Oui, la sociale-démocratie « officielle » pose un énorme problème depuis un siècle. Mais quid de l’actuelle « gauche » de la gauche ? Par exemple, s’agissant de la loi d’août dernier sur la « mobilité » des fonctionnaires, on ne l’a guère vue bouger.
Au point que nous avons été contraints, après de nombreux appels aux centrales syndicales et syndicats de toutes tendances depuis août dernier restés à ce jour sans suite, de saisir seuls l’OIT dans l’urgence de l’application de la loi mais dans des conditions où la question de la recevabilité peut se poser.
Voir nos articles d’hier et d’aujourd’hui :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/15/loi-sur-les-fonctionnaires-l-oit-saisie-i.html
Loi sur les fonctionnaires : l’OIT, saisie (I)
Le 15 avril, le collectif Indépendance des Chercheurs a saisi
l’Organisation Interrnationale du Travail (OIT)
contre
la
loi française
dite « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la
fonction publique ». Il s’agit d’une triple saisine : i) demandant au
Conseil d’Administration d’intervenir d’office, vu le caractère évident
des problèmes posés par cette loi ; ii) demandant l’intervention du
Comité de la Liberté Syndicale ; iii) en tant que réclamation. Notre
collectif n’est pas, à strictement parler, une organisation syndicale.
Mais la situation de carence générée, sauf méprise de notre part, par
l’absence à ce jour d’intervention analogue de syndicats français nous
a semblé justifier cette démarche devant l’urgence découlant de
l’entrée en application de la loi. Le 15 avril également, les médias commentent l’affaire du responsable de la Poste Rémi
Karcher qui avait été jusqu’à parler, dans un courrier
électronique de faire la « chasse » à des vendeurs, de les « exterminer
», etc... Dans un communiqué du 15 avril, le syndicat SUD Postaux Paris
souligne
que « la mutation de Karcher ne changera rien », le véritable problème
résidant dans la stratégie de « management » elle-même. Mais SUD a-t-il
saisi l’OIT contre la loi du 3 août 2009 sur la «
mobilité » des fonctionnaires ? Et comment a-t-on pu en arriver à
l’avalanche extrême des suicides répertoriés depuis 2008 chez France
Télécom, qui n’ont que très récemment fait l’objet d’un rapport d’ensemble conduisant
à l’ouverture d’une instruction pénale, alors que le processus de
privatisation et de « managérisation » de ce service public s’est
poursuivi depuis plus de vingt ans ? Et que penser du silence plus
global de la part des organisations syndicales de fonctionnaires et des
grandes centrales devant l’ensemble des politiques de « managérisation
» et de séparation catégorielle arbitraire dans la fonction publique ?
C’est ainsi, par exemple, que l’on cherchera en vain des déclarations
publiques d’instances syndicales sur les « suivis post-évaluation »,
par des services « des ressources humaines », imposés depuis trois ans
à un nombre croissant de chercheurs du Centre National de la Recherche
Scientifique (CNRS). Précisément, le CNRS est un établissement
public à caractère scientifique et technologique (EPST) dont le « rapport
Aghion » ignore l’existence même. Silence syndical, également, sur la
pratique actuelle consistant à mettre en place au sein du CNRS et des
autres organismes de la recherche et de l’enseignement supérieur
publics un corps de fait de prétendus « cadres supérieurs ». Pourquoi
un tel silence, dans une période aussi critique pour l’avenir du CNRS
et de ses personnels ? Ce sont précisément les dangers imminents que
comporte une telle situation, qui se trouvent à l’origine de notre
triple saisine de l’OIT de ce jour, espérant qu’au moins elle sera
suivie de démarches analogues de la part d’organisations syndicales.
[la suite, sur le lien
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/15/loi-sur-les-fonctionnaires-l-oit-saisie-i.html
]
Fonctionnaires, saisine OIT : Bellaciao censure
Le 16 avril, nous venons d’être contactés par un internaute qui, au moment où il rédigeait un commentaire pour un article de Bellaciao, a vu l’article (101123) disparaître devant son nez. C’était vers 9h du matin. L’article, intitulé « Fonctionnaires : Indépendance des Chercheurs saisit l’OIT contre la loi de "mobilité » et daté du 16 avril à 0h55, a tout simplement été enlévé du site par le webmaster. Force est de constater que, de leur côté, Bellaciao et ses « auteurs dominants » ne
font rien pour encourager les organisations syndicales à agir contre
cette loi, malgré la destruction organisée de la fonction publique
française qu’elle comporte. Déjà au moment de sa promulgation,
l’opposition parlementaire avait refusé de saisir le Conseil
Constitutionnel. Quels intérêt lobbistes se trouvent devant les
blocages récurrents opposés aux actions contre la loi
2009-972 du 3 août 2009 dite « relative à la mobilité et aux parcours
professionnels dans la fonction publique » ? Une loi de démolition
accélérée de la fonction publique française, contre laquelle nous
venons de saisir l’Organisation Internationale du Travail (OIT) (notre article d’hier « Loi sur les fonctionnaires : l’OIT, saisie (I) »). Le 16 avril également, un article d’AgoraVox intitulé « Social-démocratie et collaboration de classes » évoque
l’éloignement total des courants hégémoniques de la prétendue « gauche
» par rapport aux intérêts réels des classes populaires. Mais quelle
est la situation au sein d’une « gauche de la gauche » qui a fait partie du gouvernement de «
gauche plurielle » de Lionel Jospin, dont les records en matière de
planification de la casse sociale apparaissent de plus en plus
clairement au grand jour ? De ce point de vue, l’actuel comportement
des différentes « gauches » et directions syndicales par rapport à la loi sur la « mobilité » des fonctionnaires est particulièrement parlant. Et inquiétant.
