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Accueil du site > Tribune Libre > Je ne finirai pas dans une chambre de la mort. Eloge de l’euthanasie

Je ne finirai pas dans une chambre de la mort. Eloge de l’euthanasie

Cela faisait un moment que je songeais à confier mon avis sur l’euthanasie, un sujet qui pour beaucoup suscite l’effroi mais qui pourtant s’inscrit inévitablement dans toute réflexion sur la vie, sur l’existence, et qui nous interpelle car il est question de la fin de vie, événement auquel nul n’échappe et qui s’accompagne d’inégalités criantes puisque les uns partent sans être prévenus, lors d’un accident vasculaire en général ou bien souvent dans leur sommeil, paisiblement. D’autres sont moins bien lotis et agonisent pendant des mois, voire plus. Si la question de l’euthanasie se pose, c’est justement pour palier aux souffrances occasionnées par une mort lente. Etant donné le tabou que représente la mort et l’acharnement thérapeutique d’une médecine obsédée par le résultat et le vain prolongement curatif, il a fallu du temps pour qu’accouche la loi Leonetti que la plupart ignorent mais qu’il est fort utile de connaître lorsqu’on se trouve concerné. Ce qui fut mon cas lors du décès de ma mère sur son lit médicalisé de mort alors qu’elle achevait son existence rongée par le cancer, atteinte dans son corps et son mental mais comme elle n’était plus entièrement consciente, je n’ai pas vraiment su ce qu’elle ressentait, ne pouvant capter d’un regard attentionné que sa souffrance et sa détresse ; elle qui toute sa vie a voulu rester debout et se trouvait en état de dépendance pour tous les gestes ordinaires du quotidien, devant recevoir ses repas avec une cuillère manipulée par les aides soignantes. Si un jour je devais écrire un petit livre sur cette histoire en philosophant sur l’euthanasie, je raconterai avec plus de détails cette maladie et cette fin de vie.

Je ne sais plus quel philosophe stoïcien a affirmé que la mort est le seul sujet philosophique d’importance. Toujours est-il que la mort est comme on dit couramment un tabou dans nos sociétés modernes. Et c’est encore un sujet philosophique d’une haute importance car cette mort ne concerne plus uniquement la personne qui y pense mais aussi des pratiques médicales qui lorsqu’elles sont dispensées avec démesure, peuvent être considérées comme des techniques visant à prolonger la mort. La loi Leonetti permet d’éviter cet acharnement mais elle ne répond pas aux attentes de ceux qui ne veulent pas éterniser leur existence cadavérique à l’agonie. En vérité, l’euthanasie renvoie à la liberté de chacun et c’est pour cette raison qu’elle pose problème en France, pays pour qui la liberté est suspecte, surtout lorsqu’elle s’applique à la décision d’en finir avec la vie parce qu’un individu juge qu’il est fini et qu’il est temps de partir. Cette liberté de mourir et d’être assisté par un dispositif médical est le dernier droit à mettre en place dans une société qui honore le sujet et sa liberté. Après la loi sur l’interruption de grossesse il faut légiférer sur l’interruption de vie décidée librement par une personne dont on reconnaît non seulement la liberté de conscience mais aussi l’aptitude à juger de partir pour un voyage dont on ne revient pas vivant. Car bien souvent, les opposants à l’euthanasie ne reconnaissent pas à une personne cette aptitude à juger. C’est la double peine, le corps rongé par la maladie et le corps médical refusant à cette personne la dignité morale en ne reconnaissant pas sa capacité à décider du chemin à suivre.

Je reviens sur l’agonie de ma mère. C’était à la fin de novembre. Son état s’était aggravé subitement. Elle avait eu un malaise à son domicile. Prévenu par ma sœur, je filais sur Nice pour gérer son transfert en maison médicalisée. Je suis resté une quinzaine, à la voir dépérir. Contrairement à d’autres, je ne pratiquais pas le déni. Il m’est arrivé plusieurs fois d’espérer qu’elle ne se réveillerait pas. En fait, je savais qu’elle était déjà morte, depuis cet été où une dernière fois, je la pris dans mes bras avant de repartir sur Bordeaux, ayant l’impression de ne sentir que la peau et les os. A cette occasion, je versais une larme, car j’étais persuadé de ne plus la revoir. Le travail de deuil était en marche, bien avant le décès. Je ne m’étends pas sur cette histoire. Je n’ai pas pleuré à l’annonce de sa mort.

