• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Mystérieuses reliques par Patrick Sbalchiero

Mystérieuses reliques par Patrick Sbalchiero

FRANCK ABED SAINT SUAIRE

Patrick Sbalchiero, historien, a notamment publié Les Phénomènes extraordinaires de la foi et Douze énigmes qui défient la science. Cet ouvrage intitulé Mystérieuses reliques et sous-titré le Suaire de Turin et autres énigmes présente différentes reliques chrétiennes, notamment celles du Christ et de la Vierge Marie. L’auteur retrace, quand c’est possible, leur cheminement parfois complexe et ponctué de zones d’ombre à travers les âges. Il questionne aussi leurs conséquences réelles ou supposées dans la vie quotidienne : miracles, pèlerinages, sainteté.

Pour commencer son ouvrage, l’auteur pose cette question : « Et si notre époque hypertechnologique, numérique et scientifique se passionnait sans se l’avouer pour les reliques religieuses ? » Cette interrogation se présente comme réellement pertinente, car chacun peut librement constater «  l’impressionnante affluence des fidèles lors des ostensions du linceul de Turin ou d’autres grandes reliques  ». Ces cortèges de fidèles, dont certains parcourent des milliers de kilomètres pour apercevoir quelques secondes une relique, ne peuvent que provoquer notre rationalité et surtout notre rapport à la foi. En abordant ce sujet complexe, n’oublions pas que nous vivons à une époque où les individus dépendent de plus en plus des nouvelles technologies.

L’auteur explique la signification du mot relique « qui vient du latin reliquia signifiant ce qui reste, vocable lui-même dérivé du verbe relinquere : abandonner, laisser derrière soi ». Il précise « qu’une relique, c’est ce qui demeure d’un saint après son trépas, mémoire matérielle et signe spirituel d’une participation à la sainteté de Dieu ». De même, il convient de savoir que « la présence de reliques est attestée dans plusieurs grandes religions. Outre le judaïsme et le christianisme, l’islam connaît un culte des reliques, certes moins prégnant que dans la tradition biblique, mais réel  ».

Avant toute chose, prenons le soin d’écrire que ce culte des reliques peut amener son lot d’incompréhension, d’étrangetés voire même de bêtises. Il écrit donc : « Comme n’importe quel visiteur, j’ai observé avec intérêt les sandales du prophète au palais d’Istanbul. Les neuf épées de Mahomet constituent un trésor authentique aux yeux de maints musulmans ». Le christianisme n’est guère exempté de ce genre de curiosité : il existe aussi des sandales du Christ, deux de ses berceaux, et également son prépuce (au Moyen Âge, il y eut jusqu'à quatorze « saints prépuces  » identifiés) …

Cependant, l’auteur énonce avec raison que «  le Linceul de Turin est la relique la plus populaire, aucun objet de la Passion n’aura été davantage au cœur de la curiosité de générations de fidèles et de chercheurs ». C’est vrai qu’il s’agit d’un linge extraordinaire, quand on prend la peine de l’étudier sérieusement loin des passions, des sentiments et de l’idéologie. Peut-être même n’a-t-il pas encore livré tous ses secrets ? L’avenir le dira !

Ainsi, les enjeux soulevés par Sbalchiero sont clairement identifiés. Il veut répondre à différentes questions, nous en citerons quelques-unes : «  A quoi servent les reliques pour les femmes et les hommes du passé et du présent ? Ont-elles une fonction religieuse ? Quel rapport avec les Evangiles ? Doit-on leur attribuer un pouvoir de guérison et lequel ?  »

Pour apporter des éléments de réponse, il considère « qu’il paraît intéressant d’emprunter une autre voie, souvent négligée, au-delà d’une histoire matérielle, celle des liens privilégiés qui unissent des hommes aux reliques et qui se déclinent sous les modes les plus divers : culturel, politique, philosophique, juridique, théologique… » 

Il faut maintenant être très clair : les reliques ne sont pas des totems, ni des fétiches encore moins des porte-bonheurs. Nous lisons avec intérêt ce qui suit : « Selon l’Eglise catholique, les reliques ne sont aucunement des objets magiques. En elles-mêmes, elles n’ont aucun pouvoir miraculeux. Elles tirent leur valeur du seul fait qu’elles furent la propriété de saints authentifiés, et qu’à ce titre, Dieu accorde à travers elles bienfaits et prodiges ».

