Sarkozy et l’Europe : bilan
Comme promis voici un bilan de l’action de Nicolas Sarkozy pendant la période de présidence de la France à la " tête " de l’Europe, bien que ce dernier ait inventé le poste de président de l’Europe, sans rapport avec la réalité ni le bien fondé juridique ni historique. Autant vous le dire tout de suite, pour moi le seul succès de taille est celui de la communication du Guide des Frances et Navarres, et pendant quelques mois de l’Europe et une courte période du Monde. Il a réussi à faire de lui l’image de celui qui, actif et agissant, aurait été présent en Europe et l’aurait fait parler d’une seule voix. Autant dire aussi que je ne partage pas l’avis ni de Bayrou, ni de certains socialistes qui lui ont trouvé quelques charmes, soit qu’ils le pensaient (pensent vraiment) soit que dans cette période de grave crise tirer sur l’ambulance est se faire des ennemis dans l’opinion, ce dont je n’ai cure. Je tire sur l’ambulance quand celle-ci transporte une bombe à hydrogène.
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Le slogan, qui est devenu une vérité journalistique, mais non forcément ressentie comme telle par tous les peuples assemblés descendants élargis de l’empire carolingien, se résume en cette phrase qui dit tout :
Sarkozy a été présent, actif et efficace réussissant à faire parler l’Europe d’une seule voix en la dépoussiérant.
Et pour moi, après une léthargie coupable, il s’est agité en plusieurs temps avec pour point culminant, après un shopping dans la Vè de NY, la leçon qu’il a donné à la planète entière sur le monde économique.
La logique temporelle veut qu’il y ait un avant et un après présidence. L’avant sert à préparer sa présidence et l’après à transmettre le témoin au suivant en mettant de l’huile dans les rouages.
Traitons d’abord de l’avant.
Notre roitelet qui se croyait empereur, n’a préparé cette présidence qu’en communicant arrogant proposant quatre objectifs primordiaux dont aucun n’aura été atteint. Ce qui a été préparé était une grande fête à la gloire du prince régnant mais dont les feux d’artifices furent éclipsés par ceux de la Géorgie, de la Chine, de la bourse et des banques. En revanche rien des trois sujets principaux n’avait été préparé :
- la crise des subprimes (Lagarde avait créé la jubilation qui dresse le mur de l’Atlantique entre l’Amérique (America) et nous (Francia), tel un nuage de Tchernobyl immobile et contournant la Pointe du Raz si par malheur il se déplaçait quand même) ne nous toucherait pas ;
- la crise russo-géorgienne laissait pourtant entendre des bruits avant coureurs dignes d’un Boeing au décollage ;
- le Tibet avec les jeux olympiques chinois.
En fait la seule qu’il ait préparé dans l’avant c’est son fameux sommet du 13 juillet de l’Union de la Méditerranée dont la France (Sarko) se voyait bien à la tête (dont je reparlerai) devenue l’Union Pour la Méditerranée , substitut du processus de Barcelone préexistant et fonctionnant déjà. Lors de cette préparation de la présidence française, les désaccords entre la France et l’Allemagne ont été loin d’être aplanis, si ce n’est le contraire.
Cette imprévoyance et cette arrogance était de mauvais augure pour la suite. En effet une telle présidence ne se prend pas comme un hussard, mais en cherchant la collaboration et l’union, justement. On ne se prépare pas en disant tout le bien que l’on pense de soi et de ses idées, mais en regardant ce qui se passe et quels sont les dossiers européens les plus importants à traiter et non ceux qui doivent laisser son nom à l’Histoire gravé en lettres de diamant aux mille feux.
Venons en à ce pendant en l’analysant au travers du filtre des qualités supposées du Mamouchi.
