Vous connaissiez donc Naulleau avant son exposition médiatique, ce qui explique que vous ayez un jugement de l’écrivain détaché de son image télévisuelle. Ce n’est pas mon cas et ça risque de ne pas être le cas de beaucoup d’intervenants ici-même et de lecteurs potentiels. C’est tout à votre honneur.
J’ai pour ma part du mal passer outre, il m’insupporte.
Bonne lecture à tous ceux qui suivront votre conseil de lire cet ouvrage, peut-être très bon, ils sont sans doute plus ouverts que je ne le suis.
"Je trouve étrange et très symptomatique de ce que les auteurs dénoncent qu’une critique littéraire telle que celle qu’ils mènent, particulièrement fouillée et argumentée, soit perçue comme ces éreintements ad hominem qui enchantent la plupart des débats, télévisuels ou non"...
Vraiment ? Vous trouvez donc cela si étrange que ça ? Surtout quand on connait un des deux personnages, qui plus est, sans doute celui qui défendra le plus l’ouvrage en promotion, assumant ainsi sa part médiatique. Qu’est-ce qui vous surprend tant, puisque j’ai clairement fait la distinction entre le livre, que je dis ne pas avoir lu, et un des auteurs, que je trouve nauséabond. Cett nuance vous a totalement échappé et votre intervention passe par conséquent absolument à coté de la mienne, comme un mauvais parallèle qui sent l’agacement. Détendez-vous un petit peu, c’est un lieu d’échange et ce brave Naulleau en irrite plus d’un... ne vous posez pas en chevalier blanc, cela vous pousse à quelques dérives, comme par exemple donner des conseils de style dans un paragraphe dont la première phrase est indigeste. Merci d’ailleurs pour cette observation sur la "haine dégoulinante" mais vous m’autoriserez à prendre des conseils littéraires ailleurs que chez vous, si j’ai encore cette liberté.
"Vous dites, avec justesse, qu’il serait bien difficile de ne pas épingler Angot. Encore faut-il effectivement le faire avec intelligence, et drôlerie, qui plus est ! "
C’est précisément ce que j’ai dit, pourquoi donc me reprendre ? J’ai certes moins insisté sur les aspects "intelligents et "drôles", je trouve ça très bien payé pour ce que c’est, mais j’ai reconnu que c’était réussi. On entre de toute façon sur un terrain subjectif concernant cette critique d’Angot puisque tout le monde peut la lire ici-même. Ni moi, ni vous, n’en détenez le juste jugement.
"Enfin, n’oubliez pas qu’Eric Naulleau, avant d’être un intervenant chez Ruquier, est d’abord et avant tout traducteur et éditeur, ce qui n’est pas un moindre courage et qui relève d’un vrai travail, et d’une vraie œuvre. "
Cet argument n’apporte rien à la défense de l’auteur. Je vous rappelle qu’il s’en prend à des écrivains et des éditeurs comme lui ! il ne peut donc, par ces simples attributions, être exonéré de tout jugement critique, ce serait un comble tout de même ! Il y a de bons et de mauvais écrivains, de bons et de mauvais éditeurs, et il me semblait d’ailleurs que c’était l’argumentaire principal de son ouvrage.
Voilà ce qui arrive quand on joue le jeu du grand cirque médiatique, on est connu des gens, avec ce risque inhérent à toute exposition volontaire de susciter de l’admiration ou du rejet. Naulleau n’échappe pas à la règle. Ayez l’honneteté de reconnaître que vous ne le connaissiez pas en tant qu’éditeur avant qu’il décide de passer à la télé...
Je me haïrais presque de rejoindre si souvent ces deux énergumènes sur leurs analyses. N’ayant pas lu le livre, je ne jugerai pas leur entreprise de démolition, mais je ne doute pas une seconde que c’en soit une. L’intitiave a en elle-même quelque chose de nauséabond, impression confortée par l’observation presque hebdomadaire du co-auteur du livre, Eric Naulleau, dans son antre télévisuel sur France 2. Il réussit l’exploit d’attirer davantage de dégout sur sa personne que sur les écrivains fictifs qu’il foudroie.
La mauvaise foi du personnage doit cependant être légèrement atténuée par l’exercice littéraire d’exégèse critique, imposé à partir de citations des auteurs assassinés. En ce sens, l’extrait, que vous joignez à votre article, sur Christine Angot est, je pense, assez réussi.
Comment peut-on rater le lynchage d’une imposture littéraire aussi flagrante que Christine Angot, me direz-vous ? Je suis prêt à vous accorder que d’autres l’auraient sans doute fait avec moins d’à-propos.
