• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Les classes moyennes sont révolutionnaires

Les classes moyennes sont révolutionnaires

L’histoire semble se répéter mais pas de la même manière. La révolution baptisée « de jasmin » en Tunisie n’est pas sans rappeler une autre révolution de même acabit, celle des œillets au Portugal en 1974. On y retrouve des ingrédients similaires mais l’enchaînement des événements est sensiblement différent, ce qui est parfaitement compréhensible, chaque processus historique étant spécifique d’un régime, des forces en présence, d’une culture, d’un terreau social et populaire déterminant et enfin de facteurs économiques. En 1974, le régime corrompu et dictatorial hérité de Salazar fut abattu par un coup d’état consécutif à une situation confuse, notamment dans les rouages de l’Etat, avec comme contexte historique la décolonisation et bien entendu, le rôle central de l’armée qui, malmenée et maltraitée par le pouvoir alors en place, a su lui faire savoir son mécontentement, avec l’art et la manière pour ainsi dire. L’armée a renversé la dictature, avec le soutien du peuple. S’en suivit une transition vers la démocratie en cette époque de bouleversements sociaux sans précédent. Les deux ingrédients de cette révolution ont été l’équilibre des pouvoirs au sein de l’Etat et les aspirations populaires portées notamment par les classes moyennes, instruites et éduquées. Les historiens situent cet événement dans la longue série des processus de démocratisation avec dans l’ordre, la Grèce et l’Espagne et, chose paradoxale, le Chili avait vu un processus inverse se dérouler, en 1973, une dictature renversant la démocratie. Là encore, l’armée a joué un rôle déterminant. Par la suite, le Chili, l’Argentine et d’autres pays d’Amérique du Sud ont glissé vers une transition démocratique, puis ce fut le tour des pays de l’Est européen une fois le géant soviétique effondré. Dernier pays de la liste, la Tunisie.

La révolution tunisienne de 2011 s’est faite dans une situation extrêmement confuse mais une chose est certaine, le mouvement est parti du peuple, avec un contexte de mécontentement et un régime corrompu parvenu aux limites de sa viabilité. Les classes moyennes ont été déterminantes et l’appui de l’armée non négligeable. Nombre de Tunisiens disposant de surcroît d’une bonne instruction, alors qu’une partie de la jeunesse est correctement éduquée, avec une proportion notable de diplômés de l’université. L’augmentation du prix des denrées alimentaires n’a été qu’un facteur déclenchant. Le mal était ailleurs. Un pays corrompu, une parole interdite, des diplômés au chômage, une police peu soucieuse des populations, sauf quand il s’agit de taper. Bref, le régime n’était pas viable et l’on peut souligner l’aveuglement de nos élites dirigeantes au pouvoir. En fait, la droite a réédité à cette l’occasion un ratage monumental comme on l’a connu avec ce moment de flottement l’espace de quelques jours où Gorbatchev fut écarté du pouvoir par quelques apparatchiks alors que Mitterrand entérina l’affaire dans une allocation des plus confuses. La morale de l’histoire étant que les pouvoirs en place se soutiennent le plus souvent et que les peuples ne sont pas forcément bien vus du côté des régimes autoritaires rêvant de conduire leurs affaires financières et politiques avec l’assentiment de populations dociles et corvéables. Parfois, le peuple se révolte. Mais le peuple est un objet sociologique introuvable. Les révolutions ont été le plus souvent le domaine réservé des classes moyennes. Avec un ingrédient essentiel, l’instruction. Sans pencher vers un hégélianisme caricatural, on peut y voir quelques traces de la raison et de tensions dialectiques qui se manifestent lorsque les aspirations raisonnables des populations sont contrariées par des régimes qui les entravent et qui de plus, spolient les peuples de leurs droits, leur labeur, leurs revendications en terme de reconnaissance (ici, un clin d’œil au thymos platonicien, notion redevenue à la mode, notamment chez les penseurs de la fin de l’histoire). Les classes moyennes sont révolutionnaires. Qu’on se le dise !

Il y a quelque chose de 1848 dans la révolte tunisienne. Et d’ailleurs, on retrouvera quelques traits similaires. La monarchie de juillet était un régime corrompu, pale copie des monarchies d’avant 1789, avec des populations exploitées, une crise économique déterminante, deux tiers des ouvriers au chômage, et un gouvernement Guizot qui se signala en interdisant les fameux banquets où les bourgeois se rencontraient pour refaire le monde sur fond d’aspirations libérales. Ce n’est pas trahir le sens que de mettre au centre de la révolution de 1848 une classe moyenne comprenant alors pour l’essentiel les bourgeois.

En 1968, ce furent les enfants de la bourgeoisie et des classes moyennes qui s’impliquèrent dans la « révolution de mai 68 ». Les aspirations de la jeunesse, reprise par les jeunes travailleurs et les classes bourgeoise, se sont conjuguées aux frustrations des travailleurs. Une nouvelle société en résultat, avec comme premier maître d’œuvre Pompidou, vite secondé par Giscard qui souffla à Chaban-Delmas le trône, tout en lui piquant son rêve de société nouvelle. La suite est connue. Le mouvement de mai se dissocia entre ceux qui ont trahi leurs idéaux en s’insérant et profitant des libéralités sur fond d’hédonisme et ceux qui ont intégré l’univers des classes moyennes au risque de décrocher dans les marges lorsqu’ils n’ont pas rejoint la fonction publique. Les médias ont sans doute trahi la société en offrant leur éclairage aux pipoles, aux célébrités, à ceux qui réussissent, mythe Tapie inclus. Pourtant, il existe dans les marges sociales et économiques un vivier créatif impressionnant mais qui n’est pas rendu visible dans les grands médias. Bref, une sorte de censure s’exerce, non pas en interdisant mais en effectuant des choix sur ce qui doit être montré. Néanmoins, le Net a permis de contourner ces choix et les marges s’expriment sur la Toile.

Le mot de la fin sera livré sous forme d’une énigme. Les classes moyennes françaises sont-elles encore révolutionnaires ? Dans la négative, l’avenir se présente de manière terne et ennuyeuse, à l’image de cette campagne présidentielle de 2012 qui se dessine dans un marécage de banalités et de rivalités. Avec comme centre du débat politique le populisme, pathologie contemporaine dont il faudra certainement reparler.


Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  •  C BARRATIER C BARRATIER 17 janvier 2011 15:52

    Très bien vu. J’espère que les nouveaux venus ne viendront pas pour se remplir les poches comme leurs prédécesseurs mais avec un idéal de partage juste des richesses produites...A vérifier dans leur fiscalité.


    • taktak 17 janvier 2011 16:26

      point de vue interessant qu’il est nécessaire de nuancer de la façon suivante :
      oui ce sont les classes moyennes qui font ou non souvent le sucés des révolutions.

      Cependant, ce serait se tromper que s’imaginer que ce sont elles qui font seule les révolutions ou les mouvements sociaux important.

      Il me semble plutot que l’apparition des classes moyennes au coté des classes populaire n’est juste que symptomatique que du moment de la révolution, crystalisation d’un etat de rapport sociaux ou de manière général « les dominés » s’unissent pour renverser « le dominant », pour rétablir l’interet de la classe dominée (composé bien souvant de groupes sociaux d’autant plus hétérogènes que c’était tout l’intéret du groupe social dominant qu’ils le soient).

      De fait, je crois que votre analyse s’inscrit de manière complémentaire dans une analyse plus globale de lutte de classe imposé par les rapports de production de la richesse. Dans un système féodal, les bourgeois et les serfs forment ainsi la classe dominée par la noblesse. Une fois la monarchie renversé, ce sont les classes populaire qui bien souvent le sont par la bourgeoisie (exemple : napoléant à la suite de la révolution française).

      Si on reprend le cas de la france que vous évoquez au final, je crois que tout le défi politique est de faire prendre conscience aux classes moyennes que leurs intérets sont strictement identique que ceux des classes populaires. Et même plus, qu’il n’existe pas stricto sensu de classes moyennes du point de vue politique.
      C’est bien là tout l’objet des campagnes de dénigrement sur les chomeurs, les assistés, de célébrations du micro entreprenariat, et des divisions sur la pressions fiscales qui ne frapperait que « les classes moyennes ».
      1) faire croire à la masse qu’elle appartient à une classe intermédiaire et que sous certains efforts elle pourrait acceder à la classe supérieure, et à défaut redescendre dans les limbes d’une classe populaire, cela afin de lui faire accepter les sacrifices consenti à cette classe dominante. A ce sujet, connaissez vous beaucoup de monde revendicant être des classes populaire ? nous sommes tous de la classe moyenne de notre point de vu
      2) scinder la classe ouvrière en groupe sociaux ne voyant plus son interet commun (chomeurs contre salarié, public contre privée, non imposable contre imposable, chrétiens contre musulmans etc)
      3) les classes moyennes du point de vue strictement sociologiques (mode de vie, revenues) ne sont en fait que la partie de classes ouvrières ayant plus ou moins profités des avantages cédés par la classe dominantes (augmentation de revenu, conditions de travail, protection sociale, éducation)


      • Tony Pirard 17 janvier 2011 19:55

         Ces choc de classes n’est pas bon.. !Ces avancements que nous voyons dans les derniers années sont simplèment une conquête de la societé et aussi de la démocratie que commençe à èvoluer dans le monde entier.