Le prochain décès qui va me concerner de très près sera le mien. C’est pour cela que je me sens légitimé à l’évoquer et à faire l’éloge de l’euthanasie car s’il m’arrivait une même fin de vie que celle de ma chère mère, alors je souhaiterai tout simplement partir depuis mon lit, à mon domicile, avec les proches qui seront présents, en écoutant de la musique. Je ne veux pas de soins palliatifs, je ne veux pas finir dans un établissement palliatif entouré de blouses blanches et de murs aux couleurs pisseuses avec des tuyaux insérés dans la chair. Je ne veux pas que mon corps soit maintenu en survie artificielle, que ma mort soit prolongée, que la fin d’existence ne m’appartienne plus, que mon cadavre mourrant soit instrumentalisé par un système médical, avec des coûts faramineux susceptibles de bouffer le peu de patrimoine que je pourrai transmettre à mes enfants. De plus, l’argent public inutilement dépensé pour prolonger mon agonie, je préfère qu’il aille pour aider les pauvres à vivre et les enfants à se soigner. Alors je vous le demande, Monsieur Hollande, n’enterrez pas trop vite ce rapport Sicard et faites plancher vos députés sur une loi digne de la France pour être aidé dans la fin de vie librement décidée. Je dis bien aidé et pas assisté. Sinon, nous, libres penseurs face à la mort, irons en Belgique mais pour des raisons bien plus nobles que celles de Depardieu. Après l’exil fiscal l’exil vital. L’euthanasie est en effet une question de vie et de mort.

 


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44 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 18 décembre 2012 13:37

    Bonjour Bernard,

    J’approuve votre texte ayant déjà écrit sur ce délicat sujet qui ne peut se régler que de manière individuelle, sereinement et en toute conscience sans avoir à craindre au-dessus de soi l’épée de Damoclès d’une loi liberticide.

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fin-de-vie-126924

     


    • Furax Furax 19 décembre 2012 01:11

      Mon commentaire sur votre article smiley

      La Commission des Nations Unie de l’ONU a rappelé à l’ordre les Pays-Bas. Les retraité hollandais se sauvaient en Allemagne pour ne pas être éxécutés contre leur gré :
      http://www.libertepolitique.com/respect-de-la-vie/5552-euthanasie-les-nations-unies-epinglent-les-pays-

      En Belgique, on met fin aux jours de dépressifs !!!
      http://www.fautpaspousser.com/en-sa...
      Chez nous, le bon docteur Bonnemaison est sorti du tribunal sous les applaudissements des tenants du « libre choix ». Ignorants que quatre de ses patients avaient été tués sans qu’on leur demande leur avis. Lui aussi il soignait sa « dépression »...
      Le jour où la loi ouvrira les vannes...
      La loi Léonetti est très bien.

      Mais aujourd’hui le Professeur Sicard a rendu son rapport ;
      Voici ce qu’en dit Valérie Sébag :
      La Commission des Nations Unie de l’ONU a rappelé à l’ordre les Pays-Bas. Les retraité hollandais se sauvaient en Allemagne pour ne pas être éxécutés contre leur gré :
      http://www.libertepolitique.com/respect-de-la-vie/5552-euthanasie-les-nations-unies-epinglent-les-pays-

      En Belgique, on met fin aux jours de dépressifs !!!
      http://www.fautpaspousser.com/en-sa...
      Chez nous, le bon docteur Bonnemaison est sorti du tribunal sous les applaudissements des tenants du « libre choix ». Ignorants que quatre de ses patients avaient été tués sans qu’on leur demande leur avis. Lui aussi il soignait sa « dépression »...
      Le jour où la loi ouvrira les vannes...
      La loi Léonetti est très bien.