Ce folklore autour certaines prétendues reliques ne doit pas occulter le fait qu’il en existe de vraies. Des études sérieuses leur furent consacrées. Sbalchiero remarque « qu’un simple coup d’œil jeté sur les rayonnages des bibliothèques aide à mesurer l’importance numérique des livres consacrés aux reliques vénérées depuis l’époque du Christ  ». Il ajoute que « deux catégories de livres se détachent : des ouvrages de piété et ceux abordant la question des analyses scientifiques de ces objets. Les premiers nourrissent la foi des croyants tandis que les seconds se penchent avec détail sur la matérialité, la datation, la chronologie et les méthodes de fabrication de ces objets ou vêtements  ».

Il estime malgré tout que « ces deux perspectives, importantes et quelquefois bien associées, n’épuisent ni l’importance ni la richesse du sujet ». Il a donc «  cru bon de ne pas évoquer dans ce livre les reliques habituellement référencées par les spécialistes  » pour se pencher « sur les restes qu’il a eu la chance de voir de ses propres yeux  ». Toutefois, il explique n’accorder aucune place au Graal dans son étude car «  nul ne l’a jamais possédé et conservé. Il n’a jamais été reconnu par aucune Eglise chrétienne  ».

En définitive, cet ouvrage sympathique décrypte le phénomène des reliques, passionnant, fascinant et inquiétant à la fois, parce qu’il peut conduire à certaines dérives. Nonobstant ces dernières, nous pensons fortement que les reliques, comme celle du Linceul de Turin, renvoient à eux-mêmes les scientistes, les agnostiques et autres athées, car la science se montre en définitive incapable de les expliquer. En son temps, Jean-Paul II avait dit du Linceul qu’il est « une provocation à l’intelligence ». Nous donnons raison sur ce point…

 

Franck ABED


Moyenne des avis sur cet article :  2.07/5   (30 votes)




Réagissez à l'article

39 réactions à cet article    


  • Clark Kent Séraphin Lampion 7 mai 2020 09:56

    « L’objet-relique, pour être reconnu comme tel, ne doit pas être, pourrions-nous dire, « véridique  » d’un point de vue historico-ecclésiastique. Il est construit, catalogué et utilisé tel qu’il est perçu par les sujets producteurs. Il ne semble pas qu’il faille nécessairement une correspondance entre le processus de ‘construction’ de la sainteté et l’objet. Celui-ci conserve sa valeur spirituelle indépendamment du fait qu’il s’aligne ou non sur ce qui est reconnu par la réglementation ecclésiastique en vigueur. La sacralité semblerait se dessiner comme une condition objectale autonome dégagée, et non dépendante, de la sainteté. L’impact de la relique dérive du pouvoir de la matérialité même de l’objet, qui doit être considéré comme un objet-image. »

    Relic’s Factory. Manipulation and Production of Sacred Objects in Cloistered Life - Francesca Sbardella

    (Traduction : lien – NB : dans le titre, « cloistered life » (littéralement vie cloitrée) est traduit par « clôture » ce qui n’est pas faux en soi mais supposerait, pour être compris d’être complété par l’adjectif « religieuse ».


    • popov 7 mai 2020 10:13

      Umberto Eco raconte dans un de ses livres (je ne me souviens plus duquel, mais c’était probablement Le pendule de Foucault) avoir trouvé dans une bibliothèque une pancarte d’un vendeur de foire portant le texte « Le crâne de Jésus ».

      Comme le crâne en question devait être un peu petit, et pour prévenir les sarcasmes, le vendeur avait ajouté « Quand il avait huit ans ».


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 mai 2020 10:44

        @popov

        Bonjour. C’est dans« le cimetière de Prague » .


      • Franck ABED Franck ABED 7 mai 2020 10:46

        @Aita Pea Pea
        Excellent livre !!


      • popov 7 mai 2020 13:07

        @Aita Pea Pea

        Merci


      • nono le simplet 7 mai 2020 10:24

        avec les morceaux de la vraie croix y a assez pour faire un beau chalet ou se chauffer tout un hiver ...

        c’est un peu comme la vraie dent de « Rahan » dans « Pif Gadget » ... smiley


        • Clark Kent Séraphin Lampion 7 mai 2020 11:30

          @nono le simplet

          Dans ma vie antérieure (le monde d’avant), j’ai été coopérant en Algérie, à Batna.
          Pour aller de Batna à Biskra, la route suit le défilé des gorges d’El Kantara (la toponymie vient du pont  el kantara en arabe - romain qui enjambe la rivière, au fond des gorges). Le site est magnifique, et on voit de très loin la « fente » qui coupe la chaine de montagne des Aurès.
          Un collègue algérien m’avait expliqué que cette coupure de la montagne avait été faite avec son épée magique par « Ali qui fuyait les M’Zabites incroyants qui le pousuivaient » (sic).
          Je lui avais demandé s’il croyait à cette explication et il m’avait répondu :
          « bien sûr que non ! c’est une légende »
          et après un silence :
          « mais son épée,, elle était magique... »


