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Accueil du site > Tribune Libre > Sarkozy, Pérol, Natixis : scandale d’Etat

Sarkozy, Pérol, Natixis : scandale d’Etat

 Il faut absolument revenir sur ce scandale d’Etat qu’est la " nomination " de monsieur Pérol dans un premier temps comme directeur général des Banques Populaires et dirigeant des Caisses d’Epargne avant de devenir le caput capitis de la nouvelle structure fusionnée. Certes il y a eu l’article de la Taverne ici et celui d’Henri Moreigne , il n’y aura jamais assez de voix pour condamner cette forfaiture qui a des racines immondes et des implications dangereuses.

 Commençons par dézinguer quelques arguments du pouvoir, autrement dit du Kaiser Sarkoko lui-même :

- il est normal que l’Etat prenne la direction d’une banque quand elle en est actionnaire et c’est ce que demandait à cor et à cris l’opposition. Ceci est faux à double titre : a- à ce jour non seulement l’Etat n’est pas encore actionnaire de cette entité qui n’est pas encore sortie d’un des six cerveaux de sa Majesté, non seulement l’Etat n’est actionnaire ni des Caisses d’Epargne ni des Banques Populaires mais en plus l’Etat ne prendra que des actions sans droit de vote et remboursable dans trois ans ce qui veut dire que l’Etat n’a pas nationalisé la banque. b- l’opposition n’a jamais demandé le pouvoir sur ces banques mais le contrôle avec des postes dans les conseils d’administration. Ce qui est une différence notable.

- la commission de déontologie a donné son accord. Il y a là, bien évidemment un mensonge grossier et honteux. Mais cela ne s’arrête pas là. Seul le président de cette commission a envoyé un courrier, qui plus est ambigu. Il donne un avis personnel mais sans vraiment trancher un peu comme si vous disiez qu’un feu tricolore se compose du vert, de l’orange et du rouge et que celui qui reçoit votre courrier disait que vous aviez dit vert.

- « la compétence » répété à satiété comme le fameux « le poumon vous dis-je » de Molière. Et cela je vais vous le développer.

Monsieur Pérol est au départ un haut fonctionnaire passé par le ministère des finances. De ce lieu de pouvoir il a pu se voir ouvrir les portes d’une banque d’affaires, la banque Rothschild. Ensuite proche du Prince des finances, il a été nommé comme numéro deux de l’Elysée. Quelles ont été ses compétences. Monsieur Pérol est le conseiller économique de monsieur Sarkzoy. Monsieur Pérol est impliqué jusqu’au cou dans la propagation et l’application de la doxa ultra libérale, la doxa financière qui nous a amené exactement là où nous en sommes. Et pour cette raison il a une triple responsabilité :

- a il est partie prenante dans la création de la Natixis comme intervenant de la banque Rothschild. Il est donc coresponsable de l’obligation de recapitalisation des deux banques qui sont co-propriétaires de cette filiale qui a perdu 2,5 milliards d’euros en 2008. Et pour vous rendre compte de l’efficacité et de l’efficience de ce conseil je vous demande de regarder la vignette des cours de bourse de cette société (source Boursorama). C’est tout simplement effrayant.

- b ayant défendu et aidé à propager cette doxa, telle que la volonté d’entraîner la France dans les subprimes " à la française " il est co-responsable à son niveau de la crise. Il en est en tout cas complice de comme il a été un formidable défenseur de la finace dérégulée qu’il a mis en application avec ses conseils pour la création de la Natixis.

- c il a participé avec joie, comme conseiller économique, à la mise en place de la loi TEPA. On découvre, avec ce nouveau record historique de plus de 90 000 chômeurs supplémentaires en janvier, l’effet néfaste et destructeur d’emploi de la défiscalisation des heures supplémentaires. Il a activement participé à l’accélération du chômage en France et a aggravé les inégalités. C’est à dire aux inégalités engendrées par le système financier mondial actuel lui et son Mentor à Rolex ont fait une chose inouïe : créer une double inégalité supplémentaire entre les salariés modestes : a- les impôts à revenus égaux ne sont pas identiques : inégalité devant l’impôt et b- ceux qui ont du travail en période de crise en bénéficient doublement en en privant ceux qui en sont dépourvus, cassant par là pour volonté de solidarité nationale et exacerbant l’individualisme égoïste. On voit le résultat avec ce chiffre très inquiétant de janvier. On le savait déjà avec une crise dans la crise : celle des sociétés d’intérim.

La vérité est que monsieur Pérol n’a fourni aucune preuve de sa compétence, mais en revanche beaucoup du danger de son action. On veut nous faire croire qu’il a été banquier par son passage à la banque Rothschild. Cette banque est une banque d’affaire. Elle est tout sauf une banque. Voici la première phrase du site de la banque c’est effarant qu’avec ceci on puisse offrir au pyromane un poste de pompier : Depuis plus de 200 ans, la banque Rothschild est au cœur des marchés financiers mondiaux. Vous avez bien lu. Vous n’avez pas la berlue. Cette banque était et est au cœur des marchés financiers mondiaux. Elle a donc été la complice active de la catastrophe que nous vivons. Et que fait cette banque ? Voici : Ses métiers s’articulent autour de trois types de services destinés aux gouvernements, aux entreprises et aux particuliers : la banque d’affaires, la gestion institutionnelle et la gestion de patrimoine. C’est à dire qu’elle est impliquée du côté des possédants et que déjà il y a collusion (institutionnelle = gouvernements) avec le pouvoir. Et c’est un de ses ex-membres qui devrait prendre la tête de la fusion de deux banques dont il faut dire deux mots afin de démontrer le contraste saisissant de cette histoire innommable.

