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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > À ne pas coucher sur le papier !

À ne pas coucher sur le papier !

Un billet à dormir debout

On me prie de bien vouloir évoquer un sujet capital qu’il me convient ici de coucher sur le papier. Ce n'est pas sans émotion que je retire mon bonnet d’âne pour enfiler son homologue de nuit afin de venir vous bercer de quelques propos lénifiants. Tout fils de matelassier que je fus, j’ignorais tout alors de ce que faisaient les clients de mon père sur les matelas que nous leur livrions. Depuis, le poids des ans et de l’expérience me permet d’avoir un regard plus distancié sur la chose ce qui m’autorise ici à tenter d’éclairer votre lanterne.

Qu’il soit dans de beaux draps ou pas, le quidam ordinaire a sans doute trois manières de faire son lit et de s’y coucher. Tout le reste ne serait que littérature érotique, ce que je laisse volontiers à ma collègue d’écriture, plus prompte que moi à narrer ce qui se passe sous ou bien à côté de la couette. Mon grand âge sans doute me pousse à ne me préoccuper que de l'enveloppe charnelle du dormeur.

Pour se mettre au lit celui qui cherche le sommeil peut se vêtir d’un pyjama. Voilà bien là la forme la plus guindée qui soit, l’objet se déclinant en deux parties, une veste boutonnée rappelant sans doute la tenue de travail portée dans la journée accompagnée d’un pantalon le plus souvent assorti et parfois muni d’une braguette pour pousser la ressemblance avec l’état de veille plus loin encore.

Le pyjama diffère cependant de son grand frère le costume de jour dans sa volonté d’être toujours de mauvais goût et de rester dans le quant-à-soie. Qu’il soit à rayures ou bien à petits pois, il mélange les couleurs et les matières avec un sens inégalable du ridicule. Sortir dans la rue pareillement grimé vous met immédiatement sous le feu des regards amusés de vos voisins. Même lors d’un petit déjeuner entre amis, vous pouvez vous sentir ridicule.

La chemise de nuit conserve bien des adeptes à commencer par votre serviteur qui se met à nu pour satisfaire votre curiosité. Elle a le mérite de vous laisser libre la région pubienne qui peut parfois être sollicitée si par chance vous ne dormez pas seul. La chemise de nuit n’a pas de col, elle est d’une conception sommaire mais hélas, il est de plus en plus délicat d’en trouver sans les inévitables dessins grotesques que ne peuvent s’empêcher de déposer sur l’étoffe des fabricants sans nuance.

La chemise de nuit vous contraint par décence de revêtir un caleçon au lever du corps si vous ne voulez pas arriver par trop triomphant au petit déjeuner. C’est là, la seule limite qu’elle impose, nous ne pouvons lui en tenir rigueur et je lui garde éternellement ma préférence.

Les moins frileux, les plus amoureux, les mieux faits de leur personne ont renoncé à ces oripeaux nocturnes. Ils ont la nudité majestueuse, se privent de toute lingerie pour dormir du sommeil du juste et du stakhanoviste des turpitudes. Ils confondent ainsi le puits et le lit, sans doute parce qu’ils partagent leur couche avec une fontaine. Ils ne dorment à poings fermés qu’après avoir célébré le bonheur d’être deux dans un lit au milieu duquel la rivière est Durance.

Si vous échappez à ces trois catégories c’est que vous dormez habillé. Il convient de s’en désoler. Non seulement ce n’est pas très bon pour votre hygiène corporelle mais de plus cela atteste sans aucun doute d’une situation précaire. Les gens de la rue n’ont pas cette chance de pouvoir se vêtir d’une tenue de nuit, c’est là le privilège de ceux qui possèdent un domicile. À ce titre, il convient d’en apprécier la chance, la vie est rapidement à même de vous dépouiller totalement et de vous contraindre paradoxalement à dormir tout habillé. C’est un des nombreux paradoxes de l’existence.

Voilà, j’ai rempli ma mission. J’ai couché quelques lignes sur le papier pour évoquer ce sujet incontournable. J’espère que celui qui m’a mis au défi en sera satisfait. Je n’ai plus qu’à aller me coucher sur mes deux oreilles, le cœur léger et la conscience tranquille. Bonne nuit à tous !

Littéralement vôtre.

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34 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 janvier 2018 11:36

    Si se mettre à nu nous donnait un surcroit d’authenticité, cela se saurait. Demandez au saurien.

    Les larmes du crocodile

    Si vous passez au bord du Nil 
    Où le délicat crocodile 
    Croque en pleurant la tendre Odile, 
    Emportez un mouchoir de fil. 

    Essuyez les pleurs du reptile 
    Perlant aux pointes de ses cils, 
    Et consolez le crocodile : 
    C’est un animal très civil. 

    Sur les bords du Nil en exil, 
    Pourquoi ce saurien pleure-t-il ? 
    C’est qu’il a les larmes faciles 
    Le crocodile qui croque Odile.

    Jacques CHARPENTREAU
      Lire les 4 réponses ▼ (de C'est Nabum, Mélusine ou la Robe de Saphir.)

    • juluch juluch 11 janvier 2018 12:29

      marrant !!


      Il m’es arrivé en manœuvre de rester en tenue jour et nuit.....sans se changer...of course !!

      sinon j’aime bien les bermudas....

      je viens de me lever là, viens de faire 14 h en nuit....  smiley

      salut à tous !!

      • C'est Nabum C’est Nabum 11 janvier 2018 14:12

        @juluch

        Quelle chance

        14 h

        Je me réveille toujours à 5 h quelle que soit l’heure à laquelle je me couche


      • velosolex velosolex 11 janvier 2018 12:37

        Le lit est la grande affaire du nil, et de la vie, qui y prend sa source. 

        A la fin, quand on a a marre de faire la sentinelle au coin des rues alors que tombe le soir, on s’y couche, et on attend Godot, ou Godotte, c’est selon les gouts. 
        Marcel Proust eut le temps d’écrire à la recherche, bien loin des jeunes filles en sueurs, persiennes fermées sur la rue d’où lui parvenait la rumeur. 
        Lit de fruits et de senteurs et d’extase, lits à charnières se repliant sous le poids de trop d’efforts conjugués avant le lit des mers plates, celle de la mer des sargasses, et des sarcasmes.
         T’en souviens tu mon âme des grands lits de Lavande, quand nous courrions à cheval blanc, à l’étage sans escalier dans cette maison en construction, adossée de l’épaule du Lubéron, ?...
        C’était dix ans avant la chute du mur. Un sac à dos qui traîné dans un coin. Dedans des slips sales qu’il faudra laver à l’eau froide.
         Dehors le chant des cigales assommait l’air comme un soufflet de forge ardent.
         J’étais allongé sur la peau de tambour du vieux matelas à rayures, qui vivait ses derniers jours.L’air embaumait d’un parfume de pèche et de melon. 
        En bas le scooter sur sa béquille. Des morves de nuages dans les rétroviseurs. Assez d’essence pour aller voir la mer. Le vent dans tes cheveux, ta main dans ma chemise. 
        Et Cézanne, avec son chevalet, tout en haut de la sainte victoire. 
          Lire les 13 réponses ▼ (de Mélusine ou la Robe de Saphir., C'est Nabum, velosolex)

        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 janvier 2018 13:18

          Chapitre XIII


          La Mort du peintre.

          Bruxelles se réveille dans une brume froide et ouatée. Par la radio, Olga apprend qu’un incendie s’est déclaré en pleine nuit au Canal de Willibroek. Une péniche a explosé. Il aurait un mort. D’après les éléments retrouvés sur place, il s’agirait d’un peintre.
          Ils ont réussi à l’identifier, son nom est Burgrave.
          Au mêmemoment le facteur sonne pour livrer un grand colis. Après l’avoir ouvert, Olga reconnaît le tableau de la femme aux crustacéx, représentant probablement la mère de Jean et de Mérope. Madame burgrave née Neuville, ainsi qu’un tableau plus récent : un homme en chemise bleue assis de dos et peignant une fmme accoudée au bastingage d’un bateau. Le second tableau est Burgrave.
          Ainsi, Jean n’était pas parti en Amérique.

          De retour dans la librairie de Monsieur Lampe, Olga fait un long récit de ses découvertes. Lucien est très impressionné par le lien qu’Olga fait entre Madame Burgrave et Mérope, la femme assassinée dans le phare en Normadie..

          En partant de l’hypothèse de Monsieur burgrave et burgonde sont la même personne : un avocat qui s’était refait une nouvelle vie, la cononance des noms étant très proche, Olga pouvait reprendre le fil de son enquête. Ce qui expliquerait également que certains tableaux sont signés Birgrave et d’autres Burgonde. Olga (en souvenir d’OLGA BANCIC) pouvait aussi relier les deux histoires, celle d’avant et après l’incendie de l’Arcadie dans la nuit du 3 au 4 décembre 1928. Il ne lui restait plus à présent qu’a suivre une autre piste, celle d’une certaine Mademoiselle Neuville, mère probable de Jean Burgrave, décédé cette nuit dans le feu d’une nuit spectrale.

          Lire la suite ▼

          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 janvier 2018 13:23

            La mort au tarot Chapitre XIII


            La Mort du peintre.

            Bruxelles se réveille dans une brume froide et ouatée. Par la radio, Olga apprend qu’un incendie s’est déclaré en pleine nuit au Canal de Willebroek. Une péniche a explosé. Il y aurait un mort. D’après les éléments retrouvés sur place, il s’agirait d’un peintre.
            Ils ont réussi à l’identifier, son nom est Burgrave.
            Au même moment le facteur sonne pour livrer un grand colis. Après l’avoir ouvert, Olga reconnaît le tableau de la femme aux crustacés, représentant probablement la mère de Jean et de Mérope. Madame Burgrave née Neuville, ainsi qu’un tableau plus récent : un homme en chemise bleue assis de dos et peignant, une femme accoudée au bastingage d’un bateau. Le second tableau est Burgrave.
            Ainsi, Jean n’était pas parti en Amérique.

            De retour dans la librairie de Monsieur Lampe, Olga fait un long récit de ses découvertes. Lucien est très impressionné par le lien qu’Olga fait entre Madame Burgrave et Mérope, la femme assassinée dans le phare en Normadie..

            En partant de l’hypothèse de Monsieur Burgrave et Burgonde sont la même personne : un avocat qui s’était refait une nouvelle vie, la consonance des noms étant très proche, Olga pouvait reprendre le fil de son enquête. Ce qui expliquerait également que certains tableaux sont signés Burgrave et d’autres Burgonde. Olga (en souvenir d’OLGA BANCIC) pouvait aussi relier les deux histoires, celle d’avant et après l’incendie de l’Arcadie dans la nuit du 3 au 4 décembre 1928. Il ne lui restait plus à présent qu’a suivre une autre piste, celle d’une certaine Mademoiselle Neuville, mère probable de Jean Burgrave, décédé cette nuit dans le feu d’une nuit spectrale.
            Lire la suite ▼

            • C'est Nabum C’est Nabum 11 janvier 2018 14:13

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              à suivre sans doute


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 janvier 2018 15:04

              Mon lit, c’est toute ma vie. Le peintre belge Léon Spilliaert y a peint toutes ses oeuvre. Je ne vais pas jusque là.Mais je me souviens aussi de certaines phobies de mon enfance. Le cadavre sous le lit (TOC). Ou pire après avoir vu le feuilleton : Capitaine TROY. J’allais sabs cesse vérifier qu’il n’y avait pas de scorpion au fond du lit. Il m’arrivait même de dormir les genoux repliés. Petite confidence sur l’oreiller.

                Lire les 4 réponses ▼ (de C'est Nabum, Mélusine ou la Robe de Saphir., velosolex)


                • Decouz 11 janvier 2018 17:11

                  Une autre solution, pas pyjama, pas robe de chambre, pas nudité complète, pas habillé, garder les sous-vêtements, mais votre article m’a incité à faire quelques recherches. Cette solution n’est pas recommandée pour les hommes, car elle donne trop de chaleur à cette partie qui doit rester au frais, ni pour les femmes, à cause de problèmes d’hygiène.


                  J’ai une « Histoire de la pudeur », pudeur dans différents domaines, vêtement, art, lieux de bains, paroles... :

                  Il n’est question que de nos contrées, même principalement de la France, ce sentiment variant selon les cultures, mais il y a eu beaucoup de changements d’une époque à l’autre ; pour le sujet du lit, il s’est trouvé des époques où le corps ne devait pas se montrer même dans l’intimité, la chemise de nuit comportait un trou devant pour l’usage de l’acte sexuel, qui devait être assez bref et sans fioritures.

                  • C'est Nabum C’est Nabum 11 janvier 2018 19:29

                    @Decouz

                    autour de ce trou parfois une phrase brodée

                    « Dieu le veut ! »

                    qui marquait à quel pont on devait s’amuser dans les chaumières


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 janvier 2018 17:15

                    Je suis la femme-peignoir. Mais toujours la classe. Velours, soie, de toutes les couleurs. Mais lin (Nil) reste mon fil à femme préféré.

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