économique dominant (paretto ou pas, il y a bien d’autres inepties dans la théorie d’inspiration ultralibérale) fait perdre à l’Homme le sens de sa vie en instaurant un système au service, et ce dès la naissance, des puissants, de ceux qui sont aptes à survivre à une concurrence pour laquelle chacun de nous n’est pas armé également.

              Un projet doit nous permettre de rectifier cela, de donner l’envie ensemble d’un nouveau départ. les droits de l’Homme, notammnt les droits économiques et sociaux - mais pas exclusivement - doivent nous permettre de nous guider dans un tel projet !


              • Eric Kaminski 29 janvier 2009 12:48

                Merci pour ce commentaire intéressant ! je tiens simplment à rappeler, si l’on s’intéresse au cadre minimal des droits de l’homme, c’est le cadre international (pactes et conventions contraignantes), quia été négocié par tous els Etats membres de l’ONU, qui n’est pas composée que d’occidentaux. Ensuite, chaque Etat est libre ou non de ratifier le texte en question, or un grand nombre de ces pays ont choisi de se soumettre volontairement à ces obligations juridiques.

                Et les travaux continuent, mais trop souvent, comme je l’acris dans mon article, dans l’indifférence générale.


              • Romain Desbois 30 janvier 2009 00:26

                Je me demande si ceux qui denoncent le droitdelhommisme ou le côté occidental (entendre colonial) ont vraiment lu un jour les droits de l’Homme ?

                L’universalité de Ces droits met tous les humains à égalité de droits fondamentaux.

                J’aimerais bien qu’ils détaillent ce qui dans les droits de l’homme ne concerneraient pas un seul être humain !

                Le droit de vivre libre est-il culturel ? Pour qui ? l’opprimé ou l’oppresseur ? L’esclave ou le bourreau ?

                Mais je crois que l’on confond droit et obligation.

                On doit pouvoir utiliser un droit mais ce n’est pas obligatoire. La condition est que c’est soi même qui peut exercer ce choix, pas l’autre pour soi-même.

                J’ai oublié de vous remerciez de cet excellent article qui donne à réfléchir. Vous faites honneur à agoravox et oserais-je dire à l’humanité.


                • Eric Kaminski 30 janvier 2009 00:44

                  aaaah, merci pour ce commentaire intelligent. Je commençais à me sentir seul face aux chantres de l’apocalypse. Nous sommes au moins deux pour un projet de refondation constructive !


                • Romain Desbois 31 janvier 2009 00:52

                  @auteur

                  Avec des gens comme vous, je suis partant !

                  Heureusmeent qu’il y avait il ya deux cents ans des hommes qui voyaient plus haut que leurs propres intérets.

                  Hélas comme d’hab les articles les plus interessants sont peu lus et commentés.

                  Dur de croire en l’homme souvent, espoir dans l’humanité parfois.

                  Il m’arrive d’osciller entre la philanthropie et la misanthropie, tout le temps.

                  Mais votre article et la teneur de vos commentaires m’ont fait hier basculer du bon côté .

                  C’est fragile mais c’est déjà ça.

                  Merci donc encore.


                • Eric Kaminski 31 janvier 2009 12:15

                  Merci beaucoup ! N’hésitez pas à me contacter sur mon blog (et e-mail) ! http://ekaminski.blog.lemonde.fr/


                • Romain Desbois 2 février 2009 11:28

                  C’est noté, je n’y manquerai pas. smiley

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