        • nono le simplet 7 mai 2020 11:47

          @Séraphin Lampion
          je me garderais bien de me moquer de la superstition ou de la religion que je classe dans la même catégorie ...
          je ne suis pas superstitieux, d’abord parce que ça porte malheur, et pourtant je ne supporte pas du pain « à l’envers », même au congél dans des poches zip je dispose les morceaux à l’endroit ... vieille superstition venue de mon grand père ... des bourreaux ou je ne sais quoi ... sinon je passe souvent sous mon échelle, j’ai eu plein de chats noirs, j’en ai même encore un et je mange de la viande le vendredi saint ... essentiellement parce que j’aime la viande mais pas trop le poisson ...
          par contre je mange beaucoup d ’ail à cause des vampires bien entendu ...


        • Et hop ! Et hop ! 7 mai 2020 16:09

          @nono le simplet

          La superstition n’est pas la même chose que la religion, l’une cherche à favoriser le sort individuel (la chance et la malchance, le destin), l’autre à administrer le sacré dont les deux moments forts sont le commencement et la fin de la vie, le sexe et la mort, le baptême, le mariage et les funérailles, et à partir de là à donner une plus grande valeur à certains actes ou à certaines paroles, les serments, les promesses, les engagements, les jugements, les insultes, les vindictes, mais aussi les repas, les inaugurations, avec des rituels, des cérémonies et des fêtes. Le serment judiciaire est religieux, bien que fait dans une procédure en principe laïque.


        • nono le simplet 7 mai 2020 16:16

          @Et hop !
          suivre un rite pour aller au paradis c’est quand même un peu pour favoriser un sort individuel, non ?
          quand au serment judiciaire, en France il n’y pas de bible ... on jure sur l’honneur ... enfin, sur l’idée qu’on s’en fait ... smiley



          • popov 7 mai 2020 13:25

            Il y a aussi les reliques d’Elvis, de John Lennon, d’Einstein...


            • Et hop ! Et hop ! 7 mai 2020 16:13

              @popov

              Bien sûr.
              Nous faisons aussi nos propres reliques, des restes de la vie des personnes ou de moments que l’on a adoré, une mèche de cheveux ou un cahier d’enfant, un cadeau d’une personne aimée, un souvenir de voyage, une maison de famille, un vieux vêtement, un vieux livre, un vieux couteau. 


            • Nowhere Man 8 mai 2020 09:08

              @popov
              Yoko Ono pour Lennon


            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 7 mai 2020 14:10

              Et le Linceul de Turin a quelque chose à voir avec la France.

              En effet, Voici la photo de la tache de sang sur le linceul de Turin comparée à la photo de Louis XVI

               

              https://effondrements.wordpress.com/tag/profil-de-louis-xvi-sur-le-linceul/

              Un hasard très curieux a fait qu’une des taches de sang, qui s’est écoulée de la plaie faite par la lance et qui a ouvert le Cœur de Jésus, reproduise l’effigie de profil du Roi Louis XVI. Si ce linceul existe, n’est-ce pas parce qu’il ressuscita ? Ce profil n’est donc pas là par hasard, il confirme la résurrection future de l’Eglise du Christ, grâce à un descendant de Louis XVI.


              • Eric F Eric F 7 mai 2020 20:47

                @Daniel PIGNARD
                " grâce à un descendant de Louis XVI."
                Louis XVI a des descendants ?


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 7 mai 2020 22:53

                @Eric F

                Louis XVII

                Une autre version, qui a aussi ses partisans et ses croyants, veut que le savetier Simon, qui cachait, sous son écorce révolutionnaire, une âme sensible et un cœur généreux, donna dans la prison du Temple un type varié du Bourru bienfaisant. Sa rudesse, ses colères, ses imprécations et ses cris, les apostrophes insultantes dont il ne se montrait point avare envers son prisonnier, n’étaient qu’un jeu, pour cacher sa compassion, sa sollicitude et ses soins paternels, aux yeux des commissaires de la Commune, qui se relayaient chaque jour au Temple, et parmi lesquels on trouvait plus de louches Brutus que de charitables Samaritains. Et il serait parvenu au but de cette comédie de férocité.

