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Accueil du site > Tribune Libre > L’europanto et l’espéranto en anglais sur une télévision russe (...)

L’europanto et l’espéranto en anglais sur une télévision russe !

Oui, je sais : dit comme ça, c’est assez confus, mais c’est à l’image de la complexité linguistique de l’Union européenne.

La chaîne télé russe Russia Today (RT), anglophone, a invité le 10 novembre Diego Marani à parler de son « invention » (lui-même explique que ce n’en est pas une) - l’europanto, et parallèlement, après un reportage sur l’espéranto, le présentateur l’a également invité à parler de cette langue construite internationale, dans le cadre de « Language for a united Europe », titre de l’émission du jour.

Sur l’europanto, il n’y a presque rien à dire, puisque, de l’aveu même de Diego Marani, ce n’est pas une vraie langue, mais une plaisanterie (« a joke »), dont il est le seul locuteur et le seul écrivain (’Las adventures des inspector Cabillot’, de Diego Marani, aux Éd. Mazarine).
Cela date de 1996, époque où il était traducteur au Conseil de l’Union européenne.

Il insiste sur le fait qu’il n’a rien inventé, que de tous temps les voyageurs se sont débrouillés entre eux en mélangeant les mots de plusieurs langues - ce qui est la définition d’un sabir.
 
J’espère ne pas trahir sa pensée (l’entretien est en anglais) en résumant ainsi les propos de Diego Marani : l’europanto est un jeu, une provocation ; son intention n’est pas de proposer une autre langue construite, mais d’inciter les gens à ne plus avoir peur des langues (« try to speak »), à jouer avec (« to play with languages »), à utiliser tous les mots internationaux qu’ils connaissent, sans se soucier de grammaire, à ne pas avoir peur (« not to be scared »).
Il plaide en outre pour l’apprentissage de la langue du pays voisin. L’europanto ne s’étudie pas, mais s’improvise (« improvise », « mixing »).
Il entérine totalement et sans réserves l’anglais dans le rôle de langue de communication internationale, selon lui le nouveau latin. Il rappelle néanmoins la dialectisation de l’anglais en de nombreux anglais différents.

A la question du présentateur « Is it something for the UE ? », il répond :
« - No, (..) provocation, (...) we have this.
« What would be good for Europe is that english become what it is now, an international communication language. »
« English is becoming the latin of modern times. »

Au milieu de l’émission, le présentateur mentionne que l’espéranto a été la langue construite ayant connu le plus grand succès (« the most successfull »), et passe un reportage qui rappelle brièvement son historique.

Le commentaire de Marani sur l’espéranto n’est pas totalement défavorable, puisqu’il reconnaît qu’il s’agit d’une vraie langue, contrairement à l’europanto (« was a true language, my language only a joke »), mais il en parle au passé, soulignant son impossibilité (?), la nécessité d’un « background » culturel.

« it simply didnt work », « was a very good idea but it remains just a good idea » 

« We do not want a common language, because a common language is impossible, it never worked, and it is an imposition »

« was the expression of a particuliar culture »


Mon commentaire

On ne peut que complimenter cette chaîne russe pour avoir abordé un sujet dont la Commission européenne, nos médias ainsi que le parlement européen refusent de débattre : la possibilité d’une langue commune (2e ou 3e, pas comme la monnaie commune), s’abritant hypocritement derrière le masque d’un multilinguisme qui n’existe pratiquement plus.

On peut s’étonner que l’on mette sur le même plan l’europanto, qui n’est pas une langue mais un jeu, selon les dires mêmes de l’invité et créateur du mot, et l’espéranto, véritable langue internationale, apte à la traduction fine et précise.

Il faut rappeler qu’un sabir, au sens second et péjoratif, c’est un charabia... Un « parler qu’on a du mal à comprendre » selon le Littré. De fait, je n’ai quasiment rien compris aux quelques phrases en europanto prononcées par l’invité, quoi qu’il en dise, et il m’a bien semblé que le présentateur lui-même ne comprenait pas les quelques mots japonais que Marani a utilisés.