Il a été soi disant très présent. C’est étonnant comme les mots peuvent dépasser les faits. La présidence Française de l’UE a commencé en fait le 12 août, s’est terminée le 16 décembre par un discours. Avant ce 12 août le Phare de l’Humanité s’est préoccupé de son sommet de la Méditerranée (qui n’est en rien européen et qui a permis l’invitation d’el Assad, don je reparlerai aussi), par des vacances bien méritées, par la bévue irlandaise où il est allé expliquer à Dublin que le non souverain n’était que balivernes et qu’il fallait revoter et par un voyage en Chine avec son fils Louis qu’embrasse Poutine. Pour le coup, voilà une photo historique. Sarkozy devait aimer les contes pour enfant. Un remake du petit Poucet et de l’Ogre. Après le 16 décembre il est allé embrasser son ami Lulla et se prélasser dans un hôtel de luxe plein de commisération pour les licenciés et les morts de froids dans la rue. Entre temps il est allé se promener en Afghanistan, en province. Si on regarde son agenda, on remarque que Bruxelles, Strasbourg ou Luxembourg, les villes européennes n’ont pas été ses destinations principales, hormis pour faire des discours d’intronisation et de départ. En regardant de plus près, son action européenne a duré 5 mois (12 août au 16 décembre) dont plus de la moitié a été en France ou ne concernant pas l’Europe et l’autre où il a voulu démontrer qu’il est un bon prince souverain à qui il faudrait donner les clefs pour quelques temps encore. Il n’a fait qu’un service minimal et encore, s’il n’y avait eu les crises de Géorgie - il serait resté en vacances - et financières - il aurait fait un tour de France. Et cela est prouvé par son discours après la chute de Lehman Brothers, discours très tardif (7 jours après) et en province et franco-français, non après une réunion européenne et non un plan européen et non du haut d’une chaire européenne, mais un discours fait pour son électorat français, le dédouanant de ses actes aggravant cette crise, le positionnant en sauveur du Monde, accusant à son habitude tout et tous (sauf lui), critiquant un système sous les marmites duquel il avait auparavant préconisé de pousser les feux (les subprimes à la française une belle idée sarkozyaque avec belles envolées lyriques à l’appui et ces phrases à la négative : il n’est pas normal que ...) et compatissant aux douleurs des futurs sinistrés. Sa présence européenne est, si on regarde les faits, peu importante et sans doute moins que ne firent ses prédécesseurs, qui certes, ne se voyaient pas, eux, en prince impérial de Brest à Oslo.
Il a été actif. Il faut faire une distinction claire entre activité et activisme, action et gesticulation. De plus il faut là aussi ne parler que d’Europe. Pour cela il faut rappeler que notre constitution donne le pouvoir au Premier Ministre de gérer la France, ce qui est un avantage dans ce cas de figure, le Président quant à lui étant libéré des contingences locales pouvant se consacrer entièrement, du moins principalement, à l’Europe. Ensuite il faut faire un comparatif. Qu’aurait fait n’importe quel leader à sa place ? Là est la question, comme l’on disait dans les geôles du côté de Stratford-upon-Avon. En d’autres mots, Sarkozy a-t-il été au niveau du minimum de ce qu’il fallait faire, au dessus ou en dessous ? Car faire ce que n’importe quel benêt aurait fait n’est en rien un motif de gloire éternelle. En faire moins devrait faire porter un bonnet d’âne, fut-il en loutre de Poméranie. Nous allons donc juger cette activité et cette réactivité pour les deux grandes crises qui ont traversé les six mois de présidence de la France : la crise géorgienne et la crise financière avec pour symbole la faillite de Lehman Brothers. Pour la première crise, j’en ai fait un article. Il ressort que Sarkozy a agi avec retard sur tout le monde. Avant lui ont réagi les Allemands, les Polonais, les Anglais, les Pays nordiques, les pays baltes, l’Espagne, l’Italie et les américains dont Bush, qui a parlé à Poutine le 8 août à Pékin quand Louis Sarkozy était