                 La même version ajoute, en effet, que le Prince sortit, en même temps que Simon, de la prison du Temple ; que le 19 janvier 1794 fut le jour de son évasion. Ce jour était celui du déménagement de Simon du Temple. Le Dauphin fut caché ou enfoui, pour ainsi dire, dans un paquet de linge destiné à la blanchisseuse ; la femme de Simon se chargea de ce paquet, et, sur l’invitation des geôliers inférieurs, qui insistaient pour visiter le paquet, elle se mit en colère, cria à l’affront qu’on faisait gratuitement à une bonne citoyenne, et fut assez heureuse pour franchir, avec son précieux paquet, le seuil de la prison. Le Prince fut, dès le soir même, remis entre les mains de messieurs de Frotté et de O’jardias, émissaires du Prince de Condé, qui partirent avec lui, le lendemain, pour l’Allemagne.

                https://www.facebook.com/notes/la-france-pittoresque/le-savetier-antoine-simon-ou-le-bourreau-du-petit-louis-xvii/197410443619514/

                 

                Le 8 juin 1795, on apprend au Temple, la mort de Louis XVII.

                Marie-Jeanne, est admise à l’hospice des Incurables, en 1796, pour y finir le reste de ses jours. Là, elle affirme souvent, que le dauphin n’est pas mort au Temple. " On a saisi, raconte-t-elle, l’occasion de leur déménagement, pour opérer l’enlèvement. Un autre enfant a été apporté dans un cheval de carton et substitué au jeune prince, dans la prison, pendant que celui-ci quittait le temple enveloppé dans un paquet d’habits ". Elle répète cette histoire, autant de fois qu’on lui demande. Elle décède en 1819.

                https://www.jschweitzer.fr/la-r%C3%A9volution-fran%C3%A7aise/le-m%C3%A9nage-simon/


              • Eric F Eric F 8 mai 2020 11:35

                @Daniel PIGNARD
                Les légendes sont une chose, mais l’enfant mort au temple a été désormais formellement identifié comme étant le dauphin fils de Louis XVI . "Les résultats des tests ADN, ..., sont formels : l’« enfant du Temple » est bien Louis-Charles Capet, dit Louis XVII, dauphin de France"

                Louis XVI y avait également une fille, Madame Royale qui a épousé son cousin le duc d’Angoulème (dauphin sous la Restauration), mais elle n’a pas eu d’enfant.

                Donc pas de descendant de Louis XVI
                Ni de Louis XVIII ni de Charles X (le comte de Chambord étant mort sans postérité)

                Il reste les Orléans (un peu de seconde main), ou la branche espagnole descendante de Louis XIV (mais il y a le renoncement).


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 12:19

                @Eric F
                Il n’y a pas de preuves que le coeur examiné soit bien celui de l’enfant mort au temple. On pense qu’il s’agit du coeur du frères de louis XVII mort avant lui.


              • Eric F Eric F 8 mai 2020 13:53

                @Daniel PIGNARD
                « on pense », ce serait tout de même extraordinaire qu’il y ait pu avoir confusion alors que les « parcours » ont été aussi différents. Mais après tout, c’est comme les reliques dont parle l’article, c’est une question de foi et de symboles....


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 16:19

                @Eric F

                « mais l’enfant mort au temple a été désormais formellement identifié comme étant le dauphin fils de Louis XVI. »

                 

                Si vous arrivez à y voir clair dans tout ça ? Voir le lien ci-dessous.

                Pensez-vous que l’on puisse formellement dire que c’était le cœur de Louis XVII ?

                Je préfère nettement le témoignage invariable de Marie-Jeanne la femme de Simon le gardien du Temple que j’ai cité plus haut.

                https://www.lepoint.fr/culture/les-mysteres-de-l-histoire-louis-xvii-l-evade-du-temple-21-08-2012-1497780_3.php


              • keiser keiser 7 mai 2020 19:19

                Moi ce que j’aime, c’est la bonne bouille caucasienne de Jésus sur le linceul.

                Il n’était pas juif-arabe ?

                Parce qu’en Palestine et à l’époque, il n’y avait pas pléthore de caucasiens aux cheveux longs lissés.

                C’est comme dans les films bibliques américains, pas un seul arabe.

                Alors que descendant d’Abraham, il ne devait pas ressembler à Jim Caviezel comme dans la passion du christ.

