Ordre de mobilisation générale

Depuis nos ancêtres les Gaulois, l’histoire n’a pas manqué de nous révéler dans les manuels d’écoles toutes les guerres de l’histoire de France. Les guerres seraient-elles nobles pour que nous puissions en parler ainsi ! Et les luttes insignifiantes pour les ignorer ainsi ?
Vouloir sa dignité, son travail, réclamer le respect de sa personne furent-ils considérés de tous temps comme rétrogrades, diaboliques et non modernes ?
Les auteurs des droits de l’homme en 1789 ont été combattus par toutes les royautés de l’époque dans et hors de France, provoquant ainsi le chaos révolutionnaire et ce qui s’ensuivit.
Aujourd’hui encore, il y a des luttes meilleures que le noble car empreintes d’humanité. Et toujours des vieilles dynasties où l’on préfère se marier entre soi pour fabriquer des empires financiers à défaut de royauté.
La plupart de ces vieilles dynasties aux fortunes colossales
sont construites grâce aux conflits armés. Les barons de la sidérurgie, de
l’acier et du charbonnage en particulier.
« Honneur, patrie, famille » ! Famille pour la petite touche d’humanisme dans ces
carnages sans gloires. Familles abandonnées dans la détresse et la misère la
plus noire ensuite.
Les guerres sont ailleurs, mais les conséquences sont ce qu’elles furent en Europe, dramatiques. La propagande, transmise insidieusement à travers l’information de masse, arrive dans votre salon pour vous affirmer que la situation est grave, mais pas désespérée. Nous sommes au bord de la faillite et de l’imminente menace terroriste. C’est dramatique, mais vous comprenez bien...
Le marché de l’énergie est juteux, s’emparer des marchés par tous les moyens. Est-ce génétique chez eux, plus et encore plus ? La masse doit s’inquiéter, avoir peur, fédérer la haine.
C’est donc un ordre de mobilisation générale, enfants de la patrie, laissez vos acquis et tous vos droits. Présentez-vous sur le monde du travail, nous vous fournirons un paquetage « contrat emploi individualité ». La nation réclame votre argent, travaillez plus, nous gagnerons plus !...
Les luttes paysannes et ouvrières sont nombreuses, ce que vous avez aujourd’hui, on ne vous l’a pas donné, mais confié... Entre vos mains, vous avez des acquis obtenus par les luttes parfois sanglantes de nos anciens.
Je ne pourrais pas vous les énoncer toutes et dans le détail, juste rappeler à ceux qui sont concernés, qu’ils en sont les héritiers. Et à ceux qui veulent compléter certains points, qu’ils n’hésitent pas !
Je commence à la
révolution industrielle !
Durant cette montée de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, les conditions de travail des ouvriers s’apparentent au bagne. Les salaires apportent juste de quoi survivre. Hommes, femmes et enfants travaillent en moyenne quinze heures par jour.
Les premiers mouvements ouvriers se mettent progressivement en place. Il est tout d’abord inorganisé et spontané, ensuite il se politise pour enfin se tourner vers des revendications salariales et devenir ce qui deviendra plus tard « organisations syndicales ».
A cette époque, il existe un livret ouvrier qui est un
véritable moyen de soumission. C’est en quelque sorte le passeport sans lequel
l’ouvrier ne pourra ni quitter son emploi, ni être employé ailleurs.
Le contrat de travail est sans réglementation, lors d’un litige, l’employeur
est cru sur parole, le salarié lui doit en apporter les preuves.
Les associations de citoyens sont interdites. Les coalitions et revendications sont interdites et réprimées violemment. La loi favorise l’employeur, les revendications sont systématiquement écrasées par l’armée.
Malgré ces interdictions, les conflits restent fréquents et sanglants.
La révolte des canuts à Lyon fait 600 morts et 10 000 personnes sont expulsées hors de la ville.
Bien que le droit de grève soit accordé (1864), l’action collective et les mouvements sociaux acceptés, la répression est toujours sanglante. Paris se dresse contre l’Assemblée (1871). La Commune de Paris, 30 000 morts.
Qu’à cela ne tienne, les ouvriers se regroupent et s’unissent pour améliorer leurs conditions de vie. Créations des mutuelles, caisse d’entraide maladies, accident du travail, chômage.
Le droit syndical est accordé (1884). Le livret ouvrier est enfin supprimé (1890).
La Confédération générale du travail est créée en 1895, la condition ouvrière s’améliore.
En 1936, les congés payés, en 1945 création de la Sécurité sociale par le programme du Conseil national de la résistance.
Le paternalisme autoritaire est toujours présent dans les années 1960.
Grande grève des mineurs en 1963. Importantes grèves revendicatives dans la période 1966-67.
Les salaires sont en baisse et les travailleurs subissent les attaques préliminaires d’envergure de l’Etat. Comme l’ordonnance de 1967 sur la Sécurité sociale.
Et bien sûr Mai-68.
A Nantes, Sud Aviation démarre la grève qui s’amplifie sur tout le territoire. 10 millions de salariés cessent le travail.
Revalorisation du Smig de 25 % et de 10 % sur les autres salaires, réduction du temps de travail.
Trois morts, un policier et deux ouvriers.
Le terme acquis sociaux est considéré comme progrès de la civilisation, acquis obtenus ou inspirés uniquement par les mouvements ouvriers. On peut nommer l’interdiction du travail des enfants, les congés maternité, diminution du temps de travail, allocations familiales, allongement de la scolarité, abaissement de l’âge de la retraite, accroissement des services (administrations, santé, éducation, loisirs, spectacles). Ces acquis appartiennent à l’ensemble des citoyens et furent chèrement payés par les anciens. Pour ainsi dire, les luttes, grèves et occupations d’usines ont permis le progrès social. Ne soyez donc pas benêt. Ce que vous avez, ce n’est pas seulement parce que vous y avez droit.
Quelques dates :
- 1906 : le 13 juillet, le Parlement vote la loi
Sarrier instaurant le repos dominical obligatoire de 24 heures pour les
ouvriers et employés du commerce ;
- 1910 :
l’âge de départ à la retraite est fixé à 65 ans ;
- 1919 : en avril, la loi sur la journée de huit heures
(48 heures hebdo) est acceptée par le Parlement ;
- 1936 : sous
l’impulsion de L. Blum, les accords de Matignon aboutissent à une augmentation
générale des salaires, et la loi du 20 juin instaure deux semaines de congés
payés ;
- 1956 : la
majorité de gauche conduite par Guy Mollet vote la loi du 27 mars 1956 portant
de deux à trois semaines (soit 18 jours) la durée des congés payés. Ce texte
précise la nécessité de la réduction du temps de travail, et prévoit également
la prise de congés annuels entre le 1er juin et le 31 octobre ;
- 1968 : les
accords de Grenelle : augmentation du Smic (+25 %) et des salaires (+10), la loi de
1936 sur les 40 heures hebdomadaires devient effective, et instaure la 4e
semaine de congés payés ;
- 1982 : le
gouvernement Mauroy instaure la semaine des 39 heures, et généralise la 5e
semaine de congés payés. Parallèlement, il abaisse à 60 ans l’âge légal de
départ à la retraite ;
- 2000 : loi
des 35 heures dans les entreprises de plus de 20 salariés ;
- 2002 : le
1er janvier, les 35 heures sont généralisées aux entreprises de moins de 20
salariés.
La fête du travail est célébrée mondialement le 1er mai. Elle commémore les morts liés à une grève en 1889 à Chicago pour travailler 8 heures par jour. Elle commémore toutes les luttes.
Aujourd’hui, la régression des classes moyennes, 12 millions de personnes perçoivent des allocations minimum, 1 229 754 perçoivent le RMI, 11 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, augmentation des SDF. Les acquis sociaux sont attaqués de toutes parts. Les fermetures d’usines quotidiennes et les bénéfices pharaoniques. Pour ne citer qu’une seule actuellement sous les feux de l’actualité, l’usine Kléber, Toul (Meurthe-et-Moselle), 826 emplois sacrifiés, le patron du groupe Michelin a annoncé à Paris un bénéfice annuel en hausse de 35,3 %, 774 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 16,867 milliards d’euros.
Qu’est-ce qui est moderne ? La fracture sociale ou le progrès social ? Il y a très longtemps, il y eut un espoir, l’espoir de la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.
Le progrès est avant tout social et non exclusivement économique. Ce nouveau siècle sera-t-il la socialisation des richesses ? La fin des dynasties, groupes ou trust financiers, devenue incontrôlable, oppresseurs des Etats républicains et tortionnaires du tiers-monde.
Gasty
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