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Ecole privée, impuissance publique

Le triomphe de l'école privée en France, dont le courrier de M. de Labarre incitant les 8300 établissements sous contrat à se faire les caisses de résonance de la position de l'Eglise sur le mariage pour tous est le plus récent symptôme, n'est pourtant pas celui de l'école catholique mais de l'école ségréguée. Un rapport sénatorial de mai 2012 ose enfin remettre cette question dans le champ politique ; mais le politique résiste et la loi de refondation de l'école ne promeut la mixité sociale que par le verbe.

De mémoire de professeur du second degré public, une fois – une seule - la hiérarchie a invité par courrier à prendre un temps avec les élèves pour discuter d'un sujet d'actualité : c'était le 12 septembre 2001. Objet de sidération mondiale, le fait de la veille, devenu instantanément événement, méritait non pas une explication que personne ne pouvait donner, encore moins un débat, mais une sorte de « cellule de crise » où, au moins, chacun pourrait s'exprimer et ne pas en rester au seul choc des images qui tournaient en circuit fermé dans nos téléviseurs.

En adressant un courrier à tous ses établissements pour sonner, d'une manière ou d'une autre, le tocsin dans les 2 millions de jeunes consciences dont elle a la charge, la direction de l'enseignement catholique signifiait-elle que la menace du projet de loi sur le mariage pour tous est pour elle un nouveau 11 septembre ? Difficile de croire à une telle démesure ; c'est donc ailleurs que dans la stricte contestation d'une loi qu'il faut chercher les vrais motifs de ce courrier si original.

 

Si l'école catholique, dont le directeur M. de Labarre dit qu'il « rêve de la normaliser dans le système éducatif » (RCF, 14 mai 2012), a pourtant saisi l'occasion de se singulariser, c'est qu'elle se sent non pas menacée mais plutôt toute-puissante : elle ouvre des classes, refuse du monde, choisit les élèves qu'elle accueille et ceux qu'elle renvoie, affiche des statistiques de réussite insolentes au brevet, au bac, remplit 90 des 100 premières places des pseudo-classements des lycées, se pique d'innovation pédagogique... Le tout « pour 30 à 40 % moins cher que le public » (ibid) et avec l'onction de puissants relais médiatiques qui, au lieu de demander des explications sur ces chiffres - pourtant extravagants -, se chargent plutôt de rajouter, avec le même doigt mouillé en guise de source, qu'en plus « la situation sociale des familles [dans le choix du privé] joue moins qu'auparavant » (Le Figaro, 10/10/2007). Dans un contexte où le dualisme scolaire semble si vertueux, où la menace de « rallumer la guerre scolaire » sert à tuer dans l'oeuf toute velléité de contrôle d'une somme d'argent public tout de même supérieure à celle donnée au Ministère de la Justice, comment l'école catholique ne se sentirait-elle pas autorisée à organiser les débats qui lui siéent dans ses murs ?

 

Mieux encore, ce n'est pas dans la crainte mais sans doute dans l'espoir d'une réprimande du Ministre que M. de Labarre a diffusé sa lettre. En effet, fort de l'immunité que lui confère le tabou sur le financement public intégral de l'école privée, il a pu sans aucun risque pour sa chapelle se dresser face au ministre Peillon, se faire le chantre du « caractère propre » (c'est-à-dire catholique) de l'enseignement privé, et donner ainsi à ses employeurs de la Conférence des évêques de France le gage qu'il lutte bien contre le problème identitaire qui les angoisse tous, même si tous ne le disent pas avec la même brutalité que Mgr Cattenoz dans le Monde de l'Education en 2007 : « victime de son succès, l’enseignement catholique a oublié l’essentiel, le Christ et ce qu’il nous dit sur l’homme ».« Le résultat est terrible ». « Nous avons perdu notre âme ».

 

Or, voilà bien ce qui devrait alarmer plus encore les républicains que les ecclésiastiques : le triomphe de l'école privée n'est pas celui de l'école religieuse mais celui de l'école ségréguée. Toutes les études statistiques*, rendues ces dernières années plus nombreuses par les débats sur la carte scolaire, le montrent : la stagnation du poids relatif du privé cache, notamment au collège, une spécialisation sociale de plus en plus forte de sa clientèle (entre 2002 et 2009, le taux d'utilisation du privé par les catégories très favorisées est passé de 29 % à 32 % pendant que celui des défavorisées passait de 14 à 13 %) et une spécialisation spatiale sur les villes, là où l'hétérogénéité sociale lui livre le plus de candidats aisés au départ du collège de secteur. Chez Mgr Cattenoz à Avignon par exemple, où en moyenne 1 collégien sur 4 est dans le privé, tel collège public est plébiscité et seules 6% des familles du secteur lui échappent, tel autre est déserté par 43 % d'entre elles qui choisissent le privé ; entre ces deux situations extrêmes, ce qui change n'est pas le nombre de catholiques pratiquants dans le quartier - ni celui des jours de grève des professeurs - mais l'hétérogénéité sociale de la zone de recrutement. Quand elle est forte, la présence du privé sert d'échappatoire aux classes non défavorisées et joue comme une véritable machine à fabriquer des ZEP, dans lesquelles l'Etat s'ingénie ensuite - mais en vain – à implanter de coûteuses classes à profil censées maintenir la mixité.

