Théorie du complot
Une ‘théorie du complot’ consiste à proposer une version fausse de certains événement en prétendant qu’ils sont causés par l'action concertée et discrète d'un groupe de personnes qui ont intérêt à ce qu'ils se produisent déviant ainsi le cours naturel des choses ou le hasard.
La révolution, inédite par son ampleur, qui a frappé les pays occidentaux au vingtième siècle, alors qu’ils étaient encore les maîtres du monde, s’est traduite par le passage du qualitatif au quantitatif dans tous les aspects de leurs sociétés. À l’échelle individuelle, l’Amour, la Fraternité étaient précédemment mises en avant comme les seules valeurs dignes d’intérêt. Les liens qui unissaient les populations étaient aussi d’ordre immatériel. Dieu, la République, la Démocratie étaient constamment invoqués pour fournir un ciment aux populations. À l’aube du XXIe siècle, seules les valeurs mesurables et quantifiables subsistent : on assigne un prix ou un nombre à tout, ce prix sert de référence lors des échanges, la force de l’invisible n’intervient plus.
La Banque mondiale dont le siège social se trouve à Washington accorde des prêts aux pays en voie de développement pour financer des investissements. Son président est désigné par les Etats-Unis, principal actionnaire de la Banque. La Banque mondiale fournit une immense quantité de données concernant la totalité des pays du monde et sur des sujets aussi hétéroclites que le pourcentage de femmes dans l’agriculture, la consommation d’engrais par hectare, le rapport fille/garçon pour l’inscription à l’école primaire, le taux de chômage, le nombre d’Hommes atteints du VIH, le pourcentage de redoublants, le nombre d’abonnements téléphoniques haut débit, le nombre de réfugiés… Les données détaillées de la Banque Mondiale peuvent être consultées par quiconque le souhaite.
Les données en votre possession, des modélisations peuvent permettre des projections dans le futur et surtout influer sur le réel.
Pour la prévision du temps il existe un modèle couvrant l’ensemble du globe. Les données (température, humidité, direction et force du vent, pression atmosphérique, hauteur des précipitations, description des nuages, visibilité, état du sol…) sont introduites dans un superordinateur qui délivre une prévision météorologique fiable à court et moyen terme.
Pour influer sur le monde, il faut connaître le but. Le modèle d’Homme à atteindre est l’Homo Americanus au sein d’un collectif qui peut être appelé une Américratie que l’on présente souvent comme une démocratie mais qui n’est que l’empire vivant qui succède aux empires romains, ottomans, coloniaux… défunts.
La volonté de transformer les Hommes plutôt que de seulement les asservir a pris un tour particulier. Si les moyens guerriers ne sont pas négligés (de l’ordre d’un million de personnes sont mortes en Irak), ils ne sont pas les seuls à être mis en œuvre. Les paramètres économiques (création monétaire, PIB, taux d'intérêts directeurs, indice des prix à la consommation, taux de chômage …) peuvent être ajustés en s’aidant de modèles nourris d’une multitude de données socio-économiques afin de transformer les structures économiques et mentales.
Les résultats de ces calculs ne sont pas connus et les conjecturer vous expose à devenir complotiste. Essayons toutefois de les deviner !
Le but ultime, le seul : l’extension de l’Empire.
En Europe, le rapprochement par trop évident entre le régime national-socialiste et la plupart des élites fut suivi d’une épuration après-guerre qui permit la mise en place d’une politique résolument sociale. Il fallut plus de 30 ans pour que la classe naturelle des dirigeants, celle qui ne vit que pour diriger, puisse reprendre sa place. Une toute autre direction fut alors prise en France comme partout ailleurs : ouvrir les frontières, lutter contre le protectionnisme, faciliter l’immigration.
Il est bien connu d’après l’Histoire que la libre circulation des biens, des gens et des capitaux conduit à une amélioration globale des niveaux de vie. Il en fut de même pour la fin du XXe siècle. Mais il était inévitable qu’une perte d’identité se mette en place suite à une juxtaposition de communautés ethniques, confessionnelles, culturelles, comportementales prenant la place des sentiments nationaux. Cet émiettement en communautés n’est pas une conséquence mais un but, les Nations démocratiques ne permettent pas d’imposer aux populations les efforts nécessaires à un bon épanouissement économique : trop de règles, pas assez de discipline, selon les modèles.
Depuis les années 1990 on note un recul des inégalités entre les pays du monde, notamment entre pays développés et pays en voie de développement, ainsi qu’une tendance à la hausse des inégalités à l’intérieur des pays développés ou en développement. Le niveau de vie des Brésiliens, des Chinois et des Indiens tend à se rapprocher de celui des Américains et des Européens. Mais, dans le même temps, les inégalités augmentent considérablement à l’intérieur d’un grand nombre de pays pour retrouver un niveau comparable à celui de la fin du XIXe siècle.
Une bonne productivité nécessite un ordre social sévère qui seul permet la mise en œuvre naturelle de la division du travail et les interdépendances qui en découlent. La discipline nécessaire à tout projet collectif est apportée selon deux mécanismes complémentaires. L’immense réservoir de main d’œuvre avide de travailler sans faillir contre une rémunération dérisoire permet de contrôler les masses laborieuses au sein des pays développés tout en détricotant leur protection sociale. Les apports exogènes de population ont le même effet ‘bénéfique’. Il se recrée un stock important de travailleurs peu revendicatifs et trop mal formés pour être des compétiteurs des classes dirigeantes et qui ne risquent donc pas de les évincer. L’indispensable distanciation décideurs-décidés peut se produire également par divers processus de financiarisation en endettant les entreprises et en imputant les décisions difficiles à une nébuleuse bancaire, par exemple.
Il reste à constituer une classe mondialisée susceptible d’être esclavagisée pour que les maîtres puissent régner sur autres choses que des androïdes : ce seront les ‘Beaufs’ ! Des français, des américains, des australiens… tous moyens, vulgaires, incultes et bornés. Plus exactement, machos, racistes, homophobes… et obèses.
L'obésité en France, comme partout ailleurs dans le monde, augmente régulièrement depuis les années 1990 et elle touche davantage les familles modestes que celles à hauts revenus. Une césure se dessine entre les ‘souchiens’ et une élite qui se distinguent d’eux tant morphologiquement que financièrement ou culturellement. Cette césure facilite considérablement l’établissement des pyramides hiérarchiques car la soumission que l’on réclame doit être intériorisée par les soumis qui doivent se sentir inférieurs. Les apports exogènes de population, qui concerne essentiellement les classes défavorisées, permettent d’augmenter plus encore le fossé socio-culturel entre la Terre et le Ciel.
L’uniformisation des peuples et des cultures est un prérequis selon les modèles pour atteindre une gouvernance mondiale. Elle se fera en détruisant méthodiquement les tissus culturels là où ils sont trop différents des standards nominaux. Les références aux dieux et aux sages doivent être en conséquence gommées. Une action, une pensée ne doivent plus être jugées par les plus qualifiés, elles doivent être évaluées par le plus grand nombre possible, par la foule. Les référentiels antiques, nationaux ou universels, disparaissent ainsi au profit d’un système où chacun a un avis sur tout qu’il connaisse le sujet ou non.
Tout ce qui arrive depuis la fin du XXIe siècle avait été prévu, calculé, modélisé et anticipé tout comme les mouvements sociaux qui devaient avoir lieu si certaines mesures étaient appliquées. Rien n’était dû au hasard, tout à leur nécessité. Les décideurs réels à l’échelle mondiale ne sont guère plus que quelques milliers et personne ne connaît leur façon d’agir, de toute façon être opportuniste est la première qualité reconnue d’un dirigeant.
Une gouvernance mondiale existe bien ! Elle reste souterraine car la plupart de ses décisions ne pourraient pas être acceptées par le plus grand nombre : il faut abandonner son identité, sa culture, tout espoir d’égalité. Son grand dessein, son unique dessein c’est que la multitude devienne une somme d’individualités semblables pour l’essentiel, marginalement ‘dissemblants’. Chaque entité humaine sera connue des maîtres du monde par ses contacts, ses pensées, ses consommations, son bilan carbone, ses voyages, ses fidélités, ses infidélités… Et les religions les plus incroyablement rétrogrades pourront alors prospérer.
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