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Accueil du site > Tribune Libre > Il est tellement agréable de ne pas voir le problème

Il est tellement agréable de ne pas voir le problème

Ceux qui en vivent ne savent répondre, quand on leur en parle, que par l’insulte, la dérision ou la censure ; jamais une seule réponse de fond. Le monde entier s’interroge sur ce qui se passe dans cet Occident qui avait depuis quelques siècles montré la voie du progrès et qui, depuis 50 ans, s’autodétruit avec une fierté incompréhensible. De plus en plus d’États se rassemblent dans les BRICS qui ne voient que de l’arrogance dans cette fierté revendiquée. Les peuples occidentaux sont écartelés entre la facilité apparente de la vie qu’apporte le refus de voir le problème, et l’évidence que rien ne tourne rond. Ils se réfugient dans les idéologies qui apportent toutes des solutions simples à un problème mal posé. Ils s’y enferment en maudissant à juste titre toutes les autres idéologies, ce qui les entraîne vers les affrontements violents voire haineux entre les certitudes variées qui encombrent la politique et les médias. Mais quel est donc ce foutu problème que personne ne veut voir ?

On ne peut même pas l’aborder directement car, comme personne ne veut le voir, le simple fait d’en parler fait tirer les rideaux. Il faut d’abord passer par la désacralisation de l’économie qui a été faussement érigée en science. Pendant que l’immense majorité des Français se sécurise en justifiant son incompréhension par un commode « je ne suis pas économiste », une toute petite minorité construit des usines à gaz teintés d’histoire et des ballons de baudruche teintés de bon sens dans l’unique but de « faire sérieux » et de rendre difficile les examens des futurs diplômés qui ne s’en serviront que pour leur première embauche. L’économie n’est pas une science, elle est comme l’indique son nom grec οἰκονομία, oikonomía, une gestion de la maison. Et tout le monde sait qu’une bonne gestion de la maison est simplement la recherche difficile et quotidienne du cumul du concret, de l’équilibre et de l’harmonie. Rien de scientifique dans tout ça et nous sommes tous, et tous les jours, des économistes.

Mais les économistes officiels ont créé des idéologies qui sont toutes de fausses harmonies scientifiquement appuyées sur de faux équilibres logiquement construits sur une seule fausse idée, identique dans toutes les idéologies et base de toutes les erreurs. Cette idée fausse ne peut pas à l’évidence être concrète mais elle plait au peuple, c’est la création de richesse avec la croissance qui est sa conséquence.

Tout vient du double sens du mot création. Il y a la création ex nihilo qui est le domaine des dieux et la création par transformation de l’existant, appelée production qui est le domaine des hommes. La production elle-même n’est pas forcément richesse et l’homme ne produit pas de richesses quand il transforme l’eau qu’il boit en sueur, en urine et en larmes.

Mais comme chacun voit bien dans sa vie personnelle qu’il se crée à lui-même des richesses en travaillant, il est très tentant de croire que nous nous créons collectivement des richesses en travaillant tous, ce qui est totalement faux. La richesse n’étant qu’un regard, si le travail personnel peut se transformer en richesse individuelle, c’est exclusivement parce que le résultat du travail personnel va être vu par quelqu’un d’autre comme une richesse et être désiré. L’autre va donc l’acheter en s’appauvrissant. Il n’y a aucune création, il y a échange de deux productions dont l’argent, fruit du travail de l’acheteur. Il y a simplement eu échange de travail, utilisation intelligente de l’énergie des deux. Il y a eu deux enrichissements personnels puisque l’échange a été volontaire et satisfaisant pour les deux mais, comme tout a été consommé ou utilisé, il n’y a eu en aucun cas création collective de richesse si ce n’est le regard que nous portons sur nous-mêmes. Rien de scientifique et rien de mathématique là-dedans, un simple échange d’énergie humaine.