Sur ces points, le récent rapport de la Sénatrice F. Cartron innove en imposant enfin dans le champ politique national le diagnostic « d'un degré de ségrégation scolaire plus fort que le degré de ségrégation résidentielle » et en faisant l'éloge courageux de la mixité sociale comme facteur de réussite scolaire. Plus audacieux encore, elle avance un remède : la modulation du financement de l'enseignement privé en fonction de la proportion d'enfants défavorisés qu'il accueille. Alors pyromane, belliqueuse, Mme la Sénatrice ?

 

Est-ce rallumer la guerre scolaire que de vouloir mesurer « l'intérêt » de la loi Debré (1959) à l'aune de tous ses effets et pas seulement d'un seul, l'accès gratuit ou presque à la « liberté d'enseignement » pour 17 % des familles ?

Est-ce rallumer la guerre scolaire que de voir un paradoxe à faire financer intégralement par la collectivité un système qui la rend impuissante ? Impuissance des professeurs à surmonter la concentration artificielle des problèmes sociaux dans certains collèges publics ; impuissance des Conseils Généraux, comme celui de Vaucluse en décembre 2012 à Carpentras, à utiliser la sectorisation pour rééquilibrer les établissements publics entre eux, face au chantage des départs dans le privé.

Est-ce rallumer la guerre scolaire de ne voir qu'une imposture dans l'attitude de nombreux médias qui dénoncent l'incapacité du système scolaire français à lutter contre les déterminismes sociaux tout en encensant des établissements dont la vocation première est de garantir aux élites un entre-soi de plus en plus sélectif et in fine leur reproduction ? Souvent thuriféraires du « modèle » finlandais pour ses résultats PISA, pourquoi éludent-ils le fait que dans ce pays l'Etat dissuade l'école privée et que 98 % des élèves partagent le même établissement ?

C'est en disant oeuvrer à l'extinction de la guerre scolaire que Michel Debré déclarait à l'Assemblée le 23 décembre 1959 « l'Etat n'a pas non plus le droit de créer une division nationale profonde par l'organisation artificielle d'un nouvel édifice qui serait, face à l'enseignement public, un concurrent permanent ». Est-ce la rallumer que de se demander si 54 ans plus tard, en toute connaissance de ses effets, M. Debré lui-même voterait encore sa loi ?

Serait-ce rallumer la guerre scolaire que de réaliser les rêves du secrétaire général de l'enseignement catholique : « normaliser » sa clientèle ou le rendre réellement « 30 à 40 % moins cher » pour les contribuables en lui coupant les crédits quand il sabote le service public au lieu d'y participer ?

 

*Ecole d'économie de Paris 2012, Conseil Général de Vaucluse 2010 et 2012, Rapport au Sénat du 27 mai 2012

 


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24 réactions à cet article    


  • BOBW BOBW 13 mars 2013 21:02

     Redonnons la force et les moyens indispensables à la survie de notre École Publique et laïque Républicaine face aux privatisations au service essentiel du profit...


    • La mouche du coche La mouche du coche 14 mars 2013 18:16

      Article anti - catholique haineux du jour . smiley


    • Daniel D. Daniel D. 13 mars 2013 22:57

      Quoi de mieux qu’une morale républicaine obligatoire dans une école ripublicaine unique et bien formaté par la ripoublique, sans possibilité de l’éviter, pour créer de bons petits con-sommateurs bien conforma a la doxa. C’est vrai ça, comment formater les jeunes si une partie ne subit pas le lavage de cerveau et garde une liberté de pensé. Quelle horreur, des gens qui pensent par eux meme !

      Et a coté on continue avec l’ENA et les autres grandes ecoles pour former des technocrates qui détruisent le pays par leur incompréhension de certaines réalités(le rôle de représentant et non de chefaillon) et leur soumission aveugle et totale a d’autres(stupidité abyssale concernant l’Économie entre autre)

      Plutôt que d’être de vrai Hommes, restons des serpillères et implorons le tout numérique comme aux états unis. Vite vite, que les jeunes ne sachent plus écrire du tout, que toute les communication longue distance passe par le numérique, qu’ils soient incapable de faire sans, et par le traitement des données et la soumission légale des fournisseurs d’accès, un peuple d’esclave moutons naitra et plus rien n’échapperas a l’attention de big brother... la liberté de pensé se seras éteinte dans l’indifference générale.

      Vous voulez faire des économies ? SORTEZ DE L EURO ET DU SYSTÈME FINANCIER QUI NOUS VOLE !!

      S’en prendre a l’éducation est pitoyable. Seul un peuple suicidaire, ou des chefs malades s’attaquent a l’instruction. D’ailleurs votre article ne cherche pas a ce que les établissement publics arrivent aux même résultats que le privé, non, ce qui vous interresse c’est de faire des économies ? pauvres formaté par la télévision, qui implore sa mise en esclavage.

      « Le manque d’instruction est la première des chaines de l’esclavage »

      Quel affront a la ripoublique, imaginez cela, ils voudraient que les élèves ai une pensée rationnelle et personnelle, au lieu d’avoir le pret a penser ripoublicain de formaté dans le crane. Quel manque pour leur intégrité psychologique de ne pas savoir en pleine adolescence que malgres une sévère paire de balloche ils peuvent se sentir et se dire femme ... insupportable spoliation de la viriti obligatoire. Sauvons les enfants ...

      Ca fait quelques temps que les parasites lorgnent sur l’éducation, et vu l’avancement de leurs autres projets, ils cherchent a accélérer la prise de contrôle de tout ce qui ouvre l’esprit.

      Daniel D.


      • soi même 13 mars 2013 23:47

        Que c’est triste, toujours la même astuce, au lieux de se posé la question, en quoi je suis responsable de cette fuite d’élevé vers le privé, leur meilleur réponse est de cracher sur la concurrence.
        Camelot du roi, c’est que vous êtes !


        • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 00:47

          Quelle « astuce » svp ? Tous les chiffres donnés sont vérifiables. 


          Et où, le « crachat » svp ? C’est l’organisation et le financement collectif d’un système délibérément ségrégatif qui sont ici interrogés, nullement les personnes qui travaillent dedans. Ce sont d’ailleurs les mêmes (mêmes formations, mêmes salaires, mêmes vacances !) des deux côtés de cette « concurrence ».

        • ffi ffi 14 mars 2013 11:17

          Il me semble que l’Etat ne paye que les profs de l’enseignement privé, tout le reste (matériel scolaire, personnels d’administration,...etc), étant à sa charge, d’où le tarif à l’entrée.
           
          D’autre part, il y a un certain nombre de lycées fameux, publics, (lycées Louis-le-Grand, Henri IV) qui font une sélection à l’entrée.

          Personnellement, il ne me choque pas que l’État entretienne certaines filières d’excellence, il s’agit aussi d’avoir des élites bien instruites, c’est profitable au bien commun.


        • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 15:29

          @ffi


          L’Etat oui = 7 milliards.

          Mais il y a aussi les collectivités locales : elles doivent payer TOUTES les dépenses de fonctionnement (matériel et personnels) en calculant un forfait aligné sur le coût d’un élève du public + 10% (maxi) des dépenses d’investissement.

          C’est d’autant plus inique que le privé reçoit cet argent alors qu’il accueille 2 fois moins d’élèves handicapés, de classes d’enseignement adapté... Bref qu’il assume pas grand-chose de ce qui coûte le plus cher !

        •  C BARRATIER C BARRATIER 14 mars 2013 09:17

          Intéressant article. Oui l’école catholique est une école de classe, par son histoire, fréquentée, mais aussi parfois construite par des familles riches qui ne voulaient pas que leurs enfants se mélangent à ceux de l’école publique. Et comme tous les riches, ils souhaitent faire payer l’Etat pour leur école de riches, les fonds publics les intéressent, pas l’école publique.
          C’est bien l’église catholique qui a combattu et combat l’école publique. Certes, en favorisant l’école confessionnelle, elle fait le lit de l’école coranique de demain qui va arriver en tsumani. Mais elle préfère une école ségrégative, socialement et culturellement à une école laïque de rassemblement et de respect. Elle a atteint son but avec le discours de LATRAN de SARKOZY annonçant la fin de l’instituteur public pour remettre tous les enfants dans les mains de curés, imams, rabbins. L’enjeu de l’affaire dépasse la ségrégation de classe, nous marchons vers le communautarisme destructeur...et le Ministre actuel de l’Education nationale continue dans la même voie de la trahison de la République ouverte par Guy Mollet, Boulloche...contributeurs de la loi DEBRE de 1959.

          Voir en page alphabétique des news :

          Ecole publique attaquée, affaiblie, le communautarisme menace http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=149

           


          • ffi ffi 14 mars 2013 11:06

            Historiquement, c’est tout-à-fait faux : l’instruction, sous l’ancien régime, a toujours été gratuite pour les pauvres et c’est l’église qui l’organisait ainsi.

            Sous la IIIème République, craignant la main-mise sur les conscience de l’Église par l’instruction qu’elle donnait, l’État fut utilisé par ses dirigeants (dont Jules Ferry) pour mettre en place une instruction Étatique. Cependant, l’enseignement catholique avait gardé un prestige suffisant pour qu’il perdurât. Maintenant, ses résultats parlent pour lui, et il est donc logique qu’il garde un certain attrait.
             
            Par exemple, le président actuel, le socialiste François hollande, a fait ses études au pensionnat Jean-Baptiste de la Salle, à Rouen.


          • Daniel D. Daniel D. 14 mars 2013 15:08

            Vous allez avoir du travail avec ce sujet ffi, car l’Éducation est la nouvelle cible des maçons, il leur faut l’éducation, c’est la clé de la réussite d’une transformation sociétale.

            Comme l’ont annoncé certains du gouvernement, les enfants sont devenus les parents de leur parents, et en leur donnant de « bonnes » valeurs, elles se pérenniseront dans la société, pour le plus grand bien de tous, surtout si le système médiatique complète le cadre.