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/16/fonctio nnaires-saisine-oit-bellaciao-censure.html ]
Précision : La Commission Administrative du SNCS-FSU a récemment approuvé le principe d’une telle saisine de l’OIT, et la FSU doit se prononcer prochainement à ce sujet. Si des syndiqués de la FSU lisent ce commentaire, s.v.p. faites quelque chose pour que la centrale donne suite à la proposition qui lui est adressée.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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A geo63,
Bien évidemment, il ne s’agit pas de mettre en cause la bonne foi subjective de la grande majorité des collègues qui sont sollicités en tant que referees par les revues. Mais le système en tant que tel est beaucoup moins « de bonne foi », et serait à revoir.
Les résultats falsifiés ou altérés ont été publiés dans les revues les plus cotées : Science, Nature, The Lancet, Acta Crystallographica... En général, il s’agissait d’auteurs « très bien vus » et souvent influents.
Il y a aussi les résultats, bien plus nombreux et en général expérimentaux, qui sont infirmés quelques années plus tard par des expériences concurrentes. En attendant, les auteurs auront diffusé et défendu leur article, le temps de se faire une grosse pub et d’obtenir les places et promotions attendues, Ensuite, on découvre une erreur technique et on « corrige » le premier résultat, mais cela ne change rien aux bénéfices déjà récoltés par l’annonce infondée de telle ou telle découverte.
De leur côté, les institutions ont trop souvent cette curieuse mentalité : « il faut soutenir quelqu’un qui en veut, même s’il se plante ». En clair, plus on est arriviste, et plus on est forcément un bon scientifique. Ou encore : « l’important n’est pas d’être un bon scientifique, mais un bon meneur d’hommes », ou « le relationnel compte beaucoup », etc... Pour ne pas parler de l’influence directe ou indirecte du monde politique. Au niveau des revues, toute cette idéologie produit forcément des effets.
Les politiques détiennent le pouvoir de nomination au sommet des institutions scientifiques. De leur côté, les revues sont privées et désignent qui elles veulent comme éditeurs. Quant à la concurrence, elle est sans doute limitée par les abonnements institutionnels à des groupes de revues, mais aussi par le fait que le nombre d’auteurs par article tend à augmenter à cause de la pression institutionnelle à la « fédération ». On pousse à la « fédération » afin de diminuer le coût des programmes de recherche au détriment, précisément, des vérifications concurrentes des résultats et des débats de jadis. Mais les débats actuels sont, tout compte fait, bien pires.
A noter également, par exemple, que la revue britannique Nature appartient au Verlagsgruppe Georg von Holtzbrinck, sur lequel Wikipédia écrit :
http://en.wikipedia.org/wiki/Georg_von_Holtzbrinck_Publishing_Group
Verlagsgruppe Georg von Holtzbrinck is a Stuttgart-based publishing holding company which owns publishing companies worldwide. (...)
Newspapers owned by this group include : Die Zeit (Germany’s largest weekly newspaper), the economic daily Handelsblatt and Berlin’s Der Tagesspiegel.
(...)
Established by Georg von Holtzbrinck in 1948, the group first began as a German book club. In the 1960s, it purchased Droemer, Kindler, Rowohlt and S. Fischer Verlag, two German publishing companies. In 1985, it acquired the retail book division of Holt, Rinehart and Winston, naming it the Henry Holt Book Company. One year later, the company acquired Scientific American magazine for $52.6 million. In 1994, it purchased a majority interest in Farrar, Straus & Giroux from retiring Roger W. Straus, Jr.. A year later, it purchased a 70% majority interest in The Macmillan Group, and then the remaining shares in 1999.
In March 2006, Holtzbrinck forced Tor Books, which is owned by Holtzbrinck, to stop making its books available as eBooks via Webscriptions because of concerns regarding the lack of digital rights management (DRM). These concerns abated in 2007 and selected Tor titles will soon be available as e-books via Baen and a variety of other online retailers. The company also received a good deal of attention when it bought the leading German social networking platform StudiVZ in January 2007.
Holtzbrinck has total annual sales of 2.1 billion euros (as of 2005) ; 49% of sales are in Germany and 23% in North America. It had 2005 earnings before taxes of 142 million euros, and a total of 14,000 employees.
Chairman of the group is Stefan von Holtzbrinck. John Sargent is CEO of Macmillan, the company that unites the US-based businesses of the group.
(...)