dans les bras du russe. Sarkozy tout à son spectacle ? Pas un mot. Pas un acte. Pendant ce temps Sarko adorait les JO. Il a fallu attendre le dimanche pour qu’il daigne téléphoner de son lieu de villégiature. Sur ce coup il a été le dernier à réagir. On attendrait plus : un, de celui qui se présente comme le plus réactifs de l’univers, deux, en tant que " président " de l’Europe. Il est à noter qu’il n’a fait que deux voyages à partir du mardi 12 août en Russie et en Géorgie. Il est même extraordinaire qu’il s’est réfugié à Cap Nègre chez les Bruni où, encore plus extravagant il a reçu Chirac (en couple), puis Bono et la reine de Jordanie (pas en couple) et qu’il s’est préoccupé des égouts de ce ce Cap Nègre en discussion avec la commune alors qu’il y avait des bombes en Géorgie et qu’il n’est en rien propriétaire d’une demeure luxueuse donnant sur la mer. Ses préoccupations du moment étaient tout sauf européennes et humanistes. Ensuite il a fui en Afghanistan, alors qu’il n’avait rien à y faire (en comparaison de la crise géorgienne et de la position temporaire de la France en Europe). Généralement on se recueille au rapatriement des corps. La présence de Sarkozy sur place n’a rien apporté, quand la casserole débordait sur le feu des Balkan. Ensuite il est reparti se reposer de ses émotions et du poids de la solitude du pouvoir dans les bras de Carlita sous les pins parasols. Il en est de même pour la crise financière. La réactivité de l’économiste en chef a été molle. Il lui faut attendre 7 jours après la chute de Lehman Brothers pour faire un discours qui n’est que franco-français. Il faut ensuite des jours pour ne pas réunir au moins l’Eurogroupe, mais seulement quatre pays commettant par là une faute grave car non seulement cela a vexé les autres pays, non seulement cela a mis un coin avec un bon coup de masse en acier trempé suédois dans le tronc de l’Europe, mais en plus cela a été inefficace (salué par une chute vertigineuse de la bourse dès l’ouverture du lundi) mais en plus cela a retardé une réunion efficace qui aurait dû être convoquée immédiatement après cette faillite d’outre Atlantique. Il a fallu ensuite attendre encore plus pour réunir l’Europe qui, selon les premiers dires du chef était très difficile voire impossible à réunir (cela l’avait pourtant bien été pour l’UPM). En résumé il a eu des retards à l’allumage et tout autre chef d’état (car c’est un comparatif qu’il faut faire) aurait fait pour le moins aussi bien et même mieux, pour preuve les Anglais ont déclenché leur plan plus tôt et les Américains (c’est vrai qu’ils ont quelques responsabilités) encore plus vite. Pour le coup il a été mou, est allé chercher ailleurs le moyen de ne pas s’engager (Afghanistan, vacances dans la famille Bruni, schizophrène assassin, incendiaires de voitures ...). Les Allemands sont sans doute bons juges de cette (hyper)activisme.
Il a été efficace. Celle-là il faudra nous la copier. Pour la Géorgie il a présenté un plan qui a été modifié par Poutine, ce n’est pas lui qui ensuite l’a fait signer à Sakaachvili mais Condoleeza Rice, à ce jour les Russes sont toujours en Géorgie et interdisent le déplacement des délégations européennes. Il a été si efficace que les polonais l’ont représenté en couverture d’un grand magazine sur les genoux de Poutine en train de se faire fesser. Pour le Tibet alors que l’Allemagne, l’Angleterre, le parlement européen ont reçu par la grande porte le Dalai lama avec à Strasbourg standing ovation en plus (ce qui prouve la duplicité de Sarkozy puisque l’Europe par l’intermédiaire de ses élus a reçu celui qu’il n’a pas reçu en France alors qu’il y était de passage), la politique de Sarkozy a eu le double effet kiss kool : baisser sa culotte et recevoir une fessée. Pour sa fameuse grande organisation, l’UPM, qui devait régler tous les problèmes au proche orient, on en voit la grande efficacité dans les bombardements de Gaza, comme on voit que de parler avec la Syrie est tout aussi pertinent. Tout autant qu’a été son voyage au Caire.