      Mais aujourdhui le Professeur Sicard a remis son rapport :

      http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/Fin-de-vie-Il-faudra-de-toute-facon-le-consentement-du-patient-interview-581776

      Il me semble modéré et profondément humain . Voici ce qu’en dit Valérie sébag :

      « Ce que nous proposons revient à interpréter la loi Leonetti plus largement.  »

      "Avez-vous le sentiment qu’il s’agit là d’une vraie avancée ?
       La vraie avancée serait dans l’application de la loi Leonetti. Elle a sept ans d’existence et reste finalement inconnue des patients. Les médecins craignent de la faire appliquer. Cette loi manque de diffusion. Dans un premier temps, ce qui est important, c’est donc de la faire connaître et appliquer.

      "En quoi votre proposition se différencie-t-elle du suicide médicalement assisté ?
       Dans le cas du suicide médicalement assisté, on donne à la personne le moyen de mettre un terme à sa vie. Ce ne sont pas les médecins qui agissent. C’est la personne elle-même qui se suicide« 

      Avez-vous le sentiment qu’il s’agit là d’une vraie avancée ?
       » La vraie avancée serait dans l’application de la loi Leonetti.« 

      et :

      http://www.lexpress.fr/actualite/societe/euthanasie-il-faut-changer-le-regard-sur-la-mort-plutot-que-de-legiferer_1200746.html

       »Autre évolution de la loi préconisée dans le rapport : autoriser les médecins à faire une sédation terminale (administration de médicaments entraînant le coma puis la mort) lorsque le malade fait comprendre de « façon répétée » qu’il ne veut plus vivre. Cette mesure est un prolongement du droit de « laisser mourir » instauré par la loi Leonetti : les médecins peuvent à l’heure actuelle administrer des traitements anti-douleur pour soulager la souffrance au point d’avoir comme "effet secondaire d’abréger la vie".


    • Gabriel Gabriel 19 décembre 2012 03:03

      Bonjour Furax,

      Il me semble bien vous avoir repondu dans ce même article.


    • Furax Furax 19 décembre 2012 10:57

      Bien entendu Gabriel,
      Nos arguments n’ont pas changé.
      Mais la nouveauté du jour c’est ce rapport Sicard, qui me semble mettre tout le monde d’accord. Reste à voir ce que vont en faire les politiques et là....


    • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:25

      « Si vous devez souffrir 10 ans avant qu’on vous libère. Le traitement des malades incurables sur des années. »

      au moins, tu es vivant
      avec le temps, la medecine progresse aussi


    • Dwaabala Dwaabala 18 décembre 2012 13:57

      J’ai approuvé votre texte à la modération, malgré mon désaccord sur le fond : autoriser l’euthanasie c’est confier un pouvoir redoutable à l’entourage, qui ne vit pas forcément sur des sentiments désintéressés.


      • Mycroft 19 décembre 2012 13:22

        En même temps, ceux qui ont un entourage intéressé et près à faire les vautour en sont les premiers responsables. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de me débarrasser de mes parents pour profiter de la situation.

        Par contre, j’aimerais pouvoir leur éviter la souffrance si possible.


      • Mycroft 19 décembre 2012 13:28

        Au passage, si on veut éviter les problèmes des héritiers indélicats, supprimons l’héritage. Comme ça, plus de problème.


      • devphil30 devphil30 18 décembre 2012 14:41

        Je suis d’accord avec le contenu de votre article.


        Une question reste en suspend et dont personne n’a la réponse aujourd’hui lorsqu’il est en pleine santé ... mais comment réagirons nous lorsque nous serons directement concernés ? 

        Philippe 

        • foufouille foufouille 18 décembre 2012 15:56

          tu peut essayer avant, essaye d’etre aveugle, par exemple


        • foufouille foufouille 18 décembre 2012 14:44

          le mieux est de suicider avant
          tu es sur d’etre « digne » et de ne pas souffrir
          pour mourrir chez soi, il suffit de ne pas aller a l’hosto
          (j’en connais un a qui on a pas demande son avis, il est sorti sous perfusion)


          • Yvance77 18 décembre 2012 14:49

            « le mieux est de se suicider avant »

            Erreur !

            Les compagnies d’assurance en profitent pour refiler zéro centime, car elles ne reconnaissent pas ce type de mort.

            Pour que les ayants-droit aient les sous sous, il faut crever dans la douleur !

            Bon billet


          • foufouille foufouille 18 décembre 2012 16:06

            c’est prevu dans la loi ADMD
            comme ca, le chomeur pourra se suicider


          • srobyl srobyl 18 décembre 2012 15:18

            Bravo pour ce texte, vous avez eu raison d’exprimer avec courage votre opinion, que je partage entièrement.
             Ceci dit , les soins palliatifs ,même s’ils sont acceptés par l’entourage surtout pour un voile sur ce qu’on se refuse à voir, on peut en supposer quand même l’utilité quant à l’atténuation de la douleur du mourant (dans quelle mesure exacte, nous ne le savons pas exactement ). J’ai vu la main inerte de mon père, confit de morphine, quelques heures avant sa mort, serrer celle de ma mère alors qu’il n’avait depuis plusieurs jours aucune réaction quand nous la touchions... Que savons -nous de ce que ressent vraiment un moribond ? Ne pas exprimer la douleur, est-ce la preuve qu’elle n’existe plus ?


            • foufouille foufouille 18 décembre 2012 15:55

              la douleur empeches de dormir


            • Abou Antoun Abou Antoun 18 décembre 2012 16:03

              Très bon et très beau texte.


              • Inquiet 18 décembre 2012 16:19

                J’avoue à avoir de la difficulté pour franchir le pas de l’acceptation de l’euthanasie comme le dernier rempart à la liberté individuelle de choisir.


                A la vérité, je serais pour ma part tout à fait disposer à ce qu’on mette fin à des souffrances inutiles, sans réserves, à la condition de ne pas vivre dans nos sociétés « intéressées ».

                Tout d’abord, faisons-nous suffisamment pour traiter la douleur ? La question semble toute bête, mais apparemment il n’est pas si évident que cela que toutes les douleurs soient bien traitées.
                On peut être « diminué » et vouloir continuer de vivre (« survivre ») si on ne souffre plus.

                Puis, que se passerait-il si le fils d’un président ou d’un notable devrait avoir une greffe pour pouvoir survivre et qu’on se rendrait compte que quelqu’un dans un état avancé pourrait être un donneur compatible ?
                La tentation de faire « comme-si » il serait utile de mettre fin au souffrances de ce « donneur » serait-elle écartée dans le cas où il ne serait pas prouvé que tout à été tenté pour cet homme ?

                Qu’on ne s’y méprenne pas, je suis comme beaucoup ici, sensible à la souffrance et a priori favorable à une personne d’être assistée pour mourir dignement, mais je n’ai aucune confiance dans la société actuelle qui risquerait d’utiliser l’euthanasie comme une exécution déguisée.

                • exocet exocet 18 décembre 2012 21:27

                  Inquiet a écrit :
                  "Puis, que se passerait-il si le fils d’un président ou d’un notable devrait avoir une greffe pour pouvoir survivre et qu’on se rendrait compte que quelqu’un dans un état avancé pourrait être un donneur compatible ?

                  La tentation de faire « comme-si » il serait utile de mettre fin au souffrances de ce « donneur » serait-elle écartée dans le cas où il ne serait pas prouvé que tout à été tenté pour cet homme ?« 

                  On peut se trouver dans ce cas de figure aujourd’hui pour le prélèvement d’organes sur une victime d’accident, prélèvement dit »à coeur arrêté", c’est une loi récente passée assez discrètement dans les médias : on ne demande rien au prélevé, puisqu’il n’est pas conscient, on essaie de joindre un de ses proches ou une connaissance, si ce dernier ne peut affirmer que l’accidenté était contre le don de ses organes, on injecte une substance pour conserver les organes en vue des prélèvements, alors que le cerveau lui n’est pas mort.
                  Cette substance est un poison qui une fois injecté fait que l’accidenté ne sortira plus du coma...

                • foufouille foufouille 18 décembre 2012 17:12

                  je connais des hopitaux ou il vaut mieux ne pas mettre les pieds dans certains « sévices »

                  il vaut mieux rester chez toi, on t’ouvres pas la fenetre a 7h par -5 pendant dix minutes


                • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:28

                  plutot les anglais, on acheves les vieux (pauvres ?) a tour de bras


                •  C BARRATIER C BARRATIER 18 décembre 2012 16:33

                  Parfaitement d’accord, excellent article Avec une loi, chacun pourrait déposer un testament à ouvrir en cas de dépendance, et dire ce qu’il souhaite. La famille serait tenue d’observer cette volonté. Le décès ainsi prévu par la loi ne serait pas un suicide.