(fin de citation)
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Comme nous venons de le signaler dans un autre commentaire :
mieux vaut éviter les outrances et attendre un peu. Car il y a eu des choses pas claires chez les uns, comme chez les autres.
Mais en ce qui concerne la phrase :
« Ces ouvrages n’auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu’à un manuscrit scientifique professionnel »
c’est une très mauvaise référence. Car elle revient à oublier la crise que traversent les revues dites « avec comité de lecture », où des résultats falsifiés ou déformés passent beaucoup trop facilement la barrière des referees. Voir, par exemple, nos articles :
Hwang Woo-Suk, le lobbying et la fraude scientifique (I)
Universités françaises et OPA patronale (V)
AERES, ANR et revues avec « comité de lecture » (II)
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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N’exagérons rien. Les institutions scientifiques sont ce que la société en fait. Depuis deux ou trois décennies, on pousse les scientifiques à devenir de moins en moins indépendants. A présent, on veut même démanteler le CNRS.
Sur le fond, par rapport à la question du rechauffement climatique, on a vu des choses pas claires d’un côté comme de l’autre. Alors, attendons un peu.
Plus globalement et pas seulement dans telle ou telle discipline, on se trouve confrontés à une crise institutionnelle certaine. Jusqu’à la prolifération, au cours des années récentes, de résultats falsifiés publiés dans les revues « avec comité de lecture » les plus « prestigieuses ».
Quelques articles de notre blog :
Nanotechnologies, recherche, éthique et contrôle citoyen
Crise de l’évaluation, CNRS et « réforme de la recherche »
Hwang Woo-Suk, le lobbying et la fraude scientifique (I)
AERES, ANR et revues avec « comité de lecture » (I)
Universités françaises et OPA patronale (I)
Universités françaises et OPA patronale (II)
Universités françaises et OPA patronale (III)
Universités françaises et OPA patronale (IV)
Universités françaises et OPA patronale (V)
ONU, GIEC, grippe A et crise du « jugement par les pairs »
CNRS, « managérisation » de la recherche et sous-traitance de l’évaluation scientifique
AERES, ANR et revues avec « comité de lecture » (II)
Lee Smolin, CNRS, crise et critique des institutions (I)
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Ne mélangeons pas tout. Il s’agit là d’une prise de position de la CGT des Douanes pour des raisons très légitimes.
De surcroît, au même moment où la Gendarmerie Nationale est mise sur la touche, il est question de développer une institution européenne concurrente. Voir nos articles :
Jean-Hugues Matelly, radié des cadres
Disparition accélérée des fonctionnaires et mort programmée de l’Etat français
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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En ligne, sur notre blog :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/29/le-snad-cgt-soutient-jean-hughes-matelly.html
Le
SNAD-CGT soutient Jean-Hugues Matelly
Le 29 mars, un article d’AgoraVox diffuse le communiqué de presse du Syndicat National des Agents des Douanes (SNAD) CGT apportant son soutien à Jean-Hugues Matelly, chef d’escadron de gendarmerie et chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), unité mixte de recherche UMR 8183 du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Matelly a fait l’objet d’une mesure de radiation des cadres signée par Nicolas Sarkozy le 12 mars (avant le premier tour des élections regionales) et notifiée le 25 mars (le jeudi après le second tour). Il lui est reproché d’avoir publié début 2009, avec deux autres chercheurs du CESDIP et en tant que membre de ce laboratoire, un article d’analyse « Feu la Gendarmerie Nationale » exprimant un point de vue critique à l’égard du projet de loi (adopté par la suite) comportant le passage de la Gendarmerie Nationale sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur. Nous ne pouvons que nous féliciter du soutien apporté par le SNAD-CGT à Jean-Hugues Matelly, et appeler l’ensemble des organisations syndicales de la recherche et de l’enseignement supérieur à prendre publiquement des positions analogues.
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/29/le-snad-cgt-soutient-jean-hughes-matelly.html ]
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Entièrement d’accord, et il serait souhaitable que les syndicats de la recherche fassent la même chose. Nous allons reprendre votre communiqué sur notre site.
Voici nos derniers articles à ce sujet, soutenant également Jean-Hugues Matelly :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/25/jean-hugues-matelly-radie-des-cadres.html
Jean-Hugues Matelly, radié des cadres
Le 25 mars, le blog Secret Défense et d’autres médias diffusent la nouvelle : le commandant Jean-Hugues Matelly a été radié des cadres de la Gendarmerie Nationale par un décret du Président de la République. Il s’agit d’un décret du 12 mars, antérieur au premier tour des élections régionales mais notifié seulement le jeudi après le second tour (le 25 mars). Comme par hasard, le même jour du début d’une réunion du Conseil Européen, dans un contexte où l’avenir de la gendarmerie française paraît plus que jamais incertain. Le Conseil des Ministres français du 3 février avait annoncé la présentation d’un projet de loi destiné à ratifier la création d’une force de gendarmerie européenne (EUROGENDFOR). Une telle ratification ferait suite au Traité signé le 18 octobre 2007, au même moment que le Traité de Lisbonne. Le projet de loi a effectivement été déposé simultanément au communiqué du Conseil des Ministres du 3 février. Quel est, dans ces conditions, le sens de la sanction extrêmement sévère prise à l’encontre de Jean-Hugues Matelly pour un travail scientifique effectué en tant que chercheur associé à un laboratoire du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ?
