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La France encore condamnée par la Cour européenne : la liberté d’expression, un problème français ?

Une fois de plus, jeudi 7 juin 2007, la France vient d’être condamnée pour "violation de la liberté d’expression » par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Vu les contraintes de saisine de la CEDH seulement après épuisement des recours nationaux, bien propre à épuiser surtout les victimes, il a fallu encore attendre plus de dix ans pour que justice soit rendue ! Le poison de l’injustice a eu le temps d’agir.

Le système judiciaire français, du tribunal de grande instance de Paris à la Cour de cassation, avait condamné entre 1998 et 2001 les deux journalistes J. Dupuis et J.-M. Pontaut, auteurs d’un ouvrage intitulé « Les Oreilles de l’Élysée » paru chez Fayard en 1996, sur l’affaire d’État qu’étaient devenues « les écoutes téléphoniques de l’Élysée » : il leur était reproché le délit de recel de violation du secret de l’instruction ou du secret professionnel.
La Cour, au contraire, « estime que la condamnation (des deux journalistes) s’analyse en une ingérence disproportionnée dans leur droit à la liberté d’expression et qu’elle n’était donc pas nécessaire dans une société démocratique ». L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme est donc bien violé : « Toute personne, stipule-t-il, a droit à la liberté d’expression » sous réserve de respecter certains devoirs et certaines responsabilités.

Le contexte des « écoutes téléphoniques de l’Élysée »

Le livre incriminé, « Les Oreilles du président », faisait le point en 1996 sur le système illégal d’écoutes téléphoniques organisé entre 1983 et 1986 par « la cellule antiterroriste de l’Élysée », elle-même installée par le président Mitterrand entre 1982 et 1986. La lutte antiterroriste était sa mission affichée après les sanglants attentats perpétrés en 1982 rue Marbeuf et rue des Rosiers à Paris. Elle aura surtout cherché par des écoutes illégales à maîtriser certaines affaires compromettantes pour le pouvoir, comme « l’affaire des Irlandais de Vincennes », ou à préserver les secrets de famille du président.
Sous couvert d’une « mission de coordination, d’information et d’action contre le terrorisme », ces écoutes se sont intéressées à près de « 2 000 personnes », parmi lesquelles figuraient nombre de personnalités, des avocats, des gendarmes, des journalistes, tous soupçonnés d’être de dangereux terroristes sans doute.
Après publication dans la presse de listes des victimes de ces écoutes illégales, au début des années 1990, une information judiciaire a fini par être ouverte en 1993.

Les deux journalistes condamnés sur plainte de G.M.

Comme d’autres acteurs de la cellule antiterroriste - qu’on retrouvera condamnés par la cour d’appel de Paris le 13 mars 2007 - « G.M. directeur adjoint du cabinet du président Mitterrand » (c’est ainsi que l’arrêt le nomme) a été mis en examen pour atteinte à la vie privée d’autrui et sera condamné, plus de dix ans plus tard, le 9 novembre 2005, à une peine amnistiable plutôt légère de six mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 5 000 euros. Ayant fait appel, il a été à nouveau condamné, le 13 mars dernier, lui et les autres coupables soupçonnés, à verser des dommages et intérêts à leurs victimes : la cour d’appel a, en effet, contredit le premier jugement de 2005 en estimant que cette atteinte à la vie privée d’autrui était non une « faute de service » mais « une faute personnelle détachable du service », car, pour devoir obéir au président de la République, ils n’en devaient pas moins rester soumis aux principes constitutionnels républicains. On a expliqué cet arrêt en mars dernier sur Agoravox. Depuis, tous les condamnés se sont pressés de se pourvoir en cassation pour tenter d’échapper au versement de ces indemnités, voire au remboursement coûteux des frais pris jusqu’ici en charge par l’État au titre de la protection statutaire.
Entre-temps, la plainte déposée par G. M. contre les deux journalistes avait prospéré à une bien plus grande vitesse. Leur condamnation en première instance est tombée dès le 10 septembre 1998, leur appel a été rejeté neuf mois plus tard, le 16 juin 1999, et leur pourvoi en cassation, deux ans plus tard, le 19 juin 2001. Les tribunaux français ont cru ainsi pouvoir « protéger le droit de G. M. à un procès équitable dans le respect de la présomption d’innocence ».

Les journalistes, ces « chiens de garde de la démocratie » selon la Cour

La Cour européenne des droits de l’homme n’a pas entendu de cette oreille cette défense d’un des acteurs des « écoutes de l’Élysée ». Elle fait valoir trois principes, royalement ignorés de la justice française, et consacrant de longue date le rôle majeur joué en démocratie par l’information.
1- Selon la Convention, rappelle-t-elle, le droit de critique dans le domaine politique ne connaît guère de restriction : un homme politique ne peut être traité comme un simple particulier  : ses propos et son action nourrissent légitimement le débat contradictoire public. Et sa place d’ « homme public influent » a exposé G. M. à ce traitement.
2- D’autre part, « les écoutes illégales de l’Élysée » sont devenues une affaire d’État, intéressant légitimement l’opinion publique au plus haut point. Les journalistes étaient dans leur rôle en livrant des informations précises et fondées sur des pièces à conviction - les fac-similés et les extraits de procès-verbaux incriminés - : « le public avait un intérêt légitime à être informé et à s’informer sur (le) procès » qui était en cours.
3- La Cour souligne enfin avec force le rôle éminent qui revient aux journalistes dans toute relation d’affaire pénale, et surtout dans "un débat public d’une telle importance », en raison de la gravité des faits reprochés à G. M. et aux autres responsables des « écoutes téléphoniques ». Elle n’hésite pas à rappeler que les journalistes en pareil cas « (exercent) leur mission de "chiens de garde" de la démocratie  ». La formule peut surprendre : depuis le livre de Paul Nizan, en 1932, elle était péjorative ; certaines féministes ont cru la réhabiliter en se baptisant « les chiennes de garde » contre le sexisme.

Le conflit de devoirs résolu par la Cour

En conséquence, la seule question qui se posait, selon la Cour, était de savoir si « l’intérêt d’informer le public l’emportait en l’espèce sur les devoirs et responsabilités pesant sur les (journalistes) en raison de l’origine douteuse des documents qui leur avaient été adressés  » : autrement dit, la publication de ces documents pouvait-elle nuire à la protection de la présomption d’innocence de G. M. et à son droit à un procès équitable ? La Cour est formelle : non ! Vu le nombre de victimes écoutées et interrogées, certains documents étaient déjà connus ou publiés ; G. M. s’est exprimé lui-même dans les médias ; et, en 1996, à la parution du livre, il était mis en examen depuis déjà trois ans et sa condamnation n’est intervenue que près de dix ans plus tard ! « Le gouvernement (français), observe la Cour, n’établit pas en quoi, dans les circonstances de l’espèce, la divulgation d’informations confidentielles aurait pu avoir une influence négative tant sur le droit à la présomption d’innocence de G. M. que sur son jugement et sa condamnation ».

Une leçon de liberté d’expression à la justice française

Enfin, la Cour fait la leçon à la justice française. Dans un débat politique d’une telle ampleur, cette manière de privilégier la défense du secret de l’instruction plutôt que la liberté d’information est lourde de menaces pour une démocratie : « une atteinte à la liberté d’expression peut risquer d’avoir un effet dissuasif quant à l’exercice de cette liberté », même si les journalistes n’ont été condamnés qu’à des amendes modérées (762,25 euros chacun, à quoi se sont ajoutés 7622,50 euros de dommages et intérêts dus à G. M.)
- C’est bien le problème de la justice française que de se montrer si peu attentive à la liberté d’expression. En 1999, la CEDH avait pourtant déjà tranché dans l’affaire opposant, depuis 1989, Le Canard Enchaîné et M. Calvet, alors PDG de Peugeot : la publication de sa feuille de paie par l’hebdomadaire établissait la preuve que M. Calvet avait bénéficié d’une augmentation de salaire quand ses employés en grève en 1989 en étaient, eux, privés.
La Cour avait alors rompu avec éclat le dilemne infernal dans lequel était enfermé le journaliste : car, jusque-là, ou il n’avait pas de preuves, et c’était un diffamateur, ou il en apportait et on en faisait un receleur ! La Cour interdisait donc de poursuivre la simple détention d’un document si l’article lui-même était irréprochable. D’autre part, n’étant pas tenus au secret de l’instruction, les journalistes ne pouvaient pas davantage être poursuivis pour « recel ».
- On a vu, à nouveau, une dérive comparable de la justice, dans l’affaire opposant récemment le procureur Hontag contre le même Canard Enchaîné, condamné en première instance et en appel pour atteinte à la présomption d’innocence. On en a rendu compte aussi sur Agoravox. Il est vrai toutefois qu’en cassant un premier arrêt, dans cette affaire, la Cour de cassation a commencé, en février 2007, à recadrer le zèle de ces juridictions pour éviter la Cour européenne.

Force est de constater, tout de même, au vu de ces arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, que la justice française ne paraît pas prêter une attention suffisante à ses leçons jurisprudentielles. Heureusement que, tous les jours, dans tout bureau de poste, chacun peut voir une affiche d’un opérateur téléphonique qui prétend prendre le plus grand soin de la liberté d’expression en France. Son slogan ? « On n’est pas près de vous couper la parole !  » Seulement l’ambiguïté volontaire de la formule ne peut faire illusion : elle feint de se soucier de la liberté d’expression quand elle ne parle que du coût prétendument avantageux des communications téléphoniques. Pourquoi d’ailleurs cet opérateur se priverait-il de badiner dans un domaine si essentiel, puisque « les écoutes téléphoniques de l’Élysée », comme une culture tenace de la justice française, montrent que la liberté d’expression n’est pas prioritaire en France ? Paul VILLACH





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11 réactions à cet article    


  • Et voilà ce« GM ( Gilles MENAGE ),qui jouait si bien les victimes, transformé en arroseur arrosé. Reste hélas que même si ce sont les journalistes poursuivis des assiduités de Gilles MENAGE ( Directeur de Cabinet de MITTERRAND) qui finissent , si tardivement, par lui faire »toucher le sol des épaules", que c’est bien la FRANCE qui est condamnée !! Entre temps, comme le souligne Paul VILLACH, notre Gilles MENAGE a été assez symboliquement condamné au pénal ( avec sursis et amnistie évidemment ! ) pour son rôle dans le process dit des écoutes de l’ELYSEE. Bénéficiaire en première instance, en 2006, de ce traitement si bénéfique, le jugement avait même établi que les fautes commises, par ledit MENAGE avec ses co-auteurs ( PROUTEAU, ESQUIVIE, GILLERON ) l’avaient été dans le cadre du service !!...d’où pas d’évaluation d’éventuels dommages et intérêts pour les rares victimes pourtant reconnues par le tribunal. Nous les déboutés, au motif que nous n’aurions pas apporté la preuve de l’atteinte à l’intimité de la vie privée, avons du aller en appel pour le faire condamner ( avec ses co-auteurs ) à de modestes réparations civiles et faire de surcroît juger que les fautes commises revêtaient le caractère personnel et étaient bien DETACHABLES DU SERVICE devant, par conséquent, donner lieu à la réparation. Plusieurs points de droit vont hélas devoir être encore éclaircis : 1. Quid de l’action des victimes reconnues en première instance ( Edwy PLENEL, Maître Antoine COMTE, consorts EDERN-HALLIER ) lesquelles n’ont pas interjeté appel ...pas plus d’ailleurs que les condamnés au pénal et non appelants, ravis de s’en sortir à si bon compte !). Eux, doivent maintenant « aller chercher » une réparation devant les tribunaux de l’Ordre Administratif. 2. Quid des solides amendes et des dommages et intérêts que l’influent Gilles MENAGE avait réussi à faire infliger aux journalistes PONTAUT et DUPUIS ? après le camouflet infligé à la FRANCE par la CEDH de STRASBOURG.

    Juristes et procéduriers, votre avis m’intéresse ! Donc à vos jurisclasseurs ! Il n’est en effet pas interdit de se demander, si d’ici environ 10 ANS, tout ne se terminera pas devant le TRIBUNAL DES CONFLITS ( juridiction paritaire Cour de Cassation et Conseil d’Etat ) Encore un peu de temps gagné surtout quand on ne débourse rien pour sa défense...assurée avec le produit de nos impôts !! D’ici là, ma petite voiture de vieillard probablement impotent, devra être portée en haut des marches du Palais. Mais si Dieu me prête vie...je serai là. N’en doutez pas un instant !


    • Paul Villach Paul Villach 12 juin 2007 11:21

      Un lecteur me signale avec raison une erreur que j’ai commise et je lui demande de m’en excuser. Je la répare tout de go.

      1- GM et les autres condamnés, ravis des condamnations amnistiées et de la reconnaisance de « la faute de service », n’avaient pas évidemment interjeté appel du jugement de novembre 2005 ! Ce sont les seules parties civiles déboutées qui on formé cet appel.

