Squarcini et la filière syrienne (7) : bien plus qu’un ratage
Les documents déclassifiés sont catégoriques : ce n'est pas un futur tueur qu'on espionnait, mais bien toute une famille, liée à un groupe toulousain qui lui-même avait des ramifications en banlieue parisienne (à Torcy) et en Belgique, auprès de la cellule de Malika el Aroud. Mais les documents révèlent aussi que Mohamed Merah n'était pas seule dans son appartement de la rue vigné : il y a croisé une sœur, une épouse, mais aussi un colocataire assez étonnant, car c'était aussi le loueur de ses voitures : ce qui signifie que la police devait déjà en posséder les numéros de plaque, ou alors la filature de Mohamed Merah pendant des mois n'avait servi à rien. Or on mettra des jours à les retrouver ces voitures, alors que l'une d'entre elles était garée à l'arrière de l'immeuble où il habitait, bourrée d'armes. Une voiture qui sera utilisée pour une étonnante virée nocturne alors que Merah est cerné par la police : le soir où il l'utilise, il aurait pu tuer avec l'arsenal qu'il avait à bord. Un arsenal qu'il n'utilisera pas contre le Raid, alors qu'il se sait surveillé, ce qui aujourd'hui encore laisse pantois.
Résultat la tuerie de l'école effectuée, on tombe enfin sur Merah et son domicile, qui est cerné... mais dont il réussira à s'échapper le soir même pour aller livrer sa caméra, des effets personnels et téléphoner dans deux cabines publiques du quartier (*) !!!! Car cela aussi Libération l'oublie : "toujours est-il que moins de trois heures après la tuerie de l'école, le domicile de Mohamed est placé sous surveillance. Les enquêteurs n'auront la certitude qu'il se trouve chez lui que le lendemain, lorsqu'ils remarquent de l'activité dans l'appartement. Quelques heures plus tard, le siège commence". C'est très surprenant cette thèse du "lendemain" : elle sert à ne pas parler de ce qui s'est passé la nuit-même ! Elle sert surtour à ne pas évoquer les policiers de faction en surveillance, qui vont laisser filer le soir-même Merah, avant de se décider à s'attaquer à sa porte au milieu de la nuit ! Aux enquêteurs, Squarcini ait éjà expliqué que ses "fonctionnaires" s'étaient... endormis. On cherche un assassin en série sur le point de commettre des meutres, et au mépris de toute notion de conscience professionnelle, on s'endort dans la voiture de surveillance ? on voudrait dénigrer un service en le caricaturant ("gavés de sandwichs au pâté et de Kronenbourg, les policiers font une sieste" !) qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Personnellement, pour avoir entendu plusieurs policiers raconter leurs diverses filatures, je ne peux y croire : c'est plutôt le thermos de café leur arme furtive, en la matière !
L'incompréhensible échappée nocturne
Le soir même, malgré la surveillance, Merah joue donc les filles de l'air... et mieux : il revient au bercail, tout en ayant conscience d'avoir un appartement cerné : qu'est-ce qui a pu le rendre à ce moment-la aussi inconscient ? Son désir d'en finir avec la vie dans une ultime confrontation policière, la thèse chère au Raid, où un sentiment d'immunité totale entretenu à grands coups de téléphone par son ami Essid ou son frère Abdelkader : car c'est bien du jamais vu, un terroriste se sachant cerné et venant de lui-même se jeter dans la gueule du loup ? La préparation d'un appartement barricadé laisse une porte ouverte à la thèse du raid. Encore faut-il s'en convaincre : Le kamikaze Merah, qui visiblement avait refusé d'aller se faire sauter le caisson au Pakistan était-il si convaincu que ça de l'affrontement obligatoire ? Qui donc lu avait fourni les armes pour le faire ? Dont ses fameux Colts, équipés d'un chargeur spécial connu des milieux policiers en priorité ? Car cela aussi ne cesse de questionner : Merah était un piètre spécialiste en armement : lors de l'assaut de l'école, son Uzi automatique avait failli faute d'entretien. En somme, il y connaissait fort peu de choses en armes : mais il avait sur lui certaines connues seulement que par quelques happy few : ses Colts n'étaient pas des modèles standards mais ceux transformés par un procédé répandu dans la police ! Mieux : Merah possédait d'autres armes plus efficaces à quelques dizaines de mètres de là !
Dans le livre de Pelletier et Pontaut, l'épisode de la sortie de la soirée du 20 au 21 mars est sidérante en effet. Le coup de fil donné à Ebba Kalondo, la responsable de France 24- RFI, fait à une heure du matin sidère en effet : il est la preuve que Mohamed Merah,"logé" par la DCRI la veille, où l'on a installé une caméra de surveillance donnant sur la façade de son immeuble, là même où on retrouvera son corps, a bien réussi à s'échapper de chez lui. Merah est tranquillement parti téléphoner avenue de la Gloire dans une cabine téléphonique,puis avenue de Castres dans une deuxième et pour ça a emprunté sa Mégane de location bourrée d'armes, celle qu'on retrouvera au niveau de son parking, près du local à poubelles de son immeuble par lequel il est sorti, et dont on imagine difficilement qu'il n'aît pas non plus été surveillé. La voiture sera détruite par explosion par les services de déminage. Selon Squarcini, ce soir là ses fonctionnaires "s'endormiront" au moment où il quittera son logement : à savoir... vers minuit seulement. L'explication est plus que légère et frise l'irresponsabiité totale ! Merah appellera ce soir-là successivement AlJazeerah, BFM Télé et I-Télé (qui ne le prendront pas au sérieux), preuve qu'il tient à la médiatisation de ses actes, une constante chez les jihadistes exacerbée par les sites comme le MEMRI et SITE Group, et ensuite France-RFI. Pour téléphoner, Mohmed a utlisé une carte prépayée d'un opérateur.... espagnol : le genre d'objet qu'affectionnent les passeurs de go-fast ! Et au final, notent les auteurs "il a donc réalisé un périple de plus de 8km dans une ville quadrillée par les forces de l'ordre avant de rentrer chez lui".
