Etudes en géomorphologie. Ancien professionnel de l’éducation à l’environnement. Actuellement écophotographe par vocation et coursier à vélo par prosélytisme.
"L’Hydrogène peut se substituer intégralement au pétrole, au gaz et au charbon. L’essentiel est de le produire en masse, sans émissions supplémentaires de CO2, avec le nucléaire et la géothermie haute énergie."
Ben voyons... Sur le site www.manicore.com, JM Jancovici nous explique posément que rouler à l’éléctricité nucléaire en France reviendrait à augmenter le nombre de centrales de 50%. L’hydrogène étant un vecteur à moindre rendement (sur toute la filière) que l’électricité, faites le calcul.
Les coûts d’entretien seront plus réduits, peut-être, mais les coûts globaux assez élevés en raison de la difficulté à stocker l’hydrogène de façon simple et surtout durable (la chère petite molécule a en effet tendance à traverser toute enveloppe voulant la conserver). Seule certaines techniques, par ailleurs très chères et surtout très énergivores (donc conduisant à un écobilan défavorable) sont envisageable.
Le problème des tenants des moteurs à hydrogène, à air comprimé et à l’électricité (techniquement passionnants, c’est sûr) est de ne jamais calculer à la fois sur l’ensemble de la filière et de ne jamais raisonner à une échelle globale, notamment avec les perspectives de croissance monstrueuse des pays émergents (songez que l’on compte en Chine actuellement 3 véhicules pour 1000 habitants, pour environ 600 en Europe (source : Syrota).
Comme je l’exposais dernièrement (avec un article à suivre prochainement), ces techniques pourraient être intéressantes si et seulement si elles ne visaient pas à atteindre une mobilité strictement identique à l’actuelle. En d’autres termes, si vous divisez la vitesse maximale par 2 partout, sous réduisez à la fois la consommation énergétique d’un facteur bien plus important, et induisez un moindre usage des véhicule et des techniques énergivore, tout en impulsant une relocalisation de l’économie.
Mon commentaire ne sera pas très constructif au premier degré : je voudrais simplement remercier vivement l’auteur pour sa passionnante synthèse et l’esprit de pédagogie qui l’habite. C’est une belle pièce de puzzle qui tombe là : bravo pour tout ce travail !
@ Krolik : soyez attentif SVP : l’idée est de récupérer le méthane, pour ensuite s’en servir de combustible (en ce cas, réémission du CO2 préalablement prélevé dans l’atmosphère par la biomasse et d’H2O). Pas de le laisser s’échapper dans l’atmosphère.
Cela dit, le rapport nucléaire/fossile pour les filière reste bien évidemment en faveur du premier si l’on s’en tient aux émissions de CO2
L’énergie la plus propre est celle que l’on ne produit pas...
Extrait :
"Conclusions ? Comme le détaille notre infographie, les 19 recherches consacrées au cycle de vie de l’industrie nucléaire laissent apparaître que le secteur émet en moyenne 66 grammes de CO2 par kilowattheure en raison de l’usage d’énergies fossiles tout au long de la filière…
Le nucléaire plus polluant que les renouvelables
« Les opérations d’extraction des minerais d’uranium, leur conditionnement et leur acheminement sont responsables de 38 % des émissions de CO2 du secteur, note Benjamin Sovacool. Viennent ensuite le démantèlement des centrales (18 %), l’activité des centrales (17 %), le stockage des déchets (15 %) et la construction des centrales (12 %)… »
Pas de doute pour l’auteur, les centrales à charbon, au pétrole ou au gaz émettent jusqu’à 15 fois plus (de 443 à 1.050 g CO2/kWh) que les centrales nucléaires. Mais le cycle de vie du combustible nucléaire peut émettre dans certains cas jusqu’à 288 grammes de CO2/kWh. Soit, près de deux tiers des émissions du cycle de vie des centrales gaz vapeur ultraperformantes…
De même, Benjamin Sovacool constate que les émissions du cycle de vie des énergies renouvelables, émettent beaucoup moins de CO2 que la filière nucléaire. Fort critiqué, le solaire photovoltaïque n’émet que de 29 à 35 g CO2/kWh, rapporte l’auteur, en mentionnant une étude de 2008 sur la question. Face à la multitude de paramètres entrant en ligne de compte (distance entre les centrales et les mines, qualité du combustible, retraitement du combustible, type de générateur utilisé…), Sovacool note enfin la difficulté de déterminer des valeurs générales pour des situations à chaque fois spécifiques. Parmi ces paramètres, la durée de vie des centrales est un moyen de réduire les émissions…
« Storm van Leeuwen et consorts notaient en 2007 qu’une durée de vie de 30 ans pour un réacteur tend à produire 23,2 g CO2/kWh pour la construction,note Benjamin Sovacool. Si l’on porte le taux d’utilisation à 85 % et on prolonge la durée de vie à 40 ans, les émissions chuteront de 25 %, à 16,8 g CO2/kWh. »"