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La réforme fiscale de Thomas Piketty va à contre-courant de ce qu’ont fait les Allemands depuis 25 ans

Vouloir faire peser la charge de la contribution sociale généralisée et celle de l’impôt sur le revenu en très grande partie sur les revenus des 10% les plus riches du pays, ce n’est pas ce que j’appelle un impôt progressif.

Si on veut rendre la CSG progressive à l’image de l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques), je n’ai rien contre, c’est la proposition de fusionner les deux qui fait désordre. Je ne suis même pas sûre que du point de vue du droit ce soit faisable.

Comme je l'avais dit dans ma précédente contribution, pour les besoins statistiques, vous avez besoin d’un chiffrage exact de chacun de ceux-ci, l’impôt d’une part et la CSG d’autre part. Une fois que vous aurez bien mélangé les deux, ce sera difficile d’y parvenir.

Oui, l’impôt sur le revenu doit être progressif pour permettre une redistribution des revenusMais cette progression doit commencer très tôt pour frapper un maximum de contribuables.

Vouloir épargner les classes populaires, qui représentent 50% des revenus les plus faibles et ne pas trop frapper les classes moyennes qui représentent les 40% du milieu, pour enfin tout charger sur les plus aisés qui ne représentent que les 10% des revenus les plus hauts, c’est un non sens économique, car la progressivité forte n’est prévue qu’au delà d’un certain niveau de revenus. Vouloir introduire une progressivité forte seulement au delà de 10.000 euros par mois alors que 90% des gens gagnent moins, ce n’est pas un impôt progressif, c’est verser dans le populisme et dans la démagogie, mais pas piocher dans l’instrumentaire d’une politique fiscale efficiente.

Le principal problème est que l'impôt sur le revenu n'est pas important en France,car plus de la moitié des gens n’en paient pas. Plus il serait important - au détriment d'autres impôts bien sûr-, plus l'État aurait des possibilités pour redistribuer les revenus. La philosophie allemande en matière fiscale se résume ainsi : plus un État dispose de recettes générées par l’impôt sur le revenu, plus il est en mesure de mener une politique économique sociale de qualité, car dans le droit fiscal allemand, on n’affecte pas les recettes de n’importe quelle part d’un impôt à n’importe quelle cause.

De même que les recettes de la « sécurité sociale allemande », qui comprend quatre volets en Allemagne, l’assurance maladie, la retraite, la prévoyance indépendance vieillesse et le chômage, ne peuvent servir qu’à financer les besoins de celle-ci. Les cotisations pour la « sécurité sociale allemande » sont supportées presque à part égale par l’employeur et le salarié avec un léger avantage pour l’employeur, on parle d’une différence de moins d’un point pour l’assurance maladie et la prévoyance indépendance vieillesse du salarié. Elles sont prélevées directement sur le salaire brut du salarié par l’employeur et versées aux organismes par ses soins. Il en va de même pour l’impôt sur le revenu du salarié.

Si la France veut procéder au prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu à l’image des Allemands, elle peut le faire. Nul besoin pour cela de le fusionner avec la CSG. L’objectif de la CSG n’est pas le même que celui de l’impôt, on ne peut donc pas traiter ces deux choses bien distinctes de la même façon comme le propose Monsieur Piketty.

Enfin, si ce que disent et pensent les Allemands, n’a aucune valeur à vos yeux, je veux bien. Je pense néanmoins que la France ferait bien de s’en inspirer, car ce n'est pas pour rien que l'Allemagne est la première puissance économique de l'Union européenne. Là bas, tout le monde n'a pas fait l'ENA, mais au niveau des idées, j’ai l’impression que les Allemands s’en sortent plutôt mieux, car je les trouve plus inventifs et plus efficaces sur ces questions.

Présentez la réforme de l’IR de Piketty à des fiscalistes allemands et ils vont vous rire au nez, mais ils vont déjà bien rigoler en découvrant le système fiscal français dans son ensemble. Dans ce domaine, il faut vraiment faire le ménage à fond et refonder un nouveau système fiscal plus performant.

Je n’ai pas fait mes études en France, je suis un pur produit de la social-démocratie allemande si vous voulez. Je vous ai exposé ce que m’inspire le système fiscal français et j’ai l’impression qu’avec la proposition de Piketty pour la réforme de l’IR on fait fausse route.