Rentré chez lui sans son arsenal
Intriguante sortie, pour le moins : mieux encore, car lorsqu'il rentre et gare sa voiture de location dont le numéro, par simple interrogation auprès des loueurs locaux est connue, il laisse à bord un véritable arsenal, dont son Uzi et un fusil à pompe qui lui auraient permis de faire un carnage contre le RAID. Lors des entretiens avec la police durant le siège, il avouera s'être aperçu avoir été repéré, et être rentré quand même chez lui : bref, après avoir donné ses coups de fil et posté un de ses cés USB, avoir laissé son appareil photo et des vêtements (et même une perruque, matériel du parfait braqueur !) à une amie, il rentre chez lui en se sachant surveillé. Si l'on a le désir d'affronter le RAID ; comme on a pu le dire avec insistance, laisse-t-on à une trentaine de mètres d'un appartement ce qui permettrait de tenir un siège durant des heures ? Merah possédait bel et bien un fusil à pompe qui aurait fait des ravages, et il n'aurait pas pensé à s'en munir ? Pourquoi donc cette... insouciance ? Quelques heures aprs, il repoussera le Raid à coups de Colt. Prudent, il a mis un frigo au travers de sa porte. En somme, il se sent épié, maisne prend pas TOUTES les mesures pour commencer un siège. En l'occurrence, de se munir des armes les plus performantes pour se défendre d'un assaut probable. On ne peut qu'être intrigué par la démarche : sa virée nocturne réussie, qui lui a permis d'aller poster ses montages vidéos marque-t-elle chez lui la fin de son cycle de kamikaze ??? Satisfait d'être arrivé à son but, celui de médiatiser ses meurtres, considère-t-il qu'il a réussi son entreprise et peut attendre maintenant d'être arrêté ou de mourir ? Avec qui converse-t-il encore, via un téléphone ou son ordinateur, pour se convaincre de rester et d'attendre l'arrivée du Raid ? Qui le convainc... de mourir sur place au lieu de se rendre ? Pourquoi donc aux premières heures du siège jette-t-il un de ses revolvers en échange d'un moyen de communication (qui semble bien avoir été un talkie walkie et non un téléphone portable) ? Se privant ainsi d'un moyen de défense (chez lui, on ne retrouvera pas d'autre arme que son Colt et plusieurs chargeurs ; l'arme des crimes, un second Colt, ayant été laissée dans une des voitures de location).
Car là encore, durant cette séquence incompréhensible, un fait est passé à la trappe par tout le monde. Les enquêteurs disent avoir vu Merah chez lui jusque tard dans la soirée : résultat, le montage des ses vidéos, faites sur un ordinateur tournant sous Linux, dont il était devenu un spécialiste, n'a pu être fait que dans son appartement. Comme il ne semble pas avoir posté autre chose ce soir-là ni déposé ailleurs ce fameux ordinateur, ce dernier aurait donc dû être logiquement retrouvé chez lui après l'assaut. Il lui aurait aussi permis de continuer à discuter avec Abdelkader, par chat ou par mail, car il possédait le sien. Or, on déclarera n'avoir trouvé ni téléphone ni ordinateur chez lui ! Ou plutôt, on annoncera une impossibilité de plus, celle de communiquer, dans cette histoire où les mensonges sont plus gros les uns que les autres. Que contenait donc l'ordinateur de Mohamed Merah qui présentait tellement d'importance pour ne pas avoir a être montré ? Ses échanges de mail avec tout le monde ? A savoir aussi avec la police ou la DCRI ?
Des communications bloquées
Ce problème de "communication" a été mis en évidence par un autre épisode : celui de l'apport par le Raid d'un talkie-walkie pour converser avec le reclus, avec à l'autre bout un agent de la DCRI. Là où l'assassin réclame un téléphone, la DCRI impose un talkie-walkie. La raison en est simple : il ne faut pas laisser de traces, chez un opérateur...au cas où les successeurs annoncés (la gauche) s'aviserait de pister le contenu réel des conversations. Les deux talkie-walkies de l'armée fournis sont en effet cryptés. Et enregistrés numériquement (la trace détenue par la DCRI sera plus facile à faire disparaître. Mérah avait bien compris, en fait, et il en fera la remarque sà son interlocuteur, qui lui lancera une explication... bidon pour le choix du moyen de communication :
-Merah : "Franchement, au lieu d’envoyer des talkie-walkie à chaque fois, pourquoi vous envoyez pas un téléphone portable bloqué ?"
-DCRI "Attends en plus ça coûte cher un téléphone, faut en trouver un, faut trouver la puce et tout, faut le recharger".
Le fait que Merah lui-même parle de "bloqué", sait que sa conversation est à la fois cryptée et à la fois... supervisée. Au passage, on notera que plusieurs appareils, dont la batterie semble faible, seront échangés via le même procédé du sac accroché sur le côté du balcon.
Lors de ces conversations, un autre quiproquo d'apparence anodine sera en fait tout aussi révélateur : on a dit tout à l'heure que Merah avait téléphoné avec une carte prépayée lors de sa sortie de noctambule. Or, lors des entretiens avec son "agent traitant", ce dernier aura cette conversation étrange :
- DCRI "France24, tu les as contacté avec un téléphone espagnol, une puce espagnole et un opérateur espagnol ? Non ?"
-Merah "Non, non, vraiment mais vraiment pas. Je les ai appelés d’une cabine téléphonique, avec une carte téléphonique."
Un entretien au bord du surrréalisme et de l'incompréhension mutuelle qui laisse entendre que la DCRI imagine à ce moment là que Merah possède toujours sur lui un téléphone portable. Et, encore plus surprenant, que des moyens techniques (les fadettes) ont été mis en place pour déterminer d'où venaient les appels à France 24 mais qu'à la DCRI, l'incompétence qui y régnait avait confondu une cabine téléphonique avec un portable : or les deux ne possèdent pas la même dénomination sur les registres téléphoniques (leur branchement sur les DSLAM centraux n'est pas le même). Est-on aussi démuni, pour commettre ce genre de bourde ? Les anglo-saxons parlent d'intelligence, pour signifier leurs services secrets. En France, à lire le cas Merah, on aura du mal à utliser le vocable. En tout cas, en moins de 24 heures, cette fois, on a réussi à la DCRI à localiser des appels. C'est une amélioration nette par rapport aux 5 jours pour découvrir l'IP de l'ordinateur ayant répondu posiitivement à la proposition de vente du malheureux Ibn Ziaten le 10 mars (il sera abattu le lendemain).
Les ordinateurs disparus
Des ordinateurs, on en a croisé d'autres depuis dans l'enquête : le 26 mars, Le Point en avait retrouvé un beau spécimen : un Mac Book Air, dernier cri, pas moins,... avec dedans des photos de Mohamed Mérah en train de faire du ski à Genêve ! "Coiffé d'un bonnet "rasta", il fait du ski dans une station du Jura proche de la frontière suisse. Un mois avant les attentats de Toulouse et de Montauban commis par "le tueur fou au scooter", Mohamed Merah se trouvait dans la petite station des Rousses avec deux amis, les 9 et 10 février 2012. Les dates sont celles des photos et des vidéos enregistrées sur le disque dur d'un ordinateur portable Mac Book Air. Les images ont été prises avec un iPhone par un "caïd" de la cité des Izards, colocataire occasionnel de l'appartement du 17, rue du Sergent-Vigné. Fin collier de barbe et petite moustache à la mongole, l'homme d'une trentaine d'années souhaite rester anonyme et s'attend à être interpellé par la police à tout moment". La police en est toujours au moment où ce texte est écrit là à rechercher un troisième homme, ayant participé au vol du scooter, notamment, et la presse trouve sans aucune difficultés le colocataire de Mohamed (le mystère du loyer à payer pendant sa détention est donc éclairci) !!! L'individu donnant des détails sur les préparatifs de la tuerie : en janvier, plus de deux mois avant les meutres, Merah avait déjà selon lui fait des repérages pour sa caméra : "selon notre interlocuteur, Mohamed a voulu acheter une caméra à la Fnac de Genève. Le grand magasin du centre-ville vend plusieurs modèles de caméras numériques embarquées, comme ces lunettes de soleil qui permettent de filmer (249 francs suisses) en skiant ou la fameuse "GoPro" (399 francs suisses) utilisée par les parachutistes pour filmer leurs sauts grâce à un harnais fixé sur la poitrine, selon Le Figaro. Ou fixée par une ventouse sur une moto par un chauffard qui voulait montrer ses exploits du côté de Montauban sur YouTube". La caméra sera achetée plus tard à Toulouse, au final : mais dès février 2012, le projet de Mohamed d'aller tuer et de se filmer en train de le faire est déjà en place. Difficile d'imaginer que son colocataire n'ait pas été mis au courant de son usage : à part le foot, Mérah ne pratiquait aucun autre sport. A part les rodéos en scooter, où, il est vrai il aurait pu être tenté de filmer ses exploits pour amuser la galerie !
Le colocataire loueur
Un magazine qui nous donne d'autres éléments importants sur la structure même des relations de Mohamed Merah, et qui peuvent aussi lever certains mystères. Ces deux voitures de location, une Mégane et une Clio, contenant ses armes, étaient celles de la société créée par .... son colocataire, une autre belle découverte des journalistes du Point : "j'ai souvent dormi chez lui", raconte l'homme qui se présente comme "rangé des voitures", créateur d'une société de location de véhicules sous le nouveau régime d'auto-entrepreneur. Serait-ce lui qui louait à son jeune protégé (1 000 euros par mois, selon la police) la Mégane et la Clio dans lesquelles les enquêteurs ont retrouvé tout un arsenal, dont l'arme (colt 45 de calibre 11,43) qui aurait servi aux trois attaques à scooter de Toulouse et de Montauban. "Il aimait jouer au Call of Duty sur sa PlayStation", confie le colocataire du 17, rue du Sergent-Vigné." Un sacré numéro, celui-là, qui se faisait héberger et payer 1000 euros par mois par Merah, dont les ressources déclarées n'atteignaient pas ce montant, loin de là !!! Les voyages en go-fast semblant lui avoir permis de tenir un train de vie ! En février, le colocataire est encore là, visiblement : les meurtres on lieu en mars. Le colocataire a très bien pu être celui qui a sorti l'ordinateur sur lequel Mohamed faisait ces vidéos. Pour le retrouver, ce n'est pas difficile : chez Apple, on peut localiser par recoupement Wifi l'endroit où il se trouve : s'il a été acheté à Toulouse ou dans les environs, les boutiques Apple disposent de son numéro unique. Lié à un compte Apple nominatif, obligatoire pour le mettre à jour. La presse l'a retrouvé, mais pas la DCRI semble-t-il... Mais il n'est pas le seul à avoir pu extraire le portable... et ses précieuses données.
L'épouse répudiée
Car un énième témoin clé dont la police n'a évoqué en rien à ce jour le rôle exact, arrivé comme un cheveu sur la soupe au milieu de l'enquête, est celle qui a été présentée comme l'épouse fugace de Mohamed Merah.... Hizia D., 18 ans, retrouvée elle aussi par le Point (depuis quand les journaux sont-ils plus efficaces que les services secrets ?), l'épouse quelques jours seulement de Mohamed (?) qui était bien celle qu'un passager de train de banlieue parisienne avait entendu téléphoner en parlant du massacre. "La jeune femme aurait téléphoné quelques heures après l'attaque de l'école juive depuis un train de banlieue de la région parisienne en parlant suffisamment fort pour être entendue, selon Le Figaro. D'après notre témoin, c'est elle qui a donné la caméra et les films à la police" (en fait la caméra avait été remise à une autre personne, une amie plus âgée de Mohamed). Aurait-elle pu sortir tranquillement les films, et même l'ordinateur portable de Merah le soir-même où il se faisait serrer par les policiers, demeure donc probable (cela fait deux personnes pouvant avoir été dans l'immeuble en même temp que Mohamed !). Or fort étrangement, c'est ce qu'avait laissé entendre la "fameuse" avocate algérienne de Mohamed Mérah, bien manipulée elle aussi mais par les services secrets algériens, dont le dossier a fondu comme neige au soleil depuis.
Une épouse présente
« Je vais vous révéler une chose que tout le monde ignore jusqu’à présent. Au moment où les équipes d’intervention spéciale du Raid encerclaient Merah qui était retranché dans sa maison, sa fiancée se trouvait avec lui. Toutefois, elle a réussi à prendre la fuite, sûrement par le balcon qui donne accès à la cour de la maison. Mais avant qu’elle ne prenne la fuite, Merah lui avait donné des preuves de son innocence, des preuves qui impliquent directement un certain Benrehou, d’origine marocaine. Ce dernier est derrière l’enrôlement de Mohamed Merah à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). C’est lui qui avait lié Mohamed Merah à la DCRI" avait dit l'affabulatrice : sortir par le "balcon" eut-êté impossible, mais pas par le garage aux vélos qu'avait emprunté Merah pour rentrer chez lui : il s'agissait selon elle d'une "fiancée", en fait c'était l'ex-épouse répudiée, en fait, dont le coup de fil dans un train aboutissait à Torcy. Autrement dit à l'autre bout du réseau archi-connu de la DCRI ! D'où l'avocate avait pu apprendre ce genre de détail qui rendait ses élucubrations plus crédibles ? Du père de Mohamed, tout simplement, auquel son fils téléphonait, comme l'ont montré les relevés téléphoniques déclassifiés ! Hizia D, mariée religieusement le 15 décembre par un Imam : Olivier Corel, le reclus d'Artigat. Retour direct à la case cellule terroriste de 2007. Un Corel vu en présence d'Abdelkader et Mohamed "quelques jours avant les tueries. Selon nos informations, et de source judiciaire, Mohamed Merah, 23 ans, et son frère Abdelkader se sont rendus dans sa ferme en janvier dernier pour régler le divorce religieux de ce dernier. Même le maire du village est au courant de la visite des deux frères. Olivier Corel, ce Français d'origine syrienne naturalisé en 1983, avait déjà été au centre d'une affaire de filière jihadiste vers l'Irak en 2007. Il est soupçonné d'avoir hébergé des islamistes radicaux voire de les encourager à partir au combat. Ce prédicateur avait été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et placé sous contrôle judiciaire avant de bénéficier d'un non-lieu" nous avait dit le Parisien. Hizia D., déjà répudiée le 2 février qui suivait, soit après 17 jours de mariage ! Les documents de son divorce seront rédigés par Corel deux jours avant la mort de Mohamed, le 20 mars, à savoir... entre la deuxième et la troisième tuerie !!! On est bien sur le même petit milieu et la même filière depuis le début !!! Celle citée intégralement par Nicolas Sarkozy dans son désormais célèbre discours de 2005 (voir les épisodes précédents) ! Une épouse que la DCRI ignorait : lors des entretiens par talkie-walkie de Merah avec son "agent" de la DCRI, le premier se moquera sans vergogne du second avec ce dialogue assez surréaliste :
- DCRI : "Et, tiens là je passe du coq à l’âne là mais t’avais rencontré une, une petite amie là, ç a en est où avec elle ?"
-Merah : "Et ben ça, ça a pas tenu hein. J’ai divorc-, j’ai divorcé voilà".
-DCRI " : Divorcé, parce que t’étais marié ?"
-Merah : "Ouais je me suis marié. Et ben, pour des gens qui travaillent pour les services anti-terrorisme, vous êtes pas trop renseignés"
L'étrange coup de fil dans le train
Merah avait visiblement de la répartie et son officier traitant paraissait bien ridicule. Mohamed et son épouse d'un temps, répudiée surprise dans un train à tenir une bien étrange conversation par un quidam surpris de la teneur de ses propos : elle avait , indubitablement au bout du fil, son ancien époux : "l'enquête sur l'affaire des assassinats de Toulouse se développe tous azimuts. La police judiciaire serait en train de vérifier le témoignage d'un usager d'un train en Seine-et-Marne qui dit avoir trouvé suspect le comportement d'une femme assise à proximité de lui, au cours de son voyage, le jour de la tuerie de Toulouse, le 19 mars. Cette voyageuse était, selon lui, au téléphone avec un homme et semblait bouleversée par ce que lui apprenait son interlocuteur. « Et maintenant, tu t'en prends à une école », aurait-elle dit en substance, alors qu'elle sanglotait, selon le témoin. Les enquêteurs tentent d'exploiter des vidéos de gares de banlieue pour tenter d'identifier la voyageuse décrite par le témoin. Celui-ci a-t-il mal interprété ses propos ? La femme peut-elle avoir réellement un lien avec un protagoniste du drame. « Dans les affaires criminelles, rien ne doit être négligé et tout peut rebondir à tout moment », dit un expert de ce type de dossiers." Effectivement... ne rien négliger, et surtout pas où elle se rendait... en banlieue parisienne, à Torcy. Et ce jour-là, le 19 mars, Merha était donc bien toujours muni d'un téléphone portable (on l'imagine mal faire le coup de fil dans une cabine téléphonique !)...
Cela aussi je l'avais écrit ici : "car si les policiers cherchent toujours, paraît-il ; quel correspondant cela pouvait-il bien être, je puis sans hésiter vous en donner sa localisation : c'est bien en Seine-et-Marne, qu'on téléphonait, et c'était même à Torcy. Qu'est ce qui me permet de le dire ? Tout simplement l'épluchage systématique de la liste de la rafle de 2007 : "Au total, onze personnes, soupçonnées d'entretenir des liens avec Al Qaïda, ont été interpellées : les deux jeunes hommes expulsés de Syrie, âgés de 23 et 27 ans ; trois couples dans la Ville rose ; un couple franco syrien d'une soixantaine d'années à Artigat, en Ariège ; et un homme à Torcy, en Seine-et-Marne, en banlieue parisienne. Tous sont de nationalité française et plusieurs sont de récents convertis à l'Islam". On a toujours tout su, à partir de 2007 ! Et Torcy, situé à peine à une trentaine de kilomètres de Paris, était déjà dans le lot ! Le groupe a continué à fonctionner, sinon à se contacter régulièrement, avec les deux frères Merah compris dedans ! Torcy, objet de la visite ces derniers jours de la police, qui arrêtera un jeune revenant de la mosquée, portant un pistolet 22 long rifle chargé sous sa djellaba !!! Tout le groupe était visible en épluchant simplement les noms des personnes arrêtées depuis 2005 : on a donc fait preuve de laxisme, sous l'ère Squarcini, sinon pire...
Le carton perdu
Mohamed Merah était donc... suivi. De près, de tès près dira-t-on même, avec une révélation en forme de bombe extraite de l'ouvrage de Pelletier et Pontaut (c'est en fait le seul élément nouveau de l'ouvrage (pages 206 et 207) : "un autre élément, passé inaperçu jusqu'ici, aurait pu relancer la polémique. La PJ a saisi les coordonnées d'un policier dans la planque de Merah. Que faisait cette petite carte de visite, pliée en deux, sur le sol du box du boulevard de Grande-Bretagne ? Le parking souterrain où l'assassin cachait son scooter est un endroit où l'on ne s'attend pas à trouver les coordonnées d'un collègue chargé de la protection... du chef de l'État. Sur le morceau de bristol figurent pourtant une identité, un numéro direct au palais de l'Élysée, ainsi que la mention d'un service : le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République)." Voilà qui est plus que surprenant en effet". Les auteurs laissant candidement le fonctionnaire retrouvé balayer leur propos d'un revers de main : "le fonctionnaire, un quinquagénaire considéré comme un excellent pro, travaille depuis près de vingt ans au sein de l'unité : il a notamment protégé Jacques Chirac, et ensuite Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat. Ce membre du GSPR pouvait-il être un agent traitant ? Son unité n'a aucune compétence en matière antiterroriste, et ses membres ne sont pas habilités à traiter des sources, ce qui rend l'hypothèse peu crédible. Alors pouvait-il être une cible du tueur ou l'une de ses connaissances ? L'homme répond sans détour : « Je tombe des nues. Lors de nos missions, nous distribuons nos cartes de visite à de nombreux responsables, des collègues, des gendarmes et des personnalités locales. Peut-être l'une de mes cartes a-t-elle été perdue ? À part cela, je ne vois aucune explication car je n'ai accompagné le chef de l'État ni dans son déplacement à Toulouse, ni dans celui de Montauban. Et je n'ai jamais suivi l'affaire Merah. » Une "carte perdue" ? Retrouvée dans le box contenant le scooter ayant servi aux meurtres ? Quand bien même le membre du GSPR ne l'aurait pas donnée lui-même, qui d'autre qu'un policier aurait pu la distribuer ? A ce jour, cette bombe journalistique n'a été suivie d'aucun effet. Aucun juge ne semble s'être penché sur le sujet ni être revenu vers la personne concernées dont les dénégations semblent pourtant si légères : un sujet trop sensible, à coup sûr ? Cette carte n'est pas tombée du ciel, pourtant !!! Et le raccourci qu'elle représente une mise en cause de relations intestines gravissimes, repoussées d'un simple revers de main par la personne concernée !!!
Celui qui savait tout depuis 2005
A retourner en arrière, en effet, on retombe sur les mêmes : qui s'était félicité de la rafle de Toulouse de 2007 dans laquelle Abdelkader et le gourou d'Artigat étaient passés au travers du filet ? Nicolas Sarkozy en personne : "Hier matin, Nicolas Sarkozy, qui a dévoilé l'opération, s'est aussitôt félicité de ce coup de filet. Les liens avec Al Qaïda porteraient sur des contacts syriens aptes à conduire les volontaires en Irak et à les mettre en rapport avec la nébuleuse terroriste. Selon nos informations, les deux Français, qui ont été interpellés en décembre en Syrie, détenaient des armes ainsi que des documents d'Al Qaïda." Visiblement, la cellule arrêtée avait bien servi depuis, à recruter de nouvelles recrues et à informer la police de leur devenir. L'un des derniers recrutés se présentant avec comme fort prometteur, puisque capable de fournir des renseignements sur des zones interdites aux agents étrangers. Mais tout ne marchera pas comme prévu au départ avec cet exemplaire qui paraissait "fiable" et ne le sera pas. On s'était trompé de chèvre ! Alors, pris de cours, il faudra dans l'action charger au maximum le personnage, pour en faire un repoussoir, et éviter qu'on puisse laisser entendre la moindre connivence, et cela, plusieurs s'en chargeront, en racontant tout et n'importe quoi à son sujet. Tout le monde a encore en tête le "détail" indiqué par Amaury de Hautecloque sur Mohamed Merah, comme quoi, pour faire encore plus jihadiste, sans doute, il avait enfilé une djelaba sous ses vêtements. Une information reprise un peu rapidement par le procureur François Molins, semble-t-il. Pourquoi avoir cherché à induire le procureur en erreur ? Aujourd'hui, on sait que c'était faux : de djellaba, il n'en portait aucune : "il portait, au moment de sa mort, un jean, des chaussures de sport de couleur rouge, un blouson et un gilet pare-balles mais pas de djellaba, comme plusieurs sources l'avaient indiqué", écrivent les trois coauteurs, avait précisé dans l'indifférence générale "Arrêt sur Images" le 29 mars dernier.
Pourquoi donc avoir tenu à tout prix à ajouter cela ? Pour accréditer la thèse de l'homme en phase finale de radicalisation et s'apprêtant à mourir en affrontant les policiers... avec un arsenal conséquent laissé à trente mètres du lieu du "combat" : il n'y a rien de cohérent dans toute cette mascarade (et je ne vous rappelle pas les incohérences des 300 cartouches "non létales" tirées, ou le saut de l'ange final de balcon, Mérah se retrouvant étendu mort devant l'entrée de son immeuble). On a bien menti, sur les circonstances exactes de sa mort. Et les deux médecins légistes de l’hôpital Rangueil, les premiers à avoir cité le port de la djellaba, sont également en cause, donc : il conviendrait de vérifier leurs assertions, ou de voir s'ils ont subi des pressions ou non. Le Figaro ayant lui écrit "qu'il portait une djellaba noire, enfilée sur un jean et surmontée d'un gilet pare-balles" (en ne précisant pas que ce gilet était un modèle de la Police !). Et le mensonge de la djellaba fait que tout le compte rendu de l'assaut, fait par un seul auteur, Amaury de Hautecloque, est désormais frappé du sceau de la suspicion. Il n'avait aucune raison pour inventer ce détail, sauf pour appuyer ses dires d'un Mérah ayant choisi "d'affronter le raid", selon sa rhétorique bien particulière. A voir le lot de cuivre des douilles qui jonchait l'appartement, on est en droit, aujourd'hui de remettre en cause la notion "d'affrontement" véritable, ou plutôt de tentative de capture vivant de Mohamed Merah : le vocabulaire du patron du raid parlant "d'armes non létales" utilisées devenant assez surréaliste : Mérah serait selon lui mort de balles qui ne tuent pas. Par overdose, qui sait ! Un patron de raid qui ce jour-là, sans s'en apercevoir, affirmera le contraire de ce que dira Sarkozy dans Paris-Match : "celui qui s'était rendu à deux reprises dans des camps d'entraînement de la zone pakistano-afghane est décédé comme il aurait toujours voulu vivre : en combattant djihadiste" avait commenté le Figaro, pensant aller dans le sens du pouvoir comme à son habitude. Un Figaro qui écrira comme la première version de Claude Guéant :"montant à l'assaut contre les forces de l'ordre, Merah saute par la fenêtre en continuant à prendre pour cible les policiers. Il est neutralisé d'une balle en pleine tête avant de s'écrouler dans la rue." Un saut qui était tout simplement rigoureusement impossible à faire : en s'en rendant compte, Claude Guéant, dix minutes après sa première déclaration, la rectifiera en produisant une deuxième version.
Une reddition rejetée
Au final, on a un Merah qui était près à se rendre, en négociant une proposition qui semble farfelue de la part de la DCRI : celle de se rendre nu, ou en caleçon, proposition faite certainement dans le but de la voir refusée, présentée comme une "tradition" de la maison. Or Merah était bien sur le point de l'accepter, parlant même déjà du fan club qu'il aurait en prison, sur un ton badin :
-DCRI : "Ils m’ont expliqué les responsables du RAID que c’était une procédure classique, qui était habituelle pour tous les cas de figure."
-DCRI : "ils fonctionnent comme ça et ça a toujours fonctionné comme ça et ça fonctionnera toujours comme ça."
-DCRI : "les individus quand ils se rendent, ils se rendent torse nu et en caleçon, Ça permet d’éviter d’avoir des mauvaises surprises."
-Merah : "Écoute, j’ai des menottes de la police chez moi. Je peux les enfiler à découvert dans le balcon, et ça remplacera les vêtements".
-DCRI : "Non, non, non. Les menottes, tu les gardes. Ça c’est tes menottes mais une procédure elle a toujours été comme ça, elle est immuable".
-DCRI : "Tu balances tes habits. Nous on les réceptionne. Et après tu, tu sors, voilà, tu sors en caleçon et torse nu".
-Merah : "Vas-y, on verra vas y. Je crois que c’est bon. Ouais c’est bon, je suis d’accord. À condition que vous me rhabilliez de suite".
Merah était décidé à se rendre ! Et on a bien tenté de le tromper, avec une prétendue procédure destinée à lui faire rejeter l'idée. Malgré tout il l'avait acceptée ! "Pour se raviser après" diront le responsable du Raid, et Claude Guéant. On ne saura jamais ce qui a fait capoter cette reddition, acceptée par Mohamed Merah, qui proposait même de se mettre à découvert sur son balcon pour engager l'opération, alors qu'il avait déjà essuyé des tirs de snipers situés en face, et auxquels il avait même déjà répondu. Il s'exposait alors complètement. Comment a-t-on pu faire pour que cette acceptation de son son sort et du long enfermement qui suivrait (la prison à vie l'attendait !) inéluctablement se transforme en autre chose demeure un mystère. En tout cas, à un moment de la situation, tout pouvait être réglé sans le décès de ce qui était encore le principal responsabes des tueries qu'il avait lui-même revendiquées. Qui a pris la décision de saboter le processus de reddition acceptée ?
Squarcini et sa thèse du loup solitaire qui vole en éclats
Visiblement on a donc menti, y compris sur la fin décidée en "combattant jihadiste" de Merah. Comme il n'y a rien de vrai dans la toute première déclaration de Bernard Squarcini après les tueries : "Mohamed Merah, l'auteur des meurtres de Montauban et Toulouse, n'appartenait à aucun réseau et son passage à l'acte "relève davantage d'un problème médical et de fanatisme que d'un simple parcours djihadiste", estime le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dans une interview publiée vendredi dans Le Monde" avait-on pu lire. Tous les documents retrouvés depuis à la DCRI montrent à l'évidence le contraire de cette assertion : la cellule toulousaine était connue de Bernard Squarcini et de Nicolas Sarkozy depuis au minimum 2005. Sept années !
La mort programmée de la chèvre
Au final, l'affaire Mérah est donc bien celle d'une chèvre utile, employée pour aller collecter des informations sur un territoire inconnu où la CIA et L'ISI font la pluie et le beau temps, relayés par des sites Internet controlés qui leurs envoient par fournées de jeunes écervelés convaincus d'un avenir plutôt restreint en forme d'implosion personnelle. Manipulé, protégé, surveillé et finalement... éliminé, Mohamed Merah n'aura été que le jouet d'un pouvoir ayant lui-même écouté les sirènes de la CIA, les mêmes qui ont entretenu à bout de bras un mythe si pratique pour la puissance militaire américaine : et Squarcini et Sarkozy y ont crû, eux aussi, malgré un juge qui les avait mis en gare et leur avait dit que l'ISI et la CIA travaillaient la main dans la main dans la prise en charge de ces jeunes jihadistes (**) ! Celui qui avait osé écrire que Powell avait menti à l'ONU et que l'invasion de l'Irak n'était pas ce qui en avait été dit, et ne servait qu'à raviver une politique dont l'économie de guerre est le moteur principal ! Lors du procès en 2004 d'un jihadiste, Mohamed Baadache, condamné à 10 ans de prison (et logiquement libre depuis) ce dernier avait lancé au président du procès Jean-Claude Kross« Pour vous, tous les camps d'entraînements, c'est ben Laden », ironise-t-il à l'adresse du tribunal. « Vous êtes loin de la réalité ». Baadache avouera n'avoir jamais vu de sa vie Ben Laden. En effet : huit ans avant Mérah, certains savaient déjà, terroristes comme juges, que Ben Laden n'avait rien à voir avec les camps d'entraînements pakistanais, tous dirigés par l'ISI, sous l'œil bienveillant d'une CIA sur place. Tous avaient découvert la supercherie, celle si bien décrite dans le monumental documentaire Power of Nightmares (indispensable, à voir ici). Baadache préparait ses candidats à devenir kamikazes en Irak ou en Afghanistan, mais n'avait pas pour autant délaissé des projets d'attentats en France : "Méticuleux, le président lui oppose la liste impressionnante de ses contacts, tous islamistes notoires, fichés, condamnés ou morts au combat. Deux noms font mouche et laissent coi le volubile prévenu : Farid Melouk et Abou Zoubeïda. Ami de Mohamed Baadache, le premier était en contact avec l'un des organisateurs des attentats de 1995 en France. En 1995, Baadache enverra Melouk dans le célèbre camp de Khalden, occupé par des volontaires cachemiris. Seconde figure de l'islamisme, Abou Zoubeïda est pour Baadache un homme « gentil et serviable ». Au point que, après l'arrivée de l'Algérien en Belgique en 1996, c'est Zoubeïda qui lui fournit de l'argent et un faux passeport en provenance de Londres. Huit ans plus tard, l'ami de Baadache, interpellé en 2002, est considéré comme l'un des proches collaborateurs de Ben Laden". La filière de Baadache, 9 ans après la vague d'attentats en France, se réservait toujours le droit d'en commettre d'autres. Et l'équipe de Toulouse, comme on a pu le démontrer, accordait toujours un soutien inconditionnel aux condamnés (à perpétuité) de 1995...
La peur du terrorisme, un chiffon rouge si pratique
C'est leur manque de vision globale qui est a déplorer, leur manque total de recul vis à vis d'un phénomène entretenu de fourniture de chair à canon, celle de jeunes en déshérence si facilement enrôlables. Deux jours avant la prochaine élection, aux USA, on va projeter un film à la gloire de Barack Obama, le président qui aurait débarrassé le monde de Ben Laden. Aux Etats-Unis, les mythes, on les bichonne et on les entretient, au point de se débarrasser d'un en racontant une autre histoire à dormir debout : Bush parti, on a toujours besoin là-bas d'un Ben Laden pour se faire réélire, il semble bien. D'Abbottabad, on a réussi à ramener que des photos et des vidéos datant de 2001 pour les faire passer comme récentes, Bush ayant utilisé les mêmes en 2004 pour sa campagne et les ayant retouchées en 2008 : non, décidément, les attrape-nigauds, ça marche toujours autant, aux Etats-Unis comme ici. La preuve, on les recycle à l'infini. Et elles ont même marché avec un ex-président français et son responsable des service secrets. Quant aux jeunes illuminés embarqués dans l'aventure, ils en sont toujours au même stade, plus de 15 ans après : nourris de thèses fumeuses présentes sur le net, gavés aujourd'hui de théories "illuminati glanées jusque les forums de jeux vidéos (***), la plupart du temps gavées d'antisémitisme, mélangeant tout, croyant aux Protocoles des Sages de Sion, ce faux notoire, parlant des Francs-Maçons comme le fait l'extrême droite, ne sachant pas s'intéresser aux sciences ou à l'histoire, ne distinguant pas religion et secte, incapables de respecter les préceptes mêmes de la religion dont ils se prétendent, ou destinés à gober n'importe quel gourou, leurrés en forum, surveillés sans s'en rendre compte, ils sont prêts à mourir pour une cause perdue d'avance : une forme avancée de suicide, en quelque sorte, en ce qui les concerne. Le problème, c'est qu'on peut difficilement lutter contre des kamikazes, à moins de leur démontrer qu'il vaut mieux vivre... malgré tout.
(*) ce qui accréditerait la thèse que chez lui il n'avait plus de téléphone, et que ce que lui "passera" par le balcon le Raid n'était qu'un talkie-walkie. Or le coup de fil à son ex-épouse dans le RER du 19 demeure en ce cas une énigme.
(**) Rappelons en quels termes, on ne peut plus clairs : "Les faucons de Washington et plus précisément Dick Cheney et Paul WolfoWitz, avec leur doctrine de « guerre globale contre le terrorisme », ont donné une occasion inespérée à Al-Qaida de se remobiliser contre l'Occident. Cette folle stratégie politique que rien ne justifiait ni le combat contre Al-Qaida, ni le prétendu programme nucléaire secret de Saddam Hussein, a alimenté la propagande d'Al-Qaida contre les États-Unis et leurs alliés" avait écrit d'une manièr ferme le juge dans son livre-testament de ce "qu'il n'avait pas pu dire".... Pour Brugière, on a alimenté une haine, et rien d'autre. Les principaux vecteurs de celle-ci étant les sites relatant par le détail les exploits des jihadistes et des talibans ; les décapitations, ou les commandants de police afghans exécutés au canon de 82 mm et non fusillés, sous les rires des talibans. La vidéo existe, ce n'est pas à moi de vous la montrer.
(***) avec un Sarkozy parlant du "nouvel ordre mondial" !
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