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/25/jean-hugues-matelly-radie-des-cadres.html ]
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/26/le-gendarme-matelly-sera-t-il-radie-des-cadres-ii.html
Le gendarme Matelly sera-t-il radié des cadres ? (II)
Ce n’est peut-être pas fini sur le plan administratif. Le
vendredi
26 mars, Jean-Hugues Matelly a saisi en référé le Conseil d’Etat contre
la mesure de radiation des cadres qui lui a été notifiée hier. Une
telle sanction, clairement disporportionnée et dont le fondement même
paraît très contestable, semble destinée à jouer un rôle beaucoup plus
« stratégique » que disciplinaire dans un contexte où la politique
gouvernementale à l’égard de la gendarmerie suscite des controverses
d’une ampleur croissante. Dans une interview diffusée par Métro
France le 26 mars, Matelly souligne
qu’il avait signé son article litigieux en tant que chercheur et qu’en
tout état de cause, le dévoir de réserve n’est pas synonime de silence
absolu. Nous ne pouvons qu’être d’accord. Pourquoi un débat d’une
importance citoyenne aussi évidente que l’avenir de la gendarmerie
devrait-il être bâillonné par une quelconque obligation de réserve ?
Précisément, l’un des principaux sujets de recherche de Jean-Hugues
Matelly en tant que chercheur associé au Centre de recherches
sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP),
unité
mixte
de
recherche
UMR 8183 du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS),
porte
sur
la
question
de la liberté d’expression et d’association professionnelle
des militaires. Serait-ce une « faute professionnelle » ? Le 26 mars
également, le Parisien publie
des déclarations de la Direction générale de la Gendarmerie Nationale
faisant grief à Jean-Hugues Matelly de ne pas avoir respecté son «
devoir de loyauté vis-à-vis des institutions ». Une appréciation qu’il
nous est impossible de partager, car la loyauté envers l’Etat n’a rien
à voir avec l’approbation de la politique gouvernementale. A
fortiori, au niveau d’un travail de recherche indépendant et
objectif.
[la suite, sur le lien
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/26/le-gendarme-matelly-sera-t-il-radie-des-cadres-ii.html
]
et les articles précédents :
Le gendarme Matelly sera-t-il radié des cadres ? (I)
Une pétition pour soutenir Jean-Hugues Matelly
Affaire Matelly : la position du CESDIP
Disparition accélérée des fonctionnaires et mort programmée de l’Etat français
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Et si on attendait un peu ?
Laroussi Oueslati fut candidat à député PS-PRG aux élections législatives de 2007. Voir :
http://archive.lejdd.fr/politique/elections-legislatives-2007/candidats/laroussi-oueslati.html
Il fut explicitement soutenu par Ségolène Royal :
http://suffrage-universel.be/fr/oueslati.htm
Oueslati est donc un membre influent de la « gauche raisonnable ». Entre ces gens et la « droite », la tendance des années récentes n’est pas à s’envoyer des procédures pénales à la figure. Même s’il y a eu des dossiers particuliers comme EADS.
Globalement, « droite » et « gauche » se sont montrées solidaires pour faire évoluer le fonctionnement des institutions et de la justice de façon à mettre progressivement la « classe politique » de plus en plus à l’abri par rapport à l’action de juges et inspecteurs divers.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Laroussi Oueslati, alors président de l’Université de Toulon - Var et « personnalité influente » au sein du Conseil Régional, est connu pour avoir, comme d’autres présidents d’université de « gauche », aidé Valérie Pécresse à réprimer le mouvement universitaire au printemps 2009.
Voir, par exemple, nos articles :
Elections régionales, Europe et services publics
Services publics et adversaires innommables (II)
Sanctions à l’Université Jean Monnet (suite I)
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Aujourd’hui, le principal problème ne réside pas dans les possibles abus de la liberté sur la Toile, mais dans la fragilité des garanties de cette liberté qui, tout compte fait, se trouvent dans les mains des détenteurs des réseaux et des gouvernements.
Dans une situation de conflit social ou politique grave, il serait parfaitement possible pour les détenteurs du pouvoir de supprimer l’accès à la Toile pour l’ensemble des citoyens en dehors de quelques groupes restreints, afin de rendre inviable toute organisation efficace de la « contestation ».
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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La « chasse au troll » n’est rien d’autre qu’une forme de chasse à la dissidence politique et sociale.
Déjà avant les présidentielles de 2002, on a vu dans un certain nombre de listes « de gauche » des « modérateurs » et « masters of the web » divers qualifier de « trolls » les posts qui critiquaient le gouvernement ou les partis de la « gauche plurielle », ou qui n’acceptaient pas la « politique unique » imposée dans des partis, associations, syndicats... Un autre discours récurrent étant celui du « point Goldwin », etc... Des auteurs ont été censurés avec ce genre de discours.
Mais cette censure n’a pas permis au Kingdom of Denmark de durer longtemps. Ensuite, sous la « droite », le rêve d’une censure « plus conséquente » du web a fait le chemin que l’on sait.
Une autre thématique récurrente est celle qui qualifie de « théorie du complot » toute mise en cause des « vérités officielles » ou des cercles plus ou moins confidentiels des prétendues « élites » du système. Essayez de parler de la Commission Trilatérale ou du Cercle de Bilderberg, voire même du Siècle, et vous vous heurtez à l’accusation de « conspirationnisme », etc... Bon, nous l’avons quand-même fait :
La
Commission Trilatérale et les
services publics français (I)
La
Commission Trilatérale et les
services publics français (II)
Services
publics et adversaires innommables (I)
Services
publics et adversaires innommables (II)
Groupe
de Bilderberg et silence des médias
français
Bilderberg,
Trilatérale et transversalité de
« gauche »
Bilderberg
2009 : une rencontre des « élites » ?
CNRS,
Bilderberg, Trilatérale... et
faillite de l’idéologie « gestionnaire » (I)
etc...
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Parce que vous croyez qu’on s’exprime sur quoi que ce soit en votant pour des politiciens dont les retraites scandaleuses échapperont aux « réformes », dont les intérêts personnels n’ont rien à voir avec ceux de la grande majorité des électeurs et qui appliquent tous le même programme politique à quelques apparences près ?
Dans l’actuel système économique et social, la « démocratie » formelle n’est qu’une façade de la dictature économique et sociale.
En 1981, sous couvert d’une prétendue « union de la gauche », on a fait voter les électeurs pour un ancien de Vichy et ancien « ministre de choc » pendant la guerre d’Algérie, etc... Lire, par exemple, « La main droite de Dieu », d’Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, sous-titré « Enquête sur François Mitterand et l’extrême droite » , paru en vie de François Mitterrand et jamais attaqué en diffamation ni démenti.
Pour un extrait de « La main droite de Dieu », voir :
http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf
Dès 1984, la politique dite « d’austérité » a commencé. Par la suite, « droite » « gauche » ont « rivalisé » en matière de politique de démolition des acquis sociaux et des services publics, de privatisations, de soutien aux délocalisations, etc...
Pour les retraites et la casse du Code du travail, Sarkozy applique une stratégie définie par l’Union Européenne avec un gouvernement français de « gauche plurielle » : les accords de Barcelone, Conseil Européen de mars 2002 (juste avant les « célèbres » présidentielles).
Voir nos articles récents :
Rapport Aghion, « destruction créatrice », CNRS et universités
Elections régionales, Europe et services publics
Elections régionales, crise, abstention record et système politique
Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (VII)
Interprofessionalisation du droit et intérêt général (I)
CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (IV)
Abstention, régionales, CNRS, européennes, prud’homales...
Elections régionales, « gauche solidaire » et avenir
CNRS, EPST, universités : la journée interprofessionnelle du mardi 23 mars
A-t-on besoin d’une « Europe de la connaissance » ? (I)
Quant Martine Aubry, qui fut ministre sous Jospin, comme Buffet, Mélenchon, etc...parle de « changer de politique », elle se moque du monde. La politique réelle est la même depuis vingt-cinq ans, toutes « alternances » et tendances politiques confondues.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Hélas, ce n’est pas une question de solutions techniques mais d’intérêts et de pouvoir réel.
Au cours des trois dernières décennies, on a vu s’instaurer dans les pays occidentaux une politique de privatisations et de délocalisations qui n’a pas rencontré de résistance réelle, les gens s’étant habitués à aller voter et à « laisser faire les élus ». La facture de cette politique est là.
La logique des exportations de capitaux et des délocalisations est simple : on décrète que les plus-values réalisées avec le travail des habitants d’un pays n’appartient pas à ce pays, et que le « détenteur du capital » à le droit de faire ce qu’il veut dans le monde entier avec « son » argent. Les « détenteurs de capitaux » recherchent alors, partout sur la planète, un « maximum d’attractivité » pour leurs capitaux.
Dès lors, tous les pays doivent d’engager dans un « course à l’attractivité ». En clair, des salaires de plus en plus bas, une instabilité d’emploi croissante, un minimum d’impôts pour les « patrons - héros - créateurs d’emplois », des retraites de plus en plus « minimales » et d’accès tardif, etc... Inutile de vouloir attendrir les braves « détenteurs de capitaux ».
Et lorsque les braves « détenteurs de capitaux » commettent « quelques erreurs sans importance », telles que détruire l’économie de « leur propre » pays au point de se trouver eux-mêmes en difficulté, les gouvernements ont pitié d’eux, comment ils souffrent, etc... Ils leur remplissent à nouveau les poches, et la « populace » n’a qu’à payer la facture. C’est ce que l’on appelle « l’excellence ».
Le pire, c’est que l’exportation de capitaux par les pays dits « riches » dure depuis la première moitié du XIX siécle et, de surcroît, on a envoyé la « populace » se faire tuer dans maintes guerres pour imposer, protéger ou préserver des exportations de capitaux qui revenaient à priver cette même « populace » du fruit de son travail.
C’est ce que nous essayons de rappeler avec les liens fournis. Mieux vaut, peut-être, de lire ce genre d’articles ou de se renseigner par d’autres voies, que de se farcir les discours creux des politiciens de service.
Il fut un temps où les gens lisaient les classiques du mouvement ouvrier. Mais depuis les années 1970, on leur a dit de lire à la place les discours des « grands dirigeants » des partis politiques. C’était, semble-t-il, plus « moderne ». Bilan ?
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Ce n’est pas avec des élections où « droite » et « gauche » ont au fond le même programme, que l’ont peut changer quelque chose.
Voir notre article d’hier :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/19/electio ns-regionales-gauche-unie-et-avenir.html
Elections régionales, « gauche solidaire » et avenir
Les journaux du 19 mars commentent l’annonce, par Martine Aubry, Cécile Duflot et Marie-George Buffet, de la naissance de la « gauche solidaire ». La « gauche plurielle » de Lionel Jospin fairait partie du passé. Mais Martine Aubry et Marie-George Buffet ont été ministres sous Lionel Jospin, tout comme Jean-Luc Mélenchon. Et Cécile Duflot ne semble pas incarner un courant politique différent des Verts qui ont fait partie du gouvernement de « gauche plurielle ». Quel avenir peut-on espérer avec une telle « gauche » récurrente ? La politique réelle des gouvernements Jospin fut, pour le moins, difficile à distinguer de celle de la « droite ». A présent, la « gauche solidaire » ne propose aux citoyens aucun programme précis. Mais ses deux principales composantes ont soutenu en 2005 le projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE) et se déclarent toujours ardantes partisanes de la prétendue « construction européenne ». Le Parti Socialiste soutient le Traité de Lisbonne. Les Verts l’ont trouvé insuffisant en 2007 et lui ont reproché de ne pas être une Constitution. Europe Ecologie et le Parti Socialiste soutiennent la perspective d’une réorganisation des institutions, de l’économie et du travail à l’échelle européenne. Ce qui, quoi qu’en dise la propagande, implique une politique de « flexisécurité » accrue au détriment de la stabilité d’emploi. Et que deviennent les services publics dans un tel contexte ? On est loin de l’esprit du vote exprimé par la majorité des Français en mai 2005. Quant à la fonction publique française, jugée trop « atypique » par les lobbies européens, sa survie paraît exclue à l’intérieur d’une telle politique. L’éducation et la recherche n’échappent pas au constat de cette stratégie, qui met directement en cause l’existence même du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’ensemble des organismes de recherche français et des universités publiques.
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/19/electio ns-regionales-gauche-unie-et-avenir.html ]
Nous y rappelons notamment :
(...)
Plus globalement, en ce qui concerne la « flexisécurité » et la casse du Code du Travail français, Ségolène Royal s’en était ouvertement réclamée lors de sa campagne des présidentielles de 2007. Ce qui ne l’a pas empêchée de recevoir le soutien de l’ensemble de la « gauche », José Bové compris.
Et lorsque, plus tard, le Parti Socialiste s’est opposé aux mesures du gouvernement de Nicolas Sarkozy en la matière, il l’a fait au nom d’une « bonne flexisécurité à la française ».
Par exemple, lors du débat final de l’Assemblée Nationale qui a précédé l’adoption de la loi n° 2008-596 « portant modernisation du marché du travail ». Annonçant l’abstention du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche, le porte-parole de ce groupe parlementaire, Jean-Patrick Gille, a déclaré :
« Nous nous apprêtions à célébrer la naissance de la flexicurité à la française, issue d’un dialogue social renforcé... »
Voir le débat parlementaire :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/200801...
ainsi que notre article :
Fonctionnaires : appel contre la promulgation de la loi (II)
Réclamant le vote des électeurs, Martine Aubry, Cécile Duflot et Marie-George Buffet ont appelé à ce que « le message soit renforcé pour que le président [Nicolas Sarkozy] change de politique ». Quel « changement de politique » ?
Précisément, la notion de « flexisécurité » fut introduite avec les accords de Barcelone du Conseil Européen de mars 2002, entérinés notamment par le gouvernement dit « de gauche plurielle » de Lionel Jospin.
Ces mêmes accords imposent également, aux Etats membres de l’Union Européenne et avec une échéance fixée à 2010, la politique contre les retraites annoncée à présent par Nicolas Sarkozy pour 2010.
Voir notre article :
Elections régionales, crise, abstention record et système politique
ainsi que le texte de la déclaration de la présidence du Conseil Européen de mars 2002 :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=D...
(...)
(fin de l’extrait de notre article d’hier)
S’agissant de la casse du Code du Travail par la « flexisécurité » et de la mise en cause de l’âge de la retraite, Sarkozy ne fait qu’appliquer les décisions prises par le Conseil Européen de mars 2002, entérinées par un gouvernement français de « gauche plurielle ».
Les accords de Barcelone de mars 2002, signés entre autres par le premier ministre français Lionel Jospin, prévoient notamment :
- « d’établir un équilibre adéquat entre la flexibilité et la sécurité »
- de "chercher d’ici 2010 à augmenter progressivement d’environ cinq ans
l’âge moyen effectif auquel cesse, dans l’Union européenne, l’activité
professionnelle"
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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La situation de la France n’est d’ailleurs pas exceptionnelle.
Les grandes universités privées des Etats-Unis ont connu une période de gloire à cause de la fuite de chercheurs européens générée par les deux guerres mondiales, le nazisme et tout le reste. Mais à présent, la crise est très profonde et, de surcroît, leur dépendance à l’égard des mécènes super-riches apparaît de plus en plus au grand jour.
Cette dépendance directe des universités privées US à l’égard de l’oligarchie constitue une donnée particulièrement gênante dans des disciplines comme l’Economie et les Sciences Sociales.
Voir, par exemple, nos articles :
Universités françaises et OPA patronale (I)
Rapport Aghion, « destruction créatrice », CNRS et universités
Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (VII)
D’ailleurs, si on laisse de côté la période « glorieuse » d’importation de scientifiques d’autres pays, le véritable rôle « normal » de ces universités privées « super-prestigieuses » des Etats-Unis est de « faire entrer » leurs étudiants dans des filières relationnelles de « portes ouvertes à vie ».
Ce qui n’est pas sans rappeler les « super-grandes écoles » françaises.
Deux lectures intéressantes, laissant de côté les tendances politiques des auteurs :
- The Chosen, de Jerome Karabel (The hidden history of admission and exclusion at Harvard, Yale, and Princeton), Houghton - Mifflin Company, Boston - New York 2005. Liens :
http://books.google.fr/books?id=zwf-Ofc—toC&printsec=frontcover&dq=The+Chosen+Jerome+Karabel&source=bl&ots=deT9-sp-YU&sig=XNCu19TODEz2UvJ3fkLKH2Htd8E&hl=fr&ei=Kq6kS8TsNtvPjAepwsQ6&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CBIQ6AEwAg#v=onepage&q=&f=false
http://www.slate.com/id/2128377/
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/12/KARABEL/16577
- Privilege, de Ross Gregory Douthat (Harvard and the education of the ruling class), Hyperion, New York 2005. Liens :
http://en.wikipedia.org/wiki/Ross_Douthat
http://www.slate.com/id/2114657/
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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A Julien,
Malheureusement, c’est bien pire que cela. A la limite, un président de la République n’est pas obligé d’être un expert en économie s’il est entouré d’une équipe compétente. Sauf que Sarkozy a été lui-même ministre de l’Economie et des Finances en 2004...
Mais le mal est plus profond. Il touche tout le tissu de ministres , conseillers, membres de cabinets, « directeurs », parlementaires influents, énarques et « hauts fonctionnaires » divers... à « droite » comme à « gauche ».
A de rares exceptions près, tous ces gens vivent (très bien !) à base de quelques « vérités » sommaires et récurrentes sans aucune base réelle, pondues pour plaire aux lobbies industriels et financiers.
En mai 2008, nous écrivions déjà, à propos des exportations de capitaux et des délocalisations industrielles, recherche et haute technologie comprises, qui ont conduit à la crise actuelle :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherc he-scientifique-et-technologique-ou-est-la-guerre-eco.html
Recherche scientifique et technologique : où est la « guerre économique » ?
(...)
La responsabilité du monde politique dans la dégringolade est également très lourde.
Avant la réunion de Seattle du « Millennium Round » de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 1999, le site du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie français (Dominique Strauss-Kahn) diffusait la « brillante analyse » du rapport Lalumière sur les « négociations commerciales multilatérales », dont voici un extrait :
« La libéralisation des échanges offre deux avantages essentiels : elle permet, d’une part, la spécialisation des activités et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accroît, d’autre part, les débouchés qui s’offrent à chaque industrie et conduit donc à une réduction de ses coûts. (...) ... les travailleurs les plus qualifiés voient leurs services de plus en plus valorisés. Leur production trouve de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Ils bénéficient d’une demande croissante et leur rémunération s’améliore ».
(fin de citation)
On retrouve les mêmes lieux communs dans les déclarations de juin 2003 de l’alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Francis Mer au journal Les Echos, avec également une « profonde analyse » :
« Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s’appelle la spécialisation internationale du commerce. (...) C’est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l’Europe se mobilise sur l’innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...) ».
(fin de citation)
A présent, après deux décennies de délocalisations financières et industrielles, on nous dit soudain que « la guerre économique fait rage ». Avec qui ? Avec les pays destinataires de « nos » délocalisations ???? Le Nouvel Observateur vient de diffuser un dossier, DVD compris, avec le titre « Ce que cache le « Made in China » ». Mais qui a organisé le dumping social à l’échelle planétaire, si ce n’est les auteurs (occidentaux) des délocalisations financières ?
(fin de l’extrait)
En réalité, on sort de l’ENA avec un statut de « haut fonctionnaire » à vie, avec un niveau d’études inférieur à celui d’une thèse de 3ème cycle. Voir, à ce sujet, nos articles :
Université, doctorat, Europe et grandes écoles (I)
Université, doctorat, Europe et grandes écoles (II)
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Ne nous y trompons pas. La montée du FN est très largement le résultat de l’incroyable cynisme de la politique des partis « majoritaires ».
Dans les années 1980, la montée soudaine du FN fut l’oeuvre de la
« gauche ». Mitterand a mis en place à la fois le
« FN fort » pour prendre des voix à la « droite » (et, souvent, les
reporter sur la « gauche » au second tour), et des groupes dits
« antifascistes » qui pratiquaient un véritable chantage au FN pour
amener les gens à voter. Ce fut, jusqu’en avril 2002, une affaire
rondelette.
Lire « La main droite de Dieu », d’Emmanuel Faux, Thomas Legrand
et Gilles Perez, Seuil 1994, dont un chapitre est accessible ici :
http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf
A présent, les gens se plaignent de la politique antisociale de l’actuel gouvernement. Mais la situation est même pire, et les électeurs le sentent.
Par exemple, s’agissant de la casse du Code du Travail par la « flexisécurité » et de la mise en cause de l’âge de la retraite, Sarkozy ne fait qu’appliquer les décisions prises par le Conseil Européen de mars 2002, entérinées par un gouvernement français de « gauche plurielle ».
Les accords de Barcelone de mars 2002, signés entre autres par le premier ministre français Lionel Jospin, prévoient notamment :
- « d’établir un équilibre adéquat entre la flexibilité et la sécurité »
- de "chercher d’ici 2010 à augmenter progressivement d’environ cinq ans
l’âge moyen effectif auquel cesse, dans l’Union européenne, l’activité
professionnelle"
Voir nos articles :
Elections régionales, crise, abstention record et système politique
Elections régionales, « gauche solidaire » et avenir
En réalité, sur l’ensemble des options essentielles, « gauche » et
« droite » mènent la même politique. D’où des attitudes de rejet diverses de la part des citoyens.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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« même en deshabillant les spéculateurs ca arrivera quand meme. »
Pourquoi ? De nos jours, grâce au progrès technologique, le travail est beaucoup plus productif qu’il y a trente ans. Il devrait donc être parfaitement concevable de travailler de moins en moins au fur et à mesure que les techniques de production progressent.
Le paradoxe réside précisément dans le fait que les moyens pour assurer le bonheur des gens sont infiniment supérieurs à ceux des années 1970, mais que la situation sociale évolue vers une détresse croissante de la grande majorité de la population malgré ces progrès.
Evidemment, il ne s’agit pas uniquement de « deshabiller les spéculateurs », mais d’en finir avec tout un système d’exploitation de la grande majorité par quelques-uns. D’autant plus, que la crise actuelle résultant des délocalisations et des exportations de capitaux par les ex-puissances occidentales met en évidence l’absurdité du système et la nullité des « élites » qui l’incarnent.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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« fallait pas voter massivement pour lui en 2007 ! »
Malheureusement, c’est plus compliqué.
En réalité, s’agissant de la casse du Code du Travail par la « flexisécurité » et de la mise en cause de l’âge de la retraite, Sarkozy ne fait qu’appliquer les décisions prises par le Conseil Européen de mars 2002, entérinées par un gouvernement français de « gauche plurielle ».
Les accords de Barcelone de mars 2002, signés notamment par le premier ministre français Lionel Jospin, prévoient notamment :
- « d’établir un équilibre adéquat entre la flexibilité et la sécurité »
- de "chercher d’ici 2010 à augmenter progressivement d’environ cinq ans
l’âge moyen effectif auquel cesse, dans l’Union européenne, l’activité
professionnelle«
Voir nos articles :
Elections régionales, crise, abstention record et système politique
Elections régionales, »gauche solidaire« et avenir
En réalité, sur l’ensemble des options essentielles, »gauche« et »droite" mènent la même politique et se concertent dans des cercles et think tanks. Devant les citoyens, ils dansent quelques zapateados lors des campagnes électorales.
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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Ah bon... Et les bénéfices des spéculateurs de la finance, des délocalisateurs d’industries, des exportateurs de capitaux, de ceux qui ont profité de l’énorme braderie qu’a été la privatisation des entreprises publiques depuis 1986 ?
La France exporte des capitaux depuis la première moitié du XIX siècle. La débâcle militaire de Napoléon III en 1870 en fut un résultat. Pour « corriger » le tir, l’exportation des capitaux s’est poursuivie avec un « accompagnement » à base de canonnières. Résultat : deux guerres mondiales, et l’après-guerre n’a pas mis fin aux conflits militaires.
Pour rappel, ces articles :
Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (I)
Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (II)
Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (III)
Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (IV
Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (I)
Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (II)
Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (III)
Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (IV)
Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (V)
Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (I)
Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (II)
Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (III)
Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (I)
Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (II)
Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (III)
Vers une délocalisation générale de la recherche scientifique française et européenne ?
Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique
Recherche scientifique et technologique : où est la « guerre économique » ?
CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (I)
CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (II)
CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (III)
La Chine et la débâcle de la « division internationale du travail »
Cordialement
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