                  Je le souhaite pour moi, à la fois pour éviter la déchéance, la souffrance physique et morale toujours inutiles, et le coût absurde pour la société.

                  L’homme ne joue pas un rôle bien important dans l’univers. Mais cette possibilité d’organiser sa transformation par la mort représenterait un défi au tragique : il serait plus grand que sa condition, et il ne se soumettrait pas à la loi de dégradation lente.

                  Je reste très serein, mais je redoute la pire pour les proches..

                  En table alpha des news :

                  Sens de la vie, sens de l’univers

                   

                   http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=59





                  • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:30

                    ...... coût absurde pour la société. "

                    et pour les assurances privees, ce sera absurde aussi
                    donc on achevera les grands blesses au bord de la route


                  • Dwaabala Dwaabala 18 décembre 2012 19:51

                    Il n’y a pas que les héritiers impatients qui peuvent faire pression : dans certains cas la libération anticipée d’un lit par exemple peut conduire à noircir le diagnostic... pas en France, évidemment !


                  • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:56

                    sissi, en france
                    le fric comptes aussi
                    faut faire du remplissage de lit


                  • ecolittoral ecolittoral 18 décembre 2012 17:11

                    L’euthanasie existe déjà chez nous.

                    Il s’agit de savoir si nous voulons la légaliser.
                    On peut aussi se poser la question de savoir si l’acharnement thérapeutique est un droit.
                    Pourquoi la mort devrait elle être accidentelle, imprévisible, « naturelle » ?
                    Si c’est pour mourir « d’un arrêt du coeur » dans mon lit, je suis d’accord.
                    Si c’est pour moisir dans un hôpital, j’espère que l’infirmière de garde à minuit, fera ce qu’il faut...

                    • foufouille foufouille 18 décembre 2012 17:14

                      « j’espère que l’infirmière de garde à minuit, fera ce qu’il faut... »

                      et meme si t’as pas envie ....................


                    • In Bruges In Bruges 18 décembre 2012 18:26

                      L’infirmière ne fera rien du tout.
                      Elle respectera « le protocole », comme on dit.
                      Ca veut dire « on fait rien ».
                      On attend l’interne qui attendra demain le passage du chef de service qui le lendemain soir dira aux proches « il est mort paisiblement ».
                      Même si le mort a encore les yeux révulsés et les mains crispés sur la potence du lit.
                      Je sais, j’ai vu.
                      Bouffons, va. Vous crèverez aussi un jour, ne l’oubliez jamais, médecins et infirmières.


                    • Kookaburra Kookaburra 18 décembre 2012 17:52

                      Vous avez de la chance Bernard, puisque sur ce sujet la plupart des membres ici sont catégoriquement contre. J’avis écrit sur le même thème en janvier - tous étaient vivement contre.

                      « La loi Leonetti permet d’éviter cet acharnement » dites vous. Ce n’est pas si sûr. Il arrive que les médecins refusent de débrancher, en disant que cela revient à donner la mort. Une mort atroce d’ailleurs.

                      Quels sont les arguments contre laide à mourir  ?

                      Il y a les raisons religieuses. On trouve quelque part dans le Deutéronome  : «  Cest moi qui suis Dieu, qui donne la vie et qui le reprends.  »

                      Les raisons religieuses sont valables et même inattaquables, mais nous vivant dans la tradition libérale, héritée du siècle des Lumières. Nous ne pouvons pas invoquer cette tradition religieuse pour interdire leuthanasie au niveau de la société. Il faut trouver dautres arguments. Il y a largument dite de la pente savonneuse  : si lon commence à légaliser leuthanasie, jusquà où ira-t-on  ? disent les catastrophistes. Le nazisme nest pas loin  ! Mais largument nest pas excellent. Dune part parce que le rôle de la loi est justement de tracer les limites à ne pas dépasser, et dautre part parce quil na jamais été question de pratiquer une euthanasie contre la volonté des personnes. Si l’on admet qu’il peut être souhaitable d’abréger les souffrances d’un mourant, il apparaît difficile dinterdire ce quon estime bon au nom de conséquences mauvaises qui restent des hypothèses. Si lon dépénalise laide à mourir en certaines circonstances bien définies par la loi, on noblige personne à faire quoi que ce soit. On donne une liberté négative. Avec des garde-fous. Aussi chaque médecin aurait le droit de refuser une aide à mourir pour des raisons personnelles.