      2- Quant aux victimes reconnues en première instance...elles non plus n’ont pas jugé utile de venir en appel.

      3- Dans l’hypothèse où la Cour de Cassation confirmerait l’arrêt du 13 mars 2007 les premières victimes qui ne sont pas allées en appel ne pourront même pas revenir dans le champ du judiciaire pour obtenir réparation.Paul Villach


    • calach calach 12 juin 2007 12:19

      Merci pour la correction. Sans cela, la démarche procédurale paraissait incompréhensible !!


    • Darkfox 12 juin 2007 10:34

      très bon article... ne vous inquiètez les valeurs de la gauche humaine dit PS. Pense que Sarkozy est partout ... tien quand ils étaient au pouvoir c’était la même chose... on m’aurait menti ?

      Plus sérieusement en France la liberté de la presse à toujours été un problème pour les politiques qui magouillent... Le dernier scandale financier en est une preuve (je ne le citerai pas pour pas me faire censurer (rire))

      Maudits journalistes qui écrit des choses vrais et dit que les politiques volent des sous


      • calach calach 12 juin 2007 12:32

        Excellent article qui mériterait d’avoir une diffusion beaucoup plus large. Cette nouvelle condamnation de la France met une fois de plus sur le grill les défauts de l’institution judiciaire du pays des « droits de l’homme » qui oublie ses devoirs de respect de la liberté d’expression lorsque cette dernière met en cause les rouages du pouvoir ! Espérons que les médias nationaux auront un peu de courage pour communiquer cette information judiciaire ???


        • Cher CALACH j’espère, comme vous, que cet article sera largement repris, car la multiplication des condamnations de la FRANCE dans ces domaines des libertés fondamentales, commence à devenir pesante. Vous aurez cependant constaté, comme moi, que tous les journaux se sont contentés de le reprise de la « brève » de l’A.F.P. Je crains d’y voir le signe d’une certaine jalousie professionnelle à l’égard des « vainqueurs » que sont Jean-Marie PONTAUT et Jérôme DUPUIS. C’est un peu le même genre de comportement, vis à vis d’eux, que celui réservé, en son temps, à Edwy PLENEL lorsqu’il avait gagné par K.O ( TGI, Appel et cassation) dans l’instance en diffamation que lui avait intenté Paul BARRIL pour un article qui dénoncait le fait que ledit BARRIL, pourtant auteur des faits dans le montage des Irlandais de VINCENNES, ne se retrouverait même pas au procès en subornation de témoins qui était annoncé pour Juin 1991. Ces décisions de justice sont pourtant, encore aujourd’hui, considérées par tous les spécialistes comme des références exemplaires en matière de diffamation ( preuve complète, objective, documentée et immpartialité dans l’article incriminé ). En résumé, le silence ou le coup du mépris en publiant à minima sont des plus fréquents dans ce milieu du journalisme surtout dans la branche dite de l’investigation. Espérons quand même qu’en plus de Paul VILLACH nous ayons quelque spécialiste éminent pour nous faire le « commentaire d’arrêt » chers à nos Maîtres de nos facultés de droit.Ce sera sans doute un peu plus aride. Je suis d’ailleurs à ce propos, comme d’autres VOXIENS, un peu étonné de ne pas lire Philippe BILGER.


          • jcbouthemy jcbouthemy 12 juin 2007 13:06

            Cette affaire soulève plusieurs questions

            D’une part du role des journalistes dans notre société. Pour deux professionnels courageux qui osent dire la vérité, combien sont-ils à se préoccuper uniquement de se faire les porte paroles des puissants qui les controlent ?

            Combien seront-ils à relayer cette information sur la condamnation de la France par la CEDH ?

            D’autre part du rôle de la justice qui apparaît bien souvent au service de ces mêmes puissants en faisant fi des droits des autres citoyens.

            On pourrait croire qu’en 10 ans les choses ont changé. Malheureusement il semblerait que les mauvaises habitudes persistent.

            Pour preuve, lorsqu’une société de distribution d’eau vend une eau polluée et dangereuse pour la santé de la population de toute une région, les juges relaxent les dirigeants de ces sociétés alors même que la situation perdure.

            Saisie de ce dossier, la Cour de Cassation s’apprête à confirmer la relaxe alors même que la Cour de Justice Européenne a condamné la France pour les mêmes faits.