Il y a différentes sortes de banque :

- les banques d’affaires, d’investissements, foncières, hypothécaires qui sont des banques spécialisées

- les banques privées généralistes

- les banque-assurances

- les sociétés de crédit comme Sofinco

- la Poste

- la Caisse d’Epargne

- les banques coopératives ou semblables comme les Banque Populaires avec ses sociétaires, les Crédits Mutuels, le Crédit Coopératif de France, le Crédit Agricole etc.

Et si dans le monde financier dérégulé actuel et fou il y avait bien deux piliers qui pouvaient résister par leur symbole et leur passé c’étaient d’un côté les Caisses d’Epargne avec une histoire vieille comme le monde symbolisant la sécurité, l’épargne pour ses vieux jours et de l’autre les Banques Populaires qui portent dans son nom le terme de populaire s’opposant à cela aux nantis et aux financiers, banques composées de sociétaires. Ainsi en a-t-il été que monsieur Pérol a participé activement au reniement absolu de la vocation de ces banques en réalisant cette chimère monstrueuse qu’a été et reste la Natixis symbole absolue du mal qui nous ronge. Cette société a tout eu : Madoff, les subprimes et la prise de risque financière en jouant à la bourse. A elle seule cette société est le symbole de la crise. Et c’est donc cet homme qui n’a jamais dirigé de banque, qui a aidé à faire progresser le chômage en France, qui a diffusé et développé la doxa de la finance folle que l’on récompense par une nomination à la tête de la future seconde banque française. C’est comme si on demandait à Belzébuth d’exorciser Regan Mc Neil.

Dans cette histoire tout est contestable : la violation de la loi par ceux censés le plus la respecter avec des conséquences morales incalculables, l’abus de pouvoir la nomination par l’Elysée dans deux sociétés de droit privé, puis dans une future société sans passer (c’est une mascarade) par le conseil d’administration de ces dites sociétés normalement souveraines et indépendantes, avec cette preuve de la lâcheté des hommes devant le pouvoir ce qui est terriblement inquiétant pour l’avenir bien que nous ayons été prévenus de multiples fois notamment par la nomination du président de France Télévision et surtout par l’aplatissement de Carolis et du conseil de cette société avant même le vote de la loi par le Sénat, sans passer par la case commission de déontologie qui à ce jour ne s’est ni réunie, ni a fortiori prononcé sur le bien fondé de cette décision, le conflit d’intérêt, le risque d’autocratie financière.

Pérol a non seulement eu à connaître du dossier, non seulement est intervenu personnellement dans cette fusion dont je propose un nom : la Casse Populaire, ce qui est contraire à la loi pour son intervention aussi sein de l’une ou l’autre et particulièrement à la direction de ces deux banques, mais on a oublié un détail supplémentaire qui s’ajoute à la liste : c’est Pérol qui avait été chargé par l’Omnipuissant de vérifier avec pouvoir d’action sur les préfets auprès des banques à qui l’Etat avait mis à disposition des fonds pour que ces dites banques fluidifient le marché des liquidités en prêtant à leur tour. Il avait donc un pouvoir direct sur les banques et donc sur ces deux-là.

Cette histoire est sans exagération un scandale d’Etat et une preuve que l’on se dirige vers le pouvoir absolu.

Vignette source Boursorama


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43 réactions à cet article    


  • paul muadhib 26 février 2009 10:25

    Bravo ! rien à rajouter,hélas !


    • hand87 26 février 2009 13:26

      Absolument, vous m’avez enlévé le commentaire de la bouche ...
      Le hold-up continue ...


    • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:01

      Si Sarkozy singe Napoléon, à placer des généraux aux postes-clefs, il montre aussi un petit côté Don Quichotte, combattant pour nous les menaçants moulins érigés là par la fatalité. La crise, fatale ? mon oeil. Et si c’était le cas, on ne voit pas bien comment il pourrait alors se sortir de cette confrontation prédestinée avec cette crise qu’il tente d’incriminer à la fatalité et contre laquelle il saurait le remède.

      En effet, ceux qui pérorent et nous promettent recettes et plans en claironant ,dans l’élan déjà bien affaibli du bling-bling d’alors, "vive nos réformes !", avec le culot de vouloir nous faire croire qu’elles marchent déjà (!), devraient bientôt se rendre compte qu’ils n’ont plus ni de crédibilité dans le verbe, ni de légitimité dans l’action. Qui fera confiance à l’incendiaire pour mener le combat du feu ?
      De la superbe de l’élu, de celle du jet-seteur, celle du divorcé, celle du remarié, de celle du roi de l’Europe, de toutes ces superbes, que reste-t-il ? Des généraux incompétents placés à la hâte n’importe où n’importe comment pour donner le change à cette malheureuse fatalité ?

      Non seulement les recettes miracles promises n’auront existé que pour ceux qui les auront entendues, qu’on entend moins ces temps-ci du reste, mais de plus, le très concerné discours rassembleur actuel, à 180° de l’idéologie promise alors, omet en effet de préciser que c’est justement cette dernière qui nous y a mis jusqu’au cou. Et je soutiens que nous n’avons rien vu encore... Mais les chiffres du chômage devraient commencer à nous parler...

      Exemple : Renault paye ses chômeurs techniques à 100%, ai-je lu : avec le fric inventé par l’état. C’est provisoire nous dit-on : tu parles que c’est provisoire... Quand tu payes les ouvriers à se les rouler, excusez-moi, Renault fait des belles bagnoles, mais Renault est foutu. Allocation chômage versée directement par l’employeur, avec le fric "inventé" l’état, qui nous explique qu’il va en tirer des intérêts dans 3 ans. Triste galégeade, les cadavres payent mal, ennuyeux, mais connu.

      Il y avait encore du pain à la boulangerie ce matin : Jusqu’ici tout va bien.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:05

      J’ai oublié de remercier l’auteur pour cet article bien vu & bien senti.