                Il n’y a guère que dans le film de Moiti ou il est représenté comme juif-arabe au cheveux bouclés.

                Ah ... Il est grand le mystère de la foi.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 mai 2020 20:43

                  @Le Sudiste

                  Merde je ressemble à Raoult ... En plus jeune et blondinet...dès le 11 vais me poster a la sortie des écoles pour draguer de la mère affolée...bon plan merci .


                • keiser keiser 7 mai 2020 21:03

                  @Le Sudiste

                  En plus jeune et avec des lentilles de contact.
                  Mais Raoult il triche, lui il a un fer à lisser.
                  Par contre et pour le mystère de foi ça peut y ressembler. smiley


                • Kapimo Kapimo 8 mai 2020 00:55

                  Le saint-suaire est un objet unique et reste une énigme, n’en déplaise aux grincheux.

                  La technique utilisée pour modifier chimiquement le tissu sans ajout de colorant reste inexpliquée et sans équivalent. L’origine de la conceptualisation 3D de l’image négative est par ailleurs inconnue avant le 19eme siècle. Et les conditions de réalisation de l’ensemble (image négative 3D obtenue sans ajout de colorant) à une époque ancienne restent une énigme absolue.


                  • keiser keiser 8 mai 2020 05:24

                    « n’en déplaise aux grincheux »

                    Même pas grincheux car franchement j’en ai rien a branler de ton suaire.

                    Et comme ça, c’est assez grincheux ?

                    Non mais je rêve ...