                      Tout projet de loi stipule que le malade doit se trouver en phase terminale, que sa volonté de mourir doit être constante depuis un certain temps, que le médecin traitant et un deuxième médecin indépendant ainsi quune autorité judiciaire doivent approuver la demande. Sous ces conditions draconiennes on voit mal un danger dabus. Difficile à comprendre aussi lopposition catégorique dune partie des praticiens et de la publique.


                      • foufouille foufouille 18 décembre 2012 18:12

                        « Tout projet de loi stipule que le malade doit se trouver en phase terminale, »

                        pas le projet ADMD


                      • lulupipistrelle 18 décembre 2012 18:04


                        Comme par hasard, ce sont les médecins qui meurent le plus souvent d’un arrêt cardiaque, sans réanimation possible... 

                        Il existe un médoc tiré de la belladone, on meurt et ça ne laisse pas de trace. 

                        Vous voyez ce qui’il vous reste à faire si vous ne voulez pas de l’hosto. 

                        • In Bruges In Bruges 18 décembre 2012 18:31

                          @Dugué

                          « Je ne finirai pas.. etc »
                          Vous ne savez rien du tout. Vous finirez peut étre sur un coin de trottoir, sous un camion en beuglant.
                          Ou comme les autres, en supliant de la morphine, que l’infirmière ne vous donnera pas, parce qu’il est 19.50, qu’elle a sa relève à 20.00 , et qu’elle court vite se faire tringler par son boy friend.
                          Parce qu’elle croit qu’elle ne mourra jamais, et que ces histoires d’agonisants, on s’en fout quand on a 25 ans et un joli cul.
                          J’ai vu.
                          Je sais comment ça marche et comment ça marchera encore longtemps.
                          La loi Léonetti permet depuis des années des choses qui ne sont même pas arrivées au cerveau reptilien des pontes de la Faculté.


                          • easy easy 18 décembre 2012 18:31


                            Contrairement à votre autre papier, celui-ci parle enfin du corps et du coeur. Pas une once de logos universitaire ici.
                            J’aime.



                            Il y a moi, il y a toi.
                            J’ai un corps pensée comprise.
                            Tu as un corps pensée comprise.

                            Je peux penser sans toi
                            Tu peux penser sans moi

                            Bin pas trop en fait.
                            En réalité, ma pensée se nourrit de la tienne et réciproquement

                            Dès que l’un de nous parle, pratique un logos, même basique, il influe sur l’autre.
                            Parler c’est influer.
                            Et nous avons tant pris l’habitude de parler, parler, parler, et autant écouter, écouter, écouter, que si nous passons une journée sans logos, c’est la panique dans notre tête.

                            Nous ne faisons plus rien qui ne résulte de logos en long et en large. 

                            Créer la vie aurait pu se faire sans un mot, bin non. Chaque bébé naît de milliards de mots (mots des amoureux, mots des fiançailles, mots du mariage, mots du traiteur, mots du gynéco....) 

                            Bon, pour naître, nous ne faisons rien, ce sont nos parents qui font tout.

                            Mais pour sortir de la vie, pourquoi nous faut-il encore des milliards de mots ?

                            Bin parce que tout est passé en réseau.
                            Nous ne pensons ni ne faisons plus rien qui n’émane ou qui n’ait été inspiré du Allstream

                            L’école, le boulot, les vacances, la retraite, la maladie de vieillesse, tout est mis en réseau collectif.

                            Alors sortir de la vie aussi, doit être mis en réseau.
                            Il faut que tout le monde en ait parlé pendant des mots et des mots.
                            Comme pour tout le reste, il faut que le réseau donne son feu vert

                            De l’alfa à l’oméga par le troupeau a du sens.




                            Cela dit

                            Si quelques uns estiment qu’il peut être intéressant, au moins en leurs derniers jours, de n’appartenir à personne, absolument personne d’autre qu’à eux-mêmes, histoire de découvrir l’effet que ça fait de penser vraiment par soi-même, hors réseau, ils peuvent toujours se démerder seuls. A condition de ne pas s’y prendre trop tard.



                            Alors va pour l’euthanasie décidée par le réseau



                            Et pour les gens qui sont en prison
                            S’ils ont envie d’en finir
                            Il dira quoi le réseau ?

                            (Je passe sur ce qu’il pourrait dire. Pas beau)




                            Mettons donc que le mainstream du allstream finisse par dire « Euthanasie accordée aux prisonniers »
                             
                            Et considérant un cas absolument clair, sans la moindre embrouille éthique.
                            (Pour les embrouilles, je vous en parlerai une autre fois).

                            On va lui procurer la mort de quelle manière à ce prisonnier pas du tout agonisant et encore plein de bonnes grosses forces ?
                            Avec le miel morphiné qu’on donne aux gentils euthanasiés squelettiques ? 
                            Ou avec 20 000 volts, une hache, un liquide vert, un gros marteau, mille coups de fouet ?


                            Le prisonnier aura-t-il droit à de la musique ?
                            Combien de temps de musique ?

                            Et sa famille, s’il lui en reste ? 
                            Ses amis, s’il lui en reste ?
                            Ils pourront l’entourer comme ceux de Socrate ou ça devra forcément se passer dans une salle béton verdâtre fluo entre 8 molosses armés ?




                            Le mariage homo, la PMA, l’euthanasie, toussa, je sens que tout va basculer et ce n’est pas moi qui vais le regretter ce vieux tout.


                            • alinea Alinea 18 décembre 2012 19:15

                              J’ai idée qu’une mort lente et une longue agonie de souffrances ne laissent pas notre cerveau indemne ; ainsi sommes nous rendus au bon vouloir des autres ; pour moi, c’est là où l bas blesse.
                              Guy Debord se suicide parce qu’il sait ce qui lui reste à vivre : décrépitude, souffrance ; il le fait plus tôt que cette décrépitude !
                              Si on a le choix, on a les moyens ; si on n’a pas les moyens, on demande : ce sont les autres qui ont le choix : notre mort nous échappe donc, toujours ? C’est la question que l’on peut se poser.
                              Pour ma part, ayant toujours été un animal instinctif, j’espère « sentir » venir l’heure et pouvoir partir dans la montagne. Mais s’il m’arrivait un accident cérébral ? Puis-je décréter, aujourd’hui, en public : je veux qu’on m’achève s’il n’y a plus rien à tirer de moi ?
                              Cela ne me paraît ni raisonnable, ni animal !
                              On s’embrouillera toujours avec ce problème car il ne me semble pas qu’il y ait « une » solution !


                              • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:34

                                « J’ai idée qu’une mort lente et une longue agonie de souffrances ne laissent pas notre cerveau indemne »

                                on s’habitue ou on brules ses dernieres forces pour « etre comme tout le monde »
                                le choix peut etre fait des les premiers signes de faiblesse


                              • foufouille foufouille 18 décembre 2012 19:36

                                en fait, il suffit de vivre a fond la vie comme a 20a
                                tu es sur de mourrir jeune, genre arret cardiaque


                                • Salade75 18 décembre 2012 20:02

                                  Bonsoir,
                                  Merci pour cet avis intéressant.
                                  La mort est dans notre société un sujet bien étrange.
                                  Globalement notre vie ne vaut rien tant qu’on est en « bonne santé » (progression de la misère, de la pauvreté, de la solitude, du chômage, parole pas écoutée, mépris,...). Mais du jour ou l’on veut en finir, ou du jour ou on devient très malade, tout le monde se met à insister sur son importance et sur l’immoralité qu’il y a à vouloir en finir !
                                  Peut-être parce qu’un malade en fin de vie rapporte un max aux laboratoires et au médecin ?

                                  En tout cas, je suis personnellement dubitatif sur l’euthanasie car les excès peuvent vite venir.
                                   Mais je suis complètement favorable au suicide assisté (et pas que dans les cas de maladie incurable d’ailleurs) qui n’est que l’expression d’une liberté individuelle qui devrait pouvoir bénéficier des progrès de la science au même titre qu’en bénéficient ceux qui veulent être prolongés le plus longtemps possible.
                                  Pour certains cas extrèmes lié à des maladies dégénératives ou des accidents, cela pourrait se prévoir (pour éviter des décisions douloureuses aux proches en cas d’euthanasie).
                                  Comme on fait son testament, on pourrait officiellement envisager des cas ou on ne souhaite pas être rappelé.
                                  Et le curseur pourrait varier de celui qui qui souhaite qu’on le prolonge jusqu’au bout de la science à celui qui n’a simplement plus envie.


                                  • Abou Antoun Abou Antoun 18 décembre 2012 21:39

                                    C’est une discussion intéressante. Je reconnais que les ’pour’ et les ’contre’ apportent des arguments sérieux. Il me semble que le seul cas qui pose vraiment problème est celui des personnes qui, ne voulant pas s’accrocher à la vie et envisageant sereinement un suicide quand il estiment que l’heure est venue, ne peuvent plus passer à l’acte quand elle tombent dans le service hospitalier à la suite d’un accident circulatoire (ou même de la circulation), et que de ce fait leur mort ne leur appartient plus.
                                    La meilleure solution serait donc une mention claire sur un testament authentique, mais le testament n’est ouvert qu’au décès de l’intéressé. Il y a donc quelque chose à inventer comme un pré-testament à ouvrir dès que l’auteur souffre d’une incapacité motrice ou cérébrale qui lui empêche de se donner la mort.


                                    • foufouille foufouille 19 décembre 2012 17:43

                                      « L’hôpital dans ce cas, fait signer une décharge. »
                                      ou sans decharge
                                      tu sort sous perfusion



                                    • 65beve 65beve 18 décembre 2012 23:29

                                      Dès notre naissance, nous entrons dans l’antichambre de la mort.
                                      la vie n’est elle pas une maladie (mortelle) sexuellement transmissible ?.


                                      • chmoll chmoll 19 décembre 2012 10:36

                                        si vous voulez faire le bonheur des rapaces (assurances) suicidez vous
                                        il faut que ça deviennent une loi ,qui soit aussi prise en compte dans votre contrat d’assus
                                        par contre refuser à une personne de mourir dans la dignité , c’est d’avoir aucune dignité pour soit même


                                        • Guy BELLOY Guy BELLOY 19 décembre 2012 11:02

                                          Merci pour cet article et ce témoignage...


                                          • Nuccia Nuccia 19 décembre 2012 12:45

                                            Il est juste de noter comme certains l’on fait la méconnaissance et la faible mise en oeuvre , parfois , de la loi Leonetti . Certains savent bien que le traitement anti douleur peut suffire à mettre fin à la vie mais la loi doit cependant réaffirmer le droit du malade de décider de sa mort , ne serait ce que pour tous les cas où il ne s’agit pas d’abréger des souffrances mais d’échapper au devoir de déchéance .


                                            • foufouille foufouille 19 décembre 2012 13:48

                                              « devoir de déchéance »

                                              tires toi une balle a la premiere ride


                                            • Hubu Hubu 20 décembre 2012 05:51

                                              Ayant assisté à la « mort progressive » de mon grand père qui à finit 8 mois complet grabataire à porter des couches dans une maison de retraite ou il n’avais plus le moindre gout à la vie et ne mangeais absolument plus rien à part des immondes Fortimel protéiné je me suis dit qu’avec une loi sur l’euthanasie il aurais eu le choix de partir dignement dans le cas ou il aurais formulé ouvertement son désir de partir plus vite

                                              Finir comme cela à attendre dans un lit de mourir en maison de retraite avec des séjours répété à l’hôpital pour tanter de gagner un peu plus de temps pour vivre personnellement je choisie de partir et l’idée de la craétion d’un F.N.D.D.A. (Fichier National Des Directives Anticipées) me parais une très bonne idée !!

                                              Mon accord serais écrit et indiscutable même si la famille n’est pas d’accord !!!

                                              Il ne jamais oublier que nous sommes des mortels tous en sursis et que ce genre de choix peut arriver à tout âge de la vie !

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