A Taverne,
Merci d’être pareillement magnanime avec moi. Mais citez-nous donc les textes sur lesquels vous vous appuyez.
En attendant, j’attirerai votre attention sur ce fait que « Candide » a été publié en janvier 1759, c’est-à-dire tout juste après que Voltaire ait fait le compte des sommes colossales que lui a déjà rapportées la guerre en cours, c’est-à-dire celle que l’on dénommera plus tard : Guerre de Sept-Ans (1756-1763).
Voici, en effet, l’essentiel de ce qu’il avait écrit le 14 octobre 1758 - c’est-à-dire quelques semaines plus tôt - à son homme d’affaires, Jean-Robert Tronchin :
« Comptons, mon cher correspondant, afin que je ne fasse pas de sottises. »
« Voilà donc 456 000 livres [c’est-à-dire l’équivalent de 2280 années de travail pour un manouvrier de l’époque (200 livres par an), le fantassin ne touchant lui en moyenne que 150 livres !!!...] et plus pour payer 240 000 livres [1200 années de travail !...] ou environ ; restera entre vos mains 216 000 livres [1080 années de travail !!!...].
Que la guerre continue, que la paix se fasse, que les hommes s’égorgent ou se trompent, vivons et buvons. »
C’est bien cette lettre-là qui mériterait d’être commentée par les futur(e)s bachelières et bacheliers ! Et je ne vous ferai pas l’injure de vous demander d’où venait tout cet argent.
Michel J. Cuny