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Accueil du site > Tribune Libre > La leçon de morale de monsieur Attali

La leçon de morale de monsieur Attali

En temps normal, je ne perds pas mon temps sur ce genre de papier dont le principal intérêt est de faire mousser son auteur avec l’exubérance d’un blaireau plongé dans un océan de savon à barbe.

Public dans le BundestagMais voilà : les nouvelles fonctionnalités de partage de flux de Google Reader ont favorisé l’émergence d’une communauté informelle de veilleurs d’infos, liés, non par le corpus idéologique, mais par la pratique d’un outil technologique commun. C’est ainsi que le papier de Jacques Attali a fini par clignoter en bonne place dans mon flux d’informations, porté par l’intérêt d’une bonne douzaine de mes co-veilleurs qui se sont mis à commenter copieusement le propos de l’homme de plume et de cirage.

Selon leurs pères fondateurs, capitalisme et la démocratie ne pouvaient fonctionner sans respecter des règles morales fondées sur la loyauté et la transparence.

Rien que cette accroche vaut le déplacement à elle toute seule. Et nous ne parlons même pas d’un méchant manque de la plus élémentaire relecture, ce qui serait plus du ressort du trollisme cruel que d’une lecture attentive.

Qui sont les pères fondateurs ? Cela va de soi, nous sommes entre gens bien éduqués, nul besoin d’en remettre une couche en expliquant des choses aussi basiques. C’est juste que telle qu’elle est tournée, cette malheureuse phrase laisse penser que capitalisme et démocratie sont sortis du même berceau, portés par le même élan créateur, et déjà, rien que là, j’ai comme un doute affreux. Il suffit de se manger une bonne grosse tartine de Toqueville et de Weber pour bien comprendre que l’aspiration politique à la démocratie et l’idéologie économique du capitalisme ont assez peu de choses en commun, pour ne pas dire qu’elles tendent, au bout de leurs logiques intrinsèques, à s’exclure mutuellement.

Sur ce, tombe comme une mouche dans le potage, l’idée des règles morales. Pour que le capitalisme et la démocratie fonctionnent, il leur faut donc des règles morales.

Première nouvelle.

Le capitalisme, c’est l’optimisation du profit et l’accumulation du capital. Point barre. Tout le reste, ce sont des considérations oiseuses à l’usage des premières communiantes encore un peu farouches. Le capitalisme n’a qu’un seul but, qu’un seul objectif, qu’un seul moteur : engranger le plus de pognon possible ! Et comme nous pouvons tous le voir depuis des décennies, à ce jeu-là, la fin justifie tous les moyens, y compris et surtout, celui qui consiste à travestir cette âpreté au gain en mouvement naturel, en nécessité absolue, en moteur du progrès, en condition préalable à l’affranchissement de l’homme des contingences bassement naturelles, en horizon indépassable pour une humanité soumise aux diktats du Marché. Le capitalisme, c’est la loi du plus riche, du plus puissant. C’est la toute-puissance du fric qui soumet les populations, les gouvernements, les pays, la planète entière aux seuls intérêts d’une petite minorité qui a décrété que par le pouvoir des peaux de grenouille verte, elle devait s’approprier nos ressources communes, notre travail, notre créativité, notre planète, nos besoins, nos vies.
Ce qui, de facto, me laisse particulièrement perplexe quant à la cohabitation d’un tel ordre prédateur avec des aspirations démocratiques et encore plus sur tout appel vibrant à la moralisation du capitalisme. Un peu comme si on attendait du requin qu’il devienne végétarien par devoir moral envers les autres poissons. La morale est définitivement antinomique avec le fondement même du capitalisme. Ce qui revient à dire que la meilleure façon de moraliser le capitalisme, c’est encore de faire disparaître de la surface de la planète ce système mortifère et aberrant.

Sans le moteur égoïste et absurde du capitalisme, il va sans dire que la démocratie se porterait mieux. Parce que de quoi parle concrètement Jacques Attali dans son papier sans jamais l’énoncer : de corruption. Et c’est quoi, la corruption, si ce n’est la légitime aspiration du capitalisme à ce que les gouvernements démocratiques ne nuisent en aucune façon à la bonne marche de ses petites affaires, à ce que les intérêts collectifs ne priment jamais sur les intérêts très particuliers de ceux qui détiennent le pognon ? Autrement dit, la meilleure façon de moraliser la démocratie, c’est encore d’en extirper fermement le purulent bubon de la corruption capitaliste.

Cela étant réglé, passons au plat de résistance, à savoir les appels poignants du père la morale.

Comme d’habitude, on a le droit à un vibrant couplet sur le ton de tout fout le camp, ma bonne dame surtout les vraies valeurs comme je les aime, et paf, l’estocade :

la morale vise à faire respecter par chacun les droits des autres, la déloyauté produit des sociétés dé-moralisées, au sens propre

À aucun moment, monsieur Attali, polyconseiller de présidents, ne cherche à définir la morale, ou tout au moins, à expliquer quelque peu, ce qu’il entasse dans ce mot commodément fourre-tout, mais ne chicanons pas. Apprécions plutôt la saillie : c’est la morale qui fait respecter le droit. Je pensais que c’était plutôt l’État régalien, à travers la Justice, la Police et tout ça. Mais j’ai dû rêver trop fort pendant le cours d’instruction civique que je n’ai jamais eu. Si on respecte le droit élémentaire des autres à ne pas se faire voler, molester, tuer, dépouiller, tromper, arnaquer, c’est par un aigu sens moral qui n’a rien à voir du tout avec le bras armé de la justice qui tend à être d’autant plus lourd qu’on a l’échine fragile. Exit, aussi, la théorie des jeux, qui modélise nos arbitrages internes entre notre profit immédiat et la peur de la sanction ou de la perte différée. Exit, le vivre-ensemble, la solidarité, le légalisme, la peur du gendarme, le sens de l’intérêt commun, les comportements sociaux, les interactions rationnelles et affectives, les petits calculs et les grandes manœuvres, la main invisible du marché, celle bien tangible des parents, le contrôle social des voisins et des amis. Exit, surtout, les scandales de la République calamiteuse, des élites corrompues, de la confusion des genres et des pouvoirs, des conflits d’intérêts et de ce putain de profit qui dicte partout dans le monde ce qui est bon et mauvais, qui doit vivre ou mourir, qui doit profiter ou subir, qui nous tient lieu de morale, de loi, de droit, de conscience et de modèle de société.