Eric Naulleau n’en reste pas moins un petit être gonflé d’un orgueil de cuistre mal dégrossi, aux atours grossiers, suffisants et auto-satisfaits. Une figure d’un nouveau genre, pestant, bavant, dégoulinant d’une haine bon enfant, télévisuelle et débonnaire... ; c’est la bile qui sortirait moins visqueuse, presque translucide, comme on assaisonne les entrailles les plus abjectes d’une fleur de thym, de laurier et d’oignons émincés pour en faire des tripes à la mode de Caen. Du coup, ça passe... on en avale une gorgée, on grimace mais on reprend, par politesse au départ, par habitude ensuite... Il parait qu’à Stalingrad, en plein hiver 42 un boucher avait trouvé le moyen de rendre le rat commestible et presque gouttu. Comme quoi... tout se mange, pour peu qu’on ai oublié les fragrances d’antan.
Alors, un Naulleau en vaut bien un autre, dans le désert télévisuel actuel, et pour la littérature, il semblerait qu’on en soit arrivé aux mêmes extrémités, c’est d’ailleurs la démonstration que tenterait de faire cet ouvrage, si j’ai bien compris.
C’est peut-être réussi... mais ce serait tellement mieux si c’était servi par quelqu’un d’autre !
C’est la deuxième fois que je lis un article de Morris. La première fois, il s’agissait des dessous de l’intervention russe en Géorgie, que je connais moi-même assez bien et qu’un certain nombre de journalistes d’investigation ont également eu le courage d’essayer de décortiquer dans sa complexité.
Déjà, à ma grande surprise, l’article avait charié un grand nombre d’opposants de principe, parfaitement étrangers au problème géorgien et qui semblaient n’être guidés que par la défense idéologique des Etats-Unis et d’Israel. Les insinuations antisémites avaient été de sortie. Quid des analyses de nombre de journalistes encartés et de reportages diffusés sur les grandes chaînes françaises et anglaises, expliquant bien le jeu de financement, d’armement et d’embrigadement de l’ancienne province russe contre son ancien grand frère, par les USA (et accessoirement par l’état d’Israel).
Nous revoilà dans une configuration identique même si le sujet est tout autre. Morice apporte un certain nombre d’éléments tangibles ou évocateurs d’une opération plus complexe qu’il n’y parait et une fois encore, une cohorte d’opposants viennent tremper leur plume dans l’aigreur et l’obstruction idéologique sans jamais, je dis bien jamais, apporter le moindre élément supplémentaire quant au fond ou aux détails de l’attentat. Non, ce sont des théoriciens du choc des civilisations, outrès que le monde soit un peu plus subtil et alambiqué que leur propre vision simpliste d’un affrontement Occident judéo/chrétien/Islam.
Ils manient l’insulte facile et restent toujours loin de l’argumentaire et des faits.
Vous servez à quoi franchement dans un débat comme celui-ci ?
Si vous voyez des antisémites partout, je me demande à mon tour si de telles réactions d’orgueil ne trouveraient pas leur origine dans une espèce d’islamophobie mal assumée, mais très courante.
Toute analyse s’éloignant un tant soit peu d’une dénonciation de l’affreux ogre islamiste vous fait bondir, vociférer, insulter et mépriser... sans la moindre connaissance du sujet. Rien, le néant, aucun argument n’est contrebalancé par une lumière nouvelle, une autre façon d’aborder le sujet, ou une information contradictoire... Votre seule arme est le sarcasme toujours évasif, l’arme des faibles d’esprit.
On dirait bien que les articles de Morice vont font trembler, comme si vous saviez pertinnement que, même contraires à vos idées et parfois aussi, je le reconnais, incomplets, ils approchent néanmoins à chaque fois une réalité que vous pressentez, sans jamais vouloir l’accepter.
Dormez tranquille, vos oeillères idéologiques vous protègeront quelques mois encore...
Ces articles sur la crise géorgienne sont tout simplement excellents et très bien documentés. Moi qui suit nouveau ici, je découvre que l’auteur de cette quadrilogie suscite des réactions assez violentes. Il semblerait qu’agoravox soit nettement influencé, comme partout ailleurs, par deux idéologies réfractaires l’une à l’autre, que l’on pourrait simplifier en qualifiant la première de pro-américaine et la seconde d’anti-impérialiste. Sans me reconnaitre davantage dans l’une que l’autre je dois admettre que Morice, à la différence de ses détracteurs, reste sur le terrain des faits, de la démonstration et de l’argumentation, quand ses adversaires se vautrent dans l’insulte et la contestation molle, sans même essayer de produire du fond.
On dirait qu’une telle avalanche de faits les déboussole et les fait vasciller sur leur base idéologique.
Ca peut se comprendre mais ça n’apporte rien au débat.