Elle va en tout cas à contre-courant de ce qu’ont fait les Allemands depuis 25 ans et avec sa politique économique et fiscale, l'Allemagne a réussi à surmonter les problèmes de la réunification et du passage à l’euro. Pour faire court, depuis 25 ans, l’Allemagne n’a eu de cesse que de réduire son taux marginal d’imposition qui était de 56 % pour l’IRPP et de 36% pour l’impôt sur les sociétés en 1986 et qui se retrouvent aujourd’hui à 42% au-delà de 52.000 euros et à 45% au-delà de 250.000 euros de revenus imposables (un taux spécifique qui correspond à l’ISF français) et25% pour l’impôt sur les sociétés.

Malgré la baisse du taux marginal d’imposition, l’impôt sur le revenu est resté l’impôt le plus important dans le budget général allemand.

 

À lire du même auteur à ce sujet :

http://www.lepost.fr/article/2011/05/05/2485839_je-dis-non-a-la-reforme-fiscale-proposee-par-thomas-piketty_1_0_1.html

http://www.lepost.fr/article/2010/11/18/2309296_le-systeme-fiscal-allemand-source-d-inspiration-pour-le-gouvernement-francais_1_0_1.html

http://www.lepost.fr/article/2010/11/18/2310016_harmonisation-fiscale-vaste-chantier-en-perspective_1_0_1.html


Moyenne des avis sur cet article :  1.8/5   (20 votes)




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22 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 9 mai 2011 10:14

    A’époque où l’Amérique faisait rêver la moitié de la
    planète et même les 90% de la population. L’époque où tout était possible, et
    bien, savez-vous à combien étaient imposés les plus riches ? Et les reformes fiscales ont
    entrainé l’appauvrissement généralisé de la population aux Etats-Unis. Les
    prisons sont pleines, les services de l’Etat aux populations sont sinistrés, et afin
    de trouver toujours plus de nouvelles sources de profits la planète est devenue un
    immense brasier ! Et nous, nous sommes toujours à la recherche d’un nouveau
    modèle, alors ne faisont pas n’importe quoi, lire ci-dessous :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/21/modele-americain/


    • trait-d-union 9 mai 2011 15:45

      Vous ne pouvez pas comparer l’imposition des Américains avec celle des Français ou des Allemands puisque les systèmes de protection sociales ne sont pas les mêmes.


    • Francis, agnotologue JL 9 mai 2011 11:40

      Je n’approuve pas du tout cet article qui contient des énoncés contestables et des contre-vérités.

      Par exemple ceci : « Oui, l’impôt sur le revenu doit être progressif pour permettre une redistribution des revenus »

      L’impôt doit permettre d’alimenter le budget de l’Etat, et le meilleur impôt est celui qui, dans le même temps, opère une redistribution des revenus. De fait, on ne devrait pas dire redistribution, mais rééquilibrage parce que notre système économique est naturellement générateur d’inégalités.

      Contre-vérité : l’auteur confond pourcentage de population et pourcentage de revenus : les 10% les plus riches possèdent beaucoup plus que 10% des revenus ! Et donc, ce qu’il dit à ce sujet n’est que sophisme.

      Enfin, au sujet de ça : « (les) recettes de la « sécurité sociale allemande », qui comprend quatre volets en Allemagne, l’assurance maladie, la retraite, la prévoyance indépendance vieillesse et le chômage, ne peuvent servir qu’à financer les besoins de celle-ci ».

      Je dirai deux choses : l’assurance maladie et la prévoyance indépendance vieillesse relèvent du devoir de l’Etat, et les cotisations devraient être prélevées sur tous les revenus, y compris les revenus financiers.

      Et si la retraite doit bien être financée par les revenus du travail au titre de droits acquis, je dis que les cotisations chômage ne doivent pas être mise à la charge du travail, mais seulement à la charge du capital, car c’est lui et seulement lui le responsable de taux de chômage excessif. Le capital est demandeur d’un chômage prohibitif cependant que les travailleurs subissent la double peine : celle que le chômage fait peser sur eux, tant au niveau de la baisse des salaires qu’au niveau de l’insécurité sociale.

      Pour finir, je voudrais dire ici que les frontistes et leurs amis se plaisent à dire que les Français ne se sentent plus chez eux : je suis bien d’accord là-dessus, mais je n’ai pas du tout la même interprétation qu’eux pour ce qui concerne les raisons.

      Selon moi, si les Français ne se sentent plus chez eux, c’est parce que leurs dirigeants inféodés aux marchés, à l’UE et à l’empire ont trahi le pays qu’ils ont de fait, livré aux puissances étrangères, lesquelles font la loi en France comme le feraient des voleurs, des renards et des loups dans une ferme sans chiens ni fermiers.

      L’auteur qui se présente comme un étranger n’a pas de leçons à nous donner. Et je le dis d’autant plus aisément que je conteste la proposition Picketty.


      • trait-d-union 9 mai 2011 15:58

        Pour faire simple, la redistribution des revenu s’opère par voix de la fiscalité en prélevant plus à ceux qui gagnent plus (chose que seul un impôt progressif peut assurer) pour financer avec les recettes de l’Etat (en provenance des impôts) les besoins des actions en faveur des plus démunis. L’auteur ne confond rien du tout, rendez-vous sur l’étude de Piketty et vous verrez qu’il est bel et bien question de la tranche des 10% des revenus les plus haut que cette réforme propose de ponctionner au maximum. Mais je vous l’accorde, comprendre la fiscalité n’est pas donné à tout le monde, mais je ne suis pas là pour parfaire votre manque d’éducation.

        L’auteur est étranger de par ses origines, mais vit en France depuis 20 ans, est naturalisé et marié en France et a des enfants nés en France, travaille en France et paie ses impôts en France comme n’importe quel autre Français. Si pour vous la nationalité française ne s’acquiert que par le sang, alors l’auteur est un étranger comme vous dites. Fin de discussion.


      • Francis, agnotologue JL 9 mai 2011 19:34

        trait dunion,

        vous avez mal pris mon commentaire, et je n’attendais pas autre chose.

        Mais vous vous en seriez mieux sorti en ne répondant pas à coté et en ne bottant pas en touche.

        Je vois au score que vous faites (75% de votes négatifs), qu’il est inutile que je perde du temps à vous démentir : personne ici n’est dupe de votre prose.


      • trait-d-union 9 mai 2011 23:02

        Le niveau des commentaires sur cette page prouve que les lecteurs n’ont pas les facultés intellectuelles pour aborder un sujet d’une telle complexité ce qui explique les 75%. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. 


      • jpm jpm 9 mai 2011 23:35

        Vous etes severes avec vos detracteurs... mais il faut dire aussi que vous vous etes ataque a un sujet sensible, la fiscalite, ou vous ne pourrez jamais satisfaire tout le monde. Pourtant vous avez developpe des idees interessantes... et j´ai apprecie votre remarque comme quoi augmenter la progressivite seulement au dessus de 10 000 euros par mois etait une mesure symbolique pour ne pas dire populiste. 

        Personnellement j´aimerais que tout le monde puisse payer des impots sur le revenu... et pour cela il faudrait que tout le monde dispose d´un revenu. C´est pour cela que je suis partisan du Revenu Universel RU, c´est a dire un revenu de base garanti et inconditionel, cumulable avec les autres revenus d´activite ou du patrimoine. Cette idee est dailleurs beaucoup plus avancee en Allemagne... j´espere qu´il en ira de meme bientot en France. 


      • FRK44 FRK44 9 mai 2011 13:22

        Moi j’aime bien cette phrase qui explique tout de l’auteur : l’impôt sur le revenu doit être progressif pour permettre une redistribution des revenusMais cette progression doit commencer très tôt pour frapper un maximum de contribuables.

        Et bien non l’IR n’est pas là pour FRAPPER sur le crâne des gens. Aucune punition là dedans, au contraire, c’est un geste de solidarité envers la communauté. Je suis fier de payer des impôts, car cela signifie que je gagne ma vie et que je participe à la cohésion de notre modèle de vie.


        • trait-d-union 9 mai 2011 17:13

          Frapper dans ce contexte veut dire être appliqué sur les revenus. Il n’est nullement question de frapper sur le crâne de qui que ce soit. Moi aussi, je suis fière de payer des impôts. Mais ce qu’il faut savoir, c’est bien distinguer les impôts directs, comme l’impôt sur le revenu, qui peut être rendu progressif, c’est à dire faire payer plus aux gens qui ont plus, des impôts indirects comme la TVA et les différentes taxes qui frappent aveuglement tous les contribuables de la même manière. 


          Quand un salarié au SMIC paie 19,6 % de TVA, ce n’est pas le même effort que lorsqu’on fait payer sur le prix des produits 19,6% de TVA à un milliardaire. Elle est là la différence. 

          La réforme propose d’affaiblir l’impôt sur le revenu sous prétexte qu’on ne peut pas réformer les autres impôts. C’est faux, on peut tout réformer, mais dans le domaine de la fiscalité, il faudra ambitionner une refonte du système pour parvenir à quelque chose de plus juste. Trouvez-vous normal que les recettes de l’Etat proviennent pour trois quarts de la TVA alors que c’est l’impôt le plus injuste qui soit ? 

          Et on vous fait encore croire qu’avec la TVA sociale, ce sera plus juste parce qu’on touchera aussi les produits importé ? Ceux qui vous disent ça, profitent bien d’une certaine ignorance d’une grande majorité de personnes dans le domaine fiscal, comme ce n’est pas enseigné à l’école. Mais il faut se méfier des discours simplistes. La fiscalité et surtout rendre justice par le biais de la fiscalité n’a rien de simple, c’est une entreprise assez complexe.

        • FRK44 FRK44 10 mai 2011 09:48

          Même si je suis d’accord avec vous sur la TVA ( impôt aveugle et donc injuste ), ce n’est pas le sujet de l’article.

          La réforme propose, non d’affaiblir l’IR, mais d’en élargir l’assiette par la fusion avec la CSG à des revenus financiers.
          Elle offre une progression du taux d’imposition et de commencer la première tranche pour des revenus qui pour l’instant en sont exonérés.
          Exactement ce que vous réclamez !

          Elle veut supprimer les niches fiscales et installer une taxation à la source. Simplifier le versement des allocations familiales.

          On peut peut être simplifier plus, mais c’est déjà un énorme pas en avant.


        • trait-d-union 11 mai 2011 22:30

          Désolée, vous n’avez rien compris, si vous estimez que la TVA n’est pas le sujet de la réforme et que l’IRPP n’est pas affaibli du fait de sa fusion avec la CSG. Si on met notre argent ensemble, mais que chacun continue à faire caisse à part, est-ce qu’on est plus riche pour autant ?

           

          Le fait de proposer de soulager les revenus de moins de 10.000 euros par mois pour taxer à un taux prohibitif (on vous parle de 70 à 80%) les 10% des revenus les plus hauts du pays, revient à affaiblir lRPP, son importance, sa part dans les recettes fiscales de l’Etat. Des gens qui gagnent ça, il n’y en a pas des masses.

           

          La fusion avec la CSG n’est qu’une question technique. D’ailleurs rien ne vous empêche de prélever l’IRPP à la source, de la même manière que la CSG sans pour autant le fusionner avec.

           

          Ce n’est pas un pas en avant mais un deux pas en arrière !


        • platon613 9 mai 2011 13:47

          Mettez vos sous à l’abri !

          Chute du prix de l’argent : une opportunité d’achat

          Le prix de l’argent est en chute libre. Quelles sont les causes de cette baisse importante ? L’or est également sous pression. - Manipulation ou surchauffe ?- En tout cas une formidable occasion d’achat.

          http://www.news-26.com/or—argent/487-chute-du-prix-dargent-une-opportunite-dachat.html

          • trait-d-union 9 mai 2011 17:23

            Comme je l’ai dit dans ma réponse plus haut, il faut toujours bien distinguer les impôts directs des impôts indirects. L’impôts sur le revenu est un impôt direct et peut être rendu progressif pour tenir compte de la capacité contributive de chaque contribuable alors que la TVA et les taxes sont des impôts indirects. Cela veut dire qu’il y a un taux qui est appliqué sur un prix et que ce taux est le même pour tout le monde. 


            Comme vous le dites, c’est particulièrement injuste de faire payer un riche autant qu’un pauvre et c’est pour cette raison que je dis qu’il faut renforcer l’impôt sur le revenu, le rendre plus juste mais à condition de réformer aussi tous les autres impôts indirects de manière à ce que à la fin, il n’y ait aucune différence en ce qui concerne le total de prélèvements obligatoires. L’Etat pourrait disposer ainsi du même montant de recettes mais les impôts seraient répartis plus équitablement entre les différents contribuables français.

            • Marc Bruxman 9 mai 2011 20:08

              Et pourquoi ne pas faire un seul impot : La TVA ? Au final celui qui achéte une porche paie bcp plus que l’autre.

              Si le coût du social était reporté sur la TVA cela permettrait de réduire le coût du travail et donc le chomage. Si l’impot sur le revenu était également dans la TVA, cela créerait une sorte de « flat tax » basée sur le niveau de vie.