            Il faudra attendre 10 ans pour que la CEDH dise enfin le droit.

            Tous les jours nous pouvons constater que nous n’avons rien à envier aux républiques bananières dont nous aimons nous moquer.


            • HELIOS HELIOS 12 juin 2007 16:47

              ... et c’est pas prêt de changer... voici maintenant que les rédactions font de l’auto-censure !!! vous vous souvenez, des aventures de Cécilia, par exemple ? ben... la cour européenne n’a plus rien à y redire.

              Et... et... oui, je voudrais rajouter également, que sous couvert de loi Happy-Slapping les videos dérangeantes réalisées par des amateurs sont maintenant interdites de diffusion. Vous avez écouté les infos aujourd’hui ? Il a bien été condamné le jeune qui a filmé l’agression de son prof !


              • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 13 juin 2007 02:03

                Me permettez-vous de vous citer le code pénal

                L’Article 431-1 du code pénal : « Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende »

                Et pourtant cette loi clairement formulée est très peu respectée par les politiques et par les juges. Contre les journalistes (ex : affaire Denis Robert), contre les citoyens (loi DADVSI, lois Perben 2) les tentatives présentes et contre la liberté d’expression sur Internet, et les pressions sur les rédactions pour ne pas parler de tel ou tel sujet gênant pour quelques puissants. Certes, nous ne sommes plus du temps d’Alain Peyrefitte qui dictait aux journalistes ce qu’ils devaient dire dans l’unique 20 heures de la seule chaine, (l’omerta sur les crimes de la colonisation) font que la liberté d’expression essentielle à toute vraie démocratie, est toujours (plus que jamais)menacée. L’auto censure, la désinformation (Rwanda 1994 ou la responsabilité honteuse de l’état français dans un des pires crimes que l’humanité ait connu) sont une blessure jamais cicatrisée pour notre république et ce n’est pas près de changer. C’est désolant...

                Heureusement qu’il y a Internet et les sites d’expréssion citoyenne comme Agora Vox...


                • docdory docdory 13 juin 2007 11:20

                  @ Paul Villach

                  Excellent article . La France qui a une irritante propension à s’ériger en donneuse de leçons et redresseuse de torts en matière de droits de l’homme vis à vis de certains pays étrangers ferait mieux de balayer devant sa porte , il y a du travail , et même un travail herculéen qui va finir par s’apparenter au nettoyage des écuries d’Augias , si ça continue ! Et il faut craindre que la situation empire vu la mainmise actuelle d’intérêts financiers puissants sur la plupart des médias ...


                  • Bof 14 juin 2007 07:53

                    Le problème reste entier en France. Il semble bien que la date d’apparition soit dans les années 1975- 1980 ,donc le temps des présidents Giscard et/ou Mittérand . C’est bien le moment où nos énarques ont décidé depuis le sommet de leur intelligence supérieure de prendre le pouvoir absolu :ils trouvent les meilleures solutions aux problèmes le plus rapidement donc ils doivent diriger. OR ? diriger , ce n’est pas gérer ! JE PENSE QUE NOTRE PROBLEME TOURNE AUTOUR DE CE FAIT . « notre » car, il n’y a pas que dans le journalisme que l’injustice sévit. Il semble bien que la justice elle-même soit touchée :( A Douai ,cours d’appel, les décisions d’un procès s’est faite d’un café du coin ,il y a environ 8 ans. L’affaire d’Outreau et des pseudo-experts de l’état Français ) ; la médecine avec les procès de médecins-charlatans ,or les malades se groupent en association pour venir clamer leurs compétences , souvent, un malade pense à se rétablir et pas à venir défendre celui qui les a sinon tué ,du moins rendu plus malade encore pour notre soit disant justice associée aux médecins des laboratoires et de la securité sociale et du conseil de l’ordre. Les laboratoires pharmaceutiques Français ,en 1980, étaient les premiers au monde en invention et fabrication de médicaments ,Ils ont été regroupés en un labo nationalisé (Sanofi:le 1er au monde et disparu), la banque ,le Crédit Lyonnais devait être la banque de l’Europe , Usinor qui est parti en Inde , le groupe pétrolier ELF qui a disparu avec sa puissance financière ,magique ! ...Donc, il n’y a pas que dans le journalisme qu’il y a un problème de Liberté d’expression et surtout un problème de faire « son métier » .

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