D’ailleurs, si le présentateur a pensé à lui demander si les Russes comprenaient son europanto, il n’a pas posé la question de la traduction : l’europanto est totalement inapte à traduire un ouvrage d’une langue à l’autre. Car CE N’EST PAS UNE LANGUE.

Donc, de même que la première fois que j’en ai entendu parler sur France 2 il y a longtemps, la même pensée m’est venue : pourquoi diable parle-t-on de ce qui n’est qu’un amas de mots sans structure, un jeu entre traducteurs polyglottes émérites ? Pourquoi cet homme qui n’a rien inventé ainsi qu’il le répète, est-il invité sur des médias, lui et pas d’autres interprètes, peut-être d’avis différent ? Pourquoi, sinon pour masquer la vraie question : y a-t-il une alternative à l’anglais comme langue de communication ?

L’émission, plutôt que de comparer un sabir et une langue, aurait dû porter sur l’anglais et l’espéranto ! Car l’espéranto est bien la seule alternative crédible à l’anglais.

Naturellement, toute autre langue serait possible, vivante comme l’espagnol, le chinois et bien d’autres, ou mortes comme le latin, mais les avantages de l’espéranto sont immenses : langue non nationale, neutre, équitable, à la phonétique régulière, une langue construite largement plus simple donc démocratique, européenne par son vocabulaire - bref, une langue parfaitement adaptée à la communication entre locuteurs de langues différentes. Cerise sur le gâteau, les Asiatiques eux aussi la trouvent nettement plus simple que l’anglais... du fait de sa grammaire internationale - ramenée aux fonctions essentielles.

Le présentateur lui a fait remarquer qu’apprendre la langue de ses voisins n’est pas facile quand il s’agit de la Russie, car ces langues iraient du finnois au chinois...

L’europanto, comme un multilinguisme mythique et mal défini, ou une intercompréhension incompréhensible, ne sont que des rideaux de fumée utilisés par les partisans de l’anglais langue de communication pour masquer l’abandon progressif par l’UE de toute volonté d’égalité des langues nationales, l’abandon du multilinguisme et l’alignement derrière la bannière du tout-anglais.

D’où la nécessité, pour tous les partisans de l’anglais mondial, de décrier l’espéranto, de le dévaloriser, de claironner son impossibilité, d’en parler au passé, tout en lui reconnaissant quelques qualités « une bonne idée » pour se donner des airs d’objectivité.

Diego Marani a suivi ce schéma ; j’ignore s’il s’agit d’hypocrisie ou de méconnaissance de la réalité de l’espéranto, de sa progression actuelle, de son succès en Chine, mais quand j’entends que l’espéranto est une impossibilité alors que je viens de lire une traduction d’un Simenon ("L’ami d’enfance de Maigret", traduit par Daniel Luez, "Amiko el la junaĝo de Maigret", éd. Sezonoj à Kaliningrad), je me pose des questions sur la sincérité de cette personne, qui travaille pourtant professionnellement dans le milieu des langues pour l’UE.

Il ajoute aussi qu’en changeant de langue, on change quasiment d’identité, on porte un masque car les mimiques du visage se modifient.

Alors, si demain au petit matin vous ne reconnaissez pas votre conjoint, qu’il présente un faciès effrayant, s’il émet un borborygme guttural et affiche un rictus - pas de panique ! C’est simplement qu’il est en train de réviser l’anglais, son lecteur MP3 sur la tête !
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.53/5   (17 votes)




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24 réactions à cet article    


  • pingveno 16 novembre 2009 11:41

    Cher Krokodilo, merci pour cet article.
    Par quel hasard es-tu tombé sur cette émission ? Sais-tu s’il est question qu’elle repasse ?