            Une bonne grosse égalisation par le bas, avec nouvelle morale, et théorie du genre présenté comme vérité scientifique pour tous. Une base formatée et une élite formatée un peu différemment à l’ENA et dans les grandes écoles, et en quelques temps on auras un pays orwellien, avec des bêta de l’ENA, des gamma du peuple, des alpha, leur nouveau monde.

            Il faut témoigner et tenir bon, essayer de protéger ce qui peut l’être.

            Daniel D.


          • eric 14 mars 2013 11:28

            Le libre choix de l’ecole par les parents est un droit de l’homme. Ce n’est pas a vous que j’apprendrai la difference entre liberte formelle et reelle. Que serait un droit sans son financement ?
            Le succes du prive est bien le signe de l’echec du public. Il est plus large que vous ne le pensez. Si a un moment donne seuls 20% des enfants beneficient de ce droit, du fait de quotas iniques imposes par les syndicats du public, 50% des familles ont recours a l’enseignement catholique a un moment ou un autre de leur vie pour l’un ou l’autre de leurs enfants.
            Cet echec est d’abord lie aux choix ideologiques du public.
            Votre article en est une illustration. La mixite sociale est un objectif ideologique et non pedagogique. A vous entendre, on pourrait croire que la reussite scolaire des enfants de familles pauvres, culturellement ou financierement, depend plus du nombre de « gosses de riches » dans leur classe que de la qualite des profs et de l’adaptation de leur pedagogie a leurs realite culturelles. C’est en soi un constat d’echec des enseignants. C’est aussi le signe d’un fort mepris des pauvres. Comme si du seul « niveau des parents » dependait celui des eleves. Mettre un fils d’agreges dans la meme classe qu’un migrant recent est satisfaisant pour un esprit ideologique, mais evidemment stupide sur le plan pedagogique.
            Surtout, comme tous vos collegues, vous manifestez ici que pour vous, l’ecole est faites pour les profs, pas pour les enfants et leurs familles. Parce que ce desir de « mixite », il vous soucie pour les eleves, pas pour les enseignants. L’anciennete moyenne des profs en zone difficile est de deux ans. On y met en penitence les debutants, qui fuient des que possible vers les lycees biens calme de centre ville...
            Idem pour leurs propres gosses : 40% de dispenses de carte scolaire pour les enfants d’enseignants de la region parisienne quand elle existait. Et tous les etablissement de la region ne sont pas « difficiles »...Cela veut dire que tous les enfants de profs echappaient a la mixite sociale...
            C’est vraiment faites ce que je dis, pas ce que je fais.
            Tous cela, l’EN l’a admis, par inadvertance dans le rapport Obin. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843

            Aujourd’hui, le vrai enjeu, reclamme a travers tous les sondages, en particulier par les populations les plus defavorises, c’est un acces facilite au prive. Je ne vois pas au nom de quel prinicpe superieur, on continue a tolerer le fait de financer a fond perdu une ecole publique incapable de se mettre a la portee des enfants les plus defavorises avec des moyens par eleves en euro constants double en trente an. C’est cela le vrai gaspillage scandaleux.


            • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 15:19

              Dans l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (qui n’a pas valeur constitutionnelle), on trouve en effet « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation donnée à leur enfant ». Et alors ? 


              - Etes-vous aussi pour qu’on paye les billets d’avion, de bateau (passeurs inclus bien sûr !) des migrants par exemple ? Non ? Pourtant l’article 13 de la même Déclaration ne dit-il pas que « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » ? Cela ne vous indigne-t-il pas que ce droit n’ait pas son financement ?

              - Si ce droit au choix d’éducation est si fondamental qu’il faut le faire payer par les impôts de tous, pourquoi est-ce que tant de démocraties s’en dispensent ? Pourquoi la France est-elle, avec la Belgique, une exception mondiale depuis la loi Debré ? 

              Bref, en « bon » juriste, ne faites-vous pas une différence de nature entre le texte que vous citez et le Préambule de la Constitution de 1946 qui dit : « l’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïc est un devoir de l’Etat ». 
              Organisation = financement de l’Etat. 
              Droit au choix = pas de monopole d’Etat, mais pas de financement non plus.

              Quant au « mépris des pauvres » qui transparaîtrait dans mon analyse... J’y vois un jugement provocateur destiné à trolliser ce forum. Il est si peu fondé qu’il ne mérite pas que j’y réponde. Vous risqueriez d’en profiter pour esquiver les arguments ci-dessus.

            • Ornithorynque Ornithorynque 14 mars 2013 13:05

              L’idée selon laquelle l’école privée est ségrégative est simplement fausse.

              En tant que Président d’APEL, nous finançons via une caisse de solidarité, systématiquement chaque année la scolarité de plusieurs enfants dont les familles traversent des passages difficiles, ou sont structurellement incapables de payer la scolarité.

              Pour info, cette scolarité s’élève à 140€ par mois et par enfant. Soit 4 abonnements de telephone mobile ou TV cablée...

              Certains font des choix.


              • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 15:37

                Combien d’enfants accueillis dans ces conditions sur les 2 millions svp ?


                Et 140€ / mois, un tarif préférentiel ???? Ca fait 1400€ / an, soit environ 2 fois plus que le prix constaté dans le collège privé à côté de chez moi. 



              • Tristan Valmour 14 mars 2013 15:40

                N’importe quoi cet article

                Je suis toujours en relation avec un certain nombre de profs dans l’enseignement privé aussi bien que public. A vrai dire, je suis pour la cohabitation des deux. Par conséquent on ne saurait me taxer d’être pro-privé pour les propos suivants.

                1.  D’après ce que je sais, les profs du privé qui ont débattu du mariage gay (et non du mariage pour tous, c’est un abus de langage), ont vraiment débattu. Il y a donc eu les pour et les contre, aussi bien chez les profs que chez les élèves.

                2.  Tous les profs de lettres, sciences humaines et sciences économiques organisent des débats sur de nombreux sujets sociaux, sociétaux, tout au long de l’année sans que cela ne gêne usuellement quiconque. Sauf dans des établissements où il ne faut pas parler de certains sujets sous peine d’émeute !

                3.  Quand on est un parent qui aime son enfant et qui a les moyens financiers d’éduquer son enfant comme il conviendrait, il est parfaitement légitime de veiller à sa sécurité et à son éducation. C’est irréprochable. Il y a des bisounours socialos et friqués qui par principe ont mis leurs enfants dans des établissements difficiles. Ils ont été forcés de les retirer, et je vous parle d’expériences, avec un « S. » Insultes, crachats, casiers défoncés, racket, etc. Il n’y a pas à accepter cela. On peut être pauvre ou riche (il y a aussi des enfants de riches cons et péteux), Blanc, Noir, Arabe, laïc, musulman, chrétien ou juif, mais on doit être éduqué ! Sauf dans quelques cas de pathologies neurologiques ou psychologiques, l’empathie permet de savoir si on fait du bien ou du mal à l’autre. Et ceux qui s’évertuent à faire du mal à l’autre n’ont rien à faire dans un lieu où ils sont censés recevoir du bien, censés s’élever. S’il existe un problème avec certains établissements, il faut chercher les responsabilités (il y a des chefs d’établissement qui pourrissent un établissement, mais il y a surtout un problème de société en Europe) et prendre les mesures appropriées. J’ai la chance de vivre dans un pays où les gens sont tous bien élevés, et franchement, même s’il faut travailler plus, c’est très agréable. Tu fais ton job, tu es reconnu, respecté…et stressless !

                4.  Il est parfaitement faux de dire que le privé rassemble la meilleure population. Il y a pas mal d’établissements publics de centre ville qui se portent très bien, merci. Il y a aussi des élèves qui ont été définitivement virés du public pour se retrouver dans le privé, dont l’esprit est de donner une chance à chacun. Il est vrai que cet esprit n’est pas toujours appliqué. Mais le message global est : « tant que tu progresses, tu restes ». Il existe aussi des guerres entre établissements publics pour gagner du prestige (ainsi le proviseur ou principal montera en grade), attirer plus d’élèves pour avoir plus de moyens, etc.

                5.  Il n’y a pas de grande différence de niveau entre le public et le privé. La différence essentielle, c’est que le privé peut virer le personnel administratif, le personnel dirigeant et la horde de ceux qui n’ont passé aucun concours. Dans le public, on est promu ou reclassé. Les profs, quant à eux, sont quasiment les mêmes – il y a de bons et mauvais profs partout -, avec une présence moindre des syndicats. Quant aux crucifix, il faut aller les chercher. Dernière chose, le privé est à la pointe des innovations pédagogiques, bonnes ou mauvaises.


                • Sinbuck Sinbuck 14 mars 2013 16:01

                  J’ai travaillé 9 ans dans l’enseignement publique et 10 dans l’enseignement privé.
                  Quelles en sont les différences ?
                  Au cours des rencontres parents-profs, ce qui ressort le plus est la proximité de l’équipe éducative avec les élèves (dans le privé). Les parents sont très surpris de cette différence. Leurs enfants souffraient dans des complexes publics de plus en plus grands qui dé-personnifient l’élève complètement noyé dans un collège-lycée qui comptent 10 ou 11 classes dans les mêmes sections/niveaux. L’EN, pour diminuer les coûts de fonctionnement des établissements, est responsable de cela.
                  Dans l’enseignement privé, le prof et l’équipe pédagogique a beaucoup plus d’autonomie que dans le public. Par exemple, si je souhaite faire une conférence sur l’astronomie et installer quelques télescopes dans la cour (pour observer les tâches solaires), je n’ai pas besoin d’écrire un projet de 10 pages en trois exemplaires pour que cela soit validé (1 ou 2 mois après), il me suffit d’en parler le midi à table et le tour est joué ! La différence est de taille et les projets dans le public souffrent de ce fonctionnement administratif beaucoup trop lourd.


                  • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 16:23

                    Ca va vous surprendre, mais je suis d’accord avec vous : le choix du privé par les familles qui le peuvent, dans les conditions actuelles qui sont parfois celles que vous décrivez (établissements de secteur défaillants voire dangereux), est parfaitement rationnel. Aucun parent ne souhaite mettre en danger sa progéniture ou compromettre son avenir scolaire.


                    Ce qui est insupportable c’est que l’Etat non seulement tolère le sort des enfants qui ne partent pas de l’établissement de secteur (et donc continuent de subir violences et relégation sociale) mais l’encourage en finançant l’intégralité de la scolarité dans le privé. Sur le plan politique, en organisant à grands frais l’exfiltration des élites de ces établissements, l’Etat contribue à rendre la classe dominante insensible à la question scolaire puisque si l’établissement de secteur ne convient pas, il y a toujours une porte de sortie vers un entre-soi douillet moyennant quelques centaines d’euros par an. Vous appelez peut-être ça une République. Moi pas : car ce que vous tolérez, c’est in fine que la naissance détermine de plus en plus les destins.

                    ps : il ne suffit pas de dire « c’est faux » ou « c’est n’importe quoi » pour convaincre. Vos exemples isolés (point 4) ne prouvent pas que les chiffres nationaux cités par Fack et Grenet (école d’économie de Paris d’après les stats du Ministère) sur le rétrécissement de la base sociale du recrutement du privé soient faux. Si vous avez autre chose que votre doigt mouillé comme source, je suis preneur... 



                    • Tristan Valmour 14 mars 2013 17:55

                      Vous savez, il y a les statistiques, l’interprétation des statistiques, et le travail fait par les rédacteurs pour orienter l’emploi des statistiques et véhiculer une certaine idéologie.

                      Moi je n’ai aucune idéologie, je ne suis ni de gauche, ni de droite, et en même temps l’un et l’autre. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits.

                      Je n’ai pas lu le rapport que vous citez, je n’en parlerai donc pas. Mais ce que je sais, et plus qu’avec un doigt mouillé, c’est que dans l’esprit de l’école catho, il faut accepter tout élève, on lui demande seulement de progresser. Et comme l’a si bien dit un commentateur, l’école catho considère être en relation avec une personne avant un élève. Et cette école dispose de services externes pour aider les élèves : détection des problèmes, résolution des problèmes, et d’une capacité à innover sur le plan pédagogique. Ils font de la veille, ils sont en mouvement, et sont beaucoup moins frileux que le public. Ca ne veut pas dire que les problèmes sont forcément résolus. Mais c’est une école au service de l’élève. L’école publique, c’est l’école au service du système. Et je n’ai pas écrit que c’était en soi mauvais. C’est l’usage qui en est fait qui est mauvais, et je sais que vous me rejoignez.

                      Ce que je sais aussi, c’est que les écoles primaires catho de certaines villes de gauche ont de grosses difficultés à rénover les bâtiments, à s’équiper, parce que les politiques freinent toute aide. Et là, je suis désolé, mais un élève n’a pas à être l’enjeu des politiques. 

                      Vous parlez de financement de la scolarité, et ça tombe bien. L’école n’est pas gratuite, elle est payée par les recettes fiscales, et les contribuables n’ont pas droit au chapitre. Ils ne peuvent pas décider à quoi serviront leurs prélèvements. On parle d’enfant là, non ? De ce qu’il y a de plus précieux. Pourquoi les parents ne pourraient-ils pas bénéficier de bons services pour leurs enfants ?

                      Il y a de fortes disparités entre quartiers, villes, départements, régions. Des disparités entre établissements publics qui luttent pour attirer les élèves, ouvrir des classes ou conserver leurs profs, etc. Les disparités public/privé sont vraiment secondaires.

                      Si l’Etat fait mal son travail, il faut vous en prendre à l’Etat. Mais pas à des gens qui tentent de faire leur travail correctement. A Singapour, les écoles privées et publiques sont toutes deux très performantes. Mais il est vrai que les élèves et étudiants sont civiques, respectueux, et qu’ils reçoivent dès le plus jeune âge des cours pour vivre ensemble. Malgré de grandes différences ethniques et religieuses. Donc, le problème n’est pas le multiculturalisme. Le problème ne vient pas non plus de la pauvreté parce qu’en Afrique Noire, les classes de 50 élèves travaillant dans des conditions indignes sont calmes et respectueuses. Le problème vient de ce que la France est administrée par des incompétents à tous les niveaux qui n’ont rien à foutre, mais vraiment rien à foutre de la population. Ces gens là, placés tout en haut de la pyramide vivent entre eux. Ce ne sont pas les middle classes, lower upper classes et middle upper classes qui posent problème en payant quelques centaines d’euros une inscription dans le privé. Et s’ils le font, c’est parce que l’Etat est défaillant ! N’accusez donc ni ces gens, ni ceux qui pallient la défaillance de l’Etat. Et si l’Etat est défaillant, ce n’est pas la faute de la majorité des fonctionnaires qui essaie de faire son travail dans des conditions toujours dégradées. La faute incombe aux dirigeants de l’Administration, ignorants et fainéants qui agissent en aristocrates. Il y a bien entendu dans la Haute Administration des gens compétents, intelligents et travailleurs, et le système tient encore grâce à eux. Mais il y a aussi beaucoup trop de copains de coquins qui n’en glandent pas une, qui affichent des titres acquis il y a plusieurs dizaines d’années et qui rêvent d’être au Collège de France. La France n’a jamais été une vraie République, toujours une Aristocratie, l’une chassant l’autre.

                      Il y a un autre problème, qui dépasse largement l’école : en France, il n’y a pas de culture du service. Et ça touche autant l’administration que le secteur privé marchand. Je suis revenu pour voter (Mélenchon 1er tour et Hollande au second afin d’éliminer Sarkôme, vous voyez que je peux critiquer les socialos sans être antisocialo) et ça m’a vraiment marqué.

                      Enfin, je suis contre tout système dominateur, aussi, non, je ne me satisfais pas de la déliquescence de la République. Mais franchement, l’esprit des Lumières, l’égalitarisme, ce sont de beaux mots que je fais miens, mais qui ne se sont jamais traduits dans les faits. L’Encyclopédie n’a jamais été ouvert, il a juste été écrit.


                      • Un partageux 14 mars 2013 19:28

                        Moi, le partageux rouge et noir, moi l’athée qui n’aime pas être emmerdé par les religieux, suis toujours gêné de lire ou entendre de telles déclarations que les gens qui travaillent dans les écoles « privées » ressentent comme des manifestations de haine. Alors que bien souvent ils travaillent dans ces écoles par les seuls hasards de la vie et de la difficulté à trouver du boulot. Mais le chômage semble si peu figurer au nombre de vos préoccupations que vous n’abordez même pas ce thème ! Alors que vous vous proposez pourtant de mettre au chômage ceux de vos collègues dont votre intolérance ne veut pas... 


                        On ne peut que vous recommander la lecture de « La haine de la religion » sous-titré « Comment l’athéisme est devenu l’opium du peuple de gauche » de Pierre Tevanian.

                        Mais là n’est pourtant pas encore le point le plus important. Alors que des millions de personnes ont pour tracas l’emploi, le revenu, le logement ou le financement de la santé (le remboursement dérisoire par la sécu de la très chère paire de lunettes ou des très chers soins dentaires...), alors que ces très légers détails empoisonnent la vie difficile de millions de personnes, vous ne trouvez rien de mieux que de détourner les regards avec un combat dont tout le monde, hors corporation enseignante, se contrefout tant il est dérisoire. 

                        Tout pendant qu’une partie de la gauche, censée DÉFENDRE D’ABORD LES PLUS PAUVRES, c’est la définition de la gauche, se perdra dans de telles bagarres corporatistes au lieu de se soucier du bien commun de tous et non de certains, la gauche continuera sa traversée du désert puisqu’elle n’est pas crédible...

                        • bibopelula bibopelula 14 mars 2013 20:11

                          Vous voyez une « haine de la religion » dans un article qui n’utilise pas une seule fois le mot laïcité ? 

                          Vous voyez du corporatisme dans un article qui ne parle à aucun moment des conditions de travail des enseignants mais seulement des façons inégales qu’ont les catégories sociales de profiter du budget de l’Education Nationale ? 

                          Vous ne voyez pas que 7 milliards d’euros d’argent public (quand le gouvernement s’apprête à aller en chercher 2 dans la poche des familles par exemple) ce n’est pas « dérisoire » ? Et que les utiliser pour renforcer les inégalités au lieu de les combattre, pour condamner les pauvres, les chômeurs, les dominés à le rester de génération en génération, c’est un crime de lèse-République ? 

                          Ben je crois que vous avez un problème avec vos yeux.

                        • Un partageux 14 mars 2013 22:13

                          Plutôt que de problème de vue je préfère parler de paresse intellectuelle. 

                          Il y a des écoles où la bourgeoisie pratique l’entre-soi. Belle découverte ! Mais elles sont aussi bien publiques que privées. Dois-je vous dresser la liste des lycées publics parisiens qui entrent dans cette catégorie ? Ou bien vous entretenir du lycée public de Versailles où un gros tiers des élèves arborent un brassard noir chaque 21 janvier ? Ou citer le lycée public de ma ville qui, depuis un siècle, n’a accueilli et n’accueille toujours QUE les enfants de l’oligarchie locale comme tout « lycée d’État de garçons » situé au cœur de la cité de chaque métropole départementale ?

                          Puis-je vous conseiller la lecture attentive de salairemoyen.com ? Cela vous convaincra bien mieux que je ne le ferais que la carte scolaire est un excellent moyen de poursuivre la ségrégation fondée sur la séparation géographique selon le revenu, le statut du logement, etc. Chez moi le revenu moyen par foyer fiscal est de 2 200 euros mensuels et ma ville ne compte que 38% de propriétaires occupants. Dans la ville qui la touche le revenu moyen est de 3 200 euros et le taux de propriétaires occupants est de 90%... Ça va déranger votre vision caricaturale mais... Pas une seule école privée dans la ville riche. Et cinq écoles cathos dans la ville pauvre. Dont quatre sont connues pour leur accueil d’élèves « difficiles ». Cette semaine encore j’ai participé à une réunion où la représentante de l’IA, avec l’assentiment de la médecine scolaire, nous parlait d’un élève particulièrement hors normes d’une école (privée) qui sait s’adapter aux profils atypiques.

                          Revenons enfin au cœur des préoccupations de notre époque. CINQ millions de personnes n’ont pas de couverture mutuelle faute de pouvoir la payer. CINQ millions de chômeurs. DIX millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. DIX millions de personnes en délicatesse avec le logement. On voit maintenant quantité de sourires édentés puisque le dentiste est réservé aux assez riches pour payer puisque même les mutuelles remboursent très mal les soins dentaires. La tuberculose a fait son grand retour.

                          Et une partie de la gauche ne trouve rien de mieux à faire que d’amuser les citoyens avec des billevesées. En s’étonnant ensuite du dédain que le peuple lui manifeste... 


                        • CHENARD Valérie 14 mars 2013 23:24

                          Bonjour,
                          Intéressant. Je tenais juste à rajouter que l’article 106 du TFUE ordonne aux Etats membres de l’UE (qui ont signé cette constitution européenne malgré notre NON par référendum en 2005) de supprimer les monopoles d’Etat et les mettre dans les mains des marchés privés.

                          Article 106
                          (ex-article 86 TCE)
                          1. Les États membres, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ilsaccordent des droits spéciaux ou exclusifs, n’édictent ni ne maintiennent aucune mesure contraire aux
                          règles des traités, notamment à celles prévues aux articles 18 et 101 à 109 inclus.
                          2. Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant lecaractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles deconcurrence, dans les limites où l’application de ces règles ne fait pas échec à l’accomplissement
                          en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. Le développement des échanges ne doit pas être affecté dans une mesure contraire à l’intérêt de l’Union.
                          3. La Commission veille à l’application des dispositions du présent article et adresse , en tant quede besoin, les directives ou décisions appropriées aux États membres.

                          Une des nombreuses raisons pour sortir de l’UE par l’article 50.


                          • thomthom 16 mars 2013 10:25

                            Ne pensez-vous pas que si le « privé » a autant de succès, ce n’est pas à cause de l’école publique, à qui on ne pourra pas reprocher d’être « ouverte à tous », et donc de ne pas pratiquer la sélection des élève qui existe dans le privé, mais plutôt à cause de l’irresponsabilité d’une part croissante de parents, incapables d’éduquer leurs enfants, de leurs transmettre les rudiments de bienséance, de respect des autres, et de savoir vivre ????

                            Car c’est bien ça le problème : il suffit de 20% d’élèves manquant profondément d’éducation dans une classe pour que non seulement cela pourisse la vie des autres élèves, les empêche de travailler mais même puisse avoir un effet négatif sur leur comportement (par influence), réduisant à néant au passage le travail des parents qui font juste leur boulot de parent convenablement.

                            Et dans de nombreux quartiers, ce taux (que j’ai estimé un peu arbitrairement à 20%, mais c’est l’idée qui compte) est très largement dépassé.... alors un peu de compréhension pour les parents qui, voulant juste que leurs enfants vivent leur scolarité dans des conditions acceptable,se tournent vers des établissements qui pratiquent un minimum de sélection (éliminent les parasites), quitte à devoir payer un « supplément » pour cela.

                            J’ai pour a part passé toute ma scolarité (hormi études supérieures, mais c’est un utre débat) dans le public. je ne m’en suis jamais plaint et je n’aurais pas imaginé, lorsque j’ai quitté le lycée, que mes futurs enfants pourraient aller dans le privé. Mais aujourd’hui, quand je vois les zouaves qui peuplent le collège de mon quartier, surexcités,malpolis, injurieux, agressifs, et par voie de conséquences les résultats inévitablement désastreux de ces établissements aux examens, et bien cela m’incite fortement, et je pense à jute titre, à faire le nécessaire pour que mon bout de chou nouvellement arrivé puisse passer sa scolarité dans l’établissement privé voisin. Non pas parce qu’il est catholique, non pas parce que j’aurais des ambitions démesures pour mon gamin, espérant qu’il fasse partie d’une certaine « élite », souvent déconnectée de la réalité, non pas pour qu’il ne côtoie pas de « pauvres » ou « d’immigrés ».... mais juste pour qu’il puisse passer sa scolarité dans des conditions normales, que ses chances de réussite ne soient pas plombées par le comportement de quelques élèves qui empêchent toute la classe de travailler, qu’il ne risque pas de subir toutes sortes de violences (morales ou physiques) de la part de certains de ses camarades qui le dégouteraient de l’école voire pire.

                            Je vais passer pour un vieux con, mais je peux vous assurer que ce que je décris est la réalité du collège de mon quartier, la réalité aussi du collège où j’ai passé ma scolarité, et dans lequel, il y a 20 ans, l’ambiance n’avait rien à voir avec ce qu’on peut voir aujourd’hui.

                            Alors encore une fois, ne pointons pas du doigt l’école publique qui ne fait que son job en accueillant « tout le monde », mais surtout le nombre croissant de parents qui ne font plus leur job, et dont les enfants pourrissent l’ambiance des établissement et les résultats scolaires de l’ensemble des élèves de ses établissements.


                            • bibopelula bibopelula 16 mars 2013 11:20

                              Me permettez-vous de vous suggérer de lire ci-dessus ma réponse au commentaire de Tristan Valmour (14 mars, 16h23) ? Vous y verrez qu’on est deux vieux cons... Mais qu’on en tire pas la même conclusion.

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