              Et même le grugeur qui taffe au black finirait par être taxé. Parce qu’il a beau avoir touché de gros billets, il finira bien par aller acheter des choses au supermarché. Avec cela, vous taxez même l’argent de la drogue.

              Le mieux serait finalement d’interdire l’argent liquide et de faire prélever par les banques un pourcentage de chaque transaction qui irait directement au tresor public. Simple, automatique (donc pas cher), difficile à gruger.


              • trait-d-union 9 mai 2011 20:56

                Houla, je vous conseille de lire mes précédentes réponses, où j’ai expliqué la différence entre les impôts directs et indirects. Comme je disait, la TVA est l’impôt le plus injuste qui soit, moins on a des revenus, plus grande est la part de ses revenus qui part dans la consommation. Par nature des choses, l’épargne est très très faible dans les petits revenus. Dans ce cas, ce seraient ceux qui ont les moins de revenus qui dépenseraient la quasi totalité de leurs revenus et financeraient à travers leur consommation la plus grande partie de notre protection sociale. Si vous trouvez que c’est plus juste que de faire contribuer chacun selon ses possibilités et moyens, je vous laisse préférer la TVA sociale. 


              • trait-d-union 9 mai 2011 20:58

                En matière d’impôts, ce sont les solutions les plus simples qui sont les plus injustes.


                • robespierre55 robespierre55 9 mai 2011 21:44

                  Vous savez nager ? essayez le gaz.
                  Je plaisante hein ! Continuez à nous faire rire.


                  • wesson wesson 9 mai 2011 23:40

                    Bonjour l’auteur,
                    c’est toujours un ravissement de nous voir comparé à l’Allemagne. Si on veut faire comme les Allemands, alors n’ayons comme eux que 1,4 enfants par femme, ce qui dans un futur assez proche va leur poser de très sérieux problèmes économiques. Egalement vous oubliez de parler des fameuses réformes Hartz IV, que d’ailleurs la cours constitutionnelle a jugé contraire au droit fondamental à mener une existence digne, c’est dire.

                    Allez, j’ai un peu de temps pour détailler ce que cette réforme Hartz 4 était : un regroupement des allocations chômages après 1 an d’inactivité avec les prestations sociales, limités par un savant calcul censé prendre en compte les besoins d’une personne pour vivre. En 2010, cette superbe allocation se montait admirablement à ... 359€ par mois pour une personne, 215€ pour un enfant de moins de 6 ans, 251€ jusqu’à 14 ans et 287€ de 14 à 18 ans. Aucun autre prestation complémentaire ne pouvait être versée, autant dire une descente immédiate dans l’indigence !
                    Mais il y avait encore mieux : Les allocataires Hartz étaient obligés d’accepter des boulots gracieusement payés .... entre 1 et 2 €uros de l’heure. Et si il n’acceptaient pas, leur splendide allocation se retrouvait réduite de 30%.

                    Combien de personne on « bénéficié » de telles largesses ? 6.6 millions en début 2010,

                    Et pour couronner le tout, les allocataires étaient incités à accepter un « mini job » à coté, qui sous certaines conditions leur permettait de conserver l’allocation : Pour un revenu complémentaire de 100€ / mois, il gardait tout l’allocation, de 100 à 800€, il en gardaient 20% (avec des petites variations compte tenu de la situation familiale), et au delà l’allocation n’était plus versée.
                    La mesure qui se voulait incitative pour la création d’emploi a surtout contribué à exercer une pression à la baisse sur les salaires, tout en conservant la dépendance aux allocations.

                    Au final, une réforme qui a précipité dans l’indigence un bonne partie de la population allemande, tout particulièrement les familles monoparentales, qui a servi de tapis sous lequel a été planqué un bon nombre de chômeurs, et qui a contribué à creuser encore un peu plus les inégalités salariales tout en exerçant une pression à la baisse en mettant en concurrence des salariés bien payés avec des gens en guenille qui vivent dans l’indigence.

                    Alors si c’est ça votre modèle d’avenir, je vous le laisse !


                    • _Ulysse_ _Ulysse_ 10 mai 2011 13:33

                      Merci pour ce dernier commentaire !

                      Le succès économique allemand a plusieurs causes :

                      -L’euro qui a boosté leurs exportations comme jamais vers les autres pays de la zone qui ne peuvent plus dévaluer.

                      -Ils ont baissé les salaires (les effets négatifs ayant étés compensés par l’export)

                      -Ils font appel à une main d’œuvre polonaise et tchèque.

                      Tout ceci n’a pas grand chose à voir avec la fiscalité allemande !

                      D’autant que vanter le modèle allemand n’a aucun sens. Une telle politique ne peut fonctionner que si on est seul à la faire car on prospère au détriment des autres !
                      Si tout le monde fait pareil non seulement l’effet sur le commerce est nul mais la baisse des salaires cassera la demande et les recettes fiscales et on tombe alors dans la déflation !


                      • trait-d-union 11 mai 2011 22:13

                        La force de l’Allemagne, première puissance économique de l’Union Européenne et 4ème au niveau mondial en 2008, a été bâtie essentiellement sur sa capacité à défendre la stabilité de sa monnaie en créant une instance réellement indépendante (voir les statuts de la Bundesbank), chargée de la régulation monétaire.

                         

                        En raison de l’hyperinflation que l’Allemagne a connue pendant la Première Guerre mondiale et après la Seconde, l’objectif de la stabilité monétaire a été porté très haut par tous les gouvernements successifs depuis 1948, de gauche comme de droite, si bien que toutes les politiques gouvernementales se sont adaptées et construites autour de cet objectif primordial. Certes, on pourra toujours critiquer la répartition des richesses dans ce pays, mais on doit néanmoins reconnaître que - globalement - ce pays ne s’en sort pas trop mal.

                         

                        Le secret de la réussite allemande d’après les économistes allemands repose sur trois axes : la séparation de la création monétaire du pouvoir politique par la création d’une institution indépendante chargée de la régulation monétaire, une politique budgétaire et fiscale parfaitement adaptée à l’environnement économique national et international, suivies ou accompagnées de politiques économiques et sociales concordantes.

                         

                        Néanmoins, une bonne politique fiscale est à la base de tout et conditionne la réussite de toutes les autres politiques, c’est du moins ce que nous disaient nos professeurs. 


                        D’ailleurs, je ne vous ai pas vanté le modèle allemand, je vous ai exposé ce que m’inspire la réforme proposée par Piketty en vous signalant que celle-ci me semble aller à contre-courant de ce qu’ont fait les Allemands depuis 25 ans.

                         

                        En effet, je n’imagine pas un seul instant que cette réforme puisse être mise en œuvre étant donné que les deux pays majeurs de la zone euro ne peuvent aller l’un contre l’autre. Il est évident qu’à terme, une harmonisation fiscale au niveau de tous les pays de la zone euro sera indispensable.


                      • _Ulysse_ _Ulysse_ 12 mai 2011 14:47

                        "Le secret de la réussite allemande d’après les économistes allemands repose sur trois axes : la séparation de la création monétaire du pouvoir politique par la création d’une institution indépendante chargée de la régulation monétaire, une politique budgétaire et fiscale parfaitement adaptée à l’environnement économique national et international, suivies ou accompagnées de politiques économiques et sociales concordantes.« 

                        -Sur la séparation de la création monétaire du pouvoir politique : Que les allemands aient peur de l’hyperinflation d’accord on peut comprendre mais en quoi ce point est essentiel ? L’état français s’est financé pendant des décennies auprès de la banque de France sans que cela pose pb, il n’y a pas eu d’hyperinflation ou d’endettement excessif.

                        -Une politique fiscale et budgétaire adaptée : C’est à dire ? C’est bien vague.

                        -de politiques économiques concordantes : Quelles sont elles ?

                        Que faite vous de l’avantage à l’export au sein de la zone que l’euro procure à l’Allemagne vis à vis de pays à monnaies faibles comme ceux d’europe du sud ?

                        Que faite vous de l’utilisation de la main d’œuvre venue de l’est ? Es-ce cela une politique économique concordante ?

                        Ce genre de politique est-elle réaliste à l’échelle de l’Europe ?

                        Si demain l’euro n’existe plus et que les clients de l’Allemagne rétablissent leurs monnaies aux taux de changes requis, les exportations Allemandes vont s’effondrer et leur économie avec car leur demande interne est anémiée à cause de la rigueur salariale.

                        Avez vous des arguments à part des paroles d’ »experts" ?


                      • un simple citoyen 12 mai 2011 13:50

                        Bonjour,

                        Moi aussi, j’ai une réforme fiscale à caser pour les élections de 2012. Si vous souhaitez la lire, voila l’adresse :

                        http://simplecitoyen.blogs.midilibre.com/

                        Un simple citoyen.

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