    Pour ma part je ne regarde habituellement pas cette chaîne parce que je préfère les chaînes russes... en russe ! Quand le mois dernier Free nous a sucré la seule chaîne gratuite en russe (RTR Planeta) pour la rendre payante, j’ai vu des commentaires du genre « mais si il y a encore uen chaîne russe, il y a Russia Today »...
    Ensuite ils nous ont rajouté Vesti, une chaîne info qui ne peut intéresser que les russes expatriés, pas les français intéressés par la culture russe. Histoire de bien faire comprendre que les chaînes russes, personne n’en veut sauf les russes...

    Au fait j’ai cru comprendre que Russia Today n’est pas très appréciée des pays voisins de la Russie, dont elle dirait des choses pas très sympa. Skirlet si tu passes par là tu confirmes ?


    • Krokodilo Krokodilo 16 novembre 2009 11:55

      Saluton, on m’a simplement transmis l’info, en provenance d’une liste de diffusion, je pense, mais je ne sais pas qui suit régulièrement cette chaîne de télé. Attendons effectivement l’avis de Skirlet.


    • skirlet 16 novembre 2009 13:34

      Hélas, Pingveno, je ne saurais pas répondre... Je sais que les relations entre la Russie et les autres pays de l’ex-URSS ne sont pas toujours au beau fixe, il y a des tensions dont les raisons sont multiples. En général, la presse et la télévision russe ne donne pas tellement dans le politiquement correct (la notion pas vraiment aimée). Mais les autres aussi :¤) Je ne saurais pas les départager...


    • ELCHETORIX 16 novembre 2009 12:25

      bonjour l’auteur
      par curiosité , je suis allé lire votre « chronique » qui m’a intéressé au fur et à mesure que je vous lisais .
      Oui , l« espéranto , dans un futur avenir d’un monde , enfin sain , débarrassé des »inégalités« pour les »terriens« , cette langue universelle ferait le lien entre tous les habitants de cette planète .
      Puis dans le mot » espéranto« , il y a la consonance  » espérance« , soit un espoir de vivre » le mieux « pour tout le monde .
      Encore de » l’idéalisme " !
      Ma qué , chi lo sà !
      RA .


      • Krokodilo Krokodilo 16 novembre 2009 12:44

        Tout à fait d’accord. Et si le sujet vous intéresse, j’en ai parlé régulièrement dans de précédents articles.


      • cob 16 novembre 2009 13:26

        Une bien chouette idée. On pourrait même appeler « Oceania » les régions converties à l’espéranto, et tenir chaque jour les « 2 minutes de la Haine » face à un portrait de Gordon Brown.

        Un monde enfin pur, javellisé, uniforme !


      • ELCHETORIX 16 novembre 2009 14:50

        bien sûr , lorsque j’aurai le temps je lirais vos articles sur ce thème très intéressant.
        RA .


      • ELCHETORIX 16 novembre 2009 14:59

        « cob » , non pas un monde javellisé et uniforme , non , pas du tout , niente i niente , un monde , apaisé , sans guerres , sans OLIGARQUES , sans profiteurs , sans diviseurs , mais un monde , au contraire , avec ses PARTICULARITES , ses DIFFERENCES , ses régionalismes , ses civilisations , ses cultures , bref , chacun avec son identité créatrice et enrichissante , ce chacun en RESPECT pour l’autre , et non pour DOMINER ou IMPOSER sa manière ou façon de VIVRE !
        Hasta la vista , compagnero !
        RA .


      • Krokodilo Krokodilo 16 novembre 2009 15:19

        Cob, en fait de haine, je ne vois que la vôtre. Un nouveau membre de la bande à Asp ?


      • Jean-paul 17 novembre 2009 00:19

        @ELCHETORIX
        Vous revez d’une langue commune ,mais on l’a deja ,c’est l’anglais .
        Je sais les Americains parlent anglais et c’est meme leur langue officielle .
        Du mal a supporter pour vous ,avec votre anti americanisme primaire ,etant marxiste avec une epouse qui reve de visiter les USA .
        Quant a l’esperanto krokodilo aura beau ecrire des milliers d’articles ,c’est un combat perdu d’avance et personnellement c’est tant mieux .
        Krokodilo reconnait qu’il baraguine en anglais et en esperanto .