                    • Étirév 8 mai 2020 07:44

                      Eclaircissements sur le Saint Suaire de Jésus.
                      Le succès obtenu par la légende de Véronique et de l’image de Jésus, qui, depuis le XIIIème, était devenue populaire et avait passé par la crédulité publique pour Une vérité acquise, eut un résultat qui était à prévoir ; il suscita des imitateurs, et, comme toujours, les derniers venus allèrent plus loin que leurs devanciers. Ce ne fut plus seulement la face de Jésus qu’on prétendit avoir dans une empreinte ; on imagina de représenter son corps tout entier, imprimé sur un linceul, et on créa le Saint Suaire du Sauveur.
                      On se préoccupait peu à ce moment de la vérité historique ; on n’avait même pas l’idée de consulter les Évangiles, et l’idée qu’on pouvait se mettre en opposition avec les textes ne pénétrait même pas dans les esprits.
                      En effet, l’Évangile de saint Jean dit ceci :
                      « Simon Pierre entra dans le sépulcre et vit les linceuls posés à terre et le suaire qui avait couvert la tête, séparé des linceuls et plié à part. »
                      Si le suaire couvrait seulement la tête, comment porterait-il l’image du corps ?
                      Mais les faussaires ne pensent pas à tout. Voici l’histoire de cette relique :
                      Le 20 juin 1353, Geoffroy 1er de Charny, chevalier, seigneur de Savoisy et de Lirey, fonde et dote la collégiale de Lirey (Aube) et offre à l’église des présents où, parmi des vases précieux et autres reliques, se trouve une image ou représentation du suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont l’ostension attire bientôt de tous côtés les pèlerins et les aumônes.
                      Quelque temps après, nous voyons l’évêque de Troyes s’émouvoir de l’état de choses, qui commence à donner lieu à la légende. Et ici nous assistons à une lutte fort curieuse des chanoines de Lirey, en guerre contre leurs évêques, qui successivement interdisent l’exhibition pompeuse destinée à tromper la population sur la nature de l’image. Les théologiens réunis en conseil reconnaissent une peinture habile et font en outre cette observation : si le Sauveur avait réellement imprimé sa face et son corps sur le linge qui l’enveloppait, comment les évangélistes auraient-ils omis de mentionner un tel événement ?
                      Cependant, le chapitre de Lirey ne se tient pas pour battu ; un messager envoyé à la cour d’Avignon rapporte l’autorisation donnée par Clément VII d’exposer publiquement le Saint Suaire malgré la défense de l’évêque.
                      Pierre d’Arcis écrit alors au roi dé France. Et bientôt le bailli de Troyes, au nom du Parlement de Paris, commande au doyen et à ses chanoines de livrer le drap. Ils refusent et font appel au pape. L’évêque en fait autant dans un mémoire très curieux où il établit la vérité. Tout ceci se passe en l’an 1389.
                      Le pape répond par quatre bulles, dont la première est décisive, puisqu’elle ordonne à quiconque exposera le Suaire de proclamer à haute et intelligible voix que cette image ou représentation n’est pas le vrai suaire de N.-S. J.-C, mais seulement une peinture, un tableau qui le figure ou représente. Si la conviction de Clément VII n’était pas faite avant, il est certain que le mémoire de l’évêque suffit à l’éclairer. Ce mémoire atteste un fait très important : l’aveu du peintre lui-même. Dans la minute originale qui existe dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale (collection de Champagne), se trouve cette phrase :
                      « Et enfin, à la suite d’un examen attentif et d’une enquête diligente, il a découvert la fraude et reconnu par quel procédé l’étoffe avait été peinte. L’aveu même de l’artiste, auteur de la peinture, confirma qu’elle avait été exécutée de main d’homme et non par l’effet d’un miracle. »
                      Ce qui est certain, du reste, c’est que les chanoines de Lirey n’ont jamais, en aucune occasion, invoqué l’authenticité du suaire et de l’image. Ce qu’ils veulent, c’est le droit de la représentation solennelle ; et, pour le reste, ils se contentent de laisser croire le peuple.
                      Après la bulle de Clément VII, l’éclat de la relique pâlit et s’éteint. Vingt-huit années se passent. Des bandes de pillards désolent alors le pays. Effrayés, les chanoines confient au comte Humbert, petit-fils du donateur, le trésor de leur église. Ils le réclament vingt-cinq ans plus tard par la voie légale, parce que, le comte étant mort dans l’intervalle, sa veuve Marguerite allègue que le reçu de son mari ne la concerne pas et refuse de le leur rendre. Elle est assignée devant le Parlement de Dôle. Pour éviter les frais, on transige : Marguerite rend les objets, sauf le suaire qu’on lui permet de garder trois ans en échange d’une rente annuelle de douze francs. Après trois ans, nouveau refus. Nouveau procès. Ils se multiplièrent du reste dans la vie de cette singulière et audacieuse Marguerite de Charny. Les procès se suivent. Chaque fois, C’est une demande nouvelle de sursis avec des promesses qu’elle ne tient pas. Avant l’expiration du dernier délai, nous la voyons promener sa relique en Hainaut et en tirer de belles sommes d’argent. C’est même à ce moment que deux professeurs en théologie envoyés par Jean de Heinsberg, évêque de Liège, ému du bruit causé par le linceul, obligent Marguerite de Charny à leur montrer les trois bulles de Clément VII qu’elle porte sur elle avec un induit de Pierre de Luna, témoignant que le suaire n’est qu’une représentation. Le terme d’octobre 1449 est écoulé. Marguerite ne revient pas, naturellement. L’affaire vient devant le prévôt de Troyes, et, cette fois, la dame de Lirey trouve le moyen d’obtenir un dernier sursis en faisant verser une somme annuelle aux chanoines par son frère. Puis nous la retrouvons en Savoie, où elle cède au duc Louis 1er et à sa femme Anne de Lusignan le suaire des chanoines. Disons tout de suite que, menacée et condamnée enfin par l’official de Besançon, Marguerite de Charny meurt sans se soumettre.
                      Cent trente années s’écoulent. En 1578, saint Charles Borromée quitte Milan pour se rendre à pied jusqu’à Chambéry, devant l’image qui se trouve dans la Sainte Chapelle. Mais le duc et la duchesse (Emmanuel-Philibert et Marguerite de France), pour lui éviter la moitié du voyage, obtiennent de l’évêque de Maurienne, doyen de la Chapelle, d’envoyer à Turin, pour peu de temps, la relique ; ce qui a lieu. C’est en vain que le doyen la réclama ensuite ; jamais le duc ne voulut la faire reprendre, assurant qu’elle « ne serait pas en sûreté à Chambéry ». Et c’est ainsi que le suaire demeura à Turin jusqu’à nos jours.
                      Le suaire apparaît pour la première fois en 1353. Et ceci déjà est significatif. Personne, jusqu’à présent, n’a pu en trouver trace avant cette date, pour le motif plausible qu’il fut fabriqué à cette époque. Il est difficile, en effet, à notre raison de comprendre comment, au moyen âge, un objet sacré d’une telle valeur pouvait avoir passé inaperçu, quand, au IVème siècle, nous trouvons un si grand nombre de « vraies » croix, et que sainte Hélène n’élève pas moins de trois chapelles pour célébrer celle qu’on découvrit pour elle à son arrivée à Jérusalem.
                      Grâce aux intéressants travaux de deux savants chanoines, l’abbé Lanore et l’abbé Ulysse Chevalier, ce dernier, correspondant de l’Institut, ne consacra pas moins de trois ouvrages, lumineusement précis et documentés, à l’étude des dossiers du suaire de Turin, nous pouvons suivre les aventures de la relique depuis son apparition jusqu’à ce jour, et cela, chose rare, sans arrêt ni lacune.
                      La légende de Jésus


