Après le mouvement des gilets-jaunes et à l’approche de l’élection présidentielle, il faut aller plus loin dans la voie de la résistance
Tous les candidats ne parlent que de programmes et de promesses. Nous savons très bien que nulle part dans le monde et à aucun moment des élus de « gauche » arrivant au pouvoir n’ont mis en œuvre les promesses qu’ils avaient faites auparavant. Ils ont toujours voulu laisser en place le capitalisme en laissant croire qu’il serait possible de satisfaire les travailleurs sans déranger les exploiteurs. Nous en avons vécu l’amère expérience avec Mitterrand et tous les autres gouvernements de front populaire. Nous savons maintenant ce que valent les discours qui accompagnent ce style de politique : « Les voies pacifiques vers le socialisme », « Le socialisme du XXIème siècle », « la révolution par étape »... Nous ne verrons jamais la seconde étape de cette politique de collaboration de classe car elle aboutit inévitablement au retour de la réaction dans des conditions parfois dramatiques.
Au fur et à mesure qu’approche l’échéance de l’élection présidentielle la politique des traitres du mouvement ouvrier semble s’imposer. L’espoir qu’apparaisse un candidat unique diminue. Dans le même temps l’exigence des travailleurs se fait de plus en plus forte : Nous ne voulons plus entendre parler de vos programmes ! Nous voulons gagner ! Pour cela nous voulons l’unité !
Il devient de plus en plus évident que les dirigeants des partis ouvriers qui font d’incessants discours sur les programmes des uns ou des autres n’ont en fait nulle intention d’appliquer un quelconque programme. Tous ce fatras de discutaillerie ne leur sert qu’à justifier la division.
Ce n’est pas la première fois qu’ils nous font le coup. Nous nous souvenons notamment qu’après que nous ayons rejeté De Gaulle lors du référendum de 1969, ces dirigeants avaient refusé de présenter un candidat unique contre Pompidou et Poher permettant ainsi aux forces de la réaction, que nous venions de mettre en difficulté, de reprendre l’initiative contre la classe ouvrière. L’histoire du mouvement ouvrier nous laisse des dizaines d’exemples de ce genre. Je n'en rappellerai qu’un autre qui fut particulièrement dramatique. Staline n’avait que faire du programme du KPD (parti communiste allemand) quand il a lancé la politique du social-fascisme. Il a exigé que le KPD combatte en priorité les socialistes en expliquant que rien ne pouvait se faire avec eux. Il s’assurait, en divisant ainsi les rangs du mouvement ouvrier, qu’il n’y aurait pas de révolution socialiste en Allemagne et il ouvrait la voie à Hitler.
Croyez bien que les Mélenchon et Roussel qui crient aujourd’hui qu’on ne peut rien faire avec les socialistes puisqu’il y a eu Hollande, se fichent aussi complètement des divergences avec Hollande et des comparaisons de programme. Ils étaient tous ensemble avec Mitterrand pour infliger aux travailleurs français la pire défaite que nous ayons connue depuis la Libération. Aujourd’hui, ils sont tous pour l’UE et savent que le prochain élu appliquera les directives de l’UE. Mélenchon et Roussel n’ont pas envie de prendre la place occupée un temps par Tsipras en Grèce. Ils préfèrent ne pas être élus et ils font tout ce qu’il faut pour cela. Ils divisent, ils divisent... Pour nous faire perdre.
Jusqu’au dernier jour, il faut exiger un candidat unique du mouvement ouvrier. C’est la seule solution pour battre tous les candidats du capital. S’il est élu, il faudra exiger ensuite la sortie de l’UE quitte à ce qu’il y ait un nouveau référendum. Un prétendu représentant de la classe ouvrière pourrait-il refuser un référendum qui serait exigé par tous ? Même s’il s’agit du pire traitre patenté depuis des années cela lui sera difficile.
Avant même la sortie de l’UE quelques mesures d’urgence devront être prises :
— Adoption de la loi Savary comme première réforme en faveur de la laïcité. Mitterrand avait refusé de faire adopter cette loi.
— Indemnisation des manifestants estropiés par la police.
— Amnistie de toutes les condamnations des manifestants et remboursement des amendes.
— Suppression des forces de police compromises dans les brutalités et remplacement par des brigades de sécurité formées avec des travailleurs volontaires sous l’autorité des représentants des travailleurs.
— Retrait immédiat de toutes les troupes françaises qui sont sur des territoires étrangers, en Afrique ou ailleurs, et rapatriement sur le sol français.
— Suppression des camps de rétention et adoption de lois sur l’immigration qui ne soient pas plus répressives que celles des anglais. Les migrants ne devraient pas chercher systématiquement à passer en Angleterre. Il faudra pour cela quitter l’espace Schengen.
— Réforme des impôts avec suppression de la CSG (ce n’est pas aux salariés d’être les plus taxés). Forte progressivité pour les impôts sur le revenu et sur la fortune. Pas de système par tranches. Un pourcentage du revenu global et de la fortune globale devra être perçu. Ce pourcentage sera d’autant plus élevé que le revenu ou la fortune seront élevés. Plusieurs taux de TVA. Exemple : 0% pour les produits de première nécessité, 3% pour les produits de nécessité courante, 15% comme taux normal, 30% pour les produits de luxe, 50% pour les produits de grand luxe.
— Abrogation de toutes les lois liberticides notamment celles mises en place par Macron.
— Abrogation de toutes les dernières lois de régression sociale notamment celles sur les retraites.
— Nationalisation, sans indemnités ni rachats, de tous les médias (TV, radio, journaux, revues) qui sont dans les mains d’une dizaine de milliardaires. Mise en place de règles d’équité et de proportionnalité permettant que tous les courants politiques puissent s’exprimer dans de réelles conditions de démocratie sur tous les médias.
Le marxisme et l’expérience nous enseignent que les travailleurs n’obtiendront jamais rien par des voies purement parlementaires. Il faut donc préparer la mobilisation des travailleurs. Les propositions que l’AGIMO avance vont dans ce sens. Si quelqu’un est contre qu’il le dise aux travailleurs !
Ces propositions correspondent à ce que cherchent les travailleurs et il est évident que ce ne sont pas celles qui sont avancées par les diviseurs (Mélenchon ou Roussel) qui pourtant critiquent le « programme du PS » pour justifier leur refus de l’unité. Leur fourberie est de plus en plus évidente. Ils sont ridicules avec leurs propositions censées assurer le bonheur pour tous. Rappelons-nous d’ailleurs qu’ils étaient tous d’accord pour imposer avec Mitterrand quelques-unes des mesures réactionnaires que nous devons maintenant combattre : création de la CSG, création des camps de rétention, refus de la loi Savary…
Dans tous les cas, il faut préparer la mobilisation des travailleurs contre les capitalistes. Si, au premier tour, il n’y a pas de candidat unique du mouvement ouvrier, il sera donc hors de question de participer à une élection perdue d’avance. Le mieux à faire, quand on défend les travailleurs, sera de les inviter à ne pas voter pour qu’une abstention massive discrédite le plus possible celui qui sera élu. Faut-il préciser qu’il sera hors de question de voter au deuxième tour pour un candidat du capital ?
Dans les entreprises, il faut partout se dresser contre la politique de « dialogue social » des dirigeants syndicaux. Cette politique subordonne l’activité syndicale aux impératifs de gestion des entreprises. En d’autres termes, c’est aussi une politique de collaboration de classe qui fait le jeu du patronat. Pourtant, ces derniers jours, la grève dans l’éducation nationale, les mouvements de protestation contre les mesures liberticides, tous les mouvements sociaux des derniers mois montrent que rien n’est perdu. Le mouvement des gilets-jaunes a effrayé la bourgeoisie et semé la panique chez les dirigeants du mouvement ouvrier. La voie est maintenant ouverte. Il faut organiser la résistance. Il faut aller plus loin que ne l’a fait le mouvement des gilets-jaunes. Celui-ci était sur le point de se prononcer au sujet du Frexit mais il ne l’a pas fait. Le débat a été dévoyé. La question « Pour ou contre le Frexit ? » a souvent était insidieusement transformée en : « Pour ou contre Asselineau ? ». Les gilets-jaunes et leurs leaders ont essayé de rester indépendants mais ils ne pouvaient pas échapper à toutes les influences des partis traditionnels du mouvement ouvrier. Il est évident que l’UPR n’est pas propriétaire du Frexit et il est d’ailleurs clair qu’Asselineau et l’UPR ne veulent pas des propositions de l’AGIMO. Le Frexit que nous proposons est celui des internationalistes et de la classe ouvrière. Il va de pair avec la suppression des camps de rétention, le retrait de l’armée française de tous les pays étrangers, l’adoption de la loi Savary, la suppression de la CSG…
Aller plus loin que le mouvement des gilet-jaunes c’est construire un véritable parti révolutionnaire intégré dans un parti mondial de la révolution. C’est la voie que propose l’AGIMO.
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