Sans morale, pas de moral... je n’ai même pas envie de commenter la faiblesse de ce grand écart sémantique qui assène sans rien démontrer et qui se fait plaisir au nombril sans rien apporter.

C’est terrible une société démoralisée pour monsieur Attali :

elle [La France — comme entité personnifiée...] ne se ressent plus comme une société morale ; elle ne considère plus que les riches ont des raisons de l’être. Elle les envie, mais ne les admire plus. Pour elle, le scandale n’est plus la pauvreté, mais la richesse.
Elle en déduit que les règles de la vie en société méritent d’être piétinées.


Il faut bien relire cette phrase, attentivement, pour en apprécier tout le sel : la démoralisation de la société, c’est quand le peuple n’admire plus ses riches et ne trouve plus cette richesse, cette inégalité, en fait, comme légitime ! Et du coup, La France (ne parlons pas du peuple, mais de LA France, avec des trémolos dans la voix !) piétine les règles de vie communes, celles qui allaient bien quand les riches étaient légitimes et admirés.

Franchement, là, je ne comprends pas pourquoi tant de gens se pâment devant la pensée de Jacques Attali. On peut admettre que c’est les vacances, qu’il un peu fatigué et pas très concentré, qu’il a eu un gros coup de mou juste avant d’écrire ce truc. Je veux bien. Personne n’est à l’abri d’une grosse baisse de forme... voire de moral. Mais quand même...

Cette dé-moralisation de la société conduit à sa démoralisation : Pourquoi faire des efforts pour travailler et créer quand la fortune ne sourit qu’aux plus riches, aux plus beaux, aux plus puissants, à leurs amis ou obligés ? Pourquoi étudier quand les Grandes Écoles sont réservées aux enfants de leurs anciens élèves ? Pourquoi penser à l’avenir quand il appartient nécessairement à d’autres ?

Ben oui, pourquoi se casser le tronc à apporter sa contribution à une organisation sociale par essence inégalitaire ? Je dirais même plus : pourquoi continuer à accepter un système manifestement aussi inique ? Mais dommage pour lui, Jacques Attali freine son ardeur républicaine in extremis et en revient à la bonne vieille restauration de la morale, probablement celle qui, héritée des cercles supérieurs, apprend au petit peuple à se réjouir des fastes de ceux qui les gouvernent.

J’arrête là les frais, tant ce triste pensum ne méritait certainement pas tout le temps que je viens d’y passer et toute cette publicité inutile.
 
Repenser la politique pour repenser le monde
 
Ce qui est intéressant, tout de même, c’est de contempler la fossilisation de la pensée politique qui a pignon sur rue et qui tient généralement le crachoir dans les médias traditionnels. L’appel à la morale, le retour des valeurs, le repli frileux sur les automatismes mentaux stériles et le déclinisme pontifiant, voilà qui est bien faiblard quand l’anomie actuelle nous demande de repenser la société, de réinventer le monde.

La morale est fille de l’Église, de la religion. C’est elle qui dicte ce qui est bon, ce qui est mauvais. La morale est un processus de domination et de stérilisation de la pensée comme un autre. C’est la morale qui a asservi les femmes pendant des siècles, par exemple. La morale qui érige la frugalité en exemple pour les peuples pour que les dirigeants se gobergent plus largement. La morale, c’est décréter que les femmes libres, les femmes qui pensent, sont des sorcières et méritent de finir au bûcher, la morale, c’est trouver de la vertu dans la pauvreté et justifier en même temps les privilèges de quelques uns.

Ce dont on a besoin, ce n’est pas de morale, mais de s’extraire des vieux schémas de pensée pour accoucher de nouvelles organisations politiques.

Aucun système n’est globalement bon ou mauvais, ce qui compte, c’est la manière dont fonctionnent les institutions et plus particulièrement la manière dont les lois, les règles et les structures sont pensées pour neutraliser les éléments déloyaux, c’est-à-dire ceux qui comptent utiliser le pouvoir pour leurs propres fins.
L’égoïsme, la corruption, la soif de pouvoir ne sont pas d’ordre moral, mais font hélas parties de la nature humaine autant que la générosité, l’altruisme et le sens du devoir.

La question importante est donc : la nature de fonctionnement des institutions, la manière dont sont sélectionnés ceux qui ont en charge la gestion commune, la structure même des pouvoirs et des contre-pouvoirs sont-elles de nature à écarter les individus exploiteurs pour favoriser l’émergence des profils plus aptes à se dévouer pour le bien commun ? Est-ce que le fonctionnement de notre société tend à favoriser les brutes épaisses profiteuses, menteuses ou opportunistes ou à privilégier les comportements responsables, attentifs au bien commun ? Est-ce la structure de notre organisation humaine neutralise les bas instincts ou les flattent ? Est-ce que l’utopie que je porte est apte à prendre en compte cette diversité de la vie humaine et à ne pas être naïve, permet-elle de produire du vivre-ensemble qui comprend les inévitables crapules sans s’appuyer uniquement sur leur exclusion ou leur élimination physique ? Mon système incite-t-il à mieux se comporter à aspirer au meilleur tout en sanctionnant efficacement les trous du cul ?