                      • Eric F Eric F 8 mai 2020 11:48

                        @Étirév
                        Il y a eu d’autres suaires objets de vénération (l’église ne les a pas proclamés authentiques) dont celui de Cadouin qui s’est avéré après examen être ...un tapis de prière musulman ramené au XII ème siècle.


                      • macchia 8 mai 2020 11:12

                        D’après l’évangile de jean on a lié le corps de Jesus avec des linges qu’on a retrouvés à plat dans la tombe et en plus on a retrouvé le suaire qui entourait la tête : ce suaire ne semble pas être le linceul dont parlent les autres évangiles. J’aimerais quelques précisions


                        • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 17:54

                          @macchia

                          Dans « Il est vivant l’essentiel de la vie » de Décembre-Janvier 99 est donné la traduction de jean 20 par Sr Jeanne d’Arc dans les évangiles, les quatre, DDB, 1992, p. 580-581 qui suit davantage le texte grec dans sa littéralité :

                          « L’autre disciple…vient le premier au sépulcre. Il se penche et regarde : les linges sont là, à plat. Cependant, il n’entre pas. Simon Pierre vient donc aussi, en le suivant, et entre dans le sépulcre. Il remarque les linges là, à plat. Et le tissu qui était sur la tête n’est pas à plat avec les linges mais, enroulé, lui, en place. Alors donc entre l’autre disciple, venu le premier au sépulcre. Et il voit, et il croit. Car ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture : qu’il devait se lever d’entre les morts. »

                           

                          Il semble donc que le linceul était ce tissu qui entoure la tête de Jésus et à cause de cet entourage, il ne peut s’aplatir comme lorsqu’il est droit.

                          Il faut savoir en effet que le linceul fait 4,36 m de long sur 1,10 m de large et est fait de tissu épais qui ne s’enroule que sur un grand diamètre, celui d’une tête d’homme. Le corps est posé sur la moitié du tissu, puis le tissu fait le tour du haut de la tête et passe au retour sur le corps pour aller vers les pieds. Ainsi donc, lorsque le corps n’est plus dedans, le tissu reste enroulé en place vers la tête à cause de sa rigidité.


                        • dscheffes 8 mai 2020 11:32

                          rien à battre des reliques !!!


                          • Eric F Eric F 8 mai 2020 11:57

                            @dscheffes
                            « rien à battre des reliques !!! »
                            Déjà, même si elles étaient authentiques, leur « vénération » serait, en terme purement religieux, tout à fait discutable (matérialisme, idolâtrie...).
                            Mais la plupart sont fausses, et ont fait généralement l’objet de commerce et tractation au Moyen Age et à la Renaissance, pour acquérir du prestige ou du pouvoir. La supposée « couronne d’épine » conservée à la cathédrale de Paris en fait partie. Absolument aucun texte évangélique, ni les actes des apôtres et épitres ne relatent leur conservation ni de culte associé, contraire à l’esprit biblique.


                          • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 12:12

                            L’histoire du Linceul de Turin démontre qu’il ne date pas du Moyen âge.

                             

                            Sciences et avenir N° 587 Janvier 1996 « La saga du linceul de Turin ».

                            32 : Le corps de Jésus est enveloppé dans un linceul.

                            70 : Les apocryphes du IIème siècle (Evangile de Pierre et Evangile aux Hébreux écrits de la fin du Ier siècle) précisent : « Le Seigneur a donné son linceul au serviteur du Grand Prêtre avant d’apparaître à Jacques. »

                            314-335 : Le pape saint Sylvestre Ier demande que les nappes d’autel ne soient pas en soie mais en lin, afin d’évoquer la matière du linceul.

                            340 : saint Cyrille de Jérusalem mentionne dans un texte « le linceul témoin de la résurrection ».

                            1147 : Le roi de France Louis VII vénère le linceul aux Blachernes à Constantinople.