    • Imhotep Imhotep 26 février 2009 10:32

       Voici trois informations complémentaires :

      - ce n’est pas 2,5 milliards de pertes pour Natixis mais 2,8

       voici une analyse de la fameuse lettre du président de la commission déontologique : 
      Il est des documents qu’on ne se lasse pas de lire et de relire. La lettre d’Olivier Fouquet , président de la “commission de déontologie de la fonction publique” est de ceux-là. Dans cette lettre datée du 24 février, (tiens, bizarre, Nicolas Sarkozy, en déplacement à Rome, en a fait état le jour-même, passons), le président Fouquet, consulté sur la nomination du secrétaire général adjoint de l’Elysée à la tête de banques dont il organise la fusion, estime qu’à son avis personnel, ce transfert ne pose pas de problème. Pour en arriver là, il fait une démonstration en trois points (on n’est pas membre du conseil d’Etat pour rien).

      1er point : “il est interdit à un agent public de rejoindre une entreprise privée lorsque ses fonctions publiques effectivement exercées a cours des trois dernières années précédant son départ l’ont conduit (…) à proposer directement à l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par cette entreprise ou formulé un avis sur de telles décisions”. Sachant que c’est dans le bureau de François Pérol qu’a été négociée la fusion entre les Caisses d’épargne et les banques populaires, la conclusion devrait s’imposer. Ce serait évidemment trop simple…

      2ème point : “La commission tient nécessairement compte (…) du caractère particulier des fonctions exercées par les membres des cabinets ministériels qui, à la différence des fonctionnaires en poste dans les services, n’ont pas le plus souvent de pouvoirs propres ou délégués. Leurs fonctions, le cas échéant, de conseil ne s’inscrivent pas normalement dans le processus formalisé de prise de décision administrative”. Nous voilà rassurés : François Pérol n’avait pas de pouvoir ! Tout n’était qu’illusion !

      Le 3ème point s’impose : il y a d’ailleurs eu des précédents -six cas sont cités mais aucun nom n’est donné. M.Fouquet n’est pas vulgaire à ce point- et donc “si le secrétaire général adjoint a exercé les fonctions qui lui étaient confiées dans les conditions habituelles d’exercice de leurs fonctions par les membres des cabinets ministériels, la jurisprudence traditionnelle de la Commission lui est applicable”.


      - il semblerait que les indemnités des membres de cette commission viennent juste d’être revues à la hausse...


      • MagicBuster 26 février 2009 10:35

        Superbe article ... On peut remarquer la complicité de la ministre de l’économie hier au JT, Christine Lagarde.

        http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/economie/200909/perol-nomme-selon-christine-lagarde_190317.html

        On peut déjà parler de Perol’s Gate . . .


        • La Taverne des Poètes 26 février 2009 10:52

          C’est sans doute le début de la mise en oeuvre de ce que Sarkozy appelle la "refondation du capitalisme" ! Enfin, c’est là sa conception personnelle de la "refondation du capitalisme" et il va la mener jusqu’au bout...

          Les cyniques diraients : "Tirons-en les conséquences et supprimons les commissions de déontologie qui ne servent à rien et remettons à Sarkozy toutes les clés de la République pour décider de tout. !" Comment ? Ah oui, c’est déjà le cas.


          • Serge Serge 26 février 2009 11:05

            Au fil des jours les Français découvrent que "la rupture,la nouvelle gouvernance,etc..."prônées par Sarkozy a pour vrai visage le COUP DE FORCE permanent et LE MENSONGE.
            Et dire que cet individu n’a de cesse ( mais seulement pour la France d’en bas !) d’exiger le respect de la loi,l’ordre...


            • Francis, agnotologue JL 26 février 2009 11:11

              Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet article contraste singulièrement avec celui d’Aimé Fay :

              Banque populaire / Ecureuil : l’occasion de changer de président ?


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 février 2009 12:04

                Oui, là il nous prend vraiment pour des cons, avec la commission qui ne se réunit pas, mais qui donne un avis qui n’est pas le bon, mais ça va quand même. Il commence vraiment à dire n’importe quoi. Prochaine étape : il va annoncer le résultat des négociations en Guadeloupe sans attendre qu’elles soient finies. Puis, il annoncera également la paix au Moyen-Orient, la chute de la pollution au CO2, et l’arrivée des Martiens. 


                • kimono 26 février 2009 17:39

                  non, il le fera pas, il l’a déjà fait !  !!!



                • chmoll chmoll 26 février 2009 13:00

                  rien n’vous empèches de boycotter ces banques

                  si j’ajoute les traders d’la caisse d’épargne (pignoufs) ensuite un haut fonctios qui i connait que dalle dans s’domaine

                  mais et surtout avec l’appui d’un dirlo de cirque

                  vaut mieux ouvrir un compte avec des noisettes


                  • MagicBuster 26 février 2009 13:14

                    Pour le seconde Article d’Aimé Fay, il est nécessaire de chausser les lunettes 2ème degré ... L’avis du rédacteur diffère en fait très peu d’Imhotep ; c’est juste le ton qui et différent.

                    Perso, je préfère le ton direct tranchant et incisif d’Imhotep, on n’a pas à tourner autour du pot pour dénoncer des pratiques mafieuses de cette ampleur.

                     :->


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 26 février 2009 13:44

                      " le président de cette commission a envoyé un courrier, qui plus est ambigu. Il donne un avis personnel mais sans vraiment trancher un peu comme si vous disiez qu’un feu tricolore se compose du vert, de l’orange et du rouge et que celui qui reçoit votre courrier disait que vous aviez dit vert. "

                      Sur ma commune, une Gaec a déposé une enquète d’utilité publique afin de passer de 25O à 25OO cochons. je l’ai consulté et constaté quatre infractions que j’ai consigné. passant devant la semaine d’après, le hangar de cent mètres de long était déjà construit... ? alors que deux mois plus tard, le commissaire a répondu : Oui, mais...

                      Comme pourrait le dire BK, ce n’est pas un acte d’ingérence puisque nous sommes chez nous ! Nul doute, nos dirigeants, qui semblaient tous surpris par la crise, ont baissé leur pantalon. Impliquant nos deux dernières banques populaires, cad propres. Sûr notre prochain président est un banquier et les français des mamélysées.

                      On a séparé l’Eglise de l’Etat, il faut surtout séparer les banques d’affaires de l’Etat.


                      • alberto alberto 26 février 2009 13:56

                        Bonjour Imhotep,

                        Au-delà du constat que Sarko se fout des lois et règlements (ceux-ci sont fait pour les ânes qui n’ont pas de Rolex !), je me demande si le but de la manoeuvre n’est pas de mettre la main (pour en changer la nature) sur le mouvement coopératif qui emmerde tant les assoiffés du pognon et autres ratisseurs de petites économies.

                        En effetn les banques populaires sont issues de ce mouvement coopératif et sont positionnées en tant que banques "naturelles" des mutuelles, par exemple, mais aussi des divers organismes à vocations sociales humanitaires et écologiques : le Crédit Coopératif que tu as cité dans ton (excellent) article en fait partie à titre de "société mère" .

                        Je crains qu’au milieu de cette avalanche de misères qui submèrge en ce moment le bon peuple, ce mauvais coup passe plus ou moins inaperçu :et ce ne sont pas les médias "aux ordres" qui vont s’en faire l’écho !

                        J’aimerai que les groupes mutalistes et autres mouvements coopératifs alertent rapidement leurs sociétaires sur ce hold-up en cours...

                        Bien à vous.


                        • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:17

                          C’est vrai que les statut "corporatif" des CA des BP sont un peu atypiques, mais le fonctionnement est le même, itou les recettes et itou les comportements...
                          D’ailleurs, je l’avais remarqué à la lecture ce petit "raccourcis" bien pardonnable dans l’article, la notion "banque institutionnelle" =(?) gouvernement. C’était un peu court... Et le Sénat ne siège pas au palais Grognard... (pas encore, c’est peut-être le sens de ce rapprochement ?). Qiuqu’il en soit, goutte d’eau dans un océan de bon sens...


                        • Vinrouge 26 février 2009 14:33

                          comme souvent, vous faites preuve d’imprécision et même d’inexactitiude, vos propos en deviennent soumis à interrogation !
                          Par exemple : Ses métiers s’articulent autour de trois types de services destinés aux gouvernements, aux entreprises et aux particuliers : la banque d’affaires, la gestion institutionnelle et la gestion de patrimoine. dont vous tirez ensuite des conclusions peut-être vraies, mais comment vous croire quand vous appyez une partie de votre raisonnement sur une erreur ? Dans gestion institutionnelle, "institutionnelle" ne signifie pas gouvernement... Banque d’affaires = banque conseil des entreprises (conseil pour les fusions acquisitions notamment) ; Gestion institutionnelle = gestion d’actifs pour des institutions, qui peuvent être gouvermentales, mais ne le sont dans les faits que très rarement (il s’agit davantage de la gestion des actifs des entreprises), ces activités sont souvent des activités de marché ; Gestion de patrimoine = gestion d’actifs pour particuliers très fortunés.
                          Votre description qui suit des types de banques est tout aussi imprécise ! Les différents types de banques sont en effet :

                          - la banque de détail = banque de M. Tout le monde, vendant des services tels que carte de crédit, chèques, comptes d’épargne. Parmi les banques de détail il en existe d’un type particulier : les banques mutualistes, telles que le Crédit Agricole ou les Caisses d’Epargne, dont les clients en sont aussi les actionnaires - pour le CA, c’est un tout petit peu compliqué car la holding, Crédit Agricole SA, est une société anonyme habituelle, à actions vendues sur le marché. La Banque Postale est une banque de détail comme les auters - sauf qu’elle est à capitaux publics, mais ça ne change rien quant à sa classsfication.

                          - la banque d’affaires (aussi appelées banques de financement) : comme dit plus haut, il s’agit des banques conseil des entreprises, mais également celles qui gèrent leurs comptes - une entreprise peut avoir comme un particulier des comptes d’épargne, des cartes de crédit, etc..

                          - la banque d’investissement : acteurs s’occupant principalement d’activités de marché (ie., pour faire simple, achat/vente de produits boursiers)

                          - la banque privée : banque de détail pour riches, dont une aprit des activités est la gestion de patrimoine
                          les autres services financiers ne sont pas toujours des banques (qui parfois opèrent également dans ces segments). On peut citer par exemple :

                          - les gestionnaires d’actifs : ils composent et exécutent des stratégies et portefeuilles de placement (par exemple panachage de produits boursiers, achat de parts d’enteprises, etc.) Ces organismes là, pour les plus gros d’entre eux - tels que State Street, ou Fidelity -, gèrent des masses hors du sens commun, comptés en milliers de millards de dollars (je crois que State Street a 2000 milliards de dollars d’actifs en gestion)

                          - les "maisons de clearing" (clearing house en anglais) : même type d’activité que Clearstream, il s’agit des acteurs qui exécutent les ordres de marché (tels que achat/vente deproduits boursiers). Ces acteurs là gèrent des masses qui sont encore moins dans le sens commun, comptés en dizaine de milliers de milliards de dollars (State Street encore, a il me semble 15 000 milliards de dollars d’actifs "en transit" - juste pour écrire ce nombre qui donne le tournis : 15000000000000 $ !!!)

                          - les sociétés de crédit que vous avez nommées (à noter que les banques de détail opèrent aussi sur ce segment : il s’agit des fameux crédits à la conso. dont votre agence bancaire vous a sûrement déja parlé quand vous êtes à découvert...)

                          un epu de rigueur ne nuirait pas à vos articles par ailleurs intéressants smiley


                          • Imhotep Imhotep 26 février 2009 17:32

                             A propos de mon manque de rigueur, voici la phrase que j’ai recopiée sur le site de la banque Rotschild : Ses métiers s’articulent autour de trois types de services destinés aux gouvernements, aux entreprises et aux particuliers : la banque d’affaires, la gestion institutionnelle et la gestion de patrimoine. Et excusez-moi, mais je l’ai mis en gras il est clairement écrit : services destinés aux gouvernements. Peut-être que mon manque de rigueur va jusqu’à ne pas comprendre le français et que service aux gouvernements ne veut pas dire service aux gouvernements. Un gouvernement est aussi un institutionnel.


                          • Vinrouge 26 février 2009 20:32

                            Je n’ai pas dit que je ne suis pas d’accord, j’ai juste souligné une imprécision qui vient principalement de la suite : C’est à dire qu’elle est impliquée du côté des possédants et que déjà il y a collusion (institutionnelle = gouvernements) avec le pouvoir.

                            Les gouvernements sont en effet des institutions. Mais le fait de rendre des services ne signifie pas nécessairement "collusion avec le pouvoir" : la plupart des organismes et institutions publiques ont à gérer de la trésorerie - éventuellement placée sur les marchés de capitaux -, ont besoin de services de paiement et de facturation, de conseils d’ingéniérie financière - lors par exemple de la mise sur le marché d’actions d’une entreprise publique -, etc.. Pour cela elles font en effet appel à des banques de financement et d’investissement, dont elles sont donc les clientes.
                            En France, ces besoins sont principalement couverts par la Caisse des Dépôts et Consignations, institution publique, et par Dexia, organisme détenu à 50 - 51% par des institutions publiques depuis sa recapitalisation en septembre 2008 (avant cette recapitalisation, les institutions publiques en détenaient un peu moins de 30% - comme quoi, soit dit en passant, la présence forte d’institutions publiques ne garantit rien...)


                          • jps jps 26 février 2009 15:09

                            Dans le cas de la fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne, il semble que François Pérol ait pu jouer un rôle assimilé à une forme de contrôle, ce qui au regard des textes en vigueur l’empêcherait d’être nommé à ce poste. Ce point ne sera vérifié que si la Commission est saisie. Edouard Balladur a estimé le 26 février 2009 que le gouvernement courait le risque que la commission de déontologie ne soit "pas d’accord" avec la nomination de François Pérol à la tête du nouveau groupe. Si François Pérol est en situation de prise illégale d’intérêt, alors il encourt deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amendes. Mais Sarkozy et ses amis, au titre desquels François Pérol, n’en ont cure car le délai de prescription de l’action publique est de trois ans pour ce délit, et, qui va juger de l’opportunité des poursuites pénales avec la prochaine loi sur la suppression du juge d’instruction ? …. Le parquet qui dépend du ministre de la justice ! La boucle est bouclée. Le jeu en vaut la chandelle ! Ce jeudi 24 février 2009 François Pérol, est nommé président du directoire de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne, sans saisine préalable de la commission et demain. Première étape avant sa nomination à la tête la tête du groupe qui sera issu de la fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne.

                             

                            • Yannick Harrel Yannick Harrel 26 février 2009 15:25

                              Bonjour,

                              Je viens d’écouter l’entretien accordé par l’économiste Frédéric Lordon à Acrimed. Son analyse de la crise bien qu’étant iconoclaste rejoint mes observations : il y a là actuellement tout un petit monde qui serre les fesses. Du monde de finance aux élites politiques en passant par les experts et les éditorialistes. Et ce petit monde espère surtout et seulement que l’orage passe, même avec quelques dégâts.

                              Ce qui m’inquiète au plus haut degré, et cette nomination de M. Pérol ne m’en conforte que davantage, c’est que ceux qui ont été co-responsables de la crise restent non seulement aux commandes mais continuent de réagir en pensant sauver un monde déjà condamné. Les moments de crise sont au contraire des occasions rêvées pour en finir avec le conservatisme et les petites affaires consanguines. Las, il apparaît manifeste que nous ne disposons pas des personnalités ad hoc pour nous tirer de la crise, ayant été les thuriféraires zélés d’un modèle idéologique devenu le creuset de la fracture sociale. Inutile de dresser la litanie des incohérences et des discours de ceux qui laissent le bâteau France affronter de front la tempête du siècle. Quant à la vie de luxe, l’autocratisme et le népotisme de celui qui s’est arrogé le titre de Président, no comment : ses actes le disqualifient de lui même...

                              Cordialement


                              • pigripi pigripi 26 février 2009 16:09

                                Ce matin sur radio BFM, l’indignation battait son plein avec les mêmes arguments que cet article. Ya quand même des médias qui sont pas à la botte de l’empereur, enfin pour l’instant ...

                                On doit s’attendre à un évènement majeur dans l’entourage présidentiel pour faire avaler la couleuvre : Carla va prendre un amant, ou elle va annoncer un heureux évènement : album ou BB, Cécilia va envoyer un SMS, Jean va se faire circoncire, Rama va surgir de l’ombre, etc.

                                Et puis la grande manif popu du 19 mars va créer une menace pour la sécurité du pays, avec barbouzes pour casser les vitrines, mettre le feu aux bagnoles, faire exploser quelques poubelles, bloquer toutes les circulations et "paralyser" le pays-un scandale-en-période-de-crise-où-tout-le-mionde-devrait se serrer-les coudes-

                                On va aussi nous annoncer que DSK est le père de Zohra, que Aubry a reçu 50 milliards de pot de vin et que Delanoë rejoint l’équipe gouvernementale.

                                qui dit mieux ???


                                • jkw 26 février 2009 16:30

                                  je suis plus choqué par le nouveau mensonge sarkozien que par la nomination elle même....

                                  tromper les citoyens mérite punition !!!


                                  • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:10

                                    Aux armes, citoyens !
                                    (1789 me démange, comme une impression de trahir l’histoire...)


                                  • pigripi pigripi 26 février 2009 17:13

                                    Nous sommes tous très intelligents, nous avons tous compris que nos dirigeants se foutaient plus que jamais de notre poire, que leur cynisme avait atteint des niveaux record, que le pays allait à vau l’eau transformé en république patatière, que les 3 millions de chomeurs allaient faire du grabuge dont les petits travailleurs paieraient les pots cassé par l’entraide solidaire ou les taxes imposées, qu’on n’avait pas fini de se serrer la ceinture pendant que les riches devenaient plus riches et les pauvres plus pauvres, etc.

                                    Bon, alors qu’est-ce qu’on fait ?


                                    • Marianne Marianne 26 février 2009 17:51

                                      Dans le même registre (nomination des copains de Sarko à des hauts postes de responsabilité), voici une information diffusée récemment par des chercheurs-enseignants en colère contre la réforme Pécresse sur le site Bellacio mais qui est passée un peu inapercue.

                                      Le texte est intitulé : "Qui est Jean-François Dhainault ?".

                                      Ce monsieur a été nommé par N.S. en juillet dernier au poste de Président du Comité de direction de l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur dont tous les enseignants-chercheurs relèvent désormais.

                                      Et où l’on apprend que ce monsieur n’est autre que le père de Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, directrice-adjointe de la société Paris Biotech (au comité d’évaluation duquel figure François Sarkosy, frère du président) spécialisée dans le secteur de la santé (en particulier dans l’industrie pharmacologique et les biotechnologies), mais aussi trésorière de ... l’Arche de Zoé.

                                      http://bellaciao.org/fr/spip.php?article80212


                                      • Kobayachi Kobayachi 26 février 2009 18:32

                                        La nommination de Perol n’est pas surprenante. Je dirais meme plus... planifié de longue date :
                                        http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=10060


                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 26 février 2009 18:38

                                          Pour une fois, je suis en accord complet avec ce que dénonce l’auteur

                                          Transformer ces vieilles institutions de l’économie sociale en machines à casino financier mondiale



                                          • Vinrouge 26 février 2009 20:58

                                            Transformer ces vieilles institutions de l’économie sociale en machines à casino financier mondiale

                                            MMouais ...


                                            - Economie sociale : concept bien peu clair, et par ailleurs, ce qui est vrai aujourd’hui le sera a priori aussi demain, car il semblerait que ce groupe reste mutualiste en ce qui concerne ses activités de banque de détail. Sa structure juridique sera la même que celle des CE aujourd’hui, et que celle du Crédit Agricole (càd, holding cotée en Bourse, mais structures de régionales mutualistes - les CE, comme le CA, ne sont pas une et unique banque, il s’agit d’une coopérative de banques de détail régionales). Je ne pense pas du tout pour ma part que les CE et les BP soient si sociales que vous semblez tous le penser !


                                            - Casino Financier : pour le coup il est certain que ce qui est vrai aujourd’hui le sera demain. Aujourd’hui,vous n’ignorez pas que le Natixis, filiale conjointe des CE et des BP participe avec le brio qu’on sait à ce casino... Demain, il ne semble pas question d’en élargir les activités (de toute façon ce nouveau groupe ne dispose pas des capacités pour le faire).




                                          • vivelecentre 26 février 2009 20:17

                                            surtout, un membre de cabinet ministériel n’exerce aucune autorité publique que ce soit sur aucune entreprise que ce soit. Les textes cités par FB n’ont pas lieu de s’appliquer en l’espèce.


                                            Petit aperçu du parcours de François Pérol :

                                            http://fr.wikipedia.org/wiki/Francois_Perol

                                            A priori, ce monsieur a toute compétence pour diriger une banque.


                                            Par contre d’accord avec vous de denoncer l’avis de la commission qui arrive après coup.. J’ai beau avoir entendu que cette commission statuait souvent a posteriori. il n’empêche que j’aurai trouvé plus sain que cette nomination se fasse après avis et non l’inverse.

                                            C’est un peu comme au modem où on consulte les militants sur les investitures des européennes ....après qu’elles soient déjà decidé par la direction !! comme d’ab, le fait du prince !!
                                            d’accord avec vous pour denoncer ces pratiques !!





                                            • Proudhon Proudhon 26 février 2009 20:34

                                              @Imhotep

                                              Je ne dirais qu’un mot.
                                              BRAVO à cet article !!!!!


                                              • pigripi pigripi 26 février 2009 21:05

                                                analyse juridique de ce scandale d’Etat par Corinne Lepage :
                                                www.marianne2.fr/Corinne-Lepage-demonte-Perol_a175532.html


                                                • pigripi pigripi 26 février 2009 21:07

                                                  fin de l’article de Lepage avec texte décret concerné :

                                                  ....