Voilà de bonnes questions.
Et ça n’a rien à voir avec la morale, laquelle tend à juger et condamner ce que ne ressemble pas au prescripteur, une dictature comme les autres.

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48 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 16 juillet 2010 12:30

    "La morale est définitivement antinomique avec le fondement même du capitalisme. Ce qui revient à dire que la meilleure façon de moraliser le capitalisme, c’est encore de faire disparaître de la surface de la planète ce système mortifère et aberrant.

    Il importe peu que le Capitalisme soit moral, amoral ou immoral pourvu qu’on puisse le faire évoluer vers un Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable grâce à l’instauration d’une Allocation Universelle transitoire suivie de la génération d’un Dividende Universel permanent et évolutif, "fonds de pension national" solidairement et collectivement géré par une structure spécifique, indépendante de l’État et représentative des citoyens-électeurs-contribuables. (cf. Mémoires présidentiels : 2012 - 2022)

    Bis repetita placent...
    (parce qu’il y aura toujours de mauvais coucheurs pour me reprocher mon commentaire)
    La liberté d’expression permet aux « anti-capitalistes » et aux « anti fonds de pension », et cætera, de répéter inlassablement leurs mêmes antiennes rétrogrades, affirmations indémontrées et non étayées par des observations tangibles.
    Donc, n’en déplaise à beaucoup, la même liberté d’expression m’autorise également à répéter tout aussi inlassablement mes propres propositions progressistes.
    Un nanti capitaliste.


    • Monolecte Monolecte 16 juillet 2010 12:53

      Bien au contraire : j’aime beaucoup les avis contradictoires, du moment qu’ils soient bien argumentés, parce qu’ils permettent de faire avancer la réflexion. C’est l’invective stérile qui me débecte.

      Donc oui, les libéraux rejoignent les gauchistes sur la question du revenu universel, mais, par ailleurs, la nature du capitalisme étant l’accumulation des ressources, des biens, etc, cette bonne idée ne devrait pas mettre un temps fou à partir en ruine.
      En plus, je suppose que ce dividende serait une sorte de solde de tout compte, non ?


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 16 juillet 2010 13:04

      Par Monolecte (xxx.xxx.xxx.246) 16 juillet 12:53
      "Bien au contraire : j’aime beaucoup les avis contradictoires, du moment qu’ils soient bien argumentés, parce qu’ils permettent de faire avancer la réflexion. C’est l’invective stérile qui me débecte« .
      Je ne me référais pas à vous en tant que »mauvais coucheur". Comme vous, je suis hostile à l’invective et à l’insulte. Ce n’est, hélas, pas le cas de tous sur agoravox et ailleurs...

      "cette bonne idée ne devrait pas mettre un temps fou à partir en ruine".
      Pouvez-vous préciser, SVP ?

      En plus, je suppose que ce dividende serait une sorte de solde de tout compte, non ?
      Pouvez-vous préciser, SVP ?


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 13:12

      soit le RU est trop faible, genre rmi + apl, et les pauvres sont obliges de bosser pour vivre et non survivre (et encore)
      soit il est eleve, disons 1000€, les « riches » peuvent le placer, etc
      les « pauvres » sont plus obliges de « travailler » ni d’accepter un sous-travail
      la periode de transition serait tres difficile car tous les boulots de merde disparaitrait

      par contre, si c’est un bon d’echange fondant sur 3 mois, pour pouvoir remplacer la machine a laver, voire un mois et ca vaut plus que 50%, vu que l’etat peut avancer le versement, le bon d’echange fait tourner l’economie tout en laissant une place aux « riches » qui eux peuvent encaisser des euros
      c’est le cote pratique qui importe, jean pierre

      par contre, etant pas economiste, la liaison entre ASU et euros me parait difficile

      @ monolecte
      jean pierre poste ses idees dans presque tout les articles eco


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 13:15

      "cette bonne idée ne devrait pas mettre un temps fou à partir en ruine".

      = la plupart sont contre

      au pire certains parle de STO


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 13:17

      « En plus, je suppose que ce dividende serait une sorte de solde de tout compte, non ? »

      une epargne sur 100a


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 13:27

      si on regarde l’histoire meme recente, il y a toujours des milliards qui disparaissent
      donc epargner sur un siecle pour quand on sera tous morts ........


    • PhilVite PhilVite 16 juillet 2010 14:57

      Vu récemment sur le blog de Jorion cet intéressant billet de B Friot qui marquait bien la nette distinction entre « revenu universel » et « salaire universel ».


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 15:19

      « La défense de la propriété d’usage suppose l’abolition de la propriété lucrative. »
      il faut laisser une place aux « loups »

      "Contre une série de commentaires, j’insiste sur le fait que nous sommes plus proches quantitativement et qualitativement du plein emploi que pendant les trente glorieuses : le taux d’emploi des 20-60 ans est nettement supérieur, et la qualité de l’emploi aussi."
      mdr !
      un peu deconnecte le gars


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 15:22

      il compte les femmes au foyer
      par contre a cette epoque, un salaire sufisait pour vivre


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 16:16

      proposer 2000€ c’est l’extreme gauche liberale


    • AniKoreh AniKoreh 16 juillet 2010 18:07


      Bis repetita placent, et puis, vlaan, vous nous le replacerez donc partout, au fil des articles, à longueur de semaines ? Mais c’est une obsession, ma parole !!


      Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.. 

      O-xy-mo-re
       ! !!!!! Monsieur Llabrés, combien vous l’on déjà dit - depuis le temps que vous nous le sortez -, ou même, ont tenté de vous l’expliquer..

      Procurez-vous (cela devrait être disponible auprès d’une bibliothèque un tant soit peu sérieuse) et lisez donc Le Capital. Il le faudra bien, un jour ou l’autre, puisque vous vous targuez de manier le concept de ’capitalisme’ - à tort et à travers.

      Et vous saurez alors, et vous saisirez enfin, ce qu’il en est de l’essence du capitalisme !

      Philanthropique et Equitable.. smiley
       


    • AniKoreh AniKoreh 16 juillet 2010 18:22



      Allez, une boutade, Monsieur Llabrés :

      Dans ce pict, vous affublez un crâne radiographié (peut-être le vôtre ?) d’un faux-nez (de clown), n’est-ce pas ? 

      Dans cet oxymore, donc, dont vous voudriez tant nous persuader, les termes Anthropocentrique, Philanthropique et Equitable ne sont au terme Capitalisme qu’un immense faux-nez de plus !! 

       smiley 


    • foufouille foufouille 16 juillet 2010 18:25

      La liberté d’expression permet aux « anti-capitalistes » et aux « anti fonds de pension », et cætera, de répéter inlassablement leurs mêmes antiennes rétrogrades, affirmations indémontrées et non étayées par des observations tangibles.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 08:18

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.195) 16 juillet 18:22
      « les termes Anthropocentrique, Philanthropique et Equitable ne sont au terme Capitalisme qu’un immense faux-nez de plus !! »

      Vos fadaises ne constituent pas une argumentation.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 10:28

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.195) 16 juillet 18:07
      « Oxymore... »
      Seriez-vous de ceux qui pensent qu’un oxymore est toujours illégitime ? Wikipedia :
      En rhétorique, un oxymore (substantif masculin) ou oxymoron, du grec ὀξύμωρος (oxúmōros, de ὀξύς, au sens propre « aigu », d’où « spirituel, fin » et de μωρός, « émoussé », au sens figuré « niais, stupide », mot qui en grec signifie donc « malin stupide, spirituel sous une apparente stupidité », et est lui-même un oxymore) est une figure de style qui réunit dans un même syntagme deux mots sémantiquement opposés.
      Par extension on dit qu’une expression est un oxymore (ou dite « oxymorique ») lorsqu’elle met côte à côte deux mots ayant des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire et frappante pour la représentation comme dans « un silence assourdissant ». En exprimant ce qui est inconcevable, l’écrivain crée ainsi une nouvelle figure poétique qui suscite un effet de surprise, en ajoutant de la force à la vérité décrite.

      "combien vous l’on déjà dit, depuis le temps que vous nous le sortez, ou même, ont tenté de vous l’expliquer..."
      Pourquoi vouloir, à toute force, essayer de me l’expliquer ? Je crains bien que ce soit bien en vain tant les arguments utilisés sont si faibles.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 10:33

      P.S. :
      Arguments si faibles d’ailleurs que ceux qui les assènent (corageux anonymes !) refusent de les assumer et demandent leur suppression sur agoravox (comme mon commentaire de ce matin) chaque fois que je les leur renvoie en explicitant leur inanité.


    • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 10:33


      LLabrés, votre obsession compulsive consistant à copier / coller partout votre production laborieuse en serait une, d’argumentation ??

      (ouvrons votre page perso pour ces derniers jours et parcourons vos posts : édifiant !) 

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 10:48

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.160) 17 juillet 10:33
      "LLabrés, votre obsession compulsive consistant à copier / coller partout votre production laborieuse en serait une, d’argumentation ??« 
      Mon obsession vous a-t-elle aidé à comprendre la signification d’oxymore ? Ou m’obligerez-vous, encore et encore, à vous en répéter la définition ?

       »(ouvrons votre page perso pour ces derniers jours et parcourons vos posts : édifiant !)
      Excellente idée ! Lisons aussi tous vos articles si féconds !
      Et n’omettons pas de méditer votre profession de foi :
      « J’aime lire. J’aime internet pour cette raison, et j’y crois toujours ».
      À quoi donc croyez-vous si inconditionnellement ?... À la tolérance ? L’objectivité ? etc. ...


    • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 11:55

      A propos de cet oxymore d’anthologie (si, si, j’insiste !) « Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable » (ouf..), Sisyphe ci-dessous vous en dit déjà un peu plus long.

      - et puis vous n’allez pas en faire un fromage, hein, Llabrés.. smiley 

      Quant à moi, j’avais cru nécessaire de vous préciser : « (..) combien ont tenté de vous l’expliquer ». Peine perdue, semble-t-il, depuis le temps..

      Il y a sur ce fil, de la part de certains, comme une confusion entre l’entreprenariat personnel - qui est éminement respectable - et l’organisation transnationale des puissances de l’argent, visant à l’exploitation globale des hommes et des ressources. Ce qu’est le capitalisme, en essence.

      A cette échelle globale du capitalisme, théorisée par le néolibéralisme, ce doux emphémisme de l’optimisation du profit devient immanquablement une tyrannie : le fascisme. Et les principes de la démocratie, les droits de l’hommes, n’y sont plus désormais que des entraves insupportables.

      Messieurs Llabrés et consorts, je vous y invitais : empruntez donc Le Capital auprès de la bibliothèque de votre quartier.. 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 12:07

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.160) 17 juillet 11:55
      « A cette échelle globale du capitalisme, théorisée par le néolibéralisme, ce doux emphémisme de l’optimisation du profit devient immanquablement une tyrannie : le fascisme ».

      Cette seule phrase témoigne de toutes vos lectures incomprises, mal digérées, que vous régurgitez sans savoir exactement de quoi il est réellement et précisément question.


    • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 12:29


      En reprenant précisément cette phrase, Llabrès (à laquelle vous ne comprendriez rien.. ?) vous montrez au contaire votre faiblesse conceptuelle, je suis peiné de vous le dire.

      Voici donc comment on en arrive à proposer que le Capitalisme puisse être Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable (ouf..).

      Ce qui vous manque cruellement : un tant soit peu de dialectique.

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 12:34

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.160) 17 juillet 11:55
      « A propos de cet oxymore d’anthologie (si, si, j’insiste !)  »Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable«  (ouf..), Sisyphe ci-dessous vous en dit déjà un peu plus long ».
      Sisyphe : « la moralisation du capitalisme est, effectivement, un non-sens, une impossibilité en soi, un oxymore »
      1)
      L’expression « moralisation du capitalisme » peut être comprise comme un oxymore conformément à la définition que je vous ai communiquée déjà deux fois mais que vous n’avez toujours pas comprise.
      2)
      Le fait que cette expression puisse être comprise comme un oxymore n’implique pas que l’objectif qu’elle désigne soit inatteignable, irréaliste, impossible, et cætera...
      Vous avez le droit de penser le contraire. Dans ce cas, régalez-nous d’un de vos merveilleux articles pour en apporter la démonstration.
      - et puis vous n’allez pas en faire un fromage, hein, Llabrés.. 
      Ni plus ni moins que vous...


    • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 12:47


      Une impossibilité en soi. 

      Ca va, pas trop long ?

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 juillet 2010 12:57

      Par AniKoreh (xxx.xxx.xxx.160) 17 juillet 12:47
      « Une impossibilité en soi ».

      Affirmation. Où est la démonstration ?


    • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 15:14


      > Le Capital.

      (impossible de faire plus court cette fois)

    • Leviathan Leviathan 16 juillet 2010 14:21

      Jacques ATTALI est un propagandiste de la Commission Trilatérale et du Groupe Bilderberg de David Rockefeller.

      Pour en savoir plus, lisez :
      - « La véritable histoire des bilderbergers » de Daniel ESTULIN.


      • johnford johnford 16 juillet 2010 19:50

        ( c’est aussi un plagiaire )


      • W.Best fonzibrain 16 juillet 2010 14:31

        et en plus c’est un extrémiste religieux

        remplacer le mot juif par français, et c’est un discours du FN

        • jaja jaja 16 juillet 2010 14:40

          Bon article Monolecte...

          Bien sûr que démocratie et capitalisme sont antagoniques. A moins de prétendre restreindre la démocratie de façon drastique à son seul champ politique et ignorer la dictature subie par les salariés dans l’entreprise.

          Dictature qui régente bien plus leur vie qu’un pseudo champ politique « démocratique », réduit à sa plus simple expression, et qui sera toujours, dans une société de classes, aux mains des plus riches...

          Seule solution : la démocratie directe partout y compris sur les lieux de production où les travailleurs doivent décider de tout ce qui est de la responsabilité actuelle du patron et des actionnaires.... cette démocratie sera bien sûr l’ennemie acharnée de toute propriété privée des moyens de production où seuls quelques uns décident, tout en se servant plus que largement.....


          • 65beve 65beve 16 juillet 2010 14:44

            Bonjour,
            Merci à l’auteure pour ce magnifique coup de pied au cul de ce bouffon.

            Attali expliquait doctement à la télé que le Président avait retenu toutes ses propositions libérales pour relancer l’économie et que maintenant, il fallait attendre le deuxième volet social celui-là, pour terminer son petit chef d’oeuvre « libérer la croissance de la France ».
            Tu peux toujours attendre......

            Comme je vous le disais, Attali, c’est le bouffon de Sarkozy qui ne fait rire que Sarkozy.

            cdlt
            bv


            • xbrossard 16 juillet 2010 16:41

              @monolecte


              pourquoi dès que l’on parle de morale vous y voyez tout de suite quelque chose de religieux ? 

              « tu ne tueras point », c’est de la morale oui ou non pour vous ? parce que sinon je peux vous démontrez par A+B qu’il est économiquement justifié de tuer son prochain si vous voulez...

              tout le monde à une morale, vous compris, et elle n’est pas forcément religieuse. On pourrait même dire que la morale regroupe toutes les règles qui nous permettent de vivre ensemble en société...

              de toute façon, il n’est pas important d’évouter le sieur Attali, car son discours se rapproche de plus en plus des discours de fin de règne du communisme ; car après tout, on pourrait dire la même chose du communisme :

              « Selon leurs pères fondateurs, communisme et démocratie ne pouvaient fonctionner sans respecter des règles morales fondées sur la loyauté et la transparence »

              c’est fou comme ça s’applique bien aussi ! smiley

              d’un autre coté, ce qu’il dit n’est pas faux non plus : la plupart des capitalistes devenus puissants le sont devenus parce qu’ils trichaient et mentaient...on pourrait donc en déduire (mais rien ne le prouve) qu’à l’inverse un capitaliste honnête ne sera jamais puissant....

              • @distance @distance 16 juillet 2010 18:00

                super article

                Attali, c’est un adorateur du trône, des planches dorées recouvertes de velours, peu lui importe l’homme qui s’y trouve assis ; il s’est fait l’inséparable des barons, il se frotte à eux, avec l’idée que cela lui portera bonheur.
                Au fond, Atttali, débrouillard et tripatouilleur, est très pratique, et s’il pouvait trouver un fauteuil de sénateur à acheter il en débattrait aprement le prix.


                « Toute l’industrie, tout le commerce finira par n’être qu’un immense bazar unique, où l’on s’approvisionnera de tout. » Emile Zola (extrait de l’argent)
                « Pourquoi je vais travailler »
                sondage Csa pour l’Anact *, publié en mai 2006

                Si 96% des salariés se déclarent « impliqués » dans leur travail, 15% de ceux qui sont en CDI disent n’avoir « aucune envie » d’aller travailler en se levant le matin.
                38% affirment encore qu’ils ne sont « pas satisfaits de la reconnaissance de leur investissement dans le travail ».

                Les feignasses du Medef veulent et obtiennent toujours plus d’assouplissement au « droit » à licencier et nous martellent encore et encore le fameux « Réhabiliter la valeur travail » , tout en refusant de voir que la valeur du travail se dégrade d’année en année.
                Ces pingres exigent des salariés plus d’efforts, plus de qualité, plus de disponibilité, plus de responsabilité, plus de rentabilité en refusant toute reconnaissance de crainte d’avoir à embaucher ou à augmenter les salaires.

                * Anact : agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail
                http://www.anact.fr/web/actualite/essentiel?p_thingIdToShow=10511537


                • L'enfoiré L’enfoiré 16 juillet 2010 18:10

                  Monolecte,
                   Merci d’avoir repris ces « morceaux d’anthologie ».
                   Je jette souvent un coup d’oeil en diagonale sur les écrits d’Attali.
                   Je ne sais s’il est meilleur en philosophe ou en futurologue, partie qui m’intéresse plus de manière générale. Là, il joue aussi avec le feu de la peur.
                   C’est beau de pensée, mais c’est encore mieux de le faire en ne pensant pas à son seul propre cas.
                   


                  • AniKoreh AniKoreh 16 juillet 2010 18:15



                    Eh bien, que voilà un excellent article, Monolecte !

                    Une richesse insolente est un scandale parfaitement justifié, en effet, quand la la précarité et la pauvreté remontent et gagnent partout.


                    • gael 16 juillet 2010 23:10

                      Monolecte, votre vision du capitalisme est un peu simpliste. En généralisant à outrance ses excès, en feignant d’ignorer que la majorité des entreprises ne souffrent aucune comparaison avec Bouygues ou Bolloré, que toutes ne sont pas cotées en bourse, que sans volonté entreprenariale le tissu économique et social s’effondre, vous risquez de jeter le bébé avec l’eau du bain.

                      J’ai créé mon entreprise en avril 2009. Inutile de dire que ma boîte ne chatouille pas encore les pieds des grands du CAC 40, et il n’en sera probablement jamais ainsi. J’y mets cependant mon énergie, mon inventivité et toute mon âme, et bien que percevant cette année un salaire inférieur au SMIC, je n’échangerai mon métier contre aucun autre.

                      Inutile de préciser que les charges mirobolantes que je paie, avoisinant les 40% de mon chiffre d’affaires, ne me donnent aucun droit à l’assurance chômage ; que je suis indéfiniment responsable à titre personnel en cas de faute de gestion, volontaire ou non ; que je croule sous les démarches administratives en tout genre, me heurtant constamment à la lenteur et l’inertie des impôts, de ma caisse de retraite, de la poste. Mais j’ai la fierté de subvenir à mes propres besoins, sans rien attendre de personne ; d’avoir monté et réalisé un projet ; d’avoir gagné la confiance de mes clients et de mes partenaires ; bref, d’avoir construit quelque chose.

                      Alors si d’aventure ma boîte finissait par dégager des sommes importantes, je ne trouverais pas injuste, pour les risques que j’aurais pris et en récompense de mes efforts, de toucher un salaire confortable.

                      Vous invoquez à juste titre la théorie des jeux. Pourquoi créer, pourquoi prendre des risques, si l’on a aucun espoir de récolter le fruit de son travail ? Cet espoir, c’est le capitalisme qui le soutient, depuis bien avant l’invention même du mot. Le danger réside dans le capitalisme dogmatique, qui n’accepte ni régulation, ni contradiction. Qui désigne les pauvres comme coupables de n’avoir pas réussi. Il y a, bien sûr, dans notre fonctionnement économique et social, matière à débat. Mais je ne connais pas d’alternative viable au capitalisme, et visiblement vous non plus, qui appelez à « repenser la société, [...] réinventer le monde. »

                      En attendant vos propositions, je crois préférable de réformer le système actuel que de courir après cette chimère idéologique dont vous rêvez, ce « nouveau monde » dont les utopies nous parlent depuis des siècles.

                      Respectueusement,

                      Gaël


                      • gael 17 juillet 2010 00:03

                        Que le courageux moinsseur ait les tripes d’exposer son point de vue et ce qui lui déplaît dans mon propos. À moins qu’il ne s’agisse d’un réflexe pavlovien, consistant à cracher sur toute personne ne voyant pas des bilderbergers à tous les coins de rue...


                      • AniKoreh AniKoreh 17 juillet 2010 00:49

                        Gael, vous écrivez, entre autres : « Alors si d’aventure ma boîte finissait par dégager des sommes importantes, je ne trouverais pas injuste, pour les risques que j’aurais pris et en récompense de mes efforts, de toucher un salaire confortable. »

                        Entre autres..

                        Vous évoquez également la confiance de vos clients, de vos partenaires. Pas un mot (d’appréciation) cependant sur le concours de vos collaborateurs, de votre personnel, de vos ouvriers.. Si ce n’est qu’ils représentent pour vous des « charges ». Mirobolantes, tenez-vous à précisez encore..

                        Avez-vous donc « construit » cela tout seul ?

                        Une richesse insolente est un scandale parfaitement justifié, en effet, quand la la précarité et la pauvreté remontent et gagnent partout.


                      • gael 17 juillet 2010 02:21

                        Vous évoquez également la confiance de vos clients, de vos partenaires. Pas un mot (d’appréciation) cependant sur le concours de vos collaborateurs, de votre personnel, de vos ouvriers.. Si ce n’est qu’ils représentent pour vous des « charges ». Mirobolantes, tenez-vous à précisez encore..


                        Avez-vous donc « construit » cela tout seul ?

                        Et bien oui. Ou presque, car rien n’eût sans doute été possible sans le concours de ma conjointe-collaboratrice (puisque tel est son statut).

                        Ca va sans doute vous paraître étonnant, mais chaque année, 50% des dangereux capitalistes qui crèent leur entreprise choisissent le statut d’entreprise individuelle. Et je ne vous parle pas de celui d’auto-entrepreneur, qui a sûrement fait exploser ces chiffres, mais dont vous pourriez me rétorquer sans doute non sans raison qu’un pourcentage conséquent d’entre eux ne sont que des employés précarisés.

                        La moitié seulement des nouvelles entreprises sont des sociétés. Dont la mienne, modeste EURL qui peine encore à nourrir son gérant et unique associé. Si donc l’idée de remercier mes « collaborateurs » et « employés » ne me vient pas spontanément à l’esprit, c’est qu’ils n’existent pas !

                        Que vous le vouliez ou non, les entrepreneurs, les « patrons », sont nécessaires au maintien du tissu social. Un monde sans capitalisme, c’est un monde sans progrès, sans espoir, sans inventivité, sans vie.


                      • @distance @distance 17 juillet 2010 00:33


                        débat Mélenchon / Attali - des raisons de la crise financière sur le plateau Arrêt sur images

                        http://www.dailymotion.com/video/xdnkle_debatmelenchonattali_news


                        • SysATI 17 juillet 2010 01:32

                          Monolecte,


                          J’apprécie souvent vos prises de positions et comme vous dites « aimer les avis contradictoires » je me permet de vous poser une question très bébête....

                          « Le capitalisme, c’est l’optimisation du profit et l’accumulation du capital. »

                          C’est effectivement vrai, le capitalisme est à ma connaissance le seul système économique qui permette la croissance et le développement de la société...

                          « Ce qui revient à dire que la meilleure façon de moraliser le capitalisme, c’est encore de faire disparaître de la surface de la planète ce système mortifère et aberrant. » 

                          Je vous prend donc au mot...

                          Mais je vais un peu simplifier le problème... Nous sommes quelques milliers d’années avant notre ère, habillés de peaux de bètes, dans une caverne. Il n’y a ni profiteurs ni profités et on assure difficilement sa subsistance quotidienne.

                          Comment fait-on pour arriver à la société que nous connaissons actuellement sans capitalisme, donc sans accumulation du capital et sans investissements ???

                          Il faut bien que certains se spécialisent dans des taches particulières (où ils sont plus efficaces) qu’il se crée un « marché », (que de la nourriture puisse être échangée contre des vêtements par exemple), pour que dans l’ensemble la société puisse générer plus de revenus que lorsque chacun cherche à assurer sa propre subsistance....

                          Ce n’est que si un certain nombre de règles sont adoptées et respectées que la société peut se développer. L’une d’entre elle est la notion de propriété individuelle. C’est grâce à elle que certains « capitalistes » vont « investir » et devenir « riches » et dans le même temps permettre à la société d’évoluer.

                          S’il n’y a pas spécialisation de certains et augmentation de la productivité, s’il n’y a pas d’investissements et la possibilité de générér des surplus, il ne peut pas y avoir investissements dans des tâches « improductives » comme la recherche, l’art, la médecine, la religion (oui, je sais, ça on s’en passerait bien :)

                          Tout ça pour dire que pour passer d’une société de chasseurs/cueilleurs ou agricole à 100% à une société dans laquelle la subsistance de tous est assurée par quelques petits pourcents de la population, il n’y a qu’un seule solution : une productivité immense de ceux-ci qui ne peut être obtenue QUE grâce à l’investissement, et donc grâce au capital accumulé depuis des générations.

                          Si vous avez une autre solution, je serais vraiment ravi de la connaitre....

                          Comme vous le dites si bien dans vos derniers paragraphes : « Aucun système n’est globalement bon ou mauvais »... et le capitalisme en fait partie !

                          C’est même le SEUL système économique permettant l’évolution.... 

                          Donc à moins de se satisfaire d’une société qui n’évolue pas(*) la solution reste à inventer... Ou alors je suis trop bête pour la voir tout seul et j’ai besoin qu’on m’explique...

                          (*) les indiens d’Amérique par exemple. Société parfaitement harmonieuse et vivant en accord avec la nature... mais ne se développant pas... 



                          Le « capitalisme » a une odeur noséabonde dans l’inconscient collectif. Ce qui est normal puisque pour la grande majorité d’entre vous, notre système actuel c’est justement le capitalisme. 

                          Ce qui est totalement faux... Nous ne sommes pas dans un système capitaliste, mais dans un régime ultra-libéral à tendance mafieuse, ce qui n’est pas vraiment la même chose...

                          Donc avant d’aller moinser ce commentaire en vous basant sur cet inconscient, essayez de répondre à ma question (et accessoirement documentez-vous sur ce qu’est le capitalisme au sens économique du terme). 

                          Et que celui qui a une réponse me jette la 1ere pierre...Pardon aille me moinser :)

                          • gael 17 juillet 2010 06:38

                            Je vous approuve, bien sûr.


                            Fustiger le capitalisme, sans rien proposer d’autres, est d’une immaturité comparable à ces adolescentes qui se prononcent « contre » la guerre dans leur journal intime. C’est généreux, mais stérile.

                            Composer avec la réalité, chercher (intellectuels) de rendre plus efficace et plus juste un système ayant (évolutivement) fait ses preuves, voilà ce qui me paraît sérieux. Mais certains préféreront toujours les envolées lyriques... 

                          • pierre781 17 juillet 2010 09:06

                            Bonjour

                            Pardonnez moi ma naivete , mais je pensais que que le but de la vie était la recherche du bonheur ,hors vous semblez penser que le but ultime est le développement , j’ai du mal à souscrire à ce point de vue

                            D’autre part , les arbres ne montant pas jusqu’au ciel , ne pensez vous qu’il conviendrait aujourd’hui de réfléchir à une alternative à un systéme qui ne se conçoit que dans la croissance ?


                          • SysATI 20 juillet 2010 16:05

                            Pierre, réfléchissez deux minutes SVP...

                            Le « développement » c’est par exemple que des paysans s’occupent de la bouffe pour permettre à des gens de faire de la recherche en physique, chimie, biologie, médecine..... et que le taux de mortalité infantile soir de 4 pour 1000 comme actuellement en France.

                            A moins que vous ne préfériez un taux de mortalité infantile « naturel » du genre 1/2 ?

                            Pour info, la moitié des squelettes de Néandertaliens retrouvés dans le Périgord étaient agés de moins de 9 ans et ils avaient une éspérance de vie d’environ 25 ans !

                          • sisyphe sisyphe 17 juillet 2010 10:21

                            Article bien senti, bien écrit (comme toujours, chez Monolecte), qui énonce clairement les vrais problèmes qui se posent.

                            Au delà du cas (tout à fait anecdotique) d’Attali , qui a toujours dit tout et son contraire, le problème est, en effet, non pas d’une « moralisation » (ce qui ne veut absolument rien dire) du capitalisme ; mais de se donner les LOIS pour l’empêcher de nuire.

                            Or, le capitalisme, par définition, est l’ennemi des lois, de la régulation ; il est l’apologie du « laisser-faire » le plus large possible, ce qui est l’inverse exact de la « liberté » dont se targuent les libéraux.

                            La liberté, c’est assurer l’égalité des chances, c’est permettre à TOUS de l’exercer, en leur en donnant les moyens ; quand le capitalisme n’est la liberté QUE de ceux, déjà nantis, de pouvoir faire ce qu’ils veulent, au détriment de la majorité des citoyens, puisque le capitalisme est, par essence, un système gagnant - perdant.

                            Pire que la loi de la jungle (où la plupart des animaux s’organisent en groupes, en troupeaux, en meutes, pour assurer leur survie, et où l’ensemble du fonctionnement assure un EQUILIBRE), il s’agit, dans le capitalisme, de la loi de mafias, de groupes de domination, dont la « liberté » d’agir comme ils le veulent, entraine, nécessairement, l’aliénation des autres (la très grande majorité).

                            Le capitalisme est l’ennemi de la démocratie ; car celle-ci, constituée d’élus censés représenter l’intérêt commun, public, général, et de promulguer des LOIS pour limiter les effets de nuisance de certains, est un frein à la « libre entreprise » (la libre prédation) ; c’est à dire la domination d’une minorité (non-élus, auto-cooptés, disposant des moyens d’imposer leurs propres lois, non écrites), de mafias, sur l’ensemble des pays, à l’échelle internationale.

                            Friedman disait, d’ailleurs, qu’il préférait un système dictatorial libéral, qu’un système démocratique sans libéralisme.

                            Le capitalisme EST un système dictatorial, mafieux, qui impose par la FORCE (toutes sortes de forces ; économique, sociale, sociétale) son système de domination et d’oppression.

                            Seules DES LOIS peuvent empêcher son oeuvre prédatrice ; mais des lois, bien sûr, au niveau international, sous le contrôle d’organismes indépendants, sous le contrôle des citoyens, et de leurs élus.

                            Le capitalisme tend à se débarrasser des démocraties, comme des obstacles à sa domination sans réserve ; la moralisation du capitalisme est, effectivement, un non-sens, une impossibilité en soi, un oxymore.

                            La seule possibilité d’empêcher la capacité de nuisance du capitalisme n’a rien à voir avec une quelconque « morale » (laquelle ?), mais avec une nécessaire REGULATION ; passant, entre autres, par une REFORME MONETAIRE, retirant aux banques et aux organismes financiers leur arme létale ; la création de l’argent, en la restituant à des organismes démocratiquement contrôlés.

                            Juste une parenthèse ; après les gesticulations et rodomontades du petit Ubu, sur cette pseudo « moralisation du capitalisme », on n’a toujours strictement rien vu venir, quand Obama, lui, a fait voter, un système de contrôle des banques qui n’est certes pas encore la panacée, mais un premier jalon sur la route de la régulation nécessaire des « marchés » (lire mafias), et de ses banksters, et autres spéculateurs. 


                            • pierre781 17 juillet 2010 11:14

                              D’accord avec toi sur l’essentiel.Néanmoins concernant la « régulation » des marchés made in USA , je voudrais juste te dire qu’il s’agit d’un document de 2500 pages , largement amendé pour avoir le vote de quelques républicains , et qui n’est que la poudre aux yeux destinée à faire croire à Main Street que l’on a pris acte du désastre causé par Wall street .Il ne résoud en rien les causes profondes de la crise et  comporte tellement de trous que Goldman et consort vont s’empresser d’exploiter


                            • Login 17 juillet 2010 11:16

                               Pendant ce temps... possible rupture du Gulf Stream ! suite à la rupture de la boucle dans
                               le golfe du Mexique.


                              • Pyrathome pyralene 17 juillet 2010 12:11

                                Le nazisme et le fascisme sont responsable de millions de morts, le communisme est responsable de millions de morts, le capitalisme ,lui, se compte en milliard de morts.....
                                le point commun ? la haine de la démocratie !! si les deux premiers l’affichent clairement, le troisième l’a inclus comme façade le plus sournoisement possible mais s’assied dessus allègrement.....
                                Dites à Atali qu’il peut garder sa morale pour se torcher les fesses, il en a bien besoin...

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