L’ambiguïté sémantique entre création, production et richesse permet toutes les constructions idéologiques de la pseudoscience économique. Les deux erreurs les plus tentantes et les plus fréquentes sont de se prendre pour des dieux en prenant des transformations pour des créations ex nihilo et confondre production et richesse, la production étant une réalité concrète et stable alors que la richesse n’est qu’un regard abstrait et changeant.

Le principe théorique aberrant de l’économie est d’utiliser deux fois une seule production. Elle est d’abord acheté par le client en échange de son argent. Mais cet échange est considéré par l’économie comme contributif à la richesse nationale et comptabilisé dans le PIB dont on utilisera des pourcentages comme si la richesse qu’il pense chiffrer et pouvoir utiliser, n’avait pas été déjà consommée ou récupérée par l’acheteur. Le vice fondamental de la science économique est de dire à la fois que le PIB chiffre la création de richesse et qu’il est la somme des dépenses. Le refus paresseux d’aller voir ce que dit l’Insee dispense de voir que l’Insee affirme à la fois que le PIB « vise à chiffrer la richesse créée » et qu’on le mesure « par la somme de toutes les dépenses finales ». Certes l’Insee le mesure aussi par les valeurs ajoutées des entreprises et par l’origine de l’argent dépensé, mais il tait que la valeur ajoutée n’existe que par la dépense des clients. Plus les Français dépensent, plus il y a de fonctionnaires, plus on les augmente, plus il y a de trafic de drogue et de prostitution, plus la France s’enrichit. Travaillez pour dépenser et consommer, et réjouissez-vous car en dépensant vous produisez de la richesse nationale. C’est tellement bête qu’on se demande comment il est possible qu’une telle absurdité perdure et soit même enseignée.

Pour le comprendre il faut non seulement comprendre qu’il n’y a pas de création de richesse mais il faut encore comprendre comment la monnaie scripturale permet de faire croire à la création de richesse en faisant grimper la dette mondiale. Pour rappel, la monnaie scripturale est la monnaie provisoire créée ex nihilo par n’importe quelle banque pour être prêtée avec intérêt et détruite dès récupération. Et comme les banques en créent beaucoup plus qu’elles n’en détruisent, la dette mondiale flambe aussi vite que les liquidités mises à disposition des déjà riches qui nous font croire en les dépensant que nous sommes un pays riche alors que nous sommes simplement devenus un pays inactif, endetté et bêtement fier de l’être.

Et c’est là que l’on peut enfin aborder le problème que personne ne veut voir et qui permet depuis 50 ans de rendre apparemment possible ce qui ne l’est pas : c’est la dépense. Nous dépensons à tort et à travers un argent que nous fabriquons pour subventionner, pour nous donner bonne conscience avec tous les « quoiqu’il en coûte » qui évitent les choix difficiles mais totalement indispensables que nous reportons pour ne pas les affronter, et ce, avec la complicité active des politiciens et des médias qui voient toujours l’emprunt et la dépense comme les solutions des problèmes. Sacrifier l’avenir au présent est la constante de tous les politiques actuels en empêchant le peuple de comprendre ce qui se passe.

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que l’homme et la femme ont toujours et partout fondé leur égalité sur leur interdépendance, leur avantage comparatif comme le disait David Ricardo pour l’égalité des États ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, qu’il faut sérieusement augmenter ceux qui produisent, les agriculteurs, les mères au foyer, les ouvriers et les artisans, ainsi que ceux qui les assistent ou les préparent comme les encadrants, les médecins ou les enseignants, tout en taillant dans le vif aussi bien les parasites du haut qui ne sont que dans la communication, que les parasites du bas qui croient suffisamment à la création de richesse pour ne vouloir qu’en profiter. Ils prospèrent actuellement tous les deux, ceux du haut créant les idéologies qui permettent avec ceux du bas d’écraser ceux qui produisent encore.

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que nous vivons une incohérence générale qui se fait grignoter par un islam cohérent mais dont la cohérence n’est pas celle qui fut la nôtre ? Ne faut-il pas retrouver notre cohérence ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que nous devons inscrire dans la constitution l’interdiction de voter des budgets déficitaires après avoir enfin compris que le PIB ne chiffre que la somme des dépenses ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que nous devons retrouver l’esprit de la charte de La Havane qui a été signée unanimement en 1948 par l’ONU en y fondant l’OIC, l’office international du commerce, et qui obligeait, par les droits de douane nécessaires, à une balance commerciale équilibrée (la balance des paiements pour être précis) ? Nous avons sombré hors ONU dans l’encombrant OMC qui dit l’exact contraire.

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que l’université n’est qu’un moment de travail intense pour le tout petit nombre qui a la capacité d’aider les autres à mieux produire ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que l’Union Européenne n’est qu’un condensé idéologique de tout ce qu’il ne faut pas faire et qu’attendre simplement son pourrissement inéluctable est en train de devenir suicidaire ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que la compétitivité n’est pas ce qu’elle est devenue, à savoir tenter de faire payer les autres, mais une concurrence, courir ensemble, une compétition, une pétition commune au dépassement de soi ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que la valeur de l’argent ne dépend que de la qualité de l’énergie humaine dépensée pour l’obtenir et que l’argent est par définition limité ?

Comment comprendre, quand l’argent coule à flots pour ceux qui y ont accès, que toutes ces questions dérangent et que le pouvoir a surtout envie de les mettre sous le tapis en s’intéressant beaucoup plus à lui-même qu’à son peuple quand il dépense un argent sans valeur qu’il fait créer pour l’emprunter par des gens qui y ont intérêt ?

Ludwig von Mises, a écrit en 1949 dans Human Action :

Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. La seule question est de savoir si la crise arrivera plus tôt, par l’arrêt volontaire de la création de monnaie, ou bien plus tard, par l’effondrement final et total du système monétaire en cause.

Nous avons choisi l’effondrement et ne nous y préparons pas.


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30 réactions à cet article    


  • Hervé Hum Hervé Hum 26 octobre 2024 12:47

    Le problème n’est pas le crédit, mais son utilisation

    D’abord le fait qu’il donne lieu à un intérêt qui déséquilibre l’échange et dont l’intérêt nécessite la création de monnaie de thésaurisation ou indestructible sauf par la faillite de la monnaie.

    Secondement parce que si le crédit n’est pas bien maitrisé (et il ne peut pas l’être dans le système actuel) , la faillite de l’emprunteur impliquera de faire passer la monnaie de crédit en monnaie indestructible. Donc, de grossir la masse monétaire qui ne peut pas être détruite en dehors de la faillite de la monnaie ou par une part des impôts qui ne reviennent pas dans le circuit. Or, comme les gouvernants ne cessent d’augmenter la dette, ils ne risquent pas de réduire la masse monétaire circulante qui est régulé et freine l’inflation en déplaçant la monnaie dans l’éonomie e luxe et par l’épargne.

    Bref, le problème n’est pas le principe du crédit, mais la manière dont il est géré..

    Car étant sur le même principe que l’énergie entre création ou production, et sa consommation qui la détruit, la somme est nulle. Sauf si le principe est biaisé et ne respecte pas les lois de la thermodynamique

      Lire les 11 réponses ▼ (de Marc Dugois, Hervé Hum, joletaxi)

    • microf 26 octobre 2024 16:17

      Chaque chose a un temps.

      Le temps de la domination occidentale est entrain d´être revolu.

      On naît, on grandit, on vieillit et on meurt, tel est la destinée de tout que ce soit les êtres humains, choses ou système.

      Si cet Occident était sage, il ferait d´accepter que son temps est entrain

      d´être revolu et de se ranger derrière les nouvelles formes qui émergent aujourd´hui.

      Sinon, ceci n´est pas nouveau, cet Occident disparaîtra comme de nombreuses cvilisations ont disparu.


      • Hervé Hum Hervé Hum 27 octobre 2024 10:27

        @microf

        Rien fondamentalement va changer avec l’émergence de ces « nouvelles formes » qui en réalité ne sont que le retour au monde tel qu’il existait au XIXème siècle où seul le rapport de force à changé, mais pas le principe de domination et d’exploitation qui lui reste inchangé et va même se durcir considérablement, étant donné que le XIXème siècle est l’un des pire pour la classe dites laborieuse.

        Ainsi, si vous aviez la nostalgie de cette époque où le travailleur était sur exploité, soyez heureux, car si vous faites partie de cette classe sociale, vous allez être servi ; Car pour l’instant, vous en avez vu que les prémisses.
         
        Si pour vous changer de maître ayant la même mentalité est changer quoi que ce soit, alors, vous pouvez penser qu’il y a changement.

        La sagesse n’a donc rien à voir avec la situation actuelle, puisque vous persistez à regarder le doigt.


      • Hervé Hum Hervé Hum 27 octobre 2024 10:57

        J’ai pris le temps de lire mot à mot votre article et je partage certains points et d’autres non. Mais l’important est la convergence vers un idéal commun, la recherche d’équilibre qui devrait être le principe directeur de toute économie, là où le système capitaliste fonctionne sur le déséquilibre structurel, enrichir un petit nombre et laisser les autres dans la dépendance pour mieux l’exploiter.

        Or, cette injustice structurelle peut se justifier auprès du grand nombre qui en est victime que par un seul argument. L’état d’urgence permanent ou état de guerre permanent, car c’est l’unique cas où la nécessité du chef est incontournable pour mener le combat. Que ce soit sur le plan militaire ou économique, il faut un ou des chefs de guerre. Or, c’est la nature d’être prédatrice qui par définition se prête à ce rôle, tandis que les autres qui sont de nature pacifique et grégaire ne s’y prêtent pas naturellement.

        Voilà pourquoi la paix est un interdit pour cette élite prédatrice et ils sont donc des pompiers pyromanes a qui les autres leur demande d’éteindre les incendies. Mais c’est toujours d’abord un pyromane et non un pompier !

        Pour finir, la création de richesse est effectivement un processus de transformation de la matière première et non la création ex-nihilo, qui n’existe pas, même pour un Dieu créateur qui finalement procède aussi par transformation de l’existant.

        Une création ex-nihilo ne pouvant expliquer quoi que ce soit et relève de la magie pure dont il est impossible d’en dire quoi que ce soit. A contrario de la création d’objets par transformation de la matière première dont on connaît tout le processus.

        Enfin, de mon point de vue, l’économie est une science et si vous considérez que cela n’est pas vrai, alors, vous ne pouvez tout simplement pas arriver à administrer quoi que ce soit en cherchant l’équilibre comme vous l’écrivez avec la gestion de sa maison.

        De mon point de vue, la règle d’équilibre est celle qui veut que nul ne peut exiger plus de droits (monétaire et immobilier) qu’il accomplit de devoirs par lui même (mérite personnel qui interdit l’exploitation de celui d’autrui à son profit) et nul ne peut se voir exiger plus de devoirs qu’il réclame de droits pour lui même.

        Qu’on peut alors poser d’une manière générale avec l’aphorisme suivant

        « l’intérêt général est la somme des utilités particulières à l’accomplissement de la volonté générale, définit par la somme des besoins et aspiration secondaires de chacun, dans la limite des droits/devoirs intergénérationnels et le respect des autres formes de vies.

        On peut l’écrire sous une autre forme, soit, »le laisser faire économique commence là où s’arrête la satisfaction des besoins primaires et s’arrête là où commence les droits/devoirs intergénérationnels et dans la limite imposé par le respect des autres formes de vies. Le laisser faire économique est donc la variable d’ajustement de l’économie et non comme actuellement, son ordre directeur pour ceux qui possèdent la réserve monétaire et la propriété immobilière, faisant de tous les autres leur variable d’ajustement.

        Mais je partage malgré tout beaucoup de ce que vous écrivez et je pense qu’on est fondamentalement d’accord.. Sauf que je me suis attaché à mettre en évidence les points de désaccord et uniquement ceux-ci !

        Bon dimanche.

        Lire la suite ▼

        • Zolko Zolko 28 octobre 2024 15:46

          @Hervé Hum

          non la création ex-nihilo, qui n’existe pas

           
          avez-vous déjà cultivé un potager ? Les plantes poussent ex-nihilo pour nous (peut-être pas pour Dieu, mais ça on n’en sait rien)

        • Hervé Hum Hervé Hum 29 octobre 2024 11:09

          @Zolko

          Les plantes poussent « ex-nihilo » ?

          Cela dépend de ce que vous entendez par « ex-nihilo » qui veut dire sortir du néant.

          Car lorsque je plante une graine, elle va pousser en se nourrissant de son environnement et non pas du néant.

          Sauf si la définition du « néant », n’est pas l’absence de toute chose....


        • Paul Jael 27 octobre 2024 18:53

          Vous semblez convaincu de mieux comprendre l’économie qu’une salle remplie de prix Nobel. Permettez-moi de douter que ce soit effectivement le cas, même si je vous concède que l’économie politique, en tant que science humaine, ne peut atteindre le niveau de rigueur des sciences naturelles.

          Je relève quelques contradictions dans votre texte :

          • "Mais comme chacun voit bien dans sa vie personnelle qu’il se crée à lui-même des richesses en travaillant, il est très tentant de croire que nous nous créons collectivement des richesses en travaillant tous, ce qui est totalement faux." Au contraire, c’est parfaitement vrai  : le travail de deux créera 2x + de richesse que celui d’un et celui d’un million créera un million de fois plus. Heureusement d’ailleurs, car sinon nous aurions un fameux problème de pénurie. Ce n’est que dans le cas particulier (surproduction) où l’objet du travail se révèle invendable qu’il n’y a pas création de richesse.
          • "Il y a eu deux enrichissements personnels puisque l’échange a été volontaire et satisfaisant pour les deux mais, comme tout a été consommé ou utilisé, il n’y a eu en aucun cas création collective de richesse." Deux créations de richesses individuelles ne donnent (heureusement) pas une création collective nulle. Le fait qu’un produit soit consommé ne détruit pas la richesse qui est un flux et non un stock. Le fait que votre repas au restaurant est passé dans les égouts n’annule pas le fait qu’il y a eu enrichissement par la production du repas.
          • "Le principe théorique aberrant de l’économie est d’utiliser deux fois une seule production. (…) Le vice fondamental de la science économique est de dire à la fois que le PIB chiffre la création de richesse et qu’il est la somme des dépenses." Le calcul du revenu national par l’INSEE est correct et logique. Il ne compte pas deux fois un même élément dans le total. Il y a plusieurs manières de calculer le PIB, parmi elles le total de la production et le total des dépenses. Cherchons une comparaison : rappelez-vous votre cours d’algèbre : il y a plusieurs méthodes pour calculer les inconnues d’un système de n équation à n inconnues. Quand vous les calculez par une méthode, vous ne vous préoccupez pas des autres. Chaque méthode est indépendante. Que vous calculiez le PIB en additionnant les valeurs ajoutées ou les dépenses importe peu et vous arriverez au même résultat à quelques ajustements inévitables près.
          • "réjouissez-vous car en dépensant vous produisez de la richesse nationale". Aucun économiste n’a jamais prétendu ça. En additionnant les dépenses, vous pouvez calculer combien on a produit ; ce n’est pas la même chose. "C’est tellement bête qu’on se demande comment il est possible qu’une telle absurdité perdure et soit même enseignée". C’est en effet très bête, mais ce n’est pas enseigné.
          • "Nous dépensons à tort et à travers un argent que nous fabriquons pour subventionner". Ce qui vous induit en erreur, c’est de penser que nous dépensons de la monnaie. En réalité, nous dépensons notre revenu, le résultat non pas d’une création ex nihilo mais de notre travail. La monnaie, qu’elle soit scripturale ou non, n’est que le véhicule pratique pour nous permettre à chacun de consommer ce que les autres ont produit pendant qu’eux consomment ce que nous avons produit. En simplifiant (certes, à l’excès), on pourrait dire que c’est comme si on pratiquait le troc mais en plus pratique.
          • "Nous devons inscrire dans la constitution l’interdiction de voter des budgets déficitaires après avoir enfin compris que le PIB ne chiffre que la somme des dépenses" Faux : le PIB ne chiffre pas les dépenses. Le solde de la balance des paiements y est ajouté, ce qui veut dire que s’il est négatif, cela vient en déduction du PIB. De même les variations de stock font partie du PIB sans être des dépenses.
          Lire la suite ▼
            Lire les 9 réponses ▼ (de Marc Dugois, Zolko, Paul Jael, chat maigre)

          • suispersonne 27 octobre 2024 21:57

            Le point essentiel de votre topo est la négation de « l’économie » comme science.

            Évidement d’accord !

            Comme on a besoin de pouvoir décider quoi faire, comme individu et comme société, qui ne soit pas destructeur (je simplifie), je n’ai rien trouvé d’autre que le sentiment d’être juste, cohérent avec la nature qui nous héberge, et utile (pas facile à définir, mais je sais y parvenir sans hésitation : ma conscience ne doit rien me reprocher).

            Il n’est pas difficile de s’y conformer quand on abandonne tous les préjugés, toutes les déformations de la réalité, et qu’on garde l’esprit ouvert à ce qui parvient à notre conscience, à chaque instant.

            Le nécessaire débat sur la perversité de nos sociétés réduites à la circulation de la monnaie est clos. Il reste, seulement irréductibles, ceux qui en profitent et en abusent, pour défendre son rôle prétendu prééminent.

            Alors une autre forme sociale existe, qui n’a rien à voir avec le marxisme ou le communisme tellement dévoyés, et qui donne à chacun sa chance de collaborer librement (on ne réalise pas grand chose tout seul) à ce qui se présente.

            Un détail à considérer.

            Lors du confinement (destiné à calmer les gilets jaunes, comme l’a avoué le crétin à l’écharpe rouge), on a pu constater

            une cessation des transports routiers

            une amélioration radicale de la pureté de l’air

            un retour notable de plantes, d’oiseaux et de mammifères disparus

            une organisation locale de l’autosuffisance

            — une valorisation (éphémère) des gens indispensables : éboueurs, soignants, assistance, police, pompiers, ...

            — une baisse significative des pollutions des transports maritimes et aériens ...

            — une entraide assez répandue malgré la profonde stupidité des crétins terrorisés par la propagande ...

            Lire la suite ▼

            • Zolko Zolko 28 octobre 2024 15:31

              Comment comprendre, quand l’argent coule à flots ... 

              ... même quand on reste à la maison à ne rien faire

               

              c’est aussi le résultat des politiques du covid : puisqu’on peut recevoir autant d’argent sans travailler que quand on travaillait, sous prétexte d’un virus de la grippe, pourquoi ne pas continuer pareil sans virus ? Comment pourriez-vous expliquer vos arguments sans reconnaître l’aberration que furent les confinements, et par là la culpabilité du gouvernement devant une telle infamie ?

              Mais les Français ne veulent pas voir que le problème vient du système « démocratique » lui-même : ils se font enfiler des perles depuis des décennies. En même temps, les Français votent pour les politiciens qui promettent le plus de cadeaux, sans se rendre compte que c’est eux-même qui vont payer ces cadeaux achetés à crédit. Devant une telle bêtise populaire pourquoi les politiciens et les banksters se gêneraient ?


              • Marc Dugois Marc Dugois 28 octobre 2024 16:13

                @Zolko

                Je suis bien d’accord que les confinements ont été une aberation que l’histoire jugera scandaleuse comme les peurs martelées qui ne cherchent qu’à éviter la responsabilité du désastre qui arrive.

                Je ne cherche qu’à l’expliquer car seul le,peuple pourra faire cesser le scandale.

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