                                                  			
                                                  				
                                                  					 Le Décret n°2007-611 du 26 avril 2007 relatif à l’exercice d’activités privées par des fonctionnaires ou agents non titulaires ayant cessé temporairement ou définitivement leurs fonctions et à la commission de déontologie précise dans son article 1 :

                                                  I. - Il est interdit aux agents mentionnés au I de l’article 87 de la loi du 29 janvier 1993 susvisée qui cessent temporairement ou définitivement leurs fonctions :

                                                  A. - De travailler, de prendre ou de recevoir une participation par conseil ou capitaux dans une entreprise privée, lorsque l’intéressé a été chargé, au cours des trois dernières années qui précèdent le début de cette activité, dans le cadre des fonctions qu’il a effectivement exercées :
                                                  1° D’assurer la surveillance ou le contrôle de cette entreprise ;
                                                  2° De conclure des contrats de toute nature avec cette entreprise ou de formuler un avis sur de tels contrats ;
                                                  3° De proposer directement à l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par cette entreprise ou de formuler un avis sur de telles décisions.
                                                  Les interdictions mentionnées ci-dessus s’appliquent également aux activités exercées dans une entreprise :
                                                  a) Qui détient au moins 30 % du capital de l’entreprise susmentionnée, ou dont le capital est, à hauteur de 30 % au moins, détenu soit par l’entreprise susmentionnée, soit par une entreprise détenant aussi 30 % au moins du capital de l’entreprise susmentionnée ;
                                                  b) Ou qui a conclu avec l’entreprise susmentionnée un contrat comportant une exclusivité de droit ou de fait.
                                                  Ne sont toutefois pas interdites la seule participation au capital de sociétés cotées en bourse ou la participation intervenant par dévolution successorale.

                                                  B. - D’exercer une activité lucrative, salariée ou non, dans un organisme ou une entreprise privé et toute activité libérale si, par sa nature ou ses conditions d’exercice et eu égard aux fonctions précédemment exercées par l’intéressé, cette activité porte atteinte à la dignité desdites fonctions ou risque de compromettre ou mettre en cause le fonctionnement normal, l’indépendance ou la neutralité du service.

                                                  II. - Les interdictions prévues au I ci-dessus s’appliquent pour une durée de trois ans à compter de la cessation des fonctions justifiant l’interdiction.

                                                  III. - Au sens du présent article, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant son activité dans un secteur concurrentiel et conformément au droit privé.
                                                  			
                                                  			 		
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                                                  En l’espèce, il apparait évident que M. Pérol a , a minima, proposé des décisions relatives aux opérations effectuées par la future entité qu’il va présider et a fortiori a formulé un avis. Comment dés lors, considérer que la saisine n’est pas obligatoire ? et a fortiori considérer qu’il n’entre pas dans les cas énumérés par la loi de saisine obligatoire ?

                                                  Incohérence et divergence des discours
                                                  La lettre du président Fouquet est très éloignée des versions successives qui ont été présentées par l’Elysée. Tout d’abord, il a été indiqué que la Commission de déontologie avait été saisie. C’est inexact.
                                                  Ensuite, il a été indiqué que la Commission avait donné un avis par l’intermédiaire de son Président ; Ce n’est que partiellement exact puisque le Président prend soin d’indiquer qu’il ne peut que donner un avis personnel qui n’engage pas la Commission. Puis, M. Guéant a indiqué qu’en toute hypothèse , le cas de M. Pérol n’entrait pas dans la saisine obligatoire de la Commission. A aucun moment, dans son courrier, le Président Fouquet ne s’exprime sur ce point, mais au contraire évoque la question de fond ; Dès lors, la saisine de la Commission étant préalable, M. Pérol ne peut à ce jour accéder à ses nouvelles fonctions.

                                                  « La jurisprudence citée n’est pas concluante »
                                                  Sur le fond, l’avis du président Fouquet doit être lu entre les lignes et ne contredit en rien l’analyse juridique qui précède. Tout d’abord, il vise l’avis du secrétaire général qui estime que les fonctions de M. Pérol à l’Elysée n’entrent pas dans les cas visés par la loi. Ainsi, il se réfère à une interprétation que Le secrétaire général de l’Elysée n’a aucune compétence pour formuler et qui n’engage que lui. Or, la situation de fait est importante pour juger de la situation de droit ; l’avis est donc émis comme si M. Pérol était totalement étranger à l’opération concernant la naissance du nouvel établissement. De plus, il n’analyse la situation que sur le plan pénal en se référant à l’interprétation nécessairement stricte de la loi pénale. Mais, les pouvoirs de la commission ne sont pas de nature pénale ; ils sont beaucoup plus large et visent l’aspect strictement déontologique. Enfin, la jurisprudence citée n’est pas concluante pour deux raisons ; celle qui est antérieure à 2007 est inopérante car la loi a changé en 2007. quant aux autres exemples, ils ne visent pas des personnes entrant dans un établissement sur lequel ils avaient spécifiquement travaillé ; en toute hypothèse, l’arrêt Bauffret du Conseil d’Etat montre un rigueur beaucoup plus grande du Conseil d’Etat sur le pantouflage.

                                                  Ainsi, on voit mal, comment, même si elle n’était pas saisie à titre obligatoire, la commission pourrait rendre un avis favorable. Elle doit être saisie et M. Pérol ne devrait pas prendre de fonctions tant que l’avis n’est pas émis.

                                                  Des dysfonctionnements mis en évidence
                                                  Dès lors, dans cette affaire, et indépendamment même des questions déontologiques d’une autre nature liées au fait que par le passé, M. Pérol avait conseillé une des deux parties sur un montage qui est aujourd’hui contesté, si les règles de droit étaient appliquées, M. Pérol ne pourrait être nommé. Cette affaire révèle, au-delà du cas particulier qui ne met évidemment pas en cause les compétences professionnelles de M. Pérol, le dysfonctionnement des instances politiques et juridiques françaises. Comment se fait-il que le Président de la République, garant au terme de la Constitution, du fonctionnement des pouvoirs publics et du respect de l’état de droit, intervient précisément en violation de la loi. Comment se fait-il que nous ne disposions d’aucun organe qui puisse imposer le respect de la loi, alors même que l’article 432-13 du code pénal a été évoqué par certains ? Comment se fait-il qu’il n’y ait en France aucun pouvoir judiciaire à même de trancher la difficulté juridique à supposer qu’il y ait un débat juridique ?

                                                  On le voit. Cette affaire, indépendamment des questions liées au poids du Président dans les nominations pose crûment la question du fonctionnement de notre état de droit et de la qualification de démocratique de notre système.
                                                  			
                                                  			 		
                                                  		
                                                  		
                                                  			
                                                  Jeudi 26 Février 2009 - 17:04
                                                  		
                                                  		
                                                  			
                                                  Corinne Lepage
                                                  		
                                                  		
                                                  			
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                                                  • Yohan Yohan 26 février 2009 22:18

                                                    En tout cas s’il y a bien un endroit où Sarko s’accroche c’est là ou sont les biftons et tout ce qui brille.
                                                    Les salariés d’Arcelor auraient été mieux défendus s’ils fondaient le métal dont on fait les montres


                                                    • del Toro del Toro 26 février 2009 22:25

                                                      Yohan smiley

                                                       Ouais, c’est pas le Pérou quand on est dans le Mittal smiley


                                                    • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:27

                                                      L’or du Pérou ?... BLING BLING ! : Le Mittal brillant... Lachmi les baskets, Eldorado était un Mirage.


                                                    • Le péripate Le péripate 26 février 2009 23:09

                                                       Les grenouilles se lassant 
                                                       De l’état démocratique, 
                                                       Par leurs clameurs firent tant 
                                                      Que Etat les soumit au pouvoir monarchique.
                                                      Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique : 
                                                      Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant, 
                                                       Que la gent marécageuse, 
                                                           Gent fort sotte et fort peureuse
                                                       S’alla cacher sous les eaux, 
                                                       Dans les joncs, les roseaux, 
                                                       Dans les trous du marécage, 
                                                      Sans oser de longtemps regarder au visage 
                                                      Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau. 
                                                       Or c’était un soliveau, 
                                                      De qui la gravité fit peur à la première 
                                                       Qui, de le voir s’aventurant, 
                                                       Osa bien quitter sa tanière. 
                                                       Elle approcha, mais en tremblant ; 
                                                      Une autre la suivit, une autre en fit autant : 
                                                       Il en vint une fourmilière ; 
                                                      Et leur troupe à la fin se rendit familière 
                                                       Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi
                                                      Le bon sire le souffre et se tient toujours coi
                                                      Etat en a bientôt la cervelle rompue
                                                      « Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue. » 
                                                      Le monarque des dieux leur envoie une grue, 
                                                       Qui les croque, qui les tue
                                                       Qui les gobe à son plaisir ; 
                                                       Et grenouilles de se plaindre. 
                                                      Et Etat de leur dire :« Eh quoi ? votre désir 
                                                       A ses lois croit-il nous astreindre
                                                       ? 
                                                            Vous auriez du premièrement
                                                       Garder votre gouvernement ; 
                                                      Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
                                                      Que votre premier roi fut débonnaire et doux 
                                                       De celui-ci contentez-vous, 
                                                       De peur d’en rencontrer un pire. »

                                                      Jean de La Fontaine


                                                      • Emmanuel Aguéra LeManu 27 février 2009 01:43

                                                        Les grenouilles qui veulent un roi...
                                                        La Fontaine n’a pas écrit beaucoup de fables réac mais celle-ci est un modèle du genre... Pourtant il savait dire ses 4 vérité au roi et sortir des ornières du convenu. L’aurait-il écrite pareillement après la Révolution ? Possible, car même après l’anti-conformisme et l’anticléricalisme de ses meilleures années, La Fontaine se rangea plus tard résolument du côté des "Anciens" face aux "Modernes"... On vieillit, que voulez-vous...


                                                      • Yohan Yohan 26 février 2009 23:20

                                                        Ce Jean là est loin d’être un Jean foutre. L’avais tout compris du genre humain.


                                                        • fourreau 27 février 2009 03:35

                                                          Cette affaire révèle surtout l’inertie des contre-pouvoirs en France : ailleurs la démimmission de NS serait exigée. Je dis bien exigée. Pas demandée. Lorsque le 1er pouvoir défaille, c’est le second qui monte au créneau. En cas de défaillance ou d’inertie du second, c’est le troisième qui bat le rappel. Et quand le 3è est muselé, c’est le suivant, le 4è qui doit faire son boulot. C’est pouvoir appartient à : AGORAVOX, LIBE, LE MONDE, L’HUMA, LE CANARD ENCHAINE etc...
                                                          Pour rappel : le 5è n’existe pas.
                                                          Messieurs à vos responsbilités.


                                                          • Pourquoi ??? 27 février 2009 06:03

                                                            @ Péripate :

                                                            On ne risque pas d’en trouver un pire ! Celui-ci réunit à peu près tous les défauts possibles, on aurait du mal à lui en rajouter un. Il est à lui tout seul une caricature de ce que ne doit pas être un chef d’état.

                                                            Pour un peu il me ferait pitié : on ne peut pas être un raté à ce point-là, ce n’est pas possible ! Il doit bien avoir une petite qualité quelquepart ! Mais j’ai beau chercher, faire preuve d’imagination.... RIEN !

                                                            Aidez-moi, s’il-vous-plait ! Juste une toute petite qualité de rien du tout !


                                                            • Kriss13 2 mars 2009 16:53

                                                              D’accord c’est immoral
                                                              D’accord c’est scandaleux
                                                              D’accord c’est lourd de conséquences
                                                              Mais maintenant il faut poser les jalons pour réagir
                                                              Je propose de regarder ce qui peut être fait légalement pour faire dire que la nomination de Pérol est illégale
                                                              Les sociétaires des 2 banques mutualistes ont peut être la clé ?


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