En ce qui concerne les titres, puisque nous sommes partis de la Suède, il faut savoir qu’en Scandinavie, tout au contraire de l’Allemagne par exemple, tant l’usage de Monsieur, Madame, Mademoiselle que le voussoiement se sont tout à fait restreints, soit à des contextes très cérémoniels, rituels même (comme les discussions au Parlement), soit à de la correspondance très très officielle (même pas une lettre de votre commune). C’est ainsi qu’un journaliste qui s’adresse à un (une) ministre le (la) tutoiera d’emblée. Un peu la même chose qu’au Québec il y a encore quelques années (le voussoiement y est de retour, pour des raisons que j’ignore). Rien que pour replacer les choses un peu dans leur contexte...
@Kookaburra. L’allemand, je ne suis pas certain, j’ai même l’impression que c’est plus ancien. Si quelqu’un le faisait en danois, par contre, ce serait interprété comme ironique, sinon rabaissant. Donc, « Ministerin » en allemand, mais « minister », quel que soit le sexe, en danois (et, je suppose, également en suédois).
« Discrimination machiste, sans doute ». Oui, sans doute. Moi, j’ai connu des filles qui conduisaient le tracteur (et pas comme passe-temps), qui faisaient du moto-cross, même une dans la sidérurgie (avec le gabarit le double du mien).
Linguistiquement, c’est déjà plus facile vu, que dans les langues scandinaves (à part l’islandais) il y a deux genres, le neutre et le « commun » qui, plus ou moins, a regroupé le féminin et le masculin d’antan. Comme ça se trouve, des mots comme « enfant », « animal » « homme » (dans le sens de : personne appartenant à l’espèce humaine) sont neutres. On imagine mal la quantité de néologismes à insuffler dans les habitudes de locuteurs de langues romanes, qui ont perdu le neutre et n’ont plus que le masculin et le féminin.