                            1204 : Avant la prise de Constantinople par les croisés le 13 avril 1204, Robert de Clary écrit dans un manuscrit (conservé à la bibliothèque royale de Copenhague sous le n° 487) : « Il y eut un monastère, qu’on appelait Madame sainte-Marie-des-Blachernes où le sydoine où notre Sire fut enveloppé y était, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu’on pouvait bien voir la figure de Notre Seigneur…  »

                            1204-1205 : Athènes. Théodore Ange, le neveu d’Isaac II Ange, l’empereur de Constantinople détrôné en 1204 par les croisés, écrit au pape Innocent III. Il ne lui demande pas la restitution de l’or et de l’argent dérobés, mais de « ce qui est saint » les reliques, et « parmi elles, objet sacré entre tous, le suaire dans lequel après sa mort et avant sa résurrection, Notre Seigneur Jésus-Christ fut enveloppé » et qui présentement est « à Athènes ».

                            On suppose que l’instigateur de l’« empreint » serait Othon de La Roche, l’un des quatre principaux chefs de la croisade, et qui régna à Athènes.

                            1206-1208 : Othon de La Roche envoie le tissu au château de son père Ponce. En raison de son acquisition frauduleuse, l’existence du saint suaire est gardée secrète.

                            1349 : Mariage de Jeanne de Vergy, arrière-arrière-petite-fille d’Othon de la Roche, dame de Lirey, avec Geoffroy Ier de Charny.

                            1357 : Lirey (Champagne). Le suaire apparaît historiquement pour la première fois dans la collégiale fondée par Geoffroy Ier de Charny où il attire des foules considérables.

                            .

                            Le Codex de Pray daté aux alentours de 1190, conservé à la bibliothèque de Budapest, comprend trois illustrations dont l’onction du corps de Jésus et la visite des saintes femmes au tombeau. Ces miniatures présentent des concordances étonnantes avec l’image du linceul : le corps de Jésus est entièrement nu (très rare dans l’iconographie de cette époque), les pouces sont rétractés, la main droite est sur la main gauche, le tissu est à chevrons et , surtout, y figurent des traces de brûlures sous forme de petits trous disposés en équerre, au nombre de quatre sur une face et de trois sur l’autre, et que l’on retrouve sur le vrai linceul.


                            • Eric F Eric F 8 mai 2020 16:22

                              @Daniel PIGNARD
                              "Les apocryphes du IIème siècle (Evangile de Pierre et Evangile aux Hébreux écrits de la fin du Ier siècle) précisent : « Le Seigneur a donné son linceul au serviteur du Grand Prêtre avant d’apparaître à Jacques »"
                              Complètement contradictoire avec l’évangile du ’’témoin’’ Jean


                            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 16:30

                              @Eric F
                              Cet écrit, même s’il ne dit pas la vérité, fait apparaître le linceul dans un écrit et donc témoigne de son existence.


                            • JC_Lavau JC_Lavau 8 mai 2020 12:18

                              Martin Luther avait calculé que si on mettait ensemble tous les morceaux de prépuce du christ révérés comme reliques en diverses églises de son temps, le rouge monterait au front de toute la chrétienté.


                              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 8 mai 2020 16:26

                                @JC_Lavau5678

                                Encore bravo pour vos arguments bien écrits, irréfutables, apportant enfin la science dans le débat. Cela méritait d’être écrit et publié.


                              • Franck ABED Franck ABED 9 mai 2020 07:46

                                A titre personnel, j’ai toujours des doutes concernant la version officielle de la mort de Louis XVII... Cette mort arrangeait trop de monde ! 


                                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 9 mai 2020 15:47

                                  @Franck ABED

                                  Prophétie du Père Calliste, religieux de Cluny (XVIIème siècle)

                                  Cette prophétie date du 3 décembre 1750, trois jours avant la mort du Père Calliste. Elle a été annoncée, au milieu du plus profond silence, à la fin de la messe, dans l’étonnement et la consternation de tous les assistants. Le texte de la prophétie du Père Calliste est conservé grâce à la lettre, datée du 3 décembre 1751, adressée par un religieux de Cluny, Dom Madrigas, au Prieur de l’Abbaye de Moutier-Saint-Jean-en-Auxois en Bourgogne.

                                  Après une peinture rapide de la Terreur, le prophète tient ce langage d’une précision qui terrifie :

                                   

                                  «  Trois fleurs de Lys de la couronne royale tomberont dans le sang (Louis XVI, Marie-Antoinette, Madame Elisabeth) ; une autre tombera dans la fange (le duc d’Orléans), une cinquième sera éclipsé (Louis XVII)… »

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité