Sur l’échelle de l’autocratie, Sarkozy a gravi alertement deux échelons de plus
Dans notre douce France il n’est pas bon être sur la route du kaiser Sarkoko si l’on est pas de son avis, et surtout si on l’exprime. Souvenez-vous le fameux « si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi ». Voilà une division du monde qui a au moins pour qualité de ne pas mettre en œuvre six cerveaux pour la comprendre. Et Copernic aurait été pendu lui qui avant Galilée (et avant lui les égyptiens) avait découvert que c’était non le soleil qui tournait autour de la terre mais l’inverse s’il avait mis en doute ce principe physique intangible qu’en Sarkozie c’est l’univers qui tourne autour de sa personne, décorée ou non d’une étoile de shérif intergalactique. Il est le point de référence du monde, la matrice de l’Univers.
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En toute élégance il a le droit d’insulter un quidam qui fait la queue pour aller voir celle des vaches, de railler tout et tout le monde, de parler d’agité du bocal, mais le moindre gravier sous ses chaussures à la semelle fine et il met le ministre de l’équipement à la cale.
Depuis quelque temps notre courageux Guide de la rupture qui se terre quand il y a du monde dans la rue, lui qui réussit à faire en 168 heures plus de conférence de presse qu’il y a de jours dans la semaine, qui se tait dans son château avec sa Marie Antoinette à ses côtés pour le réconforter s’il arrivait que des piques dressées passaient devant la Lanterne, se fait plus autocrate et ses subordonnés plient davantage la tête et l’échine. Ne parlons pas des esclaves consentants de l’UMP, mais de tous les autres qui sans un mot, sans un geste acceptent ses errements les plus détestables. Les ministres s’aplatissent comme pour la prière de 5 heures en direction de la Mecque, en l’occurrence les grilles de l’Elysée. Rama Yade a redressé le chef et en a perdu la tête. Rachida, elle qui ne voulait en rien quitter la place des joailliers a dû abdiquer et se montrer toute guillerette candidate européenne. Et avec enthousiasme encore. Elle en rêvait quand elle était toute petite.
Mais voilà s’ils ne peuvent courber l’échine, ou si selon le lider Massimo ils ont failli, on les sanctionne. Le on ne pouvant être que le bras armé du Guide, en l’occurrence MAM qui justifie tout y compris l’injustifiable. Après l’affaire corse, l’affaire Saint-Lô. Le tailleur avait dit : " sept d’un coup ", ce qui lui avait valu d’avoir à affronter un géant peu amène, ici c’est deux d’un coup. Le préfet et le directeur de la police du département. Après avoir nié qu’il y eût un rapport avec les sifflets de la populace, pourtant retenue à distance par les CRS aux ordres du pouvoir lorsqu’il a été question du préfet, voilà que MAM le justifie (Nouvel Observateur) : Comme on lui demandait s’il s’agissait du "fait du prince", elle a répondu : "pas du tout", ajoutant : "Il revient au ministère de l’Intérieur de choisir les personnes qui conviennent à une situation donnée et à un moment donné". "Nous avons reçu des rapports de ces autorités (préfet et police, ndlr) sur ce qui s’était passé (le 12 janvier lors de la venue de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô, ndlr) et cela nous a conduit à les remplacer", a-t-elle poursuivi. "Il y a eu sans doute un certain nombre d’appréciations qui n’étaient pas tout à fait adéquates d’une situation, et nous devons surtout, dans les temps actuels, avoir des gens qui soient à même de faire la juste appréciation à la fois de la situation et des mesures qui doivent être prises", a ajouté la ministre pour qui le 12 janvier à Saint-Lô "il y a eu un certain nombre de choses qui ont été faites et qui ne correspondent pas à ce qui devait être normalement fait".
Au-delà de la première dénégation mensongère, il faut revenir sur le fait lui-même, mais avant répondre point par point à notre ministre aux ordres.
- Qui a nommé il y a sept mois ce préfet ? Qui donc est responsable si le préfet est lui responsable de ses subordonnés ?
- Est-il imaginable de penser qu’un préfet n’a qu’une seule fonction dans sa mission : se préoccuper du confort de la venue du Président de la République avec l’étouffement de la voix du peuple ? Cette phrase : "Il revient au ministère de l’Intérieur de choisir les personnes qui conviennent à une situation donnée et à un moment donné" démontre à quelle degré d’absurdité on peut arriver quand on obéit aveuglément et que l’on veuille faire plaisir au prince. Elle veut dire qu’un préfet n’a qu’une mission ponctuelle. En somme il faut un homme par situation. Il lui faudra alors nommer à chaque déplacement du Kondukator un préfet pour la situation.
- Est-ce qu’une seule erreur d’appréciation - si tant est qu’elle ait eu lieu - sans avertissement, sans avoir le droit de se défendre, amène une sanction immédiate ? A cette injustice s’est aussi associé le mépris, puisque le directeur de la police l’a appris par l’ordre lui-même de chercher une autre affectation. ("Mon directeur central m’a appelé hier soir pour me dire qu’il fallait que je sois remplacé, que je choisisse une autre affectation", a affirmé le directeur départemental de la sécurité publique de la Manche Philippe Bourgade qui ne sait pas encore où il va postuler.)
- Lorsqu’il y a eu un dysfonctionnement - et je me répète comme Sarkozy et son histoire des Champs Elysée aux magasins ouverts le dimanche en regard du coucher du soleil et de son ombre - s’il y en a eu (on n’a pas beaucoup de conséquence physique pour notre Lumière étincelante), ne doit-on pas avoir une sanction proportionnée et surtout le droit de se justifier. Imaginez une seule seconde une entreprise privée qui fasse la même chose à un employé, celui-ci aurait au moins le recours des tribunaux prud’hommaux.
Le pouvoir au main du Seul, de l’Unique, devient le règne du bon plaisir du caporal. Alors qu’il a mis en place un classement des résultats policiers, il fait renvoyer celui dont la ville a été classée en tête (hors Paris) de tous avec un taux de réussite le double de la moyenne nationale : Dans un classement établi par Le Figaro et publié en juin 2008 Saint-Lô était arrivé en tête du palmarès de l’efficacité de la police en France (hors Paris), avec 27,4 faits élucidés par policier, soit plus du double de la moyenne nationale. Ainsi une goutte d’eau dans un océan est plus importante que l’océan. Et ce parce que cette goutte a éclaboussé de loin notre Mamamouchi en chef. Et bien tout cela paraît normal à tous les sarkolâtres d’ici-bas. Remarquez ils ont trouvé normal que Carolis, la corde au cou devance la loi. Ils trouvent normal que le pouvoir nomme le président de la Voix de son maître. Ils trouvent normal que l’Assemblée Nationale soit bâillonnée. Ils trouvent normal que le Président de notre République bien entaillée par Sarkozy, nomme les ministres, nomme les responsables de l’UMP. Ils trouvent normal que NKM soit celle qui s’occupe d’Internet au gouvernement quand son frère est le roi de la vente par le WEB et président de l’association des e-commerçants. Ils trouvent normal que le ministre du budget soit également le trésorier de l’UMP. Ils trouvent normal que le responsable des élections au sein de l’UMP soit le responsable de la France pour le découpage électoral. Ils trouvent normal que les ministres soient également maires et dirigeants de l’UMP, c’est à dire qu’ils ne consacrent pas tout leur temps à la Nation. Ils trouvent normal que Sarkozy utilisent les salons dorés du château pour recevoir ses troupes mercenaires au frais des Français, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour lui.
Ces mutations sont à proprement parlé scandaleuses, mais deux points le sont tout autant, sont atterrants, et très inquiétants.
- le premier est qu’il peut se le permettre car il trouve les rouages et les complicités tant au sein du gouvernement que des corps intermédiaires pour que ces faits du prince puissent s’accomplir.
- Il crée une telle peur et une telle tension que la police en devient folle. Déjà les députés européens ont été estomaqués de voir des tireurs d’élites à Strasbourg alors qu’aucun autre chef d’Etat, aucun n’avait eu droit à cette mascarade de notre Kennedy à deux sous. Il faut rappeler qu’il fut le premier et seul ministre à avoir autant de gardes du corps. Il doit penser que son importance est proportionnelle au degré de sur-protection dont il bénéficie. Giscard n’avait qu’un garde du corps et parfois deux. Sarkozy en a dix-neuf. Il faudrait lui dire que le chat n’a que neuf queues et neuf vies. Deux affaires successives qui, moi, m’inquiètent tout autant que cette autocratie qui bâtit sa citadelle pierre après pierre. Les deux concernent des menaces de mort faites au Chef suprême. L’une s’est révélée être celle d’une autre personne que celle qui l’avait envoyée, en fait qui ne l’avait pas envoyée mais qu’on été allé cueillir comme un coupable. Coupable en revanche à ce jour non trouvé. Il se trouve que cette première personne avait vu son père déporté à Dachau car dénoncé pendant la guerre par lettre anonyme. Vous imaginez son traumatisme. La seconde d’un homme au profil psychologique semble-t-il fragile et qui avait bu. Le second a vu débarquer chez lui la brigade anti-terroriste avec gilet pare-balles (Mardi, trois policiers parisiens de la section antiterroriste de la brigade criminelle de la PJ, armés et vêtus de gilets pare-balles, ont débarqué chez lui à Pierrefonds (Oise) alors qu’il dormait. Son domicile a été perquisitionné puis il a été emmené à Paris pour 24 heures de garde à vue, dans le cadre d’une enquête pour "atteinte à la sûreté de l’Etat".
"Très vite il est apparu qu’on était loin du terrorisme", et que l’affaire relevait plus d’un "problème psychologique et d’alcool", a-t-on expliqué au parquet de Compiègne.
L’homme a été relâché et a été convoqué pour le 16 mars au tribunal de Compiègne, où il sera jugé selon la procédure du plaider-coupable pour menace de mort sur personnes chargées d’un mandat électif et menace de destruction de biens. Il encourt cinq ans de prison.
"J’ai fait une grosse connerie", reconnaît l’auteur du mail, qui dit avoir voté Nicolas Sarkozy à la présidentielle.) Et il avait voté Sarkozy. Un déçu qui aurait mieux fait d’attendre le 29 pour défiler plutôt que de risquer 5 ans de prison. Le premier a fait sept heures de garde à vue avant que la police ne se rende compte de son erreur. On lui a fait un test ADN.
Il faut dans ces deux cas précis faire quelques commentaires. Le premier qui tombe sous le sens, c’est que celui qui fait une menace de mort avec son adresse n’est sans doute pas vraiment dangereux. Mais même s’il l’était, on peut le surveiller - et ce sans trop de difficulté puisqu’il a eu l’amabilité de donner ses coordonnées -, mener son enquête et si celle-ci révèle un risque majeur agir, mais non agir dans la précipitation avec des moyens disproportionnés. La conclusion est que Sarkozy crée autour de lui un halo délétère de stress, d’animosité qui accompagné de sa propension au mépris, à l’arrogance et à l’autocratie nous apporte cette rupture dont il parle, la rupture avec la douceur de vivre, la rupture avec la concorde, la rupture avec la solidarité, la rupture avec le respect, la rupture avec la dignité, la rupture avec ce qu’un président est censé faire : agir pour qu’un peuple vive ensemble pour le bien de tous dans un pays apaisé.
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