         Je ne crois en classes révolutionnaires,mais,en societés qu’évoluent...


        • Marc Bruxman 17 janvier 2011 20:24

          "En 1968, ce furent les enfants de la bourgeoisie et des classes moyennes qui s’impliquèrent dans la « révolution de mai 68 ». Les aspirations de la jeunesse, reprise par les jeunes travailleurs et les classes bourgeoise, se sont conjuguées aux frustrations des travailleurs.« 

          La révolution de 68 a d’ailleurs cela d’étonnant qu’elle se produit en situation de grande prospérité et en plein boom économique. Elle marque le premier grand événement de la société post-industrielle. Lorsque la surproduction est atteinte l’amélioration des conditions de vie ne suffit plus à tout justifier, la population réclame des libertés individuelles (liberté sexuelle, ...).

           »Le mouvement de mai se dissocia entre ceux qui ont trahi leurs idéaux en s’insérant et profitant des libéralités sur fond d’hédonisme et ceux qui ont intégré l’univers des classes moyennes au risque de décrocher dans les marges« 

          Le mouvement ne s’était il pas dissocié à la base ? Qu’y avait il de commun entre ces étudiants futurs hauts diplomés qui manifestaient pour des libertés sociales (liberté sexuelle, société moins patriarcale) et les syndicalistes venus après coup et qui ont ressortis la grand messe marxiste ? Comme dans tout mouvement de convergence des luttes, il y a juste un raz le bol de commun. Mais au final c’est toujours le plus fort qui impose ses vues. Les étudiants étaient la clairement en situation de force, ils ont par la suite construit la société de liberté dont ils révaient. Pour le meilleur et pour le pire. 

          Ce qu’ils réclamaient était de plus dans l’air du temps et en conformité avec le début de déclin de l’ére industrielle.

           »Le mot de la fin sera livré sous forme d’une énigme. Les classes moyennes françaises sont-elles encore révolutionnaires ? Dans la négative, l’avenir se présente de manière terne et ennuyeuse",

          Une société peut en permanence devenir révolutionnaire il suffit souvent d’une étincelle. La question est quelle nouvelle société serait dans l’ére du temps à l’heure actuelle ? Pas sur que la réponse soit la société que beacoup souhaitent ici.


          • Aafrit Aafrit 18 janvier 2011 01:14

            Je crois que, théoriquement, il y a des révolutions dans l’air qui attendent à se concrétiser.Toutes les données sont là dans de nombreux pays.

            Pour d’autres, il faut dire qu’il y a des révolutions qui se perdent smiley


            • Frédéric 11 18 janvier 2011 09:19

              Y a t’il des révolutions populaires dans les tyrannies ou l’immense majorité du peuple ne pense qu’a subsister ? A pars les Jacqueries du Moyen Ages et les ’’émeutes de la faim’’ qui n’ont pas vraiment d’objet ’’politiques’’, je n’en connait pas.

              Les Révolutions Russes de 1905 et 1917 ont eu lieu car il y avait une petite classe moyenne qui avait le temps de penser sur l’organisation de la société, aujourd’hui, en Corée du Nord par exemple, une tel révolution est inimaginable.

              L’immense majorité des ’’révolutions’’ en Afrique et Asie ne sont en fait que des coups d’Etats (qui à conduit à l’anarchie totale en Somalie toujours dans un trou noir depuis 20 ans et guére d’espoir d’en sortir même à long terme).


              • daniel paulmohaddhib 18 janvier 2011 09:37

                maitre / esclave......
                riche/pauvre.

                qui donne le statut de maitre riche. ?...l’esclave !
                Les vrais travailleurs arretent de bosser , ce monde est fini demain matin !


                • Francis, agnotologue JL 18 janvier 2011 10:06

                  @ daniel paulmohadib, il n’y a ni maîtres ni esclaves : il y a ceux qui ont amassé un tel pouvoir, le plus souvent par l’argent lequel comme on sait, n’a pas d’odeur, et ceux qui doivent galérer pour survivre.