      • ELCHETORIX 17 novembre 2009 10:23

        @ Jean paul , pour sûr , l’anglais la « langue » s’impose dans les grandes instances internationales , à la radio télé ( chansons bêtes et stupides) , oui ’l’américanisation du monde est en marche " , mais je refuse sans concession aucune , cette mondialisation impériale totalitaire et sans uncun droit à la contestation ; en cela , je vous accorde le droit de me considérer d’un anti-américanisme même primaire , j’ajouterais viscérale et total !
        Hasta luego , cabron !
        RA .


      • stephanemot stephanemot 16 novembre 2009 12:56

        cette Babel europeenne est le plus bel hommage a Borges : en combinant toutes les traductions possibles entre toutes les langues, la moindre note se traduit (comme il se doit) par une infinite de miroirs, au point ou le sujet original se retrouve noye dans des subtilites linguistiques et ou les eurodeputes se perdent dans un ocean de traducteurs.

        il ne manque plus que le traducteur en Tlon.


        • Krokodilo Krokodilo 16 novembre 2009 23:16

          Le grand quotidien italien la Reppublca vient de publier, le 12 novembre, un article de deux colonnes sur l’espéranto, décrivant sa vitalité sur Internet, allant jusqu’à parler d’une renaissance, et n’oubliant pas de rappeler sa réelle diffusion internationale.
          Merci aux « samideanoj » et au journal espérantophone Libera folio, qui ont relayé l’info.

          L’article, « of course » en italien !
          "Insomma, quello che sarebbe dovuto diventare l’ idioma usato da tutto il mondo - almeno nelle intenzioni del suo inventore, Ludwik Zamenhof, nato esattamente centocinquanta anni fa - un secolo dopo si prende la rivincita su Internet.« 

          C’est pas dans »Le Monde" qu’on verrait des choses pareilles !


          • jack mandon jack mandon 17 novembre 2009 09:45
            @ Krokodilo

            Article intéressant, un clin d’oeil à beaucoup d’écrivains et de poètes.
            Ils ont su mêler par jeu, le lexique et la structure des langues.
            Cet exercice de minestrone, ne peut être qu’Italien, comme l’opéra.
            Si la programmation neuro-linguistique n’existait pas, les italiens l’inventeraient,
            tant ils excellent dans les mimiques, les signes et autres gestuelles vivantes.
            Stendhal et sa théorie de la cristallisation qui arpentait les berges du lac majeur
            mêlait volontiers, l’Italien, le Français et l’Anglais...et la métamorphose.
            Dans « le nom de la rose », umberto Eco, exprime l’Europe par son personnage
            de Salvatore, qui connait toutes les langues mais n’en parle aucune.
            Grâce à Diego Marini, et surtout grâce à vous, j’ai voyagé agréablement.
            Le papier que je viens d’envoyer à Agoravox était moins drôle.


          • Jean-paul 17 novembre 2009 00:35

            L’ENTRETIEN EST EN ANGLAIS .
            Ainsi tout le monde peut comprendre .


            • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 17 novembre 2009 02:13

              Je trouve l’esperanto très interressant et j’avoue que la lecture d’innombrables articles sur internet m’ont donné envie d’aller voir de plus près.

              A mes oreilles de japonaise cette langue sonne occidentale et avec une une façon de former les phrases qui me rappelle plus ma langue natale (le Japonais)

              J’aurais bien aimé que cette langue soit plus teintée de sonorité asiatique ou de mot rappelant moins les langues d’origines latines, malgrés ça je la trouve très facile et agréable à parler

              Dans tout les cas et à mon avis je la trouve largement plus appropriée pour pouvoir échanger des idées clairements que ne l’est l’anglais.

              Quelqu’un pourrait il m’indiquer un bon livre de base pour approfondir cette langue  ?


              • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 10:50

                Du fait de l’histoire, ce sont les mots de quelques langues occidentales qui ont le plus essaimé dans le monde, difficile de revenir en arrière sur ce point ! J’ai entendu dire qu’en japonais, des milliers de mots d’origine anglophone ont été assimilés, est-ce exact ?
                Il faudrait préciser ta demande, entre livre de base et approfondissement, c’est un peu contradictoire. Par ailleurs, sur Internet, beaucoup de choses sont disponibles gratos.


              • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 17 novembre 2009 16:23

                En effet, le japonais possède beaucoup de mot anglais japonisé, mais également des mots portugais, français, et d’autres langues


              • Asp Explorer Asp Explorer 17 novembre 2009 07:43

                Il n’y a pas à s’étonner de l’attitude de ce monsieur Marani, qui est celle de toute personne n’appartenant pas au cercle des militants de l’espéranto (et en ayant néanmoins entendu parler). L’espéranto n’est pas pris au sérieux parce qu’il n’est tout simplement pas une alternative sérieuse, et non pas en raison d’un complot des anglo-saxons juifs nazis de l’espace pour établir le Nouvel Ordre Mondial.


                • jack mandon jack mandon 17 novembre 2009 09:43
                  @ Krokodilo

                  Article intéressant, un clin d’oeil à beaucoup d’écrivains et poètes.
                  Ils ont su mêler par jeu, le lexique et la structure des langues.
                  Cet exercice de minestrone, ne peut être qu’Italien, comme l’opéra.
                  Si la programmation neuro-linguistique n’existait pas, les italiens l’inventeraient,
                  tant ils excellent dans les mimiques, les signes et autres gestuelles vivantes.
                  Stendhal et sa théorie de la cristallisation qui arpentait les berges du lac majeur
                  mêlait volontiers, l’Italien, le Français et l’Anglais...et la métamorphose.
                  Dans « le nom de la rose », umberto Eco, exprime l’Europe par son personnage
                  de Salvatore, qui connait toutes les langues mais n’en parle aucune.
                  Grâce à Diego Marini, et surtout grâce à vous, j’ai voyagé agréablement.
                  Le papier que je viens d’envoyer à Agoravox était moins drôle.
                  Merci pour ce moment de joie.

                  • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 10:45

                    Merci pour cette indulgence ; j’ai relu ce papier un peu hâtivement, laissant passer quelques lourdeurs « travailler professionnellement ! ».
                    Je voulais effectivement citer ce dialogue de Eco ou du film, mais ça m’est sorti de la tête.


                  • Kali 17 novembre 2009 11:00

                    " Car l’espéranto est bien la seule alternative crédible à l’anglais."

                    Non, pourrait seulement être une alternative crédible. Comme je l’ai dit, même si l’espéranto que je considère comme une langue avec une culture possède de nombreux handicaps qui sont principalement : sa propagande mal faite et sa soit-disante facilité


                    les avantages de l’espéranto sont immenses :
                    langue non nationale : oui
                    , neutre : pas tout à fait
                    , équitable : si pas totalement neutre pas totalement équitable
                    , à la phonétique régulière : oui
                     une langue construite largement plus simple donc démocratique : pas tout à fait vrai je dirais
                    , européenne par son vocabulaire : donc pas neutre et donc pas équitable

                    " bref, une langue parfaitement adaptée à la communication entre locuteurs de langues différentes. Cerise sur le gâteau, les Asiatiques eux aussi la trouvent nettement plus simple que l’anglais... du fait de sa grammaire internationale - ramenée aux fonctions essentielles."

                    Une solution parmi d’autres, mais pas aussi parfaite que vous le pensez.

                    "l’abandon du multilinguisme et l’alignement derrière la bannière du tout-anglais."

                    oui mais alignement derrière une langue commune, cad l’anglais


                    "D’où la nécessité, pour tous les partisans de l’anglais mondial, de décrier l’espéranto, de le dévaloriser, de claironner son impossibilité, d’en parler au passé, tout en lui reconnaissant quelques qualités « une bonne idée » pour se donner des airs d’objectivité. "

                    Car l’esperanto ne c’est pas dévellopé assez rapidement ou du moins ne ratrappe pas son retard par rapport à l’anglais, dans son nombre de locuteurs. Mais on peut aussi dire une certaine méconnaissance, mais à qui la faute ?

                    "Diego Marani a suivi ce schéma ; j’ignore s’il s’agit d’hypocrisie ou de méconnaissance de la réalité de l’espéranto, de sa progression actuelle, de son succès en Chine, mais quand j’entends que l’espéranto est une impossibilité alors que je viens de lire une traduction d’un Simenon (« L’ami d’enfance de Maigret », traduit par Daniel Luez, "Amiko el la junaĝo de Maigret", éd. Sezonoj à Kaliningrad), je me pose des questions sur la sincérité de cette personne, qui travaille pourtant professionnellement dans le milieu des langues pour l’UE."

                    L’espéranto manque cruellement de moyens financiers pour se professionnaliser, contrairement à l’anglais, qui s’est professionnalisée en une machine de communication internationale. Et plus l’anglais devient vecteur de communication entre personnes d’origine linguistique différente, et plus il prend de la place. L’inversion reste possible. Mais selon moi, c’est aux esperantophones et surtout à leurs organisations de se bouger les fesses POUR VENDRE CE PRODUIT. Ce qui est actuellement pas trop le cas.

                    Si les esperantophones réussissent à le vendre, vous verrez les résultats viendront rapidement.

                    "Il ajoute aussi qu’en changeant de langue, on change quasiment d’identité, on porte un masque car les mimiques du visage se modifient.« 

                    Disons que certains disent un peut n’importe quoi

                     »Alors, si demain au petit matin vous ne reconnaissez pas votre conjoint, qu’il présente un faciès effrayant, s’il émet un borborygme guttural et affiche un rictus - pas de panique ! C’est simplement qu’il est en train de réviser l’anglais, son lecteur MP3 sur la tête !"

                    Tentative d’humour mais à double tranchant.

                    Je constate quelques progressions de votre part, avec un petit peu plus de clarté, mais il existe encore de nombreux informations peu claires ou fausses, conduisant au contraire de ce que vous voudriez obtenir


                    • Philippe D Philippe D 17 novembre 2009 11:11

                      Alors il faudrait penser à changer le vendeur en chef sur Avox.
                      Il a réussi à décourager les quelques bonnes volontés qui s’étaient manifestées.

                      Propagande mal faite, dites-vous ?
                      Propagande tout court.


                    • chlavarenne 17 novembre 2009 20:00

                      L’Europanto demande une grande culture linguistique pour être compris puisqu’il admet de choisir soi-même des mots d’une demi-douzaine de « grandes » langues européennes (en général français-anglais-allemand-italien-espagnol, mais ça se complique quand le locuteur y introduit aussi des mots néerlandais, scandinaves, latins etc.) Il s’agit donc d’une langue (ou plutôt d’un jeu) d’élites qui y prennent un fin plaisir, et c’est leur droit !
                      L’espéranto s’efforce au contraire d’éviter le plus possible les devinettes sur le vocabulaire : ce sont les mots les plus internationaux (communs au plus de langues possible) qui ont été choisis, de manière fixe : on n’est donc pas contraint de savoir ou apprendre les cinq ou six manières dont l’europanto peut nommer une même chose : aqua, wasser, water, agua, eau... (et cet exemple-ci est particulièrement facile !)
                      Yassou, lykke til, hasta luego, auf wiedersen, al rivedersi, ghis revido, bye, et j’en passe... (orthographes non garanties)

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