Il voulait une grande réunion à New York, engueulant au passage les américains ; les montrant - chez eux - du doigt : puisque c’était de leur faute, tout ayant commencé à NY (or c’est faux, les subprimes ont commencé dans l’Amérique profonde, il n’en est pas à une erreur près), la réunion du G20 devrait se passer là. Beau symbole. Mais voilà, notre chef à nous, n’est pas encore président des USA et c’est à Washington et sans Obama que cela s’est passé. Notre roquet catégorie 1 était tout fier de lui. Il aurait poussé à ce que la date de cette réunion ait eu lieu pendant le congrès du PS pour l’éclipser. Total c’est le contraire (beau ratage) mais surtout c’est le fond qui est confondant. Utiliser une réunion capitale internationale dont les enjeux sont planétaires avec à la clef faire qu’il y ait soit un peu plus soit un peu moins de millions de chômeurs supplémentaires et combien de malheureux et pendant plus ou moins longtemps, pour faire un coup politique de bas étage démontre le niveau de moralité et de conscience politique de celui qui gouverne la France. Et après la télévision à sa botte, les journaux, et bientôt la justice pour protéger sans doute ces affaires qui devaient être moralisées, affaires de ses amis et de ses mentors (Pasqua par exemple), et après la civilisation qu’il nous promettait en 2008, il veut gouverner le monde économique en en remontrant à tout le monde avec un plan de Mickey qui n’est que transfert et versements anticipés de ce qui est dû et en se flattant de son action tout en insultant les rois fainéants et les Obama qui n’agissent pas. Sarkozy c’est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Malheureusement pour nous, sa peau est assez élastique et il est tellement gonflé d’orgueil, que mieux que l’hydrogène cela lui permet de planer au-dessus de nous et de se prendre pour le soleil. Et à propos de réchauffement climatique, le service est minimal. A Poznan c’est en fait un échec.
Grâce à lui l’Europe aurait parlé d’une seule voix. Si la précédente il faudrait nous la copier, celle-là il faut l’encadrer. Et c’est là où l’Unique et Omnipotent est très fort. Ou bien là où les journalistes gobent tout. Où et quand cette Europe aurait-elle parlé d’une seule et même voix ? Du Tibet ? Sarkozy ne reçoit pas le Dalaï lama, alors qu’il est accueilli en Allemagne, au parlement européen, en Angleterre. Aux JO de Pékin ? Le président du parlement européen, Angela Merkel, Brown, Zapaterro, Berlusconi boycottent la séance d’ouverture, Sarkozy y applaudi les tambours. Pour la Géorgie ? Entre les pays baltes, l’Allemagne, l’Italie, ceux qui craignent que la Russie leur fasse le coup et ceux qui craignent pour leur gaz et la France c’est non une mais quatre ou cinq voix discordantes. Et combien avons nous eu d’émissaires différents et non coordonnés ?Ce n’est pas parce qu’un bout de papier a été signé entre les deux protagonistes que l’Europe a parlé d’une seule voix. Pour la crise financière ? Ah bon ? La France propose un plan différent de l’Allemagne et du Royaume uni, puis finalement propose le même que celui de Brown (en fait pas le même, nous, on aide mais on ne demande pas de compte). On fait une réunion mais chacun fait sa petite tambouille dans son coin. Si de dire que chacun va agir c’est dire que c’est une même voix, alors oui. Mais dans ce cas-là, le monde a parlé d’une même voix. Car le monde a dit la même chose. Il faut agir ! Et alors ce serait, là aussi, grâce à Sarkozy. Cependant, là aussi Sarkozy se fait remettre à sa place par Juncker, le président de l’Eurogroupe (cela fait donc une seconde voix à l’Europe) qui lui rétorque qu’avant de mettre de l’ordre chez les autres il faudrait qu’il en mette dans ses finances. Mais le véritable succès eût été comme du reste l’a proposé Bayrou, que l’Europe fasse cause commune. Et là pour le coup , cela eût été le job de notre Kondukator. Faire en sorte que cela se fasse. Une grande action européenne. Bayrou proposait et propose un grand emprunt européen garanti par les Etats avec une quote part nationale d’utilisation. On prend dedans selon les besoins et ce qui n’est pas utilisé est placé. On a ainsi un double avantage : une masse considérable ou du moins importante de fonds à disposition et un plan européen ce qui est de plus un pas vers plus de solidarité et de cohésion. Et cette même voix que devient-elle quand Sarkozy change de discours en quelques jours au sujet du bouclier anti-missile américain, contre ici, et pour là ?
Et l’après ?
Justement un succès serait qu’après ce passage ébouriffant français aux destinées de l’Europe celle-ci en eut ressorti plus solidaire, plus forte, plus unie. Qu’en est-il ? Un document est révélateur de la technique de Sarkozy. C’est celui que vous pouvez lire en intégralité sur le site de rue 89. Il parle d’une retranscription hypothétique d’une réunion qui aurait eu lieu entre Nicolas Sarkozy et le Premier ministre Mirek Topolanek, à Paris, le 31 octobre dernier. Juste un extrait :
Sarkozy [...]Dernier sujet extrêmement difficile : l’Union pour la Méditerranée. C’est effroyable. J’ai eu l’occasion de voyager dans cette zone plusieurs fois. Mon idée est que l’Egypte et la France soient à la tête, et que l’UE copréside. Trouvons le chemin qui nous sortira du non-compromis européen au sujet de l’Union pour la Méditerranée. Par ailleurs, négocier avec les Arabes n’est pas du tout facile. Il n’est pas possible que la Méditerranée soit présidée par les Suédois.
(L’Union pour la Méditerranée aurait dû être présidée par la France en tant que présidente de l’UE jusqu’à la fin de l’année, Sarkozy veut maintenant que la France préside avec l’Egypte et que la République tchèque soutienne la France. En échange, Sarkozy veut laisser toute la charge des questions sur l’Europe de l’Est à la République tchèque.)
Topolanek : Ce n’est pas une nouvelle, on en parle depuis un certains temps. Je ne vais pas dire que je suis complètement contre, mais je vois deux problèmes : ce serait une exception à la règle européenne et cela constitue un précédent. Si nous ouvrons le débat sur la dimension orientale, alors je parle pour un pays relativement plus petit que la France.
Sarkozy : Merci, je suis heureux que nous parlions franchement et clairement. La présidence pour l’Union de la Méditerranée n’est pas un cadeau. Cela me ferait plaisir de te la laisser, ce serait du travail. Courage à toi ! Tu n’as pas idée de ce que c’est que de traiter avec le Liban, l’Egypte et l’Algérie. Des centaines d’heures. C’est affreux. Le seul problème -je ne veux pas que vous vous sentiez frustrés.
J’ai porté l’Union pour la Méditerranée. L’Egypte devrait présider deux ans et le Nord devrait avoir deux présidences différentes : l’UE et l’Union pour la Méditerranée. La France est à tes côtés, pour que cela fonctionne, nous sommes obligés de continuer.
Et l’Europe de l’Est ? Faites ce que vous voulez.
Un dernier point : je veux présenter l’Union pour la Méditerranée comme un accord entre la République tchèque et la France. Nous construisons une alliance -et tu auras un problème de moins-, comment faire face aux querelles des leaders de la Méditerranée, tu pourras te concentrer sur la situation politique chez toi. Je veux une entente. Cela va te rendre plus fort en République tchèque. Et me facilitera la vie.
Tout ceci résume la politique sarkozyaque : autosatisfaction, coup politique, magouille, échange, prise de pouvoir, promesses, abaissement des autres. Lorsqu’on lit cela, on ne peut qu’être horrifié de la façon de concevoir le pouvoir au sein de l’Europe. Ce n’est plus un ensemble uni, mais des groupes disparates, variables selon les intérêts, que l’on joue les uns contre les autres. Comme Srakozy a joué du parlement contre la commission. A la suite de cette période, notre toujours chef, veut encore diriger l’Europe, si ce n’est l’Europe, ce sera alors l’Eurogroupe. Relisez bien cette phrase où tout y est : l’ego surdéveloppé, la rouerie, le besoin de pouvoir, le sentiment de possession - l’UPM n’appartient nullement à Sarkozy, il faut le rappeler : La présidence pour l’Union de la Méditerranée n’est pas un cadeau. Cela me ferait plaisir de te la laisser, ce serait du travail.
Il ressort en fait qu’après le passage de la tornade française, l’Europe, comme après le passage d’une tornade en soit plus divisée qu’unie. Alors que ces crises par la concertation, la réunion rapide de tous le pays, eut été une ouverture extraordinaire pour souder les européens, cela n’a été qu’actions en solo, tirage de la couverture à soi, critique des uns (Merkel alors qu’en fait son plan est plus important que le redéploiement financier français avec ses milliards en trompe l’œil) et des autres (Obama après qu’il a été considéré que Sarkozy était l’Obama français, pardon qu’Obama était le Sarkozy américain). Du reste le voyage de Sarkozy au Caire est non seulement une action solo et inefficace, mais en plus une image délétère pour l’Europe. Là où il faudrait que l’Union joue de tout son poids, l’Illuminant va seul négocier. Mais il avait laissé sa cape à Paris. Les discours n’ont apporté que du vent. Et du désespoir. Et cette présidence est-elle si brillante quand l’institut Thomas Moore (think tank libéral) ne donne à Sarko que 11,5 / 20. Médiocritas diraient les latins. Et les ministres ne sont pas en reste. Alors que les ministres des autres pays se décarcassent auprès des institutions européennes, en Sarkozye il faut plaire au pouvoir, faire partie du clan des 7 et faire la com EN FRANCE ! donc peu de ministres français en Europe trop occupés à inaugurer les chrysanthèmes dans l’Hexagone au nom de l’Europe ! Et ce ne sont pas les moyens financiers qui ont manqué puisque la France a déboursé (ou devait débourser) 190 millions d’euros pour tout le tralala médiatique et festif, soit 5 fois plus que la précédente présidence française et 16 fois plus que la british de 2005. Et avant tout il était annoncé quatre dossiers prioritaires (tous évidemment définitivement et judicieusement traités avant le 31 décembre y compris le traité de Lisbonne, mais là pas possible). Il y avait donc quatre dossiers prioritaires : l’immigration (Hortefeux au service), l’énergie et l’environnement (pas traité pour la première - sauf par les Russes qui l’on traité de façon radicale en coupant le robinet du gaz - et semi échec pour le second), la politique de défense (oubliée), la politique agricole commune (oubliée). Bilan pas très bon au regard des objectifs et pour plus d’1 millon d’euros par jour. Quand on aime on ne compte pas. Et dans cette impréparation de l’Europe, parmi les dossiers brûlants : rien concernant l’économie.
En conclusion si Sarkozy a réussi quelque chose en Europe c’est de convaincre que la fumée fait foi, que l’agitation et la propaganda sont efficaces puisque les faits contredisent les paroles, mais que les paroles restent et les faits sont oubliés. Présentée comme une réussite de notre Surpuissant, il aurait fallu pour cela que Sarkozy ne fasse pas moins bien mais mieux que que ce que les événements forçaient à faire même au plus minable d’entre tous. Et ses " victoires " n’en sont pas : la Russie est encore en Géorgie, le traité en six points n’est pas celui de quatre présenté par Sarko, il ne comprend pas l’intégrité territoriale mais permet l’intervention russe, l’Europe est divisée en autant de plans de relance que de pays, l’UPM n’empêche ni les roquettes de partir de Gaza ni les tanks d’y entrer, la Chine rit de nous et emprisonne. Où est cette réussite ?
Vignette : photo prise sur le site politique.net
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