                  Les premiers utilisent leurs surplus abondant de pouvoir pour accroitre leur fortune et opprimer les seconds,

                  et les seconds n’ont d’autre choix que de se faire une raison : la résigntion, autrement l’acceptation TINA de Thatcher repeint et présenté sous les habits neufs du sarkozysme.

                  L’expression « esclaves volontaire » est comparable à l’expression « idiot utile » : le premier ne désigne pas plus un esclave que le second ne désigne un idiot ; l’idiot utile est intelligent et l’esclave volontaire, le plus souvent idiot utile, peut s’affranchir quand il veut de sa condition - c’est là toute la subtilité de la démocratie libérale, le nom novlangue du fascisme récurrent !


                • Francis, agnotologue JL 18 janvier 2011 10:09

                  La définition du fascisme par Mussolini : «  Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. » Le fascisme est l’évolution naturelle du capitalisme.« 


                   »Corporate government« , - corporatisme est une mauvaise traduction parce que connotée syndicaliste - pour ce nom novlangue anglo saxon qui désigne en fait le le fascisme -lui-mêm connoté populiste :


                  La définition du »corporatisme« par Naomi Klein : »la grande entreprise et le gouvernement tout puissant combinant leur formidable puissances respectives pour mieux contrôler les citoyens." 

                  « Un « corporate gouvernment » ce n’est plus le gouvernement qui prend le contrôle des sociétés, c’est le gouvernement qui fusionne avec des sociétés » Les sociétés élitistes (Google, mais aussi la FED) qui ne sont pas dans le libre marché deviennent le gouvernement ».



                   


                • daniel paulmohaddhib 18 janvier 2011 09:41

                  L’humain a failli .....
                  il ne comprends pas ce qui lui arrive....riche/pauvre sont dans la meme galere psychologique..
                  celle du mecontentement permanent......

                  Plus les techniques evoluent , moins l’humain comprends, il rejoint le stade de la machine pure..
                  une machine qui s’auto adore , faut de mieux !
                  Qu’est ce qui pousse un mec a torturer, a tuer en afghanistan ,ou ailleurs ?
                  pourquoi donner une valeur a nos enfants des l’ecole ?
                  pour instituer ce monde injuste et violent..
                  il est le monde des voleurs , oui les elites ne sont que des voleurs qui ne travaillent pas du tout mais capte l’ame du monde avec l’argent....
                  la revolution commence dans un cerveau...


                  • Francis, agnotologue JL 18 janvier 2011 10:28

                    Intéressant tour d’horizon, merci à l’auteur.


                    Assez d’accord avec ça  : « Les médias ont sans doute trahi la société ..., une sorte de censure s’exerce, non pas en interdisant mais en effectuant des choix sur ce qui doit être montré. Néanmoins, le Net a permis de contourner ces choix et les marges s’expriment sur la Toile. »


                    A la question que pose Bernard Dugué :

                    « Le mot de la fin sera livré sous forme d’une énigme. Les classes moyennes françaises sont-elles encore révolutionnaires ? »

                    Je répondrai : y a-t-il encore une classe moyenne suffisamment forte pour faire une révolution, étant donné le laminage incessant auquel elle est soumise et la destruction délibérée de l’ascenseur social ?

                    -----------

                     

                    « Le capital, dont Marx rappelait qu’il était incapable de résister à l’appel de « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres », s’est donné avec Sarkozy le fondé de pouvoir le plus visible, le plus caricatural et le plus détestable – quand le choix de nos amènes socialistes étaient d’une bien meilleure rationalité stratégique de long terme : ceux-là n’ont-ils pas fait avancer la cause du capital dans une parfaite tranquillité au seul prix d’avoir à trémoler régulièrement « justice sociale » et « égalité » entre deux trains de déréglementation (et ne s’offrent-ils pas d’ailleurs à reprendre du service sur le même mode exactement) ? Mais voilà où mène l’hubris des possédants : à tout vouloir ils risquent aussi de tout perdre. La volonté de puissance déboutonnée par trois décennies leur a donné à croire qu’ils n’avaient plus à admettre de borne à leur désir d’accaparement et que Sarkozy était bien l’homme de cette situation-là. Mais la retraite (a failli être) le « pont trop loin », où se mêlent tout à la fois le refus d’une réforme inique, le rejet d’un pouvoir politique insupportable, mais aussi le dégoût absolu du spectacle de la finance, la contestation frontale sinon du capitalisme lui-même du moins de sa forme présente, et pour finir la défense d’une certaine forme de vie. On pouvait difficilement faire plus magistrale erreur de tir. Tragique erreur dans le choix des mots, dont Gérard Mordillat qui signe la préface d’une réédition du Capital [16]) donne a contrario l’exacte formule : « La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution ». (Frédéric Lordon, Le point de fusion des retraites, 23/10/10)


                    • Eric Kaminski 18 janvier 2011 12:25

                      Une diplomatie des droits de l’Homme peut aussi être réaliste cf. exemples tunisien et chinois : http://ekaminski.blog.lemonde.fr/


                      • Menouar ben Yahya 19 janvier 2011 10:58

                        Le soulévement tunisien rappel peut être celui de 1848, soulévement ou l’on pouvait d’ailleurs entendre scander 1793 ! Il y a peut être des paralléles à faire mais ce qui est fondamental c’est qu’il s’agit du peuple tunisien qui a une histoire différente et surtout que nous sommes en 2011 !
                        Il y a pour moi dans cette révolution, deux données essentielles, la premiére c’est la volonté du peuple de se débarasser de l’ancien régime, Ben Ali est parti mais il reste son appareil politique ! La deuxiéme donnée est la peur de voir la Tunisie basculer dans l’Islamisme !

                        Il sera difficile pour le peuple d’accepter un compromis avec l’appareil de l’ancien régime mais sans cette transition qui permettra aux institutions de fonctionner et de préparer le pays au retour d’une certaine stabilité qui permettra de mettre sereinement en place la représentation des différents courants politiques...pour doucement préparer les elections, ce seront les premiéres de plusieurs décennies ! Ce processus ne pourra se faire que sur du long terme, hors le peuple est impatient !
                        S’il n’y a pas de compromis avec l’ancien appareil, le pays peut basculer dans le chaos. L’ancien régime peut jouer avec le spectre de l’islamisme et ceux ci peuvent en effet montrer le bout de leur nez même si je suis fonciérement persuadé que ce n’est absolument pas la volonté du peuple mais cet épouvantail peut servir à plonger le pays dans une guerre civile.
                        N’ayant plus rien à perdre, les anciens dirigeants feront tout pour se maintenir au pouvoir car s’ils sont balayés, cela voudra dire pour eux, procés et donc condamnation....Cette vision est je le sais pessimiste mais en ayant cette éventualité à l’esprit, ceux qui batissent la Tunisie de demain sauront faire en sorte que cette révolution ne soit pas confisquée et que la Tunisie serve d’exemple à tous les pays vivant sous une dictature. Que le monde sache que ces dictateurs ne sont pas un rempart contre l’Islamisme mais que c’est la corruption, l’injustice des régimes corrompus qui nourrit cet islamisme et les extrémismes de maniére générale.


                        • patdu49 patdu49 23 janvier 2011 08:29

                          Il me semble important, de rappeller QUI SONT LES CLASSES MOYENNES :

                          Pour une personne seule Seuils Les catégories modestes de 0 à 1 160 € Les classes moyennes de 1 160 à 2 150 € Les catégories aisées 2 150 € et plus Pour un couple sans enfants Seuils Les catégories modestes de 0 à 1 745 € Les classes moyennes de 1 745 à 3 225 € Les catégories aisées 3 225 € et plus Pour un couple avec deux enfants* Seuils Les catégories modestes de 0 à 2 443 € Les classes moyennes de 2 443 à 4 415 € Les catégories aisées 4 415 € et plus

                          • patdu49 patdu49 23 janvier 2011 08:34

                            Pour une personne seule :
                            Les catégories modestes de 0 à 1 160 €
                            Les classes moyennes de 1 160 à 2 150 €
                            Les catégories aisées 2 150 € et plus

                            Pour un couple sans enfants :
                            Les catégories modestes de 0 à 1 745 €
                            Les classes moyennes de 1 745 à 3 225 €
                            Les catégories aisées 3 225 € et plus

                            Pour un couple avec deux enfants :
                            Les catégories modestes de 0 à 2 443 €
                            Les classes moyennes de 2 443 à 4 415 €
                            Les catégories aisées 4 415 € et plus

                            Pour calculer les seuils, il suffit de prendre les valeurs pour une personne seule, de multiplier par 1 + 0,5 par personne de plus de 14 ans et 0,3